
Part 3 - On a déjà réformé non ?
4 capitulos
- Le problème démographique des retraites en FranceContexte économiqueEn 1960, il y avait quatre actifs en emploi pour financer chaque retraité. Aujourd'hui, ce ratio est tombé à 1,7 actif par retraité.Facteurs démographiques• Le baby boom a débuté en 1947 et s'est prolongé jusqu'en 1974 • Les baby boomers arrivent en retraite entre 2007 et 2030 • L'espérance de vie a augmenté de 69 à 85 ans pour les femmes et de 63 à 79 ans pour les hommes entre 1950 et aujourd'huiNature du défiLe baby boom est une anomalie statistique temporaire due à la guerre, mais cette anomalie coïncide avec une augmentation durable de l'espérance de vie.Dilemme politiqueFace à ces changements, les gouvernements doivent choisir entre faire travailler les gens plus longtemps ou réduire le montant des pensions.
- Les quatre leviers des réformes des retraitesDurée de cotisation• En 1972, il fallait 150 trimestres validés (37,5 ans de carrière) pour partir à taux plein • Depuis les réformes Balladur-Vieille (1993) pour le privé et Raffarin-Fillon (2003) pour le public, ce nombre augmente progressivement vers 172 trimestres (43 ans de carrière) • Un exemple : baccalauréat à 18 ans + bac+3 à 21 ans + 43 ans de travail = départ à 64 ans au lieu de 58,5 ansÂge de suppression de décote• Avant 1987, l'âge de suppression de la décote était fixé à 65 ans • En 1987, réforme Chirac le ramène à 60 ans, permettant aux carrières longues de partir sans décote • Depuis 2010, réforme Fillon-Woerth, cet âge passe à 62 ansÂge légal de départ• L'âge légal est distinct de l'âge de suppression de décote : c'est l'âge à partir duquel on peut partir en retraite même sans tous les trimestres validés • Avant 1987 : âge légal et âge sans décote confondus à 65 ans • De 1987 à 2010 : 60 ans l'âge légal et 65 ans l'âge sans décote • Depuis 2010 : 62 ans l'âge légal et 67 ans l'âge sans décoteCalcul des pensionsLe calcul des pensions intègre plusieurs leviers : le nombre d'années de référence (passage de 10 à 25 meilleures années), l'indexation sur les prix plutôt que les salaires, et la réévaluation annuelle des pensions.
- Modification du calcul des pensions et indexationAnnées de référence• Avant la réforme Balladur-Vieille (1993) : les 10 meilleures années de salaire servaient de référence dans le secteur privé • Après 1993 : passage à 25 meilleures années • Dans le secteur public : les 6 derniers mois de salaire servent de référenceIndexation sur les prixLes réformes Chirac-Seguin (1987) et Balladur-Vieille (1993) ont changé l'indexation des pensions : de l'indexation sur les salaires vers l'indexation sur les prix. Cela s'applique à la fois au calcul des meilleures années et à la réévaluation annuelle des pensions.Impact de ce changementPuisque les salaires augmentent plus vite que les prix en France, indexer sur les prix plutôt que les salaires fait baisser à la fois le montant initial des pensions et la vitesse à laquelle elles s'apprécient dans le temps.Résumé des leviers utilisés• Trimestres validés : 150 à 172 trimestres • Âge sans décote : 60 à 62 ans • Âge légal : 65 à 67 ans • Années de référence : 10 à 25 meilleures années • Indexation : salaires vers prix
- Projection du financement et alternatives de politique publiqueScénarios du COR• Avec une croissance du PIB de 1% par an, les pensions représentent moins de 14% du PIB en 2070 • Avec une croissance de 2%, les pensions représentent 12% du PIB en 2070 • Si la croissance est inférieure à 1%, les pensions dépassent 14% du PIB, ce qui constituerait un problème de financementRéactions classiques proposéesFace à un dépassement de 14% du PIB, les solutions traditionnellement proposées sont une augmentation supplémentaire de l'âge de départ ou de nouvelles réductions des pensions.Alternative politiqueLes réformes depuis 1987 n'avaient pas nécessairement besoin de réduire les dépenses de retraites : on aurait pu augmenter les impôts, taxes et cotisations au lieu de réduire les pensions.Perspective économique• Les retraites représentent actuellement 14% du PIB français • Les revenus des retraités financent la consommation, créant une demande pour les entreprises qui emploient des travailleurs • Il n'existe aucune raison intrinsèque pour que les pensions ne puissent pas représenter plus de 14% du PIB • Augmenter les revenus des retraités peut stimuler la consommation et l'activité économique plutôt que de créer un problème





