
Une vue d'ensemble de la crise des subprimes
Une vue d'ensemble de la crise des subprimes
8 capitulos
- Introduction et contexte de la criseLe paradoxe des expertsLes spécialistes de la finance et les économistes les plus influents n'ont pas vu venir la crise des subprimes malgré leur expertise. Olivier Blanchard, chef économiste du FMI en 2008, a publié un article affirmant que l'ensemble des théories économiques fonctionnait bien, puis Lehman Brothers a fait faillite le lendemain.Objectif de la sérieCette vidéo explique ce qu'est la crise des subprimes et pourquoi elle s'est produite. Les épisodes suivants aborderont comment les économistes ont échoué à la prévoir et comment certains économistes l'ont vue venir.Importance de comprendreComprendre cette crise nécessite de connaître deux éléments clés : le fonctionnement des crédits hypothécaires avec le refinancement, et les mécanismes de titrisation.Structure de l'explicationL'analyse se concentre sur l'explication économique plutôt que sur les détails techniques, contrairement à de nombreux documentaires existants.
- La bulle immobilière américaineÉvolution des prixLes prix de l'immobilier aux États-Unis ont commencé à baisser en 2007 puis se sont effondrés autour de 2008. Cependant, les raisons derrière les prix stratosphériques ne sont pas les mêmes qu'en 2007.Naissance de la bulle• Dans les années 2000, les prix de l'immobilier n'ont jamais baissé aux États-Unis • Les banques étaient très confiantes quant à la valeur des maisons • La demande immobilière dépassait l'offre, ce qui faisait monter les prixMécanisme de croissanceTant que les banques prêtent et que les emprunteurs empruntent, les prix continuent de monter. Cette dynamique suppose que la valeur des maisons augmente continuellement pour permettre le refinancement.Limite inévitableComme les revenus des emprunteurs n'augmentent pas aussi vite que les prix de l'immobilier, un moment donné les emprunteurs ne peuvent plus suivre, même avec des prêts d'intérêts seulement.
- Les prêts immobiliers et le refinancementStructure d'un prêtUne banque prête de l'argent à un emprunteur en vérifiant que ses revenus sont suffisants pour rembourser les intérêts et le principal. Pour un prêt de 150 000 dollars sur 20 ans à 5%, le coût total en intérêts est presque 88 000 dollars.Classification des emprunteurs• Les emprunteurs prime ont des revenus suffisants pour rembourser leurs crédits • Les emprunteurs subprime ont des revenus insuffisants et théoriquement ne devraient pas emprunter • Dans les années 2000, les banques ont commencé à prêter aux emprunteurs subprimePrêts spéciaux d'intérêtsLes prêts permettaient aux emprunteurs subprime de ne rembourser que les intérêts pendant deux ou trois premières années. Cela réduisait les mensualités initiales, mais le remboursement du principal augmentait drastiquement après cette période.Le refinancement perpétuelQuand la capacité de remboursement diminuait, l'emprunteur pouvait refinancer en obtenant un nouveau prêt basé sur la nouvelle valeur plus élevée de sa maison. Ce cycle ne fonctionnait que si les prix continuaient à monter.
- L'effondrement et le cercle vicieuxArrêt de la croissanceLorsque les prix de l'immobilier ont cessé de monter, le refinancement n'était plus possible. Les emprunteurs subprime ne pouvaient plus rembourser leurs mensualités augmentées.Augmentation des ventes• Les emprunteurs subprime ont commencé à vendre leurs maisons pour récupérer du cash • Les banques ont saisi les maisons des emprunteurs en défaut • L'offre a dépassé la demande, faisant baisser les prixPanique et accélérationAvec les prix qui baissaient, tous les emprunteurs subprime ont paniqué et ont commencé à vendre, précipitant encore davantage la chute. Les banques refusaient de prêter, réduisant le nombre d'acheteurs potentiels.Effondrement completUne bulle spéculative fonctionne comme une pyramide de Ponzi. Quand tout le monde veut sortir et que personne ne veut entrer, la bulle explose et les prix s'effondrent.
- Wall Street et la titrisationLimite des banques localesEn 2006, les crédits immobiliers accordés aux États-Unis s'élevaient à 1 250 milliards de dollars, dont 600 milliards en prêts subprime. Les banques commerciales seules ne pouvaient pas absorber ce volume de prêts.Rôle de Wall Street• Les banques commerciales vendaient une partie de leurs prêts immobiliers aux banques d'investissement de Wall Street • Cela permettait aux banques commerciales de réaliser un profit immédiat en vendant les contrats • Les banques d'investissement avaient les ressources financières pour absorber ces volumesProcessus de titrisationWall Street regroupait tous les prêts achetés dans des produits financiers complexes appelés MBS et CDO, divisés en tranches pour cibler différents types d'investisseurs.Avantages immédiatsLes banques commerciales réalisaient un profit immédiat sans attendre 20 ans pour les intérêts. Les banques d'investissement prenaient une commission au passage.
- Structure et risque des produits financiersLes MBS expliquésUn MBS regroupe des centaines de contrats de prêt immobiliers. L'argent remboursé par les familles américaines chaque mois est canalisé vers ce produit et rembourse les investisseurs.Système de tranches• Un MBS est divisé en tranches qui se remplissent comme des bassins en cascade • La première tranche remboursée reçoit les intérêts les plus bas mais est la plus sécurisée • La dernière tranche reçoit les intérêts les plus élevés mais est la plus risquée • Si des emprunteurs font défaut, la tranche du bas est affectée en premierDiversification des risquesWall Street diversifiait les risques en mélangeant différents types de prêts (immobiliers, étudiants, consommation) et en incluant des emprunteurs de différentes régions et catégories socioprofessionnelles.Évaluation statistiqueWall Street utilisait des modèles mathématiques basés sur l'historique des défauts. Avant la crise, le taux de défaut historique était environ 1-1,5%, mais pendant la crise il a monté à 11%.
- Déconnexion et responsabilitéAbsence de vigilanceLes banques commerciales n'avaient plus de raison de surveiller la qualité des emprunteurs puisque tous les prêts étaient vendus à Wall Street. Le problème du non-remboursement était désormais celui de Wall Street.Distance géographique• Les banques commerciales avaient des conseillers bancaires en contact direct avec les clients • Les banques d'investissement de Wall Street, basées à New York, n'avaient aucun contact direct avec les emprunteurs • Les investisseurs internationaux n'avaient aucune visibilité sur la réalité du marché immobilier américainMasquage du risqueLe risque évident au niveau individuel était voilé par la complexité des produits financiers et les formules mathématiques complexes que même leurs utilisateurs ne comprenaient pas bien.Globalisation du risqueL'argent épargné par les gens du monde entier, particulièrement les Américains, se retrouvait investi dans des produits financiers dont la valeur dépendait de la santé du marché immobilier américain.
- Conclusions et perspectives futuresRécapitulatif complet• Une bulle de l'immobilier s'est formée aux États-Unis au début des années 2000 • Les crédits subprime se sont multipliés basés sur l'hypothèse que les prix continueraient à monter • Quand les revenus n'ont plus permis aux emprunteurs de suivre, la demande a baissé et les prix ont commencé à chuter • La panique a créé un cercle vicieux d'effondrement des prixRôle de la titrisationLa taille de la bulle a été rendue possible par la puissance de financement de Wall Street et la titrisation, qui a transformé les risques locaux en produits financiers complexes vendus mondialement.Questions non résolues• Pourquoi la crise des subprimes a donné une crise économique générale • Comment la majorité des économistes a échoué à prévoir cette crise • Comment certains économistes ont eu plus de perspicacitéÉpisodes suivantsDeux vidéos supplémentaires expliqueront comment les économistes mainstream n'ont pas vu venir la crise et comment d'autres économistes ont eu des prévisions plus justes.


