La faillite du hedge fund LTCM - Wall Street Stories #4/La faillite du Hedge Fund LTCM (3/5) Hedge Fund - Wall Street Stories #4
La faillite du Hedge Fund LTCM (3/5) Hedge Fund - Wall Street Stories #4

La faillite du Hedge Fund LTCM (3/5) Hedge Fund - Wall Street Stories #4

Heu?reka11 min22 juil. 2019
4 chapitres
  • La régulation des fonds d'investissement et l'émergence des hedge funds(0'232'01)
    Les fonds d'investissement traditionnels sont extrêmement régulés, n'ont pas accès à toutes les stratégies financières, doivent diversifier leurs investissements et expliquer clairement leurs méthodes aux épargnants. Les hedge funds fonctionnent comme des clubs privés pour les épargnants les plus riches qui peuvent investir plusieurs centaines de millions de dollars et sont supposés savoir ce qu'ils font.
    Aux États-Unis dans les années 90, les hedge funds sont à la mode. Les foyers les plus aisés recherchent des méthodes d'investissement plus dynamiques que celles proposées à l'épargnant lambda.
    Merriweather contacte différentes banques et fonds d'investissements pour leur vendre l'idée d'un hedge fund spécialisé dans l'arbitrage. L'objectif est de collecter 2,5 milliards de dollars auprès de personnes fortunées et de fonds d'investissements, soit 100 fois plus que ce qu'un fonds normal commençait à cette époque.
    • Commission fixe de 2% de l'argent investi par les clients • Bonus de 25% des bénéfices engendrés • Clause obligatoire : les clients doivent laisser leur argent au minimum trois ans dans le fonds
  • La constitution de l'équipe et le modèle théorique de LTCM(2'015'47)
    Le fonds s'appelle LTCM pour Long Term Capital Management. Merriweather sait que les opportunités d'arbitrage et les anomalies de marché mettent parfois du temps avant de se corriger, et ne veut pas que ses clients paniquent face à des trades perdants à court terme.
    • Robert Merton et Myron Scholes, inventeurs de la formule de calcul de la volatilité et de la distribution normale • Formule permettant de calculer la valeur théorique des options et les risques de perte pour tous types de produits financiers • Les deux professeurs sont des stars de la finance académique
    Robert Merton croit dur comme fer à la théorie des marchés efficients et au modèle des agents économiques calculateurs. Il est persuadé que les marchés sont composés d'acteurs rationnels qui utilisent uniquement les informations pertinentes pour prendre des décisions d'investissement.
    Myron Scholes est un pragmatique qui cherche sans cesse de nouvelles manières de tester les théories. Bien que convaincu que la formule est une excellente approximation, il n'est pas aussi convaincu que Merton de l'efficience des marchés. Il croit que LTCM ne sera performant que pendant une certaine période.
  • Le lancement de LTCM et l'opportunité de crise(5'478'34)
    En février 1994, Merriweather, Merton, Scholes et quelques autres partenaires collectent 1,25 milliard de dollars. C'est moins que ce que Merriweather avait en tête, mais pour une start-up qui démarre, c'est un bel exploit.
    En janvier 1994, Alan Greenspan, directeur de la Fed, craignant une surchauffe de l'économie américaine, augmente violemment le taux directeur de 3,05% en janvier à 6,05% en avril. Cette hausse prend les marchés par surprise et les investisseurs obligataires voient leurs obligations perdre de la valeur.
    Lorsque le taux directeur augmente, les anciennes obligations payant 5% d'intérêt deviennent moins attrayantes que les nouvelles obligations payant 8%. Les prix des obligations baissent donc pour compenser le mauvais coupon, entraînant une perte de valeur.
    LTCM arrive avec des milliards pleins les poches sur un marché en train de se disloquer et cherchant désespérément des acheteurs. Les conditions sont idéales pour entrer dans la danse, ce qui permet au fonds de commencer ses investissements dans des conditions favorables.
  • La stratégie de convergence et le fonctionnement du fonds(8'3411'26)
    LTCM se sert de la panique pour mettre en place son trade préféré : la convergence. Pendant la tempête de crise, les financiers vendent ce qu'ils peuvent vendre, ce qui crée des écarts de valeurs là où il ne devrait théoriquement pas y en avoir.
    Le fonds ne s'inquiète pas de savoir quel produit doit reprendre des couleurs. Il parie simplement sur le resserrement de l'écart de valeur entre deux produits, autrement dit sur la réduction de l'amplitude des vagues et le retour à la normale de la volatilité.
    Les professeurs savent qu'un événement inattendu peut frapper à tout moment. Pour se protéger de cette exposition, ils réalisent des paris en utilisant des produits financiers différents à différents endroits de la planète. Ils pensent que les chances pour qu'une crise frappe tous ces produits en même temps sont extrêmement faibles.
    Après deux mois de stabilité, les performances du fonds s'avèrent positives. LTCM est très chanceux car le fonds n'a pas commencé à investir au moment où la crise se déclare, évitant ainsi le stress des pertes qui s'accumulent.