Les milieux humides/Nappes phréatiques et eaux souterraines : où en est-on face à la pollution et la sécheresse ?
Nappes phréatiques et eaux souterraines : où en est-on face à la pollution et la sécheresse ?

Nappes phréatiques et eaux souterraines : où en est-on face à la pollution et la sécheresse ?

Un tiers de l’eau douce se cache sous nos pieds : ce sont les eaux souterraines, dont les nappes phréatiques font partie. Ces réserves en eau communiquent avec celles qui se trouvent en surface (lacs, rivières, zones humides…). Elles participent ainsi au cycle de l’eau. Comme les eaux de surface, elles sont fragilisées par la pollution, le réchauffement climatique et une utilisation trop importante par les activités humaines.

Un tiers de l’eau douce se cache sous nos pieds : ce sont les eaux souterraines, dont les nappes phréatiques font partie. Ces réserves en eau communiquent avec celles qui se trouvent en surface (lacs, rivières, zones humides…). Elles participent ainsi au cycle de l’eau. Comme les eaux de surface, elles sont fragilisées par la pollution, le réchauffement climatique et une utilisation trop importante par les activités humaines.
2 chapitres
  • Comment l’eau s’accumule dans le sol ?↗
    • L’eau qui s’infiltre dans le sol est stockée dans des couches rocheuses appelées « aquifères ». C’est là que se forment des nappes d’eau souterraine. Les nappes phréatiques sont celles qui se trouvent près de la surface. D’autres types de nappes peuvent se situer plus en profondeur, à plusieurs centaines de mètres sous terre.
    Ce schéma montre l’infiltration verticale des précipitations dans le sol à travers une zone perméable. L’eau est ensuite arrêtée par une couche imperméable, formant une nappe souterraine (ou zone saturée en eau). Celle-ci s’écoule alors horizontalement.
    Sources : Office français de la biodiversité / Réalisation Matthieu Nivesse (d'après OIEau), 2018
    Transcription du graphique

    Ce schéma montre l’infiltration verticale des précipitations dans le sol à travers une zone perméable. L’eau est ensuite arrêtée par une couche imperméable, formant une nappe souterraine (ou zone saturée en eau). Celle-ci s’écoule alors horizontalement. Source : Office français de la biodiversité / Réalisation Matthieu Nivesse (d’après OIEau), 2018

    • Le niveau des nappes varie au cours de l’année. Ainsi, la recharge (c’est-à-dire la période où la nappe d’eau se remplit) se déroule surtout du début de l’automne au début du printemps : • les précipitations sont généralement plus importantes ; • les températures sont plus fraîches, ce qui limite l’évaporation ; • les plantes ont moins besoin d’eau : l’eau peut donc s’infiltrer sans être captée par les racines.
    Pour en savoir plus, consultez les sites d’ EauFrance et du BRGM .
  • Pourquoi les eaux souterraines sont-elles fragilisées ?↗
    • Les eaux souterraines, comme les eaux de surface, sont captées et utilisées pour de nombreuses activités humaines : alimentation en eau potable, agriculture (irrigation de certaines cultures, abreuvage des animaux), industrie (lavage, refroidissement, agroalimentaire…). • Le changement climatique perturbe aussi beaucoup le cycle de l’eau : l’évapotranspiration (c’est-à-dire l’évaporation de l’eau à partir du sol ainsi que la transpiration des végétaux) a augmenté de 0,18 % par an depuis 1959 en France métropolitaine. Ce phénomène rend plus secs les sols et diminue la ressource en eau. Résultat : la ressource en eau a baissé de 14 % entre 2002 et 2023 (par rapport à 1990-2001). • En 2023, malgré une évapotranspiration moyenne, la ressource en eau était 18 % inférieure à la normale. Des restrictions d’usage ont donc été mises en place sur 34 % du territoire pour les eaux de surface et sur 7 % pour les eaux souterraines. Entre 2012 et 2023, la fréquence des restrictions en France a montré que les besoins en eau étaient désormais trop importants par rapport à sa disponibilité. • Source de l’ensemble des données de cette page : Bilan environnemental de la France 2025, SDES .
    • Comme les eaux de surface , les eaux souterraines peuvent être polluées par des activités industrielles, agricoles ou domestiques. En 2022, seulement 68 % des eaux souterraines étaient en bon état chimique, c’est-à-dire avec une concentration de polluants (métaux lourds, pesticides, hydrocarbures…) sous les niveaux réglementaires. Ce chiffre n’est pas satisfaisant, mais il progresse par rapport à 2010, où 59 % des eaux souterraines étaient en bon état chimique. • Les pesticides en particulier sont à l’origine de ces pollutions, en France métropolitaine comme dans les Outre-mer. La moitié nord de la France est la plus exposée à la pollution des eaux souterraines par les pesticides, en particulier dans les bassins Seine-Normandie, Rhin-Meuse et Artois-Picardie. Le bassin Loire-Bretagne l’est également, surtout dans sa partie Est, avec des zones de grandes cultures (Beauce, Berry). • Sur la période 2021-2023, les principales pollutions ont été causées par des substances interdites depuis plusieurs années, ou par leurs métabolites (produits issus de leur dégradation dans l’environnement). Ces substances persistent parfois dans les sols et les milieux naturels des dizaines d’années après la fin de leur utilisation. C’est notamment le cas : • de la chlordécone, interdite en 1993 ; • de l’atrazine, interdite en 2003 ; • de la chloridazone, interdite en 2020 ; • du mancozèbe ou du bentazone, interdits en 2021 et 2022. • Environ la moitié des nappes d’eau souterraines ont une concentration totale en pesticides qui dépasse le seuil de qualité de 0,5 μg/l. • La surveillance des eaux souterraines porte également sur d’autres micropolluants comme les solvants, les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques), les PFAS (per- et polyfluoroalkylées), les résidus de médicaments, les métaux... Les analyses réalisées de 2021 à 2023 révèlent également leur présence dans les eaux souterraines. • Les eaux souterraines sont également polluées par des nitrates . Après avoir beaucoup augmenté jusqu’en 2013, leur concentration est restée stable depuis. Sa moyenne nationale est de l’ordre de 29 milligrammes de nitrates par litre (mg/l). Ce qui est au-dessus mais assez proche de la valeur de référence de 25 mg/l. • Le niveau de contamination des nappes par les nitrates varie beaucoup selon les régions. La moitié nord de la France est ainsi la plus exposée à cette pollution (comme pour les eaux de surface). Cette pollution est majoritairement liée à l’agriculture intensive. • Concentration en nitrates des eaux souterraines les plus proches de la surface (2021-2023)
    Concentration en nitrates des eaux souterraines les plus proches de la surface (2021-2023)
    Concentration en nitrates des eaux souterraines les plus proches de la surface (2021-2023)Sources : Système d’information sur l’eau, base de données ADES. Traitements : SDES, 2025
    Transcription du graphique

    Cette carte montre les différences de concentration en nitrates dans les eaux souterraines proches de la surface en France. Le nord de la France, en particulier les régions où l’agriculture intensive est très développée comme le bassin parisien, les Hauts-de-France, les Pays de la Loire, la Bretagne ou le Grand Est sont globalement plus touchées par les concentrations élevées. Source : Système d’information sur l’eau, base de données ADES. Traitements : SDES, 2025

    • En 2025, la France comptait 37 788 captages actifs et destinés à la production d’eau potable. 36 207 d’entre eux prélèvent leur eau dans les eaux souterraines. Chaque année, ce patrimoine se réduit : entre 1980 et 2025, près de 14 640 captages ont été fermés. • Parmi les causes de ces fermetures : • 31,9 % étaient liées à la dégradation de la qualité de l’eau (dont 41,6 % en raison d’une concentration trop importante en nitrates et/ou en pesticides) ; • 8,6 % étaient liées à des débits de production trop faibles ; • 5,3 % étaient liées à l’impossibilité d’assurer la protection de la ressource. • Depuis le milieu des années 2010, la part de ces fermetures pour cause de pollution excessive ou de qualité dégradée est plus proche de 20 %. • Aujourd’hui, la rationalisation des réseaux, la vétusté des installations, les problèmes liés au débit sont les principales causes de fermeture des captages d’eau. • Captages d’eau potable fermés et principaux motifs d’abandon (1980-2025)
    Captages d’eau potable fermés et principaux motifs d’abandon (1980-2025)
    Captages d’eau potable fermés et principaux motifs d’abandon (1980-2025)
    Transcription du graphique

    Graphique en barre évaluant le nombre de captages d’eau potable fermés et les principaux motifs d’abandon de 1980 à 2025. Les motifs d’abandon représentés dans ce graphique sont : - nitrates et pesticides ; - microbiologie ; - rationalisation ou assimilé ; - autres paramètres qualité ; - autres. Par simplification, le motif d’abandon « autres paramètres qualité » regroupe l’arsenic, les hydrocarbures et les autres paramètres non cités ; le motif d’abandon « rationalisation ou assimilé » regroupe les motifs rationalisation, administratif, débit, technique, vétusté, dégradé, captage improtégeable. Source : BRGM/ADES, extraction au 15 juillet 2025. Traitements : SDES 2025

Pour aller plus loin

  • Les eaux souterraines (Eau France)eaufrance.fr

    EauFrance est le service public d’information sur l’eau. Cette page explique le fonctionnement des nappes d’eau souterraine et présente de nombreuses ressources pour connaître leur état.

  • Dossier thématique eau souterraine, sécheresse et inondations (BRGM)brgm.fr

    Le BRGM (bureau de recherches géologiques et minières) est l’établissement public français expert du sol et du sous-sol. Cette page répond à de nombreuses questions au sujet de l’eau souterraine, du suivi des nappes phréatiques et des données à ce sujet.