Les Subprimes/La crise des subprimes d'après les "hétérodoxes"
La crise des subprimes d'après les "hétérodoxes"

La crise des subprimes d'après les "hétérodoxes"

Heu?reka36 min12 may 2017
30 capitulos
  • Introduction et limites du modèle classique(0'001'33)
    La vidéo précédente a expliqué que selon le modèle économique dominant, il était impossible de prévoir la crise des subprimes car les banques ne sont que des intermédiaires financiers avec peu de pouvoir.
    La dette privée aux États-Unis a augmenté de façon exponentielle en pourcentage du PIB, ce qui pose une question fondamentale : si la dette provient des revenus, comment peut-elle augmenter plus vite que les revenus eux-mêmes ?
    Si les gens ne gagnent pas plus d'argent chaque mois, comment peuvent-ils s'endetter davantage ? D'où vient cet argent supplémentaire ?
    Le modèle classique ne peut pas expliquer ce phénomène, ce qui nécessite une approche différente basée sur l'observation des données économiques réelles.
  • Le coefficient multiplicateur de monnaie(1'333'23)
    Le modèle suppose que la banque centrale crée une quantité fixe de monnaie centrale, et les banques commerciales multiplient ce montant par un coefficient constant appelé le money multiplier.
    • Aux États-Unis, au Royaume-Uni et en zone euro, le coefficient multiplicateur n'est pas constant • La banque centrale ne contrôle pas vraiment la quantité de monnaie disponible • Les banques commerciales créent de la monnaie avant que la banque centrale ne réagisse
    Ce ne sont pas les banques centrales qui créent la monnaie puis les banques commerciales qui multiplient, mais l'inverse : ce sont les banques commerciales qui agissent en premier et les banques centrales qui réagissent après coup.
    Cette découverte est documentée par plusieurs économistes et un rapport de la Banque d'Angleterre de 2014, remettant en question les fondements du modèle économique dominant.
  • Le nouveau modèle hétérodoxe(3'234'47)
    Le modèle hétérodoxe enlève la banque centrale et l'histoire de la monnaie centrale, en se concentrant sur comment les banques commerciales créent réellement la monnaie.
    • Création monétaire : injection de nouvel argent dans l'économie via les prêts • Destruction monétaire : l'argent disparaît quand la dette est remboursée • Intérêts : représentent la rémunération du service rendu par les banques
    Contrairement au modèle classique, la dette préexiste aux revenus. D'abord on s'endette, et grâce à cette dette on peut générer des revenus économiques.
    Si 1000 unités de monnaie sont créées par prêt, cela crée exactement 1000 unités de dette, et le PIB devient également 1000, établissant un ratio de 1 pour 1.
  • Création monétaire et destruction monétaire(4'475'56)
    • Les ménages utilisent l'argent créé pour consommer • Les entreprises paient les salaires et les dividendes • Le PIB augmente d'un montant égal à la création monétaire
    Les intérêts correspondent à un service rendu par les banques et sont comptabilisés comme une forme de consommation qui sera utilisée pour payer les salaires et dividendes des banquiers.
    Contrairement au modèle classique où le remboursement était un transfert neutre, ici c'est une destruction monétaire : l'argent disparaît littéralement quand la dette est remboursée.
    L'argent créé n'appartient à personne avant son existence. Quand il est créé, il apparaît ; quand la dette est remboursée, il retourne au néant d'où il venait.
  • Deux types de dettes différentes(5'569'18)
    La dette créée par les banques lors de la création monétaire, qui engendre les revenus et préexiste à ceux-ci.
    La dette correspondant à l'épargne investie, c'est-à-dire l'argent qui existe déjà et que les ménages prêtent aux entreprises pour des investissements.
    • Il faut toujours créer de la monnaie nouvelle pour compenser la destruction lors des remboursements • Il faut accélérer cette création pour avoir plus d'argent circulant et donc de la croissance • Cela signifie qu'il faut toujours plus de dette, mais accompagnée d'une croissance économique
    Tant que la dette augmente à peu près au même rythme que les revenus de la population, tout semble aller pour le mieux, mais c'est une illusion de durabilité.
  • Le risque de défaut et les banques(9'1812'26)
    Si un emprunteur ne rembourse pas sa dette créée du néant, le néant ne s'en préoccupe pas, mais cela crée un problème grave pour les banques.
    • Une banque qui crée de la monnaie peut rencontrer des difficultés pour régler ses dettes auprès d'autres banques • Les banques commerciales doivent se régler entre elles en monnaie centrale, dont la quantité est limitée • Elles peuvent faire crédit les unes aux autres temporairement, mais cela reste fragile
    Si une banque ne peut pas annuler sa dette auprès d'une autre banque, elle peut faire faillite, ce qui paralyse le système financier et arrête la circulation d'une partie de l'argent.
    Quand les acteurs économiques commencent à faire défaut, non seulement les banques peuvent faillir, mais aussi il y a destruction monétaire supplémentaire si les banques arrêtent de prêter.
  • Analyse du ratio dette sur PIB(12'2614'26)
    Le ratio de dette privée sur PIB aux États-Unis a augmenté de façon exponentielle sur 50 ans, dépassant 100% et croissant sans arrêt.
    • La dette s'additionne d'année en année sur des maturités longues • Le PIB est remis à zéro chaque année • Ces deux phénomènes combinés peuvent créer une divergence si certains facteurs changent
    • Le taux d'épargne : plus il augmente, plus la dette peut augmenter • La croissance du PIB : détermine combien de nouvelle dette peut être créée • Les remboursements : réduisent la pile de dette existante
    Pour obtenir une courbe exponentielle de dette sur PIB avec un taux d'épargne relativement stable, il faudrait que ce taux augmente exponentiellement, ce qui ne se produit pas dans les données observées.
  • La création monétaire et l'exponentielle(14'2616'06)
    Avec un PIB croissant de 3% par an et un taux d'épargne fluctuant entre 3% et 10%, la dette augmente exponentiellement mais le ratio dette-PIB tend vers un équilibre sans exponentielle.
    Puisque la création monétaire génère à la fois de la dette et du PIB dans une proportion de 1 pour 1, la dette et le PIB devraient rester corrélés et ne pas diverger.
    Malgré la création monétaire, on ne retrouve pas l'argent supplémentaire dans le PIB. La question persiste : d'où vient l'argent qui fait diverger la dette du PIB ?
    L'argent doit aller quelque part sans contribuer au PIB de l'économie réelle, ce qui suggère une concentration sur les marchés spéculatifs plutôt que sur la production économique réelle.
  • Les marchés financiers mondiaux(16'0618'11)
    L'argent vient des marchés financiers mondiaux : le monde entier a financé la bulle immobilière américaine avec ses propres revenus et création monétaire.
    • États-Unis, Inde, Allemagne, France, Espagne, Italie, Royaume-Uni, Japon, Canada, Belgique et Pays-Bas • Ces pays représentent environ 65% du PIB mondial • Tous montrent une augmentation du ratio dette-PIB au même moment
    Si les revenus du reste du monde finançaient la dette américaine, on devrait voir le ratio dette-PIB diminuer dans les autres pays. Or ce n'est pas le cas : la dette augmente partout de façon globale.
    Le phénomène d'augmentation exponentielle de la dette par rapport au PIB n'est pas limité aux États-Unis mais observable dans la plupart des pays développés depuis des décennies.
  • Distinction entre dette privée et publique(18'1118'56)
    • La dette privée (ménages et entreprises) représente environ 200-250% du PIB • La dette publique dépasse à peine 90% du PIB • En Europe, la dette publique moyenne est d'environ 85% du PIB
    • La dette privée est la source principale de la création monétaire dans l'économie • Les défauts de paiement et les faillites sont beaucoup plus fréquents dans le secteur privé • Les économistes hétérodoxes se concentrent sur le risque de défaut privé
    Si les États peuvent faire défaut, les faillites sont beaucoup plus rares pour les gouvernements que pour les entreprises et les ménages.
    Les économistes orthodoxes affirment que la dette privée n'a aucune importance, ce qui rend incohérent leur inquiétude concernant la dette publique beaucoup plus faible.
  • L'argent qui ne circule pas(18'5620'45)
    Les banques créent de l'argent inutile qui ne circule pas dans l'économie réelle. Cet argent inutile doit augmenter plus rapidement que l'argent utile.
    • Les banques créent 500 unités de monnaie mais seules les entreprises s'en servent • Les ménages gardent l'argent de côté sans le dépenser • Le PIB ne devient que 250 tandis que la dette est 500, créant un ratio de 200%
    En créant progressivement plus de dettes dirigées vers les ménages qui ne les dépensent pas, le ratio dette-PIB augmente davantage chaque année, produisant une courbe exponentielle.
    • Les banques doivent créer toujours plus de dettes • Une partie de cet argent doit sortir de l'économie réelle • L'argent inutile doit représenter une proportion croissante de la masse monétaire
  • Les bulles spéculatives(20'4522'55)
    L'argent qui ne circule pas dans l'économie réelle va financer des bulles spéculatives, notamment la bulle immobilière. Quand on achète une maison qui existe déjà, ce n'est pas enregistré dans le PIB.
    • L'achat de maisons existantes ou de produits financiers existants n'ajoute rien au PIB • Le PIB compte seulement la création de nouveaux biens et services • Les échanges d'actifs existants sont des transferts financiers purs
    Il existe deux marchés de l'occasion : l'immobilier (achat de maisons existantes) et les marchés financiers secondaires (achat d'actions ou obligations existantes).
    L'achat de nouvelles obligations ou actions qui financent une entreprise compte dans le PIB comme investissement, mais la revente d'obligations ou actions existantes ne compte pas.
  • Chaîne de création monétaire spéculative(22'5524'51)
    • Un ménage emprunte 100 000 pour acheter une maison existante • Le vendeur emprunte 50 000 pour investir en produits financiers • Un hedge fund emprunte 850 000 avec ses 150 000 existants pour investir • Un nouvel acheteur emprunte 500 000 pour acheter une maison sans revenu régulier
    L'argent ne passe jamais par l'économie réelle : il change juste de mains entre acheteurs et vendeurs dans les marchés secondaires sans créer nouvelle production.
    Chaque transaction crée de la nouvelle dette sans que cet argent ne passe par la production de nouveaux biens et services.
    Les emprunteurs ne peuvent rembourser leurs dettes que s'ils revendent leurs actifs à des prix plus élevés, créant une dépendance au fait que les prix montent toujours.
  • Niveaux d'endettement insoutenables(24'5125'55)
    La dette s'accumule tandis que l'économie réelle est peu financée. Le nombre d'emprunteurs qui doivent revendre leurs actifs pour rembourser augmente progressivement.
    Au début de la crise, les emprunteurs pouvaient utiliser leurs revenus pour rembourser. Progressivement, ils doivent dépendre entièrement de la revente d'actifs à prix plus élevés.
    Pour que les prix continuent de monter, il faut toujours plus d'acheteurs que de vendeurs. Mais puisque l'économie réelle ne croît pas assez rapidement, les nouveaux acheteurs doivent être endettés.
    Une ancienne dette ne peut être remboursée que par la création d'une nouvelle dette, qui dépend elle-même du fait que les prix continueront de monter indéfiniment.
  • Implosion de la bulle(25'5526'20)
    Les prix atteindent des niveaux où même en étalant les mensualités sur 30 ans, les remboursements sont impossibles au vu des revenus réels.
    Les ménages perdent confiance en leur capacité à rembourser et arrêtent d'emprunter, réduisant le nombre d'acheteurs sur le marché.
    • Moins d'acheteurs que de vendeurs entraîne la baisse des prix • Les emprunteurs ne peuvent plus rembourser en revendant • Les défauts de paiement commencent en cascade
    Les banques paniquent face aux défauts de paiement. Certaines font faillite. Le système financier est fragilisé et ne peut plus jouer son rôle d'intermédiaire.
  • Crise économique et destruction monétaire(26'2027'24)
    L'économie réelle était déjà peu financée. La finance malade ne peut plus être intermédiaire. Une partie de l'argent qui circulait se bloque.
    • Une partie des emprunteurs fait défaut, arrêtant le remboursement de certaines dettes • Les banques paniquées arrêtent de créer de la monnaie nouvelle • Il y a destruction monétaire massive sans création compensatrice
    • Le PIB s'écroule car la masse monétaire diminue • Les entreprises gagnent de moins en moins, licencient massivement • La consommation baisse, réduisant encore les revenus des entreprises • Les licenciements s'accélèrent
    C'est le moment où la destruction monétaire dépasse la création monétaire, où la finance ne fonctionne plus correctement, et où l'économie réelle s'effondre.
  • Le cycle économique selon Minsky(27'2428'20)
    Les banques font extrêmement attention à leurs prêts. Elles ne prêtent qu'à des projets très peu risqués avec une très forte probabilité de remboursement.
    • La création monétaire est faible • Le PIB remet des couleurs très lentement • Les banques progressivement se décrispent
    Les banques commencent à prêter davantage. La création monétaire augmente. Certains projets spéculatifs commencent à être financés.
    Ces projets spéculatifs, au début peu financés, deviennent progressivement plus importants. Des bulles commencent à se former alors que l'économie semble en croissance.
  • Dynamique des bulles et profits(28'2028'59)
    Au début, les bulles posent peu de problèmes car les prix sont bas et comme l'économie redémarre, les prix augmentent effectivement tout le temps.
    • Les entreprises intermédiaires (brokers, agents immobiliers) touchent des commissions sur les transactions • Plus les gens paient cher, plus leurs commissions augmentent • Elles ont intérêt à laisser les bulles se former et grossir
    Même si la bulle est isolée de l'économie réelle, il y a toujours de l'argent qui en sort sous forme de salaires pour les intermédiaires, de dividendes, etc.
    Les bulles ne sont pas complètement fermées. Il y a des failles par lesquelles l'argent s'échappe et alimente l'économie réelle, créant l'illusion de croissance.
  • Incitation bancaire et compétition(28'5929'28)
    • Pour une banque, prêter davantage veut dire toucher davantage d'intérêts • Cela signifie de plus gros salaires et de plus gros dividendes • C'est avantageux à court terme même si cela mène à une faillite future
    Il n'est pas évident de conserver une vision d'ensemble de ce qui se passe. Les banquiers focalisés sur leurs bonus et commissions à court terme ne voient pas l'effondrement futur.
    • Il y a une compétition entre banques • Une banque qui ne surfe pas sur la bulle voit ses concurrentes gagner beaucoup plus d'argent • Il est difficile de justifier auprès des actionnaires un choix stratégique aussi différent
    Quand toutes les autres banques affichent des rendements à deux chiffres grâce à la bulle, une banque prudente devient impopulaire auprès de ses investisseurs.
  • Éclatement de la bulle et crise(29'2830'02)
    Les bulles se maintiennent tant que la dette de ceux qui vendent est payée par la nouvelle dette de ceux qui achètent.
    Le jour où les acheteurs ne souhaitent plus s'endetter, les vendeurs paniquent. Les prix s'effondrent.
    • Les prix qui s'effondrent causent des défauts de paiement en cascade • Ces défauts suffisent à mettre les banques en faillite ou en grande difficulté • Le système financier se paralyse
    L'économie réelle n'est plus financée du tout par le secteur financier. C'est le début officiel de la crise.
  • Remboursement des dettes et dépression(30'0230'46)
    Les acteurs économiques qui n'ont pas fait défaut se focalisent sur le remboursement de leurs dettes. Ces dettes diminuent au fur et à mesure.
    • Contrairement à la dette qu'on se doit à nous-même, le remboursement de la dette de création monétaire détruit réellement la monnaie • Cela réduit la masse monétaire disponible • La masse monétaire joue un rôle fondamental dans le PIB
    Si cette phase de remboursement est trop longue, on parle de dépression. C'est ce qui s'est passé aux États-Unis dans les années 1930.
    C'est suite à cela que Keynes a imaginé que c'était le rôle de l'État de financer l'économie quand les banques ne peuvent plus créer de monnaie et que personne ne veut s'endetter.
  • Redémarrage et cycle suivant(30'4631'21)
    Quand les niveaux d'endettement ont baissé suffisamment après la crise, il y a une nouvelle demande de crédit de la part des ménages et des entreprises.
    • Les banques se remettent à créer de la monnaie • On est reparti pour un nouveau cycle • La dette va d'abord financer la croissance économique réelle
    Au fur et à mesure que le ratio dette-PIB augmente, de nouvelles bulles spéculatives apparaissent progressivement. L'économie en profite au début jusqu'à leur éclatement.
    L'économie passe d'une bulle à l'autre, augmentant toujours plus la quantité de dette, jusqu'à une bulle si massive qu'elle déclenche une crise beaucoup plus importante.
  • Observation historique des crises(31'2131'57)
    La Grande Dépression des années 1930 aux États-Unis a mené à une énorme réduction de la dette, ce qui a permis la grande période de croissance de la deuxième moitié du 20e siècle.
    • L'économie est passée d'une bulle à l'autre • La bulle immobilière massive des subprimes en fin des années 1990 et début 2000 a déclenché une crise plus importante • Après la crise de 2008, l'économie semble repartie mais les chiffres sont questionnés
    Le ratio de dette sur PIB aux États-Unis est toujours à des niveaux proches de ceux de la crise de 1929, ce qui pose la question de la durabilité de la reprise.
    De nombreux économistes hétérodoxes dénoncent des chiffres du chômage manipulés pour témoigner d'une relance qui n'est peut-être pas aussi solide qu'elle y paraît.
  • Situation mondiale et prochaines crises(31'5732'14)
    • Le ratio dette-PIB s'observe dans de nombreux pays développés • La Chine a vu son ratio de dette privée bondir en 2008 puis repartir à la hausse • L'Europe montre une augmentation progressive du ratio
    Les économistes qui ont prédit la crise des subprimes pensent que le prochain choc viendra de Chine, où le ratio de dette continue d'augmenter rapidement.
    L'Europe n'a pas un niveau d'endettement aussi élevé que les États-Unis ou la Chine, ce qui pourrait expliquer pourquoi la croissance européenne est moins forte que prévue.
    La crise de l'euro sera traitée dans une prochaine vidéo, expliquant pourquoi l'Europe ne redémarre pas avec une croissance suffisante malgré un endettement moins élevé.
  • Synthèse du modèle hétérodoxe(32'1432'51)
    • Les économistes hétérodoxes mettent au centre la dette privée et la création monétaire • Contrairement aux orthodoxes, ils considèrent ces phénomènes comme essentiels • La création monétaire du secteur bancaire privé se fait avec peu de contrôle des banques centrales
    • Les coefficients multiplicateurs de monnaie ne sont jamais stables • Ils augmentent et diminuent parfois sans que les banques centrales ne fassent rien • C'est très bien documenté notamment par la Banque d'Angleterre en 2014
    • Puisque le PIB dépend de la quantité de monnaie multipliée par sa vitesse de circulation, il est crucial de maîtriser la création monétaire • Réguler la création monétaire est essentiel pour contrôler la croissance économique
    La notion de dette est extrêmement importante. Bien que partie de la dette soit neutre économiquement, la réalité est complexe : ce sont souvent les dettes de création monétaire qui engendrent les revenus.
  • Spéculation et financement réel(32'5133'27)
    L'observation des ratios de dette sur PIB mondiaux qui augmentent sur des périodes très longues montre que les banques financent d'avantage la spéculation.
    • Projets spéculatifs : achat de biens qui existent déjà • Projets réels : création de nouveaux biens et services • Les banques favorisent de plus en plus les projets spéculatifs
    Un projet spéculatif est un projet d'investissement qui ne sera rentable que si les prix d'actifs existants augmentent, par exemple s'endetter pour acheter des actions sur le marché secondaire.
    Les périodes durant lesquelles ces bulles enflent sont perçues comme des périodes de croissance, mais ce sont des croissances illusoires basées sur la spéculation plutôt que sur la production réelle.
  • Fuite d'argent depuis les bulles(33'2728'57)
    Les bulles spéculatives ne sont pas des systèmes complètement fermés. Il y a toujours de l'argent qui en sort.
    • Salaires des intermédiaires (brokers, agents immobiliers) • Dividendes des entreprises impliquées • Tous les revenus générés par les transactions dans la bulle
    Cet argent qui fuit les bulles finit par alimenter l'économie réelle sous la forme de dépenses de consommation.
    C'est justement par ces fuites que les banques ont du mal à ne pas financer les bulles : elles voient que cela génère des revenus pour l'économie réelle et donc du PIB.
  • Incitatifs contre-productifs(28'5734'47)
    Les banques gagnent en prêtant davantage. Plus elles créent de monnaie, plus elles touchent d'intérêts et de commissions.
    Dans le modèle hétérodoxe, même si cela mène à une faillite future, le système d'incitation court terme de la banque la pousse à prêter toujours plus.
    Un banquier prudent qui refuserait de participer à la bulle se verrait reprocher des rendements insuffisants par rapport aux concurrents.
    Une banque qui n'aurait pas surté sur la bulle immobilière américaine à la fin des années 1990 et début 2000 aurait vu ses concurrentes gagner deux chiffres de rendement pendant une décennie.
  • Asymétrie dette privée-dette publique(34'4735'10)
    On lit souvent qu'il est essentiel de rembourser la dette de l'État, or les économistes orthodoxes affirment que la dette privée n'a aucune importance.
    • Pourquoi se soucier de la dette des États si la dette privée n'importe pas ? • Pourquoi ne pas également pleurer pour le remboursement de la dette des entreprises et des ménages ? • La dette privée est en moyenne 2-3 fois plus élevée que la dette publique
    La dette privée, beaucoup plus élevée et plus importante, ne fait pas les gros titres des médias, tandis que la dette publique génère des débats intenses.
    Cette contradiction sera analysée en détail dans une prochaine vidéo sur la crise de l'euro, qui permettra de comprendre pourquoi le discours politique favorise la dette publique au détriment de la conscience de la dette privée.
  • Conclusion et perspectives(35'1036'00)
    La série de vidéos sur les subprimes a permis d'explorer un sujet complexe mais vachement important et peu évoqué dans le débat public.
    • N'hésitez pas à poser vos questions dans les commentaires • Les questions aideront à préparer la suite de la série • L'accent sera mis sur les points les moins bien compris
    • Infographie détaillée sur la création monétaire en partenariat avec Factuel • T-shirts de la vidéo disponibles • Lien vers la Banque d'Angleterre pour le rapport de 2014
    • Like, partage et commentaires bienvenus • Abonnez-vous et activez les notifications pour les prochaines vidéos • Remerciements particuliers aux tipers qui rendent la production possible