TALK/JANCOVICI : IL FAUT SE PRÉPARER !
JANCOVICI : IL FAUT SE PRÉPARER !

JANCOVICI : IL FAUT SE PRÉPARER !

LIMIT52 min26 août 2026
Dans un monde avec limite, on est obligé de faire des choix, et ces choix aujourd'hui ne sont pas correctement instruits par le monde politique.
13 chapitres
  • Un monde sans limite face à un monde avec limite(0'00 → 1'56)
    Jean-Marc Jancovici explique que dans un monde sans limite, on peut tout avoir en même temps, mais dans un monde avec limite, il faut faire des choix.
    Le monde politique continue de raisonner avec un logiciel hérité de la société d'abondance et promet aux gens emploi, pouvoir d'achat et environnement simultanément, ce qui relève du mensonge.
    Sans nouvelles manières de délibérer dans la douceur et la concertation, le changement risque de se faire dans la brutalité et l'autoritarisme.
    L'échange s'ouvre sur l'annonce d'un projet encore secret que Jean-Marc va dévoiler, destiné à rendre le pouvoir aux citoyens.
  • Un été caniculaire et l'accélération du dérèglement climatique(1'56 → 7'57)
    • Tournage à l'Académie du climat le 20 août • Sécheresse et canicules intenses, cours d'eau asséchés en Europe • Discussions sur le ralentissement de l'AMOC et le phénomène El Niño
    On n'est qu'au début d'un processus évolutif : même en agissant, le climat continuera de changer tant que du CO2 est ajouté dans l'atmosphère.
    L'automne et l'hiver, plus froids par nature (inclinaison de la Terre), risquent de faire oublier rapidement la gravité de l'été, la mémoire collective étant très courte.
    Les démocraties, bien que meilleures que les autres systèmes selon Churchill, sont structurellement court-termistes à cause des cycles électoraux, ce qui nuit à la gestion de sujets de long terme comme le climat.
  • Pourquoi l'humain n'est jamais rassasié(7'57 → 11'03)
    Comme l'ensemble du règne animal et végétal, l'humain cherche à obtenir le plus de ressources possible en se fatiguant le moins possible, un mécanisme de survie hérité du passé.
    • Appartement, puis maison avec piscine, puis 4x4 • Jet ski, hélicoptère, avion • Même un vol commercial vers la Lune serait désiré s'il existait
    La curiosité (présente chez tous les jeunes mammifères) et le besoin d'appartenance sociale, de statut et d'image vis-à-vis du groupe sont d'autres moteurs importants du comportement humain.
    La technologie ne résoudra pas ce problème biologique et spirituel ; l'antidote se trouve dans les valeurs et le sens, pas dans des solutions techniques.
  • Le risque de polarisation et de bouc-émissaire(11'03 → 14'53)
    L'humain est capable à la fois d'adorer et protéger son groupe, et d'ostraciser ceux perçus comme extérieurs, ce qui a mené par le passé à des tragédies comme la traite négrière ou la Shoah.
    Dans un monde où les ressources se raréfient à cause des dérèglements climatiques, la tentation de se replier entre 'nous' et 'eux' augmente, dans une période déjà marquée par la polarisation.
    Avoir un plan ou des propositions dans lesquelles chacun trouve sa place, comprend son rôle, et qui donnent une direction collective réaliste.
    Il s'agit de naviguer entre réalisme et espoir, sans tirer un plan sur la comète ni rêver d'un monde qui n'existe pas.
  • Présentation du projet : une assemblée citoyenne avant la présidentielle(14'53 → 20'38)
    Le projet, distinct du Shift Project, s'adresse à monsieur et madame tout le monde et est lié à la prochaine élection présidentielle.
    • 150 citoyens tirés au sort via un générateur aléatoire de numéros de téléphone • Groupe représentatif de la société française (âge, catégorie socio-professionnelle, genre, lieu de résidence) • Accès à des experts et possibilité d'auditionner des responsables • Six week-ends de travail
    Soumettre à l'assemblée des dilemmes que le monde politique élude, comme l'arbitrage entre pouvoir d'achat et emploi, pour qu'elle propose des constats et décisions.
    Relocaliser la fabrication en France (voitures, vêtements, paracétamol) pour la souveraineté implique d'accepter une hausse des prix, un arbitrage que personne n'assume clairement en politique.
  • Une plateforme participative pour reconstruire la confiance démocratique(20'38 → 25'04)
    Une plateforme permettra à chacun de suivre le débat, poser des questions, traiter les dilemmes soumis, organiser des débats locaux, avec une possible alliance avec la presse quotidienne régionale.
    • Le vote est aujourd'hui vécu comme un moyen de résignation, personne n'adhère pleinement à un programme • Plus de la moitié des Français n'a pas voté aux deux derniers tours des législatives • 60% des Français ne se reconnaissent dans aucun candidat
    L'écart croissant entre population et institutions élues est qualifié de 'poison mortel pour la démocratie'.
    Une cagnotte participative à 1€ symbolique par personne vise moins l'argent (déjà réuni aux 3/4) que le nombre de soutiens, avec l'objectif de dépasser les 36 000 soutiens du précédent record (PTEF) et viser plusieurs centaines de milliers.
  • Un projet apolitique porté par la société civile(25'04 → 28'26)
    Jancovici précise que ce projet n'est ni un tremplin électoral ni l'embryon d'un parti politique, et qu'il ne se présentera jamais à une élection nationale.
    • Thierry Lhermitte, McFly et Carlito, Laury Thilleman, François Gabart • Alain Aspect (prix Nobel de physique), Yasmine Belkaïd (Institut Pasteur) • Caroline Ilher Le Branchu (conserverie bretonne)
    L'objectif est d'obtenir des soutiens très diversifiés (sportifs, intellectuels, travailleurs) pour représenter la société dans son ensemble.
    Il se définit comme bénévole et 'logisticien' de l'opération, précisant que les vrais héros seront les citoyens de l'assemblée.
  • Un symptôme parmi d'autres : au-delà du climat(28'26 → 32'38)
    77% des Français sont favorables aux assemblées citoyennes, tandis que 78% n'ont pas confiance dans la politique actuelle.
    Le climat n'est qu'un symptôme parmi d'autres d'un dysfonctionnement général du système, qui fonctionnait bien dans un monde sans limite mais dysfonctionne de plus en plus avec les limites planétaires.
    Historiquement, l'autre a toujours été le bouc émissaire des difficultés en période de rareté de ressources (Saint-Barthélemy, traite négrière, Shoah).
    Il s'agit d'un 'happening' pour rendre les élus meilleurs, non pour s'opposer à eux, dans un système où ils sont souvent 'pieds liés' par des logiques plus larges.
  • La confiance envers les maires face à la défiance envers le pouvoir central(32'38 → 36'16)
    Il existe ceux qui courent les plateaux télé sans avoir le temps de travailler, et ceux qui travaillent sans avoir le temps de médiatiser leur action.
    La cote de confiance envers les maires atteint 60%, nettement plus élevée que pour les responsables nationaux, car on les voit concrètement travailler.
    L'humain n'est capable de faire confiance qu'à quelques centaines de personnes connues personnellement ; au-delà, les figures politiques deviennent des abstractions.
    L'assemblée citoyenne vise à retrouver des mécanismes de confiance et de construction collective, non contre le monde politique mais pour les citoyens.
  • Ce qu'on espère : un changement dans le rapport de force politique(36'16 → 41'24)
    Jancovici affirme ne pas savoir précisément ce qui sortira du processus, mais espère une modification du rapport de force entre le monde politique et la base électorale.
    Le Shift Project, la chaîne Limite, l'engagement associatif sont tous des formes de politique dès lors qu'ils touchent aux changements sociétaux et de comportement.
    • Un avant et un après dans la façon de s'adresser aux électeurs • Moins de promesses intenables • Plus de travail de documentation sur le monde réel (mètres, litres, kWh) plutôt que sur les seuls indicateurs économiques et juridiques
    Ce projet se situe sur le plan des modalités de dialogue, tandis que le Shift Project propose des plans concrets tenant compte des limites planétaires.
  • Éviter les erreurs de la Convention citoyenne pour le climat(41'24 → 46'50)
    La Convention citoyenne pour le climat, lancée par Macron, promettait une reprise 'sans filtre', ce qui était intenable et a mené à un sentiment de vidage de substance.
    En Belgique, une assemblée lancée par un parti au pouvoir a été abandonnée dès que ce parti a perdu le pouvoir, illustrant le risque de récupération politique.
    Contrairement à ces précédents, l'initiative vient des citoyens eux-mêmes ('on nous a rien demandé mais on s'invite dans la campagne') et non d'un pouvoir en place.
    L'objectif est de prendre acte que le monde est compliqué et qu'on ne peut pas tout avoir, pour définir soi-même l'ordre de ses priorités.
  • Calendrier, devoir de réserve et analyse des programmes(46'50 → 51'00)
    Les travaux de l'assemblée citoyenne se termineront en février, avant l'élection présidentielle prévue en avril, laissant deux mois pour confronter les candidats aux conclusions.
    Jancovici refuse de dire quel parti se rapproche le plus de ses espoirs et annonce qu'il ne rencontrera aucun candidat à la présidentielle jusqu'en avril, pour préserver la neutralité du projet.
    Une analyse qualitative de cohérence des programmes sera menée, différente de l'approche quantitative imparfaite utilisée lors de la précédente élection.
    Jancovici, belgo-français, souligne que les décisions françaises ont un effet d'entraînement sur la Belgique et l'Europe, la France étant une grande puissance mondiale.
  • Conclusion et appel à la mobilisation(51'00 → 52'54)
    Chacun est invité à soutenir le projet via une cagnotte Ulule avec un don symbolique d'1€, le nombre de soutiens étant l'objectif prioritaire.
    Le public est invité à suivre et participer au débat en ligne, dans les mairies, en famille ou dans toute organisation citoyenne.
    Jancovici et l'animateur se donnent rendez-vous 'au résultat', c'est-à-dire à l'issue du processus de l'assemblée citoyenne.
    L'échange se termine sur un remerciement mutuel et un appel à partager la vidéo au plus grand nombre.