La crise de l'euro/La crise de l'€ part 07 : L'Irlande - Heu?reka #24-7
La crise de l'€ part 07 : L'Irlande - Heu?reka #24-7

La crise de l'€ part 07 : L'Irlande - Heu?reka #24-7

Heu?reka23 min18 mai 2018
7 chapitres
  • Les paradis fiscaux et la différence entre PIB et PNB(0'005'40)
    La population irlandaise est mieux estimée par le revenu national brut (RNB) que par le produit intérieur brut (PIB) en raison des activités de paradis fiscal.
    • Les entreprises créent des filiales en pays à fiscalité réduite (comme l'Irlande) • Elles facturent des services à des prix exagérés pour transférer les profits • Cela réduit les impôts payés comparé à un pays à fiscalité normale
    En France, Google paierait 30% d'impôts sur ses profits (7,5%), mais en Irlande avec une filiale, elle ne paie que 12,5% grâce à l'optimisation fiscale.
    • PIB = valeur marchande produite dans un pays • PNB = revenus perçus par la population • En Irlande et Luxembourg, l'écart est énorme (19-27% de moins en PNB) • Les profits transitent par ces pays mais n'enrichissent pas la population locale
  • La situation économique de l'Irlande avant 2007(5'406'50)
    • Luxembourg excepté, l'Irlande est le pays le plus riche de la zone euro • Taux de chômage de 5% seulement • Dette publique quasi inexistante • Budget de l'État parfaitement équilibré
    Bien que tout semble aller bien, les financiers et entreprises n'ont aucune raison de considérer l'Irlande comme un pays à risque en 2007.
    • Les trois plus grandes banques (RNB, Bank of Ireland, Anglo Irish) cumulent 462 milliards d'euros de bilans • Elles sont très peu capitalisées (environ 10% seulement) • Leur dette cumulée atteint 415 milliards d'euros
    Les dettes bancaires représentent 2,5 années de revenus nationaux bruts irlandais, comparé à seulement 4 mois pour les États-Unis.
  • L'éclatement de la bulle immobilière et ses conséquences(6'509'00)
    • Les prix de l'immobilier s'effondrent complètement en 2007-2008 • La bulle irlandaise est titanesque, similaire à celle de l'Espagne • La crise des subprimes américaine propage l'éclatement à la planète entière
    • Le secteur de la construction passe de 271 000 à 121 000 emplois entre 2007 et 2010 • Cela représente 150 000 emplois perdus en trois ans • Pour une population de 3 millions d'actifs, cela équivaut à 5% de destruction d'emplois
    Le taux de chômage augmente de 10 points entre 2007 et 2010, dont 50% directement lié à l'effondrement du secteur de la construction.
    • Ralentissement économique mondial touchant tous les secteurs • Destruction progressive des emplois dans l'industrie manufacturière • Crise s'étendant au-delà du secteur immobilier
  • La faillite bancaire et l'endettement de l'État(9'0013'00)
    • Les banques avaient financé massivement les investissements immobiliers en Irlande • Avec l'effondrement des prix, une grande partie des projets font faillite • Les banques ne sont pas remboursées et enregistrent d'énormes pertes
    Les pertes bancaires sont trop importantes pour être amorties par le capital des actionnaires (les banques étant peu capitalisées), causant la faillite des trois banques irlandaises.
    • L'État irlandais décide de sauver ses banques complètement • Il s'endette progressivement de 2008 à 2010 • Un tiers des 150 milliards d'euros de dettes supplémentaires correspond au sauvetage bancaire
    • Affaires économiques : 55 milliards d'euros (sauvetage des banques) • Sécurité sociale : 65 milliards d'euros (aider les travailleurs licenciés) • La dette publique passe de moins de 50 milliards à plus de 120 milliards
  • La crise de l'euro et l'intervention de la troïka(13'0015'00)
    • En 2010, la dette publique irlandaise dépasse 123% du PIB • Le déficit public atteint 32% du PIB, le plus important de la zone euro • L'Irlande perd la confiance des marchés financiers
    • Augmentation des dépenses sociales (chômage massif) • Sauvetage des banques défaillantes • Diminution du PIB réduisant les revenus fiscaux
    En novembre 2010, la troïka intervient en Irlande avec un plan d'austérité pour ramener les finances publiques dans le vert.
    • Crise des subprimes crée éclatement bulle immobilière • Construction s'effondre, chômage augmente • État s'endette pour sauver banques et aider chômeurs • Marchés refusent financement, troïka intervient
  • L'austérité en Irlande et sa différence avec la Grèce(15'0018'30)
    • Chômage baisse depuis 2012 • Création nette d'emplois reprend en 2013 • PNB par habitant reprend sa progression • Accès aux marchés financiers retrouvé
    • L'Irlande reposait sur fort investissement privé, pas public • Budget déjà équilibré avant la crise • Crise concentrée sur un seul secteur (construction) • Investissements privés dans consulting, programmation, services reprenaient déjà avant 2007
    • Dépenses publiques actuelles correspondent à celles de 2006 • Aucune réduction massive ni drastique des services publics • Infrastructure, éducation et anglophonie maintenues • Fiscalité des sociétés reste attractive à 2,5%
    • En Grèce, tous les secteurs ont été gravement touchés • Modèle reposait sur investissement public et privé • Dépenses publiques réduites au niveau de 1999 • Tous les acquis sociaux de 1999-2007 ont disparu
  • Les questions non résolues et les choix politiques(18'3023'35)
    • L'Irlande n'était pas obligée de sauver complètement ses banques • Un sauvetage sélectif aurait été possible, comme en Islande • Annuler une partie de la dette aurait pu accélérer la reprise
    Si l'objectif était le redémarrage rapide des économies grecque et irlandaise, annuler une partie de la dette aurait semblé intéressante économiquement mais a été écartée.
    • Pourquoi un sauvetage complet et non sélectif des banques? • Pourquoi la troïka n'a pas permis le défaut sur la dette? • Quels étaient les intérêts réels des décisions prises?
    Le prochain épisode explorera les raisons politiques et géopolitiques derrière ces choix de sauvetage complet plutôt que sélectif.