STUPID ECONOMICS/ROBOT : Vers la disparition du travail humain ?
ROBOT : Vers la disparition du travail humain ?

ROBOT : Vers la disparition du travail humain ?

Stupid Economics13 minNov 25, 2018
6 chapters
  • Introduction et perspectives historiques(0'512'46)
    • L'histoire de Jean-Olivier, comptable cherchant à terminer ses tâches avant la fin de l'année financière • L'histoire de Sandrine, livreuse chez Chronopost cherchant à aller plus vite que son camion rempli de technologies • Le remplacement du travail humain par les machines génère beaucoup d'intérêt et déclenche des passions
    • Une étude de 2014 estime que 3 millions d'emplois deviendront inutiles en France d'ici 2025 • L'idée dominante actuelle est que le travail humain disparaîtra rapidement et que les machines rendront les travailleurs obsolètes
    • En France, la proportion de travailleurs agricoles est passée de plus de 70% à moins de 5% en 600 ans • Cela représente plus de 8 millions de personnes dont l'emploi a été remplacé par des machines et des progrès technologiques • Cette transition s'est produite sans considérer la croissance démographique
    • Cette transition n'a pas été sans conséquences • Les conditions de travail dans les nouveaux emplois sont devenues difficiles • Les travailleurs remplacés par des machines n'ont pas nécessairement reçu de compensation
  • Résistance technologique et bénéfices économiques(2'465'03)
    • Ned Ludd, tisserand en Angleterre, aurait détruit des métiers à tisser en 1779 face à la menace pour le statut des artisans • Chaque destruction de machine était attribuée à Ned Ludd, devenant une sorte de mème culturel • Le terme 'luddite' a depuis désigné ceux qui critiquent les technologies ou détruisent des machines
    • L'innovation permet d'augmenter la productivité et de réduire les coûts • Au lieu de payer 70% de la population pour se nourrir, il suffit aujourd'hui de payer 3 ou 4% • Cette amélioration globale se voit dans le budget des ménages américains : l'alimentation est passée de plus de 40% en 1910 à moins de 20% en 1980 • Les vêtements sont passés de 24% à 4,5%, sans compter l'augmentation de la qualité et de la variété disponibles
    • En 1931, l'économiste John Maynard Keynes prédit que ses petits-enfants ne travailleront pas plus de 15 heures par semaine • Il prédit aussi que l'humanité atteindra un niveau de consommation au-delà duquel elle ne consommera plus • Aucune de ces deux dernières prédictions ne s'est réalisée
    Keynes n'avait pas prévu l'absence de satiation des besoins humains : les désirs évoluent constamment et il est toujours possible de produire plus ou différemment
  • Destruction créatrice et transformation des industries(5'036'28)
    • L'économiste Schumpeter décrit en 1942 le concept de destruction créatrice • Chaque fois qu'une industrie disparaît, une nouvelle émerge pour absorber la main-d'œuvre
    • En 1920, le cheval est le principal moyen de transport avec environ 25 millions aux États-Unis • L'industrie équine nécessite beaucoup de main-d'œuvre pour les écuries, la construction de chariots, la conduite et le nettoyage des rues • L'automobile se développe et rend le cheval obsolète comme moyen de transport
    • Selon l'Organisation internationale des constructeurs automobiles, environ 9 millions de personnes travaillent directement dans l'industrie automobile et 50 millions indirectement • Le développement de l'automobile crée un besoin d'infrastructures : routes, tunnels, ponts • De nouvelles industries émergent : tourisme, restaurants, hôtels, parcs d'attractions, musées, hypermarché
    Le travail humain est comme l'eau d'un lac et les nouvelles technologies comme des pierres qu'on y jette : la pierre déplace l'eau, puis tout reprend un nouvel équilibre jusqu'à la prochaine innovation
  • Chômage à court terme et absence de lien long terme(6'287'27)
    Les études économiques à long terme montrent qu'il n'existe aucun lien entre l'innovation et le chômage
    • À court terme, la destruction d'emplois est bien réelle • Si un robot capable de fabriquer des t-shirts était créé avec un coût d'exploitation inférieur à celui d'un travailleur payé 80 dollars par mois, le chômage de masse serait un risque potentiel
    La destruction créatrice nous dit que d'autres industries devraient chercher et trouver comment absorber ce surplus de travailleurs, mais la question demeure : en deux mois, cinq ans ou trente ans ?
    Une société qui souhaite bénéficier du progrès technique doit accepter que certaines activités deviennent obsolètes ; chercher à arrêter ce processus c'est aussi freiner le progrès technique
  • Singularité technologique et débat futuriste(7'2710'03)
    La singularité est le moment où l'intelligence artificielle sera capable de s'innover elle-même et dépassera les capacités humaines
    • Le développement de l'intelligence artificielle est constamment l'objet de prédictions qui ne se réalisent pas • On aurait dû avoir des robots capables de communiquer avec un être humain dès les années 1980 • Il existe des cycles de hype suivis de ralentissements et d'une désillusion, documentés en tant que 'hiver de l'IA'
    • Les technologues et futuristes pensent que le travail peut disparaître très rapidement • Les économistes ont une vision différente, plus modérée sur les délais de transformation
    • Contrairement aux chevaux, les humains peuvent chercher et créer de nouveaux besoins et désirs • Un cheval n'a jamais pensé à devenir influenceur ou à inventer un service répondant à un besoin
  • Émergence de nouveaux services et transformations futures(10'0313'24)
    Selon les économistes, la disparition du travail humain n'est pas visible dans les chiffres actuels
    • En 1871, il y avait un coiffeur pour 1793 personnes en Angleterre ; aujourd'hui un pour 287 • Des professions similaires se sont multipliées : bartenders, journalistes, sportifs, hackers, conseillers financiers, infirmiers, professeurs de yoga, psychologues • Tendance générale : augmentation des services et des services personnels
    La règle économique du passé ne garantit pas que les futurs emplois seront de meilleure qualité, le travail précaire et sans sens existe toujours aujourd'hui
    • La question se pose : pourrait-on imaginer une société où le travail serait essentiellement des services ? • Sauf si une singularité technologique arrive bientôt, le phénomène que nous vivons ressemble à une évolution chaotique plutôt qu'à un remplacement mécanique massif • L'avenir dépendra de ce que nous en ferons