Conférence/LES JEUNES VS LES POLITIQUES ! | LIMIT (CONFERENCE REDIF)
LES JEUNES VS LES POLITIQUES ! | LIMIT (CONFERENCE REDIF)

LES JEUNES VS LES POLITIQUES ! | LIMIT (CONFERENCE REDIF)

LIMIT7h 42min18 févr. 2024
17 chapitres
  • Ouverture et bilan de l'année climatique 2023(0'00 → 9'35)
    Ouverture de la conférence LIMIT consacrée aux jeunes et au climat, avec une vidéo hommage retraçant les grèves scolaires pour le climat lancées en 2019 par Anuna De Wever et Adélaïde Charlier.
    • 2023 est l'année record en émissions de gaz à effet de serre (41 milliards de tonnes de CO2) • Année la plus chaude depuis environ 125 000 ans, moyenne à +1,46°C • 81% de la population mondiale touchée par des vagues de chaleur • Incendies au Canada : 2,5 fois la superficie de la Belgique brûlée
    • Ventes de voitures électriques en hausse et mix électrique mondial plus décarboné • Déforestation en Amazonie en baisse de 61% • Fin annoncée de la pêche de fond par la Commission européenne • Reconnaissance du crime d'écocide, la Belgique premier pays à l'avoir inscrit dans sa loi
    Appel à interpeller les dirigeants à l'approche des élections européennes et belges, en exigeant des actions concrètes plutôt que des promesses.
  • Témoignages d'Adélaïde Charlier et Anuna De Wever(9'35 → 21'04)
    Adélaïde Charlier revient sur les 20 semaines de marches de 2019, la collaboration avec le panel climat, et le passage d'un activisme militant à un activisme plus profond et collectif.
    • Réussite après 2 ans de mobilisation à faire sortir Total Energy du sponsoring des 20km de Bruxelles • Mobilisation moins victorieuse contre la politique agricole commune (PAC), jugée encore trop intensive
    Message vidéo plus radical dénonçant les liens entre colonialisme, capitalisme et crise climatique, et appelant à élargir la lutte à d'autres mouvements (dont la cause palestinienne).
    Les deux militantes appellent à continuer la mobilisation face à la montée de l'extrême droite et à la tentation d'une 'pause' réglementaire européenne.
  • Exposé de Léo Van Broeck sur les limites planétaires(21'04 → 36'01)
    L'architecte Léo Van Broeck présente les 9 limites planétaires, dont 6 sont aujourd'hui dépassées, et explique que 80% de la biodiversité a déjà disparu avant même l'aggravation du changement climatique.
    • La Belgique aurait besoin de 4,1 planètes si tout le monde vivait comme un Belge (jour du dépassement le 26 mars) • 99,9% des mammifères vertébrés sont humains ou bétail, ne représentant que 1% du carbone vivant • 8 personnes les plus riches possèdent plus que 50% des plus pauvres
    L'utilisation des terres et le modèle économique capitaliste sont pointés comme causes principales de la perte de biodiversité, davantage que le changement climatique seul.
    • Multiplication des parcs nationaux et renaturation de sites en Belgique • Réduction de la prise de terrain en Flandre (de 5 à 3,8 hectares/jour) • Coopératives citoyennes d'énergie renouvelable comme Ecopower
  • Exposé de Jean-Pascal van Ypersele : données scientifiques du climat(36'01 → 51'33)
    • C'est réel : le réchauffement est mesuré et visible • C'est nous : la responsabilité humaine est claire • Les experts sont d'accord depuis près de 30 ans (GIEC) • C'est grave, mais il y a de l'espoir grâce aux solutions connues
    Explication du lien direct entre concentration de CO2 dans l'atmosphère (passée de 315 à 425 ppm) et hausse des températures, via l'épaississement de la couche d'isolant thermique autour de la Terre.
    Il faut diviser par deux les émissions mondiales à répétition jusqu'à atteindre le niveau net zéro d'ici 2050 pour espérer rester sous 1,5°C.
    Diffusion d'un poème-lettre personnifiant le 'système climatique' s'adressant au président de la COP28, exigeant l'élimination des combustibles fossiles et l'arrêt de la déforestation nette d'ici 2050.
  • Présentation du Forum des jeunes et du Vlaamse Jeugdraad(51'33 → 81'08)
    Aurélien de Thibault (Forum des jeunes francophone) et Simon Sterckx/Dane Vanenberghe (Vlaamse Jeugdraad) présentent le rôle des conseils de jeunes dans la représentation politique.
    • Consultation de nombreux jeunes via ateliers et enquêtes (minimum 1000 avis pour publier un avis) • Consultation d'experts pour appuyer les recommandations sur la science • Débats internes puis communication large dans les médias et actions
    • Manque d'éducation à l'environnement dans l'enseignement • Inégalités intergénérationnelles : un jeune né aujourd'hui subira bien plus de canicules • Nécessité d'une transition juste qui n'oublie pas les groupes vulnérables
    Présence à la COP28, à la précop Unicef, et lors de la présidence belge du Conseil de l'UE pour porter la voix des jeunes auprès des décideurs.
  • Questions du public et échanges(81'08 → 86'31)
    Un participant regrette la faible place donnée aux solutions concrètes (mobilité, isolation) par rapport à l'évocation des problèmes.
    Les représentants insistent sur le dialogue avec les secteurs concernés plutôt que l'expertise technique, et sur une vision collective plutôt qu'individuelle.
    Une intervenante, présidente du comité climat de Bruxelles, souligne que les émissions indirectes (importées) sont 80 à 100 fois plus élevées que les émissions directes comptabilisées.
    Applaudissements pour les jeunes intervenants avant la pause déjeuner et la visite de l'exposition Animalia à Train World.
  • Vidéo de Kate Raworth (donut economics)(86'31 → 92'48)
    Kate Raworth présente le concept du 'donut' économique : ne laisser personne en dessous du socle social tout en respectant le plafond des limites planétaires.
    Elle critique l'obsession de la croissance héritée du 20e siècle et appelle à des économies régénératives et distributives plutôt que dégénératives et inégalitaires.
    Passage d'une ère de luxe privé à une ère de luxe public et de suffisance privée, avec plus de biens communs partagés.
    Elle salue le travail de toute une vie de Jean-Pascal van Ypersele au service du climat, en clôture de sa carrière académique active.
  • Intervention de Jérôme Meessen (CLIMACT) sur les solutions(92'48 → 110'00)
    La Belgique doit accélérer son action climatique ; les politiques actuelles stabilisent les émissions mais ne les réduisent pas assez pour atteindre le zéro émission nette en 2050.
    • Décarbonation urgente de l'électricité, des transports et des bâtiments • Effort important requis aussi dans l'industrie et l'agriculture • Combinaison nécessaire de mesures technologiques et de changements de comportement/société
    De plus en plus d'entreprises s'engagent via des initiatives comme les Science Based Targets, malgré une tentation politique actuelle de ralentir la réglementation environnementale.
    La transition vers le zéro émission nette est globalement créatrice d'emplois pour la Belgique, malgré des reconversions sectorielles nécessaires.
  • Intervention de Nicolas Van Nuffel (Coalition Climat)(110'00 → 133'04)
    Les marches de 2019 ont conduit à un changement majeur : passage de l'objectif européen de -40% à -55% d'émissions pour 2030 et neutralité climatique pour 2050.
    • Pacte vert européen : 12 législations adoptées (Fit for 55) • Next Generation EU : au moins 37% des 750 milliards empruntés fléchés vers la transition écologique • Décision de l'UE de tenir bon malgré le covid et les pressions conservatrices
    • Pas contre nous : tenir compte des impacts différenciés sur les populations fragilisées • Pas sans nous : nécessité de vrais processus démocratiques de dialogue • Pas que nous : responsabilité différenciée entre pays et classes sociales, solidarité internationale
    • Ambition renforcée : -95% dès 2040 • Un vrai plan national énergie-climat interfédéral • Pacte logement-énergie, mobilité, planification énergétique 100% renouvelable • Réforme de la PAC, transition juste, investissements massifs, cohérence des politiques, solidarité internationale
  • Questions-réponses de l'après-midi(133'04 → 211'19)
    Jérôme Meessen explique la taxonomie verte européenne, un outil technique pour flécher les investissements financiers vers des activités réellement compatibles avec le Green Deal.
    Débat sur la baisse du nombre de manifestants par rapport à 2019, avec des explications sur la diversification des formes d'activisme et le risque de trop responsabiliser les jeunes.
    Nicolas Van Nuffel défend la nécessité de la désobéissance civile tout en dénonçant les tentatives de criminalisation de la protestation sociale (loi anticasseur, entrave méchante à la circulation).
    Discussion sur des initiatives comme 'Sign for my Future' et l'importance que les dirigeants d'entreprises favorables au climat pèsent davantage dans leurs fédérations représentatives.
  • Intervention de Guénolé de la Chesnais (pour Pierre Larrouturou)(211'19 → 225'47)
    Avancées sur le Green Deal (marché carbone étendu, énergies renouvelables, taxe carbone aux frontières, fin des voitures thermiques en 2035) mais reculs sur la taxonomie verte incluant le gaz et sur les pesticides.
    Les projections annoncent une possible majorité de droite et d'extrême droite au Parlement européen, avec un risque que l'extrême droite veuille abolir le Green Deal.
    Nécessité d'un fonds social pour le climat (87 milliards d'euros prévus dès 2026) pour éviter que la transition ne pèse sur les plus vulnérables.
    Appel à voter et à se mobiliser, citant des victoires récentes (retrait de Total Energy du sponsoring, résolution contre l'exploitation minière des fonds marins).
  • Intervention de Bruno Colmant : une inquiétude économique(225'47 → 237'47)
    • Risque de bascule mondiale si Donald Trump est élu en 2024 • Arbitrage systématique en faveur de la 'fin du mois' plutôt que de la 'fin du monde' • Banalisation du discours écologique qui perd son caractère militant
    Dénonciation de chercheurs médiatiques qui transformeraient le message écologique en business personnel, dissipant sa crédibilité.
    • Une action écologique plus cohérente et lisible • Une adhésion collective plus forte aux causes défendues par le GIEC • Recours accru aux moyens judiciaires (actions en justice climatique)
    Appel à une mobilisation forte pour les élections européennes, seul levier selon lui pour contrer la droitification et le rejet des contraintes climatiques collectives.
  • Intervention de Hans Bruyninckx sur le Green Deal européen(237'47 → 274'16)
    Le changement climatique et la perte de biodiversité sont présentés comme deux expressions d'un même système de consommation non durable, à traiter ensemble.
    Présenté comme la réponse la plus ambitieuse de l'UE, reliant pour la première fois environnement et social, basée sur la connaissance scientifique et l'objectif de -90% d'émissions vers 2040.
    • Bénéfices records des grandes compagnies pétrolières (200 milliards $) contre des difficultés à trouver 100 millions pour le fonds climatique • Nécessité d'une économie circulaire (refuse, reduce, reuse, recycle, rethink)
    Citant Jean Monnet, il affirme préférer la détermination à l'optimisme ou au pessimisme face à l'urgence climatique.
  • Conférence de Martine Capron : écopsychologie(274'16 → 322'29)
    Définition de l'éco-anxiété (inquiétude légitime face au dérèglement climatique) et de la solastalgie (nostalgie face aux pertes déjà subies), présentées comme des émotions saines à écouter.
    • Programme instinctif de survie qui pousse à consommer toujours plus (dopamine) • Dissociations intérieures entre raison et émotion • Dissonances cognitives et doubles contraintes créant des résistances au changement
    • Business as usual / déni / greenwashing • Passivité en laissant la responsabilité aux experts • Effondrement et survivalisme • Changement de cap : engagement collectif et espérance
    • Développer l'intelligence émotionnelle et l'autoempathie • Pratiquer le 'travail qui relie' de Joanna Macy en groupes intergénérationnels • Agir dans trois sphères : résistance, construction d'alternatives, changement de conscience
  • Intermède musical de Tom White Shoes(322'29 → 330'38)
    Moment musical permettant aux présidents de partis politiques de rejoindre la salle avant le grand débat.
    Le chanteur interprète une chanson sur le climat et l'espoir, avec un refrain participatif ('Home') repris par le public.
    La chanson évoque les jeunes dans la rue, l'urgence d'agir ensemble et l'idée que l'avenir est en chacun de nous.
    Moment convivial et festif avant le débat politique, avec participation active du public.
  • Grand débat avec les présidents de partis politiques(330'38 → 423'22)
    Présence de représentants de nombreux partis belges (PS, MR, Ecolo, Les Engagés, Défi, CD&V, Vooruit, Groen, Open VLD, PVDA), animé par Béatrice Delvaux et Nick Balthazar.
    Questions préparées par une cinquantaine de jeunes l'après-midi même, mêlant questions fermées (oui/non) et questions ouvertes chronométrées.
    • Ambitions climatiques face à l'électorat, statut de réfugié climatique, panel citoyen décisionnel • Taxation du kérosène, jour de commémoration des victimes climatiques, limitation des SUV • Désobéissance civile, justice climatique et sociale, voitures de société, affaire climat en justice
    Unanimité ou quasi-unanimité sur plusieurs questions (taxation du kérosène, jour de commémoration, suppression des voitures de société), désaccords plus marqués sur le panel citoyen décisionnel.
  • Clôture : hommage à Jean-Pascal van Ypersele(423'22 → 462'37)
    Aurélien de Thibault et un représentant du Forum des jeunes remercient les politiques présents et rappellent l'urgence d'agir, citant en particulier une victime du climat et l'adoption du jour de commémoration.
    Diffusion d'une vidéo retraçant le parcours de Jean-Pascal van Ypersele, de sa passion d'enfance pour l'astronomie à sa carrière de climatologue et vice-président du GIEC.
    • Talent de médiateur lors des négociations internationales (COP) • Engagement pour la justice sociale et contre le harcèlement à l'UCLouvain • Conviction que 'l'avenir n'est pas une fatalité'
    Marc Dubrulle, cofondateur d'Inter-Environnement et d'Ecolo, rend hommage à Jean-Pascal van Ypersele comme personnification de l'engagement humaniste pour la planète, avant la partie festive de la soirée.