STUPID ECONOMICS/2050 : LE FUTUR DU TRANSPORT ?
2050 : LE FUTUR DU TRANSPORT ?

2050 : LE FUTUR DU TRANSPORT ?

Stupid Economics18 minNov 13, 2024
13 chapters
  • Les objectifs climatiques et la décarbonation du transport(1'162'29)
    À l'horizon 2050, l'objectif climatique global est d'atteindre la neutralité carbone. Pour le secteur des transports, cela signifie une décarbonation complète des mobilités terrestres sans consommation de pétrole.
    Les politiques d'adaptation au changement climatique impacteront directement la manière de déplacer les biens et les personnes. Le transport maritime, terrestre et aérien devront tous s'adapter et trouver de nouvelles formes de mobilité.
    Ce scénario n'est pas une prédiction mais une exploration inspirée du travail de l'ADEME Transition 2050. Il s'agit d'explorer différents paysages français pour découvrir un futur possible.
    • Scénario technologique : croissance continue du trafic avec décarbonation coûteuse et dépendante de ressources limitées • Scénario sobre : réduction significative du trafic aérien et pratiques de transport moins intensives
  • L'aviation en 2050 : sobriété organisée et biocarburants(2'293'08)
    Les avions de 2050 brûlent du kérosène mélangé avec du SAF, un biocarburant réduisant les émissions de gaz à effet de serre, bien qu'il soit plus coûteux et loin d'être une solution magique.
    Les plans d'avion à hydrogène des années 2020 ne concernent que des engins de moyenne distance. Même en cas de viabilité commerciale, ces modèles ne sont pas déployés sur les longs courriers en 2050.
    L'aviation ne bénéficiant plus de subventions, la hausse des prix du secteur est sensible. Cela correspond à un scénario de sobriété organisée impactant également le transport des marchandises.
    • Rationaliser les usages de l'aviation faute d'alternatives énergétiques évidentes • Adapter la pratique du transport aérien à une réduction significative du trafic • Gérer la hausse des coûts pour les utilisateurs
  • Transport maritime : réduction des flux et décarbonation(3'084'38)
    Environ un tiers des flux de marchandises via le maritime en France est lié aux produits pétroliers et gaziers, avec une faible proportion de charbon. Ces énergies fossiles disparaîtront à l'avenir.
    • Réduction des flux liés à la décarbonation et l'abandon des énergies fossiles • Remplacement partiel par du transport d'hydrogène, de biocarburants et de biomasse dans des proportions non équivalentes • Modification de la nature des marchandises transportées grâce aux cycles agricoles raccourcis et aux filières de réutilisation
    Les navires chargés de produits en plastique sans grande valeur ou de déchets deviennent beaucoup plus rares. Le transport maritime pourrait baisser en termes de flux et nécessite une décarbonation sans alternative énergétique à court terme.
    La seule approche possible est de rationaliser les usages du transport maritime, comme pour l'aviation, car l'avion et le porte-conteneur ne disposent pas d'alternative énergétique évidente.
  • Transport terrestre : électrification et réduction du parc automobile(4'386'08)
    La transition vers le véhicule électrique se diffuse beaucoup plus lentement que prévu, coûte très cher et pose de nombreuses difficultés. Elle sera peu accessible aux ménages les plus précaires pendant 10 à 20 ans.
    Le scénario souvent mis en avant serait de remplacer les 38 millions de voitures thermiques actuelles en France par 38 millions de voitures électriques. Cependant, cette faisabilité est questionnée en termes de coût et de disponibilité des ressources.
    • Diminution sensible du nombre de véhicules en 2050 • Changement de fonction : la camionnette électrique légère devient l'un des modèles les plus vendus • Réduction des trajets domicile-travail, école et vacances pour une partie croissante des Français
    Le transport routier représente près du tiers des émissions de gaz à effet de serre en France et constitue un poste majeur du budget des foyers français, ce qui rend l'électrification coûteuse et inégalement accessible.
  • Réorganisation territoriale : proximité et densification urbaine(6'087'35)
    • Favoriser les déplacements en proximité ou sur courte distance • Repenser l'aménagement du territoire et les modes de vie pour ramener plus de proximité • Interroger l'organisation du travail et le placement du commerce
    En 2020, les alentours des métropoles concentrent 40% des Français et encore un peu plus en 2050. Ces territoires densément peuplés sont réorganisés pour rapprocher les activités quotidiennes des habitations sans trop de difficulté.
    Un quartier péri-urbain typique sans transport en commun efficace en 2020 voit apparaître en 2050 un arrêt de bus à haute fréquence. Des services s'installent au centre : boutique alimentaire, cabinet médical, salle de sport, crèche, attirant piétons et actifs.
    On peut imaginer qu'en 2050, les villes moyennes et petites villes ressemblent davantage aux grandes villes : part de voiture plus faible, part du vélo beaucoup plus importante, et transports en commun comme les tramways se diffusant sur des villes auparavant dépourvues.
  • Renaissance du tramway et mobilités alternatives en agglomérations(7'359'11)
    Après avoir disparu pendant quelques décennies dans presque toutes les villes françaises, les tramways reviennent d'abord dans les métropoles. Dans les années 2040, des villes plus petites comme Valence et ses 60 000 habitants retrouvent leurs lignes historiques.
    Ces nouvelles lignes permettent de réduire assez rapidement le budget de transport d'un très grand nombre de foyers français pour les déplacements quotidiens. Le transport en commun public offre des solutions accessibles aux familles précaires.
    • Les gares sont des lieux extrêmement centraux où il est important de développer différents types de mobilité : vélos en libre-service, véhicules de location, transports en commun • Les gares deviennent des lieux d'échange avec diverses activités et de la vie interne et externe • Les entreprises s'implantent près des gares pour recruter des employés privilégiant les villes moyennes
    Des navettes privées complètent le transport public, comme celle reliant la gare de Valence à une clinique à quelques kilomètres. Ces services répondent à des besoins très spécifiques et permettent aux employés du train de rejoindre leurs lieux de travail en quelques minutes.
  • Intensification des réseaux ferroviaires existants(9'1110'00)
    À horizon 2050, le réseau ferroviaire n'aura pas beaucoup bougé par rapport à aujourd'hui. Il n'y aura pas forcément de nouvelles lignes à beaucoup d'endroits entre des villes moyennes et petites.
    • Le principal défi est de mettre plus de trains sur l'existant : intensifier les usages • Augmenter la fréquence des trains pour garantir une qualité de service importante • Augmenter la capacité des trains pour emmener plus de personnes qu'aujourd'hui
    Quand les flux ne justifient pas le train ou qu'il n'y a pas de ligne à certains endroits, on complète par des lignes de bus, de car, ou de car express, notamment en péri-urbain. Sur le reste du territoire, on favorise des véhicules plus sobres.
    Une ligne de RER métropolitain change les habitudes de déplacement notamment des actifs qui peuvent compter sur des trains fréquents le jour et un service minimum même au milieu de la nuit. Les entreprises en profitent pour éviter la saturation ferroviaire des métropoles aux heures de pointe.
  • Zones rurales : mobilité automobile et électrification ciblée(10'0011'26)
    Les zones rurales conservent un usage de la voiture proche de celui des années 2020. Les travailleurs du secteur agricole et les habitants vivant à plus de 10 km d'une gare, représentant environ une dizaine de pourcent de la population, bénéficient de subventions pour l'achat de véhicules lourds.
    Les véhicules dits lourds sont équipés d'une batterie offrant plus de 500 km d'autonomie. L'enjeu est de remplacer les véhicules thermiques qui circulent encore et qui peinent à se ravitailler en carburant avec la disparition des stations-services déjà d'actualité dans les années 2020.
    Dans les zones plus denses comme la Loire-Atlantique, les véhicules électriques lourds sont utilisés mais moins nécessaires. La relocalisation des commerces, les réseaux de transport en commun et les nouveaux services facilitent les modes de vie avec un usage seulement ponctuel de l'automobile.
    • Systèmes d'autopartage et de vélopartage, partage plus global de différents types de véhicules • Véhicules intermédiaires entre le vélo et la voiture permettant quelques dizaines de kilomètres • Accès aux petites et moyennes villes pour l'emploi, services et activités
  • Réhumanisation urbaine : piétons, vélos et densité de quartiers(11'2612'31)
    Jusqu'aux années 60, les habitations dans les rues françaises étaient particulièrement denses pour économiser l'énergie. Cette densité a été rendue invivable par l'automobile. En 2050, cette tendance s'est inversée : les quartiers deviennent beaucoup plus silencieux.
    • Les déplacements à pied ou à vélo sont sécurisés et garantissent un chemin sûr pour aller à l'école • Contraste avec 2020 : 31% des écoliers français étaient conduits en voiture et 2 500 enfants piétons blessés chaque année • Infrastructure spécifique nécessaire pour rendre la marche viable
    La marchantville demande des investissements et des infrastructures spécifiques liées au climat. Des exemples internationaux comme Singapour avec des portiques permettent de marcher même quand il fait humide. Des villes froides comme Montréal offrent des passages souterrains.
    Après être considéré négativement, il devient courant d'évoquer la chance de pouvoir aller au travail à pied ou à vélo. Cela évite les coûts élevés du trajet domicile-travail. Les communes investissent dans des bancs, des arbres, des galeries couvertes favorisant la mobilité des piétons.
  • Dynamique des trottoirs et commerce de proximité(12'3114'39)
    Le trottoir est un espace entre l'espace public et l'espace privé, entre le marchand avec un T et le marchand avec un D. C'est historiquement un objet conçu par rapport à sa fonction commerciale, lieu fondamental du commerce officiel et informel.
    Ce qui rend un trottoir animé c'est la présence de commerçants officiels ou informels. Cette interaction entre les deux types de marchands crée la richesse du trottoir et demande que les biens soient amenés au plus proche.
    Le commerce s'est adapté à la voiture. En 2050, il cherche à répondre à d'autres usages avec un changement en profondeur des pratiques de livraison chaotiques des années 2020, souvent réalisées par des livreurs précaires payés à la tâche.
    • Les consignes en ville sont une manière de dire que la livraison se ferait à quelques 100-150 m du domicile plutôt que jusqu'au palier • Cela limite la circulation des livreurs et réinvente le modèle logistique urbain • Comparable au conteneur pour le commerce maritime, ces dispositifs optimisent la logistique urbaine
  • Transport de marchandises : restructuration logistique et multimodalité(14'3915'36)
    Au-delà des changements de pratiques de livraison des particuliers ou des commerces de proximité, ce sont toutes les chaînes logistiques qui ont dû s'adapter à un environnement nouveau pour trouver des sources de profit.
    • Dans les scénarios les plus sobres, on peut imaginer une division par deux des flux de transport de marchandises • Cela demande de combiner plusieurs leviers : moins de tonnes transportées, des distances plus faibles, des chaînes logistiques plus raccourcies
    Sur la longue distance, il faut passer autant que possible sur le ferroviaire qui est plus efficace et largement électrifié. Diminuer la part du routier pour aller vers le ferroviaire et le fluvial qui peut être un complément intéressant.
    • Les centres logistiques et les usines autrefois près des nœuds autoroutiers cherchent à se rapprocher des ports, des fleuves et des gares • Exemple : un commerce près de Dijon s'approvisionne via le port de Fos-sur-Mer et sa liaison ferroviaire, puis via transport fluvial sur l'Eurone et la Saône • La saturation des rails a favorisé le développement du transport fluvial
  • Routier régional et crises d'infrastructure autoroutière(15'3617'10)
    Le transport par camion reste important mais se concentre sur des trajets plus courts et est généralement électrifié. La réduction du nombre de camions sur les longues distances et des véhicules légers n'atteignant plus les 100 km/h remet en question la rentabilité de certains tronçons d'autoroute.
    Un phénomène similaire à la diminution du réseau ferroviaire des années 1930 s'enclenche : un cercle vicieux avec la dégradation progressive d'une infrastructure chère devenue surdimensionnée, menaçant sa rentabilité.
    • Les populations qui aujourd'hui voyagent beaucoup à longue distance devront changer leurs pratiques de mobilité • Tensions attendues notamment sur la question de l'emploi et de la transformation de l'économie • Les pratiques de mobilité du quotidien demandent de changer potentiellement de mode de transport et de mode de vie
    Il faut faire en sorte d'avoir les bonnes interactions entre les mobilités du quotidien (marche, vélo, transports en commun, modes légers) et d'avoir suffisamment d'alternatives à longue distance. Les véhicules légers calibrés sur les trajets quotidiens avec autonomie raisonnable ne permettent plus autant que les voitures thermiques de partir en famille sur de longues distances.
  • Sobriété organisée versus réduction subie : scénario conclusif(17'1018'49)
    Sans bouleversement technologique majeur, un scénario de réduction de certains modes de transport en France est difficilement évitable. La question est de savoir si cette réduction passe par de la sobriété, organisée avant d'être subie.
    La réduction peut se transformer en pauvreté si elle n'est pas organisée. Le scénario futur possible dépend de la manière dont cette transition est gérée : volontaire et planifiée ou chaotique et impulsée par les crises.
    • Dans le futur possible inspiré d'un scénario élaboré par l'ADEME, les Français peuvent se déplacer au quotidien pour travailler ou loisirs • Tous les territoires et foyers sont accompagnés avec des solutions différentes et adaptées • Les impacts sont très importants sur les modes de vie des personnes
    Ce scénario n'est pas une prédiction mais un exercice basé sur des tendances et des mécanismes économiques. Les créateurs invitent les viewers à partager comment ils voient l'avenir des transports et si la crise énergétique récente a changé leur perception.