
Part 4 - Y a-t-il un trou ?
4 chapitres
- L'ambiguïté de la CSG et le concept du trou de la SécuParadoxe de la CSGLa CSG prélève sur les retraités et les chômeurs pour financer une protection sociale qui est censée les aider. C'est un moyen d'organiser des transferts au sein de la protection sociale, prenant aux retraités et chômeurs pour donner aux autres, plutôt que d'augmenter les revenus directs.Construction du trouLe flou des contributions publiques permet au gouvernement de présenter un déficit chronique de dépenses comme un problème d'autonomie de la tirelire de la protection sociale, alors qu'en réalité c'est l'État lui-même qui décide comment financer sa tirelire et celle de la protection sociale.Stratégie politique• Évite de négocier directement avec les syndicats • Permet de transformer une situation neutre en argument politique • Justifie des réformes de réduction des dépensesRéalité du systèmeC'est une manipulation : l'État organise des transferts entre tirelires pour faire croire qu'une tirelire est mal gérée. Les petits malins continuent à présenter le trou de la Sécu comme un problème technique inévitable.
- Agrégation des sources et évolution historiqueRegroupement simplifié• 37% provient des cotisations patronales (entreprises) • 20% provient des cotisations des actifs (salariés employés) • 20% provient des particuliers (taxes sur la consommation, CSG, impôt sur revenu et patrimoine) • 23% provient de la tirelire de l'État (répartie dans différentes sources)Évolution temporelleAvant, la protection sociale était financée soit directement par l'activité des entreprises via les cotisations patronales et salariales, soit par le mix de tous les impôts. Toute la partie ciblant directement les particuliers est assez récente.Idéologie dominanteCette nouvelle forme de financement répond à une idéologie politique et économique : réduire les charges sociales (coût du travail) pour réduire le chômage. L'idée est de virer les cotisations sociales pour que les entreprises embauchent plus.Mécanismes pratiques• Allègements de cotisations sociales pour tous les salaires en dessous de 1,6 SMIC • Transfert du financement vers les particuliers via CSG et autres prélèvements • Justification : le modèle économique orthodoxe considère qu'une baisse des salaires est la seule solution contre le chômage
- Les blocages politiques et les solutions possiblesObstacles au changement• Le gouvernement ne veut pas augmenter les cotisations patronales et salariales (idéologie dominante) • Les particuliers ne veulent pas être davantage taxés car leur part n'a cessé d'augmenter depuis les années 90 • Méconnaissance du fonctionnement du système : les gens ne comprennent pas que leurs prélèvements leur sont reversés sous forme de dettes, accès gratuit aux soins, etc.Financement alternatif• Augmenter d'autres taxes (si possible en combattant l'évasion fiscale des entreprises) • Augmenter le déficit public • Utiliser la création monétaire • Taxer les transactions financières sur les marchés secondaires qui ne financent pas l'économie réelleLiberté de choixAucune obligation technique de plaffonner les dépenses de la protection sociale à 32% du PIB. Les méthodes de financement utilisables sont multiples et dépendent des choix politiques, pas de contraintes techniques.Questions fondamentales• Veut-on continuer à partir à la retraite à 62 ans ou même avant ? • Si oui, qui prélève-t-on pour y arriver ? • Quelles dépenses considère-t-on comme moins utiles que l'amélioration des conditions (ex: revalorisation des salaires du personnel hospitalier) ?





