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Pourquoi autant de gens meurent en montagne ? - C'est pas sorcier

Pourquoi autant de gens meurent en montagne ? - C'est pas sorcier

C'est pas sorcier26 min28 janv. 2026
10 chapitres
  • Les dangers des avalanches et les premières minutes critiques(0'252'48)
    La montagne offre un espace de liberté pour les amateurs de glisse et d'alpinisme, mais elle est truffée de pièges qui se referment chaque année sur les imprudents.
    • Fred s'est frotté aux risques du Mont-Blanc en se mettant à la place d'une victime sous une avalanche et au fond d'une crevasse • Jamie a installé un laboratoire pour mesurer la résistance de l'organisme au froid
    Les avalanches tuent environ 30 personnes par an en France, avec des chances de survie très minces pour les personnes ensevelies.
    L'asphyxie, et non le froid, est la première cause de mortalité dans les avalanches. Les victimes sont recouvertes de neige hermétique avec seulement une petite poche d'air qui s'épuise rapidement.
  • La courbe de survie et le rôle de l'oxygène(2'484'38)
    • Les 20 premières minutes : 9 chances sur 10 de s'en sortir • Après 30 minutes : 1 chance sur 3 seulement • Au-delà de 2h10 : chances de survie quasi nulles
    La victime respire dans une poche d'air hermétique, consommant l'oxygène et rejetant du CO2. L'air non renouvelé provoque une asphyxie progressive.
    Un système permet de capter l'air emprisonné dans la neige via une prise d'air sur le thorax et d'évacuer le CO2 par une sortie dans le dos.
    Le système a ses limites : il faut pouvoir attraper l'embout avec la bouche, et au-delà de 2h10, c'est le froid qui provoque le décès.
  • Le DVA et les techniques de localisation(4'388'01)
    Le DVA (détecteur de victime d'avalanche) est indispensable pour toute sortie en ski, particulièrement hors piste. Cet appareil est en émission chez la victime et en réception chez les secouristes.
    • Appeler le 112 (numéro qui force les relais même en zone mal couverte) • Suivre la victime des yeux le plus longtemps possible • Identifier la zone d'arrêt et les indices de surface (skis, gants perdus)
    Des chiens entraînés interviennent jusqu'à 4000 m d'altitude, capables de détecter des victimes jusqu'à 14 m de profondeur. Un chien peut prospecter un terrain de la taille d'un stade de foot en 20 minutes, alors qu'il faudrait 20 heures à 20 sondeurs.
    Les secouristes du PGHM (peloton de gendarmerie de haute montagne) doivent arriver très rapidement car les chances de survie diminuent drastiquement après 20 minutes.
  • L'airbag avalanche et les techniques de prévention(8'019'34)
    L'airbag agit comme une bouée permettant au skieur de flotter sur la neige plutôt que de s'enfoncer. Le réflexe de tirer sur la poignée est crucial car le déploiement n'est pas automatique.
    Un surfeur emporté par une avalanche a réussi à flotter sur la neige et à en sortir indemne grâce à son airbag déclenché à temps.
    L'équipement coûte environ 700 euros et peut être réutilisé plusieurs fois en changeant simplement la cartouche d'air comprimé.
    Chaque matin en hiver, les pisteurs déclenchent artificiellement les avalanches qui menacent le domaine skiable pour protéger les skieurs, un travail qui n'est pas sans risque.
  • Formation et cristallisation de la neige(9'3411'20)
    Les flocons de neige sont constitués de cristaux de glace enchevêtrés sous forme d'étoiles à six branches. Lors de la chute, les cristaux perdent leurs branches et tiennent beaucoup moins bien ensemble.
    Une partie de la glace se sublime directement en vapeur sans passer par l'état liquide. Cette vapeur se condense dans les creux des cristaux pour former des grains.
    • Si la température est légèrement sous zéro, le processus s'accentue et la couche fraîche adhère au manteau • Si la température est très froide, aucun pont ne se forme entre la couche fraîche et le manteau • Dans ce dernier cas, il suffit de peu pour que la neige décroche et dévale la pente
    Une avalanche de neige poudreuse grossit au fil des secondes, formant un nuage de 100 mètres de hauteur se déplaçant à près de 400 km/h. Une zone de surpression précède la neige et dévaste tout.
  • Déclenchement artificiel des avalanches(11'2015'04)
    • Le CATEx (câble transporteur d'explosif) permet de placer les charges • Utilisation de mèche lente avec longueurs définies à l'avance pour contrôler le lieu du tir
    Un arrêté municipal met en œuvre le PIDA (plan d'intervention de déclenchement d'avalanche), validé chaque année par les mairies de chaque commune. Environ 173 points de tir sont répertoriés.
    À 3300 m d'altitude, la température atteint -25°C avec des vents de 60 km/h. Les pisteurs interviennent avant l'ouverture de la station en présence de neige, vent et brouillard.
    En dehors des pistes balisées, les skieurs sont totalement responsables et le hors-piste demeure à leurs risques et périls. Les stations doivent malgré tout sécuriser les zones hors piste qui donnent sur les pistes aménagées.
  • Les avalanches de plaque et le danger du froid(15'0416'50)
    Ces avalanches, parmi les plus meurtrières, se déclenchent souvent après une période de grand froid quand plusieurs couches de neige s'empilent. Les skieurs eux-mêmes les déclenchent généralement.
    • Écart de température important entre le sol et la surface • La neige des couches inférieures se sublime et transforme en vapeur • Cette vapeur se condense sur les cristaux supérieurs qui deviennent des gobelets sans cohésion
    Une nouvelle couche de neige ne peut pas se souder aux gobelets. Elle repose comme sur un lit de billes, et le poids d'un skieur suffit pour qu'une plaque se détache et dévale la pente.
    • À 35°C : hypothermie • À 32°C : premiers troubles cardiaques et coma • En dessous de 24°C : les fonctions vitales cessent
  • Les crevasses et les sauvetages difficiles(16'5018'02)
    Les victimes coincées au fond d'une crevasse créent un bouchon qui fond la glace par sa chaleur, les faisant glisser vers le bas jusqu'à ce que l'eau regelée les rebloque.
    • Majorité des crevasses : entre 10 et 30 mètres • Crevasses exceptionnelles : jusqu'à 60 voire 80 mètres
    Du moment de l'alerte à l'arrivée sur les lieux, le PGHM de Chamonix compte environ 20 à 25 minutes. Lorsque la météo est mauvaise et l'hélicoptère ne peut pas intervenir, les secouristes doivent avancer à pied.
    Le PGHM de Chamonix effectue 1500 interventions par an, été comme hiver, pour des randonneurs épuisés, des skieurs ayant perdu un ski, ou des accidents graves comme les chutes en crevasse.
  • Réchauffement du corps et réactions de défense(18'0221'01)
    La température de l'organisme est réglée sur 37°C pour les organes vitaux (cerveau, cœur, reins) et seulement 28°C pour les mains.
    • Les mains sont parcourues de nombreux vaisseaux sanguins visibles en angiographie • Quand la température globale baisse, le cerveau réagit pour protéger les organes vitaux • Les vaisseaux des extrémités se contractent et le sang est déroulé en amont pour réduire la déperdition de chaleur
    Quand le bout des doigts n'est plus irrigué, on ne ressent plus cette partie du corps. Les cellules non alimentées finissent par mourir, ce qui provoque la nécrose et nécessite une amputation.
    En janvier 2012, un adolescent de 16 ans tombé au fond d'une crevasse après une chute de ski hors piste a dû attendre 11 heures avant d'être secouru. Il s'en est tiré avec quelques bleus et contusions malgré le froid intense.
  • Interventions des secouristes du PGHM(21'0126'01)
    Les secouristes doivent trouver un équilibre difficile entre la médicalisation sur place et la rapidité d'extraction pour amener la personne à l'hôpital au plus vite.
    La priorité est d'extraire la personne du milieu en tenant compte de la configuration des lieux, qui peut être extrêmement variée et complexe.
    Sébastien et Stéphane du PGHM ont été emportés par une avalanche en pleine nuit au Mont-Blanc en voulant secourir des alpinistes bloqués par une tempête. Une petite plaque de neige s'est décrochée sous les pieds.
    • Sébastien : fracture de la cheville et côtes • Stéphane : cinq côtes fracturées déplacées avec du liquide dans la plèvre • Après 300 m de dénivelé et à 4000 m d'altitude, ils se sont levés et ont marché 15 heures pour se sauver