Decryptions/Comment acheter le prochain président des États-Unis (Replay de Popcorn)
Comment acheter le prochain président des États-Unis (Replay de Popcorn)

Comment acheter le prochain président des États-Unis (Replay de Popcorn)

La présidentielle américaine est-elle un pay to win ?
6 chapters
  • L'ampleur du financement des élections américaines(0'142'22)
    Le budget total estimé pour la présidentielle américaine et les élections du Congrès de 2020 atteint 11 milliards de dollars, ce qui représente le PIB annuel de pays comme le Rwanda, le Congo ou Madagascar.
    Les dépenses électorales augmentent d'année en année depuis les années 2000, avec une hausse particulièrement importante en 2020 malgré une légère baisse en 2016.
    Aux États-Unis, le financement des élections est très différent de la France, où les campagnes sont beaucoup plus encadrées et réglementées.
    11 milliards de dollars dépensés pour une seule élection représente une somme considérable comparée aux budgets électoraux d'autres démocraties.
  • Les sources de financement des campagnes(2'225'45)
    • Les fonds publics sont limités à 85 millions de dollars • Les candidats refusent généralement les fonds publics pour accéder aux financements privés illimités • La majorité du financement provient de sources privées
    • Petits donateurs donnant moins de 200 dollars représentant environ 22% du financement • Grands donateurs et milliardaires finançant de façon massive les campagnes • Autofinancement par les candidats eux-mêmes
    En 2016, 0,01% des américains les plus riches ont financé 40% des dépenses totales de la campagne présidentielle.
    Barack Obama a popularisé le modèle de financement par les petits donateurs en 2008, montrant que les candidats pouvaient recevoir des contributions massives de citoyens ordinaires.
  • La révolution des Super PACs et du lobbying(5'458'26)
    La Cour suprême américaine a autorisé en 2010 les entreprises privées à financer les campagnes présidentielles de façon quasiment illimitée.
    • Groupes formés après 2010 censés être indépendants des candidats • Peuvent financer autant qu'ils veulent des campagnes pro-candidat ou anti-candidat • Disposent de mannes financières comptées en milliards de dollars • Sont en réalité très proches des candidats malgré leur indépendance théorique
    Les lobbies représentant des intérêts spécifiques (armes, écologie, finance) financent massivement les candidats pour influencer leurs politiques. Hillary Clinton a reçu 78 millions de dollars de la part des professionnels de la finance en 2016.
    Certains financements via les Super PACs restent partiellement opaques, permettant à des donateurs très riches de financer sans que leur identité soit totalement révélée.
  • L'utilisation de l'argent dans les campagnes(8'2614'53)
    Une part importante des 11 milliards est consacrée à la publicité télévisée, digitale et sur les réseaux sociaux, sans encadrement strict comme en France.
    • Publicités dénigrant l'adversaire avec des vidéos de déstabilisation • Contenus fortement produits et de haute qualité cinématographique • Stratégies d'attaque personnelle plutôt que de défense de programme
    Cambridge Analytica a utilisé des algorithmes puissants et des données personnelles pour cibler précisément les électeurs indécis avec des publicités personnalisées sur les réseaux sociaux, notamment dans les États cruciaux.
    Donald Trump a dépensé 210 000 dollars en 2016 pour des pochettes empêchant l'enregistrement des téléphones lors de réunions de levée de fonds avec des donateurs riches.
  • L'argent détermine-t-il vraiment l'élection ?(14'5317'00)
    L'argent ne suffit pas à gagner à lui seul, mais il est nécessaire pour participer. Avoir beaucoup d'argent ne garantit pas la victoire, comme l'exemple de Michael Bloomberg le montre.
    Michael Bloomberg a dépensé plus d'un milliard de dollars en quelques mois pour la primaire démocrate 2020 mais s'est retiré après un mauvais résultat, montrant que l'argent seul ne suffit pas.
    Les deux grands partis (démocrates et républicains) fonctionnent comme des machines électorales puissantes ayant besoin d'une force de frappe financière massive, contrairement au système français fragmenté.
    • Alexandria Ocasio-Cortez et Bernie Sanders jouent sur le refus des financement des lobbies et des riches donateurs • Le fait de se démarquer par un financement transparente par petits dons devient un argument politique • Cette évolution pourrait potentiellement devenir une solution pour se différencier à l'avenir
  • Conclusions et implications démocratiques(17'0019'47)
    En France, le financement électoral est beaucoup plus encadré avec des remboursements de 50% des frais de campagne, des comptes déposés publiquement et un contrôle du temps de parole.
    • Élection historique se déroulant officiellement le 3 novembre • Trump prédéclare potentiellement une fraude s'il n'est pas élu • Risque de longs délais avant les résultats finals • Possibilité de manifestations massives
    Les américains doivent parfois attendre 8 à 10 heures pour voter aux élections, contraste frappant avec les démocraties mieux organisées.
    Le financement massif des élections américaines et le lobbying influencent les élections de la première puissance mondiale de façon disproportionnée par rapport aux citoyens ordinaires.