
La crise de l'€ part 09 : EVERYOOONE!!! - Heu?reka #24-9
16 capitulos
- Comparaison des pays du sud et schéma d'attractivitéPrésentation du schémaUn schéma montre la démarcation nord-sud en zone euro avec la taille des bulles représentant la population, l'abscisse montrant le PIB par habitant et l'ordonnée l'indice de complexité du pays basé sur les données de 2007 avant la crise.Compréhension des donnéesL'indice de complexité montre la complexité et diversité des produits fabriqués dans chaque pays. Les pays pauvres fabriquant des produits simples sont en bas à gauche, tandis que les pays riches produisant des produits complexes sont en haut à droite.Prédiction de l'impact• La Grèce et le Portugal devraient souffrir le plus de la crise, étant peu complexes et produisant peu de richesses • L'Espagne devrait s'en sortir mieux, étant mieux placée et plus grande • L'Italie devrait souffrir encore moins pour les mêmes raisons • L'Irlande ne devrait pas avoir de crise selon ce schémaLien avec les investissementsCette représentation sous forme de bulles résume l'attractivité en termes d'investissements privés. La fuite des capitaux due à la baisse d'investissement dans les pays du sud est une pièce très importante du puzzle de la crise.
- Analyse du chômage et de l'aide de la TroïkaÉvolution du chômageEntre 2007 et 2013, la Grèce connaît la plus forte augmentation du chômage. L'Espagne suit en deuxième position, tandis que le Portugal et l'Italie sont à égalité avec une augmentation similaire.Impact de l'aide financièreEn ajoutant l'aide de la Troïka en pourcentage du PIB de 2007, on voit que la Grèce reçoit l'aide la plus importante, suivie du Portugal et de l'Irlande. L'Italie n'a pas besoin d'aide et l'Espagne reçoit peu d'aide malgré un chômage très élevé.Discordance observéeLe classement basé sur l'attractivité initiale ne correspond pas entièrement aux résultats réels de la crise. La fuite des capitaux seule n'explique pas tout, notamment le cas paradoxal de l'Espagne.Mécanisme des crises• La fuite des capitaux crée une baisse des revenus des entreprises • Les entreprises licencient et le chômage apparaît • Les chômeurs consomment moins, ce qui réduit les revenus des autres entreprises • Cela déclenche de nouveaux licenciements créant un cycle vicieux
- Cas spécifique de l'Irlande et sa crise bancaireSituation particulièreL'Irlande est un pays du nord qui a connu une crise plus importante que les autres à cause d'une bulle spéculative sur l'immobilier complètement hors norme qui a fait exploser ses banques en 2008.Dégradation financièreLa situation financière du gouvernement irlandais, excellente avant la crise, s'est largement dégradée car le pays a été forcé de s'endetter pour s'occuper des chômeurs et de ses banques, ce qui a nécessité l'intervention de la Troïka fin 2010.Nature de la fuiteLa crise irlandaise n'a pas une fuite des capitaux liée à la non-attractivité générale du pays. Il y a eu une bulle immobilière qui a éclaté, faisant fuir les investisseurs immobiliers qui représentaient une énorme part de l'investissement.Caractéristiques des banques• Les trois plus grosses banques espagnoles sont plus petites qu'en Irlande en proportion de la richesse produite • Les banques irlandaises étaient très locales et avaient énormément investi dans l'immobilier domestique • Les grandes banques espagnoles sont plus internationales, permettant de diluer les pertes
- Bulle immobilière en Espagne et ses conséquencesAmpleur de la bulleL'Espagne avait une bulle de l'immobilier encore plus importante que l'Irlande. Des lotissements nouvellement construits étaient complètement vides, leur construction se faisant sur des bases spéculatives sans rapport avec la demande réelle de logements.Emplois dans le bâtimentEntre 2000 et 2007, l'Irlande et l'Espagne ont créé énormément d'emplois dans le secteur de la construction. Pendant la crise entre 2007 et 2013, tous ces emplois sont passés à la trappe, créant un chômage massif.Santé des banques• Les trois plus grosses banques espagnoles n'ont pas eu besoin d'être sauvées contrairement aux banques irlandaises • Les caisses d'épargne espagnoles, qui ont financé environ la moitié des prêts immobiliers, se sont retrouvées en situations délicates • Ces caisses étaient mieux capitalisées que les banques irlandaises pour encaisser les pertesPratiques comptablesLes caisses d'épargne espagnoles ont eu tendance à masquer leur exposition à l'éclatement de la bulle via des pratiques comptables discutables, ce qui a permis au pays d'éviter de sauver les banques dès 2008.
- Système de prêts garantis et responsabilité des emprunteursDifférence avec les États-UnisEn Espagne, les contrats de prêts sont pleinement garantis contrairement aux États-Unis. Si un emprunteur ne peut pas rembourser, la banque l'expulse de sa maison et tente de se rembourser en revendant bien, mais reste responsable de la différence si le prix est insuffisant.Responsabilisation de l'emprunteurEn Espagne, contrairement aux États-Unis, l'emprunteur reste responsable de la totalité du prêt même en cas de saisie du bien immobilier par la banque. Le système américain place la responsabilité du côté des banques.Règles plus strictesEn Europe en général, les règles sont plus strictes pour éviter que les montants empruntés soient trop importants par rapport aux revenus. Cela responsabilise les emprunteurs, sauf qu'en Espagne, il faut tout rembourser quoi qu'il arrive.Conséquences comptables• Dans les autres pays européens, l'annulation de la dette au moment de la saisie force les banques à mettre en évidence leurs pertes • En Espagne, les banques peuvent faire comme si tout allait bien et comme si elles allaient être remboursées un jour • Cela limite la transparence et donne l'impression que les banques ne perdent rien • C'est en partie pourquoi l'Espagne n'a pas eu besoin de sauver ses banques dès 2008
- Impact économique double de la crise espagnoleIncertitude des investisseursLes investisseurs ne savent pas sur quel pied danser car ils ne savent pas dans quel état sont réellement les banques espagnoles en raison des pratiques comptables discutables masquant les pertes réelles.Population endettéeUne grande partie de la population, parfois au chômage, n'arrive pas à se défaire de ses dettes ce qui limite leur potentiel de consommation et d'investissement, ralentissant la reprise économique.Dilemme politiqueD'un côté, on n'est pas dans une situation d'urgence où il faut dépenser des centaines de milliards pour sauver les banques. De l'autre, la population reste prisonnière de sa dette et l'économie ne redémarre pas.Aide de la TroïkaL'aide de la Troïka à l'Espagne décidée fin 2012 a été mise en place pour permettre au gouvernement de réduire l'ardoise des emprunteurs les plus précaires tout en évitant les faillites bancaires. Seulement 41 milliards sur 100 milliards ont été retirés.
- Crise de la dette publique en EspagneRespect initial des critèresL'Espagne est le seul pays du sud avec l'Irlande à respecter les critères de Maastricht depuis le début jusqu'à la crise de 2008 : déficit public sous les 3% du PIB et dette sous les 60%.Cause de l'endettementLa crise de la dette en Espagne n'existait pas avant 2008. Le gouvernement s'est petit à petit endetté pour soutenir le quart de la population retrouvé au chômage tout en récupérant moins de taxes du secteur de la construction qui avait fait faillite.Évolution du budgetEn regardant l'évolution du budget de l'état espagnol par poste de dépenses, c'est le budget alloué à la protection sociale qui augmente le plus au moment de la crise.Différence avec l'Irlande• L'Irlande a rapidement récupéré de l'investissement privé après la crise • L'Espagne n'a pas connu cette reprise et la situation n'a fait qu'empirer jusqu'en 2013 • L'Irlande est un pays du nord plus attractif, plus riche, plus complexe avec une population anglophone • L'Irlande a un taux d'imposition sur les sociétés très avantageux
- Cas du Portugal et différence avec la GrèceSituation comparéeLe Portugal et la Grèce ont une attractivité similaire pour les investisseurs : peu complexes et pas très riches. Cependant, le chômage a été multiplié par trois en Grèce tandis que le Portugal a reçu moins d'aide de la Troïka.Différence clé : endettementLe Portugal et la Grèce ont maintenu un déficit public entre 1999 et 2007. Cependant, début 2008, la situation grecque est beaucoup plus dangereuse avec un niveau d'endettement plus élevé et un déficit également plus important.Austérité différenciéeC'est parce que la situation financière du gouvernement portugais est meilleure que celui grec que le Portugal va passer à côté des mesures d'austérité les plus récessive que la Grèce devra endurer.Emplois publics• La Grèce connaît la politique d'austérité la plus forte avec des suppressions d'emplois publics • Le Portugal, l'Espagne, l'Italie et l'Irlande s'en sortent beaucoup mieux • Le Portugal a évité le traitement de choc austère reçu par la Grèce
- Mécanismes généraux de la crise économiqueBoucles de rétroactionLe capitalisme génère des boucles de rétroaction : en cas de panique, on obtient des crises financières ; en période de confiance, on a de la croissance ; et en cas de surexcitation, des bulles spéculatives apparaissent.Amplification par la monnaie unique• Une zone économique qui favorise la libre circulation des capitaux renforce le phénomène de volatilité des investissements • L'utilisation d'une même monnaie rend cette circulation encore plus facile et rapide • Cela peut favoriser la croissance mais aussi amplifier les risques de bulles spéculativesRisques d'hétérogénéitéEn cas de manque d'homogénéité dans le développement économique entre les différents pays, on risque de voir apparaître des bulles spéculatives avec des investisseurs se montant la tête sur un pays ou un secteur d'activité.Effets de paniqueEn cas de crise, on va aussi avoir des effets de panique irrationnelle et auto-réalisatrices : un pays perçu comme faible dans lequel plus personne n'investit devient effectivement faible.
- Cas spécifique de l'Italie et division nord-sudPosition attendueD'après sa position sur le schéma initial d'attractivité, l'Italie aurait dû être le pays du sud qui souffrirait le moins de la crise, ce qui s'est avéré correct.Division territorialeLe problème de l'Italie réside essentiellement dans le fait que le pays est coupé en deux : le nord est riche, complexe et attire les capitaux tandis que le sud a beaucoup plus de mal à s'en sortir économiquement.Disparités régionalesLes niveaux de chômage varient très nettement entre les plus grandes métropoles italiennes : le sud s'en sort beaucoup moins bien que le nord. Cette tendance ne date pas d'hier.Situation financière de l'État• La dette publique de l'Italie était au même niveau que celle de la Grèce en 2007 • En plus de la fuite des capitaux dans le sud, l'Italie avait un niveau d'endettement public élevé qui a fait peur aux marchés financiers • L'Italie reste aujourd'hui le deuxième pays de la zone euro le plus endetté après la Grèce
- Banques italiques et crises bancaires régionalesProblèmes bancairesLes banques italiennes connaissent aussi des difficultés, mais ce n'est pas lié à une bulle spéculative comme en Irlande ou Espagne, mais plutôt à une forte augmentation du chômage.Logique de défaut• Le chômage est provoqué par des entreprises en difficulté qui licencient • Si les gens perdent leur emploi et les entreprises font faillite, les dettes deviennent difficiles à rembourser • Les banques perdent de l'argent car leurs débiteurs ne peuvent plus payerExemples de banques en difficultéOn peut citer Montepaschi et Banco Popolare en Italie, Alpha Bank, Eurobank, NBG et Piraeus en Grèce, BPI au Portugal, toutes retrouvées en difficulté à cause de la crise.Impact des banques étrangèresLes problèmes bancaires du sud ont également pesé sur des grandes banques internationales françaises, allemandes, britanniques ou suisses qui avaient des branches implantées dans ces pays du sud.
- Secteurs d'activité et destructions d'emploisImportance du secteur publicUn quart des emplois dans les pays du nord provenaient du secteur public en 2007. Dans les pays du sud, c'était 16% des emplois, second secteur le plus important après le commerce.Évolution des emplois publics• Dans les pays du nord, le nombre d'emplois publics a augmenté en période de croissance comme de crise • Dans les pays du sud, il y a plutôt une stagnation voir une diminution en période de crise • La diminution de 31 000 emplois publics sur presque 11 millions dans le sud représente une stagnation relativeStabilisation économiqueL'importance des emplois publics et la capacité à continuer d'embaucher ou éviter de licencier a probablement permis à de nombreux pays du nord et du sud de passer à côté d'une crise beaucoup plus grave.Rôle anti-crise• Les emplois publics non supprimés en cas de crise conservent une base solide permettant à la consommation de ne pas complètement s'effondrer • Les dépenses des uns sont les revenus des autres • Cette stabilité du secteur public serait une raison pour laquelle la crise de 2008 n'a pas eu un impact aussi important que la Grande Dépression des années 30
- Secteurs ouvriers et mutation de l'économie européenneTransition en coursL'Europe est un continent qui transite vers une économie de services. Les emplois ouvriers sont petit à petit délocalisés dans des pays où la main-d'œuvre coûte moins cher.Automatisation et délocalisation• Les emplois ouvriers qui restent en Europe sont à plus forte valeur ajoutée mais plus menacés par l'automatisation • Les licenciements dans les secteurs ouvriers étaient déjà monnaie courante entre 2000 et 2007 en période de croissance • Pendant la crise, l'impact a été encore plus important particulièrement dans les pays du sudVulnérabilité du sudLes pays du sud sont moins complexes, proposant souvent des emplois ouvriers moins qualifiés donc plus facilement délocalisables, ce qui les rend plus vulnérables aux destructions d'emplois pendant les crises.Stratégies d'entreprises• Pendant les crises, les carnets de commandes se vident et les entreprises cherchent à couper là où elles peuvent • Les fermetures d'usines et suppressions d'emplois ouvriers sont plus fréquentes que la suppression d'emplois de services au siège • Cela explique l'impact très important de la crise des subprimes sur les emplois ouvriers, particulièrement dans le sud
- Secteur du commerce et effet domino de la criseImpact sur le commerceLe secteur du commerce a enregistré environ un million deux cent mille emplois en moins pendant la crise, ce qui représente un impact significatif.Mécanisme de contractionSi de nombreux ouvriers perdent leur emploi, ils réduisent leurs dépenses au maximum. Le commerce de proximité, la grande distribution et la restauration sont des activités qui vont forcément ralentir et licencier en conséquence.Universalité de l'effet• Dans le commerce, peu importe d'où vient la crise : du banquier au chômage, ils seront forcément impactés • La contraction du commerce est une conséquence directe de la baisse de consommation liée au chômage • C'est une manifestation de l'interdépendance des secteurs économiquesAmplification de la criseLe secteur du commerce amplifie donc la crise : la réduction des revenus dans les secteurs primaires crée un effet domino affectant les services, ce qui ralentit l'économie générale.
- Synthèse et résumé des cas nationauxClassification globaleClasser les pays en fonction de leur niveau de développement en utilisant l'indice de complexité et le PIB par habitant permet de mettre en avant les pays les plus exposés à un effet de panique dans une union monétaire.Facteurs d'exposition• La Grèce et le Portugal sont des pays à risque avec faible attractivité • L'Espagne est dans une moindre mesure à risque • L'Italie est encore un peu moins exposée • L'Irlande semble complètement à l'écart sauf qu'elle est un petit pays facilement évitableDéterminants de la crise• L'attractivité économique est un premier moyen d'expliquer la fuite des capitaux • Vient ensuite le rôle de la bulle de l'immobilier, spécifique à l'Espagne et l'Irlande • L'austérité a affecté tous les pays mais surtout la Grèce • Ces trois facteurs additionnés permettent de comprendre l'impact différencié de la criseRésultats par pays• Grèce : coupée des marchés financiers en premier, austérité excessive, aide massive de plusieurs centaines de milliards • Irlande : crise bancaire due à la bulle, intervention rapide de la Troïka, reprise rapide grâce à ses avantages du Nord • Espagne : bulle immobilière, chômage massif, dette publique croissante, aide limitée en 2012 • Portugal : perte d'attractivité, augmentation du chômage, intervention de la Troïka, austérité moins sévère que la Grèce
- Conclusions et annonces finalesMécanismes structurelsL'importance du secteur public en termes d'emplois et sa capacité à continuer d'embaucher ou éviter les licenciements a probablement permis à de nombreux pays de passer à côté d'une crise bien plus grave.Secteurs vulnérables• Le secteur ouvrier (manufactures et industrie) a énormément souffert, non seulement à cause de la crise mais aussi de la mutation structurelle de l'économie européenne • Les licenciements étaient nombreux dans le sud où les emplois sont moins qualifiés et plus facilement délocalisables • Le commerce a subi un impact indirect important dû à la baisse de consommationTransparence et vérificationUne démarche de transparence a été lancée avec sources pour chaque graphique et tableau. Un blog via GitHub permettra d'associer du contenu écrit à chaque épisode avec récap, clés et sources.Partenariats• Un partenariat avec Captain Fact permet à chacun de valider ou invalider les chiffres et données présentés • Les sources sont mises en description et sur le blog de la chaîne • Cela favorise la transparence et l'accountability du contenu éducatif




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