
2050 : Les conséquences de la fin de "l'abondance"
Une vision possible du futur basée sur des tendances actuelles et les enjeux environnementaux
10 chapitres
- Les zones commerciales mortes et la fin de l'abondanceContexte actuelAux États-Unis, les 'dead malls' sont des zones commerciales abandonnées et reprises par la nature. Cette vidéo explore ce qui pourrait advenir des 1500 zones commerciales françaises après l'annonce de la fin de l'abondance.Approche méthodologiqueLa vision présentée n'est pas une prédiction mais un scénario possible basé sur des tendances actuelles et visant à répondre aux enjeux environnementaux contemporains.Évolution des tendances• Il y a une dizaine d'années, le sujet principal était la désertification des centres-villes • Les consommateurs préféraient les grandes zones commerciales avec plus de choix • Aujourd'hui se pose la question inverse : les zones commerciales pourraient-elles connaître le même déclinNature des zonesEn 2023, les zones commerciales sont l'incarnation de la société de consommation, ultra-spécialisées et dédiées uniquement à l'achat de biens neufs.
- La société de consommation et ses impacts environnementauxExtraction de ressourcesL'économie de consommation entraîne l'extraction de 737 millions de tonnes de matériel en 2020 et une production massive de déchets.Augmentation du plastique• La consommation de plastique par habitant est passée de 0 à 70 kg par an depuis les années 50 • Le plastique a été industrialisé et commercialisé depuis la dernière guerre mondiale • Il est devenu un symbole du progrès et de la modernitéSaturation des ménagesL'accumulation d'objets neufs se retrouve dans la plupart des foyers français avec des sous-sols, greniers et chambres d'amis pleins d'objets inutilisés.Stratégies commercialesFace à la saturation, les entreprises adoptent une 'fuite en avant' avec l'obsolescence accélérée, la mode rapide et l'innovation de petit bon qui encouragent le remplacement fréquent de produits.
- Les dangers du plastique et ses alternativesTransformation inévitableLe principal danger du plastique est sa transformation inéluctable en microplastiques et nanoplastiques, qui se retrouvent dans les eaux de lavage des vêtements et l'usure des pneus.Héritage problématiqueMême si la consommation était réduite en 2050, les générations futures devraient gérer les énormes quantités de déchets plastiques accumulés par leurs ancêtres.Exemples historiques• Le plastique rejoindra peut-être la liste des produits révolutionnaires questionnables • Tout comme les crèmes radioactives, sodas à la cocaïne, isolation à l'amiante, ou utilisation massive de plomb • L'histoire du progrès technique est aussi une longue liste de fausses bonnes idéesImpact climatiqueL'industrie du plastique représente autour de 7% de la consommation de pétrole en 2023, et selon l'AIE, les plastiques seront les principales raisons de la croissance de la demande de pétrole jusqu'en 2030.
- La déconsommation comme alternativeDéfinition du conceptLa déconsommation est le contraire de la société de consommation actuelle basée sur l'achat régulier de produits neufs qui entretient la croissance et l'emploi.Changements attendus• La consommation croît moins vite qu'avant, voire diminue • Les ménages et individus consomment de moins en moins • On remet en cause les modèles économiques et les imaginaires de la société de consommationEnjeux de transitionLe risque est de s'enfoncer tranquillement vers une société de décroissance si on ne parvient pas à renouveler les motivations et récits associés à la consommation.Impacts sur les zones commercialesL'e-commerce et les magasins proches des lieux d'habitation captent la majorité des achats. La hausse des prix et du coût des transports annoncent la fin des zones commerciales classiques.
- Accessibilité et transformation des zones commercialesEnjeux d'accessibilitéSi le coût de la voiture augmente, les zones commerciales éloignées deviennent moins accessibles et moins attractives car elles auront moins de commerce.Solutions collectivités• Les investissements publics peuvent rendre les zones accessibles par les transports en commun • Installation de bus électriques et véhicules partagés • Développement de tramways et autres infrastructures collectivesNouvelles installationsLes entreprises locales comprennent l'intérêt de s'installer dans ces zones qui offrent de grands locaux peu chers, des docks de chargement, une infrastructure routière et une proximité avec la ville.Changement de fonctionEn 2050, les zones commerciales ne font plus que vendre ; ce sont aussi des quartiers de production où s'installent des ateliers qui fabriquent et reconditionnent des équipements.
- Économie circulaire et réparationRéduction de matièreLes industriels qui existeront en 2050 proposeront des biens avec le strict minimum de matière plastique, en remplaçant le plastique par d'autres matières ou en apprenant à faire autrement.Durabilité produits• Les machines seront beaucoup plus durables et réparables • Au lieu d'acheter 10 machines dans sa vie, on n'en achètera qu'une • L'exemple de la machine à laver : plutôt que de revenir au lavage à la main, on crée des machines qui durent 20 à 30 ansModèle économiqueAujourd'hui, il coûte souvent très cher de réparer un lave-linge ou un frigo comparé à l'achat neuf, mais des alternatives anciennes devenues oubliées pourraient être réactivées.Réglementations futures• Écoconception : exiger des entreprises la fabrication d'objets conçus pour être réparés et durables • Obligations de conservation des pièces détachées plus longtemps • Normalisation et standardisation des pièces détachées pour faciliter leur remplacement
- Modèles économiques innovants en 2050Électroménager transforméL'industrie de l'électroménager n'est plus tournée vers l'achat de produits neufs. Les machines d'entrée de gamme à moins de 300€ ont disparu, remplacées par des équipements de très bonne qualité, plus chers, vus comme des investissements durables.Hausse des prix• Les biens deviennent plus chers à l'achat en raison du coût des matières premières • La TVA pourrait être augmentée sur les biens neufs • Mécaniquement, il devient intéressant de réparer plutôt que d'acheter neufÉconomie de la fonctionnalitéLe modèle change : l'entreprise reste propriétaire des biens et les met à disposition. On ne vend plus un produit neuf mais un service répondant à un besoin, avec réparation et entretien inclus.Exemple mobilitéLes entreprises de mobilité offrent des véhicules électriques à la location. Les gestionnaires d'immeubles louent des machines à laver professionnelles plutôt que de les acheter.
- Économie de maintenance et économie de l'occasionCentres de maintenanceLes zones commerciales deviennent centres d'une économie de la maintenance avec entrepôts de pièces de rechange et locaux pour techniciens d'entretien.Démantèlement automatiséLes fabricants installent des lignes de désossage automatisées pour récupérer facilement les ressources nécessaires à la production de nouvelles machines, d'autant plus que les appareils sont standardisés.Marché de l'occasion• Développement de ressourceries et recycleries basées sur des logiques d'achat-vente d'occasion et réparation • Biens d'occasion moins chers à l'achat que les produits neufs • Possibilité de revendre ou reconditionnner les objetsPlateforme physiquesLes plateformes internet spécialisées dans l'occasion ouvrent des boutiques physiques, offrent plus de services, augmentent leurs marges et permettent aux clients de renvoyer des meubles pour vente ou reconditionnement via livraison planifiée.
- Diversification des services et responsabilité étendueFin de vie des produitsLes zones commerciales s'intéressent à la fin de vie des objets, responsable de cette pollution, avec implication de tous les acteurs de la chaîne de production.Modèles économiques• Il faut qu'il y ait un intérêt économique pour les acteurs ou des incitations financières de l'État • On ne sortira jamais complètement de la logique économique • Les entreprises se rendent responsables de la fin de vie de leurs produits par intérêt économique ou par modèle de l'économie de la fonctionnalitéDiversification commercialeTous les modèles économiques ne sont pas focalisés sur les objets ; certains sont centrés sur des moments festifs, des événements, des animations et des liens sociaux.Services collectifs• Canteens populaires alimentant les salariés et organisatn réunions le soir et weekends • Transformation de bâtiments en salles d'activités sportives et familiales • Boîtes de nuit proches des transports en commun mais loin des habitations
- Vision de 2050 et conclusionTransformation zonesLes zones commerciales ne sont plus ultra-spécialisées dédiées à la vente de produits neufs mais des zones diversifiées, importantes de par leur emplacement et les espaces qu'elles fournissent à une société de déconsommation.Zones abandonnéesD'autres zones commerciales trop éloignées et inaccessibles en transport en commun ont été abandonnées depuis des années et ne servent plus qu'à rappeler l'époque insouciante de l'hyperconsommation.Nature du scénarioCette vision de la consommation en 2050 n'est qu'un scénario possible visant à ouvrir la discussion et à critiquer le réalisme ensemble.Enjeu de débat• Écrire un futur et débattre de sa faisabilité dépasse la rigidité de nos idées reçues • Au 20e siècle, les modèles basés sur la réparabilité et la durabilité sont devenus obsolètes avec le pétrole et les plastiques • Imaginer un monde consommant beaucoup moins de pétrole ne devrait pas être utopique mais le début d'une conversation


![LA FIN DU LIBERALISME ?! [feat. Arnaud Orain]](https://img.youtube.com/vi/9ti6uPcnfu4/mqdefault.jpg)


