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10 ANS DE MACRON : L’HEURE DU BILAN [ARGENT MAGIQUE]

10 ANS DE MACRON : L’HEURE DU BILAN [ARGENT MAGIQUE]

Heu?reka35 min13 oct. 2026Lire sur le blog
Il n'y a pas d'argent magique : à partir du moment où l'État donne 211 milliards d'argent public à des entreprises, il a vocation à les réguler.
10 chapitres
  • Introduction : Macron, une série de 10 saisons(0'00 → 1'19)
    Les deux présentateurs comparent humoristiquement les 10 ans de Macron à une série télé de 10 saisons, avant la prochaine élection.
    • Le Covid en saison 3 ('Nous sommes en guerre') • Les gilets jaunes dès la saison 2
    Pour l'un des présentateurs, 10 saisons de néolibéralisme épisode après épisode, c'est du déjà-vu, fait partout dans le monde depuis des années.
    L'autre présentateur objecte qu'il y a eu plein de réformes allant dans tous les sens, et la discussion glisse sur Tony Blair, Hollande et Berlusconi.
  • Timeline des 10 ans de Macron(1'19 → 6'32)
    • Macron arrive au pouvoir en 2017 et enchaîne les réformes dès le début • Il est surnommé le président des riches dès l'été 2017, notamment à cause de la suppression de l'ISF
    • Gilets jaunes dès novembre 2018, déclenchés par la hausse de la taxe carbone puis élargis au pouvoir d'achat et à l'inégalité des prélèvements • En 2019, jonction avec les manifestations contre la réforme des retraites à points • Violences accrues dans la répression des manifestants
    • Le Covid-19 en 2020 met fin aux mobilisations et enterre la retraite à points • Trois confinements et le quoi qu'il en coûte • Réélection face à Marine Le Pen en 2022
    • Guerre en Ukraine en février 2022, crise énergétique et inflation jusqu'à 6,3 % en février 2023 • Pas de majorité absolue aux législatives de juin 2022, recours à l'article 49.3 • Réforme des retraites, mort de Nahel Merzouk en juillet 2023 et émeutes • Dissolution à l'été 2024, le NFP arrive en tête sans majorité absolue • Depuis 2025 : second mandat de Trump, tarifs douaniers, guerre en Iran et canicules
  • Qu'est-ce que le néolibéralisme ?(6'32 → 9'17)
    Le libéralisme classique de la fin du 19e siècle reposait sur le laisser-faire et la main invisible du marché, jusqu'à la grande dépression des années 1930.
    Face aux idéologies concurrentes (keynésianisme, socialisme, communisme, fascisme), les libéraux mettent à jour leur doctrine : c'est le néolibéralisme, né dans les années 30.
    • Le marché reste central, mais l'État doit légiférer pour protéger la concurrence et un peu les populations • Un filet de sécurité qui ne doit pas coûter trop cher • Dépenses publiques possibles si elles favorisent les marchés et les entreprises privées en concurrence
    • Entre 1945 et les années 70-80, le monde keynésien était très interventionniste, avec des marchés régulés, des entreprises publiques et de la planification • Les néolibéraux s'opposent à la planification, aux commandes publiques et à la dette • Ils préfèrent les subventions et une politique de l'offre plutôt que de la demande
  • Les réformes fiscales(9'17 → 11'44)
    • Réformes en vigueur dès 2018, soit environ 50 milliards de recettes annuelles en moins à la fin du premier quinquennat • Taxe d'habitation : 16 milliards en moins • Impôt sur les sociétés de 33,3 à 25 % : 11 milliards • Impôt sur la production : 10 milliards
    Le prélèvement forfaitaire unique taxe les revenus du capital à 30 % pour tous, sans progressivité : plus que 0 % avant pour les petits épargnants, moins que 45 % avant pour les très riches.
    La théorie du ruissellement postule que l'enrichissement des plus riches profite aux plus pauvres, mais les présentateurs affirment qu'il y a un consensus de recherche pour la juger invalide.
    Cette politique fiscale est celle de Margaret Thatcher et Ronald Reagan, vieille de 40 ans.
  • Emploi et coût du travail(11'44 → 17'20)
    Pour les libéraux, la seule cause du chômage est un coût du travail trop élevé, donc il faut le réduire.
    • Réformes de l'assurance chômage : moins d'allocation, durée réduite ou cotisation plus longue • Le CICE, créé en 2013, représentait environ 20 milliards par an de réduction de cotisations patronales, pérennisé par Macron en 2019 • Remplacer des cotisations par des impôts donne à l'État le contrôle de la Sécurité sociale
    • Plafonnement des indemnités prud'homales en 2017 (4 mois de salaire après 3 ans d'ancienneté) • Loi travail El Khomri de 2016 : plus facile de dépasser 35 heures et de licencier, avec un droit à la déconnexion
    • La promesse de flexisécurité n'est pas tenue : sécurité moyenne, très loin du Danemark • Contrepartie : CPF et contrôle renforcé des chômeurs, RSA conditionné à des heures d'activité en 2025
  • Apprentissage et retraite à points(17'20 → 18'58)
    Environ 500 000 contrats signés et moins de chômage des jeunes, mais c'est selon les présentateurs un contrat aidé, comme il en existe depuis 1977.
    Aide à l'embauche, réductions de cotisations et formation payée par l'État : coût estimé à 157 milliards d'euros depuis 2018, avec des aides augmentées pendant le Covid.
    Le chômage des jeunes remonte depuis 2022 : quand l'embauche ne coûte plus zéro, les entreprises arrêtent d'embaucher.
    Jamais appliquée à cause du Covid, elle aurait permis de réduire pensions et dépenses sans vote à l'Assemblée, donc de baisser les cotisations et le coût du travail.
  • Privatisations et dérégulations ratées(18'58 → 24'29)
    La dérégulation de 2015 a d'abord donné des trajets très bon marché, mais elle aboutit à Flixbus, seule entreprise restante sur le marché en 2027 : un monopole privé.
    Macron a favorisé l'implantation d'Uber pour casser le monopole des taxis ; les chauffeurs se sont ensuite mobilisés pour leur rémunération et un examen VTC a été instauré.
    • Scandales Orpea et People and Baby, liés à la privatisation et à l'absence de contrôle • Réforme de la tarification des maisons de retraite en 2017 et loi ASAP en 2020 pour les crèches
    • CPF : nombreuses arnaques • MaPrimeRénov' : arnaques, programme réduit et critères durcis • Santé, éducation et recherche : technique des budgets insuffisants, une austérité permanente qui dégrade les services publics
  • Le bilan chiffré du néolibéralisme(24'29 → 29'17)
    Selon l'OFCE (2022), les réformes ont surtout profité aux plus riches (ISF, flat taxe), puis aux classes moyennes et supérieures ; seule la prime d'activité aide les plus faibles, en réponse aux gilets jaunes. Les 5 % les plus riches gagnent 1800 € de plus.
    Baisse d'impôts, hausse temporaire du déficit, cris d'alarme sur la faillite, puis coupes dans les services publics.
    La baisse d'impôts devait être remboursée par la croissance, mais après 40 ans de néolibéralisme, le PIB de la France ne s'est pas envolé.
    • Chômage passé de 10 % à 7,2 %, mais il remonte avec la baisse des subventions • Les réformes chômage accélèrent la reprise d'emploi, mais surtout via des contrats de moins de 6 mois • Taux de pauvreté de 13,8 % en 2017 à 15,4 %
  • Le moment keynésien du Covid(29'17 → 33'25)
    Pendant le Covid, Macron a fait de la relance par la demande, mais parce que tous les autres pays le faisaient.
    La crise de l'euro dès 2010 avait été austéritaire ; après le Covid, l'Europe a appris de ses erreurs et relancé par la demande.
    • Quoi qu'il en coûte : aides aux entreprises et aux ménages • France Relance (100 milliards, dont 40 d'origine européenne) et France 2030 (54 milliards) • Endettement commun européen de 750 milliards, 48 % en prêts et 52 % en subventions • Bouclier tarifaire énergétique en 2022-2023, comparable à celui des autres pays
    Selon les présentateurs, cela ne fait pas de Macron un keynésien : Keynes voulait maintenir la demande jusqu'au plein emploi, et la relance est terminée.
  • Conclusion et perspectives 2027(33'25 → 35'38)
    Macron a assumé 10 ans de néolibéralisme, qui s'ajoutent à 40 ans de la même politique moins assumée, mais ça ne marche plus.
    • Revenir à une politique de la demande • Repenser le PIB comme indicateur principal, ainsi que les modes de consommation, de production et de décision
    Le Haut Conseil pour le climat juge la stratégie nationale bas-carbone ambitieuse, mais sans les moyens d'atteindre les objectifs.
    Présidentielle d'avril 2027 : Macron ne sera pas réélu, mais un autre néolibéral pourrait arriver ; appel à s'abonner et à soutenir Argent Magique et Stup Média, avec un objectif de 5000 € par mois.