El desempleo para principiantes/Le chômage pour les nuls : comprendre la théorie dominante - Heu?reka #32-1
Le chômage pour les nuls : comprendre la théorie dominante - Heu?reka #32-1

Le chômage pour les nuls : comprendre la théorie dominante - Heu?reka #32-1

Heu?reka29 min3 oct 2019
21 capitulos
  • Introduction et présentation des deux modèles économiques(0'002'09)
    Un président doit résoudre le problème du chômage en France et reçoit des conseils contradictoires de deux groupes d'économistes.
    Les économistes de droite expliquent que le problème vient de la faible compétitivité des entreprises françaises due à un coût du travail trop important qu'il faut réduire pour permettre l'embauche.
    Les économistes de gauche affirment que c'est au contraire le faible pouvoir d'achat des citoyens français qui empêche les entreprises de produire davantage et d'embaucher.
    Étudier deux modèles économiques opposés pour comprendre pourquoi aucun n'est réellement adapté à résoudre le chômage dans le contexte actuel : le modèle néoclassique et le modèle post-keynésien.
  • Fondements du marché du travail selon la théorie néoclassique(2'093'14)
    Le marché de l'emploi fonctionne comme n'importe quel marché de marchandises avec une offre et une demande qui détermine l'équilibre.
    • Les entreprises demandent et achètent les heures de travail aux travailleurs • Les travailleurs offrent et vendent leurs heures de travail aux entreprises • La marchandise échangée est les heures de travail
    Un prix du travail apparaît naturellement quand le marché est libre, permettant à la quantité d'heures offerte par les travailleurs d'égaler exactement celle demandée par les entreprises.
    À l'équilibre, il n'y a ni surplus d'emploi ni déficit d'emploi, car la demande de travail des entreprises correspond parfaitement à l'offre des travailleurs.
  • Interprétation du chômage et concept de besoin économique(3'143'58)
    Selon la théorie néoclassique, le chômage survient quand l'offre de travail est supérieure à la demande, pas quand les demandeurs d'emploi sont plus nombreux que les offres d'emplois.
    La théorie considère que ce n'est pas le travailleur qui a besoin d'emploi pour vivre, mais l'entreprise qui a besoin d'un travailleur pour produire.
    Cette vision suppose que les travailleurs n'ont pas besoin de revenu pour vivre et que leur travail n'est qu'un choix arbitraire entre consommation et temps libre.
    Cette hypothèse est très irréaliste puisqu'elle implique que même les enfants qui travaillaient 12 heures dans les mines au 19ème siècle le faisaient par choix et non par nécessité.
  • La productivité décroissante et la courbe de demande de travail(3'588'31)
    La productivité se mesure en euros et représente la quantité de richesse créée par un travailleur.
    • Plus un travailleur travaille, moins il est productif • La première heure est très productive, chaque heure suivante l'est progressivement moins • Cette diminution continue même quand on change de travailleur
    Le premier travailleur ramasse les plus grosses pommes, le second en ramasse de moins grosses, le troisième encore plus petites. La baisse de productivité ne dépend pas des travailleurs mais de la quantité finie de ressources disponibles.
    Cette hypothèse est très critiquée et irréaliste pour les secteurs industriels ou tertiaires. Elle ne fonctionne que pour l'agriculture et l'extraction de matières premières mais permet d'aboutir à la courbe de demande décroissante voulue par la théorie.
  • Détermination du salaire et profit de l'entreprise(8'318'04)
    Le salaire horaire ne correspond pas à la productivité moyenne des travailleurs, car cela laisserait zéro bénéfice à l'entreprise.
    Le salaire est défini selon la productivité de la dernière heure du dernier employé, qui est la moins productive. Ce salaire, multiplié par le nombre d'heures travaillées par chacun, sert de rémunération.
    Plus les entreprises embauchent de travailleurs, moins elles les rémunèrent, ce qui crée une courbe de demande de travail décroissante.
    En réalité, quand une usine est construite pour 500 travailleurs, chaque travailleur est plus productif jusqu'à atteindre cet optimum, contrairement à ce que postule la théorie.
  • Justification théorique par la méthodologie de Friedman(8'0410'18)
    Une théorie ne doit pas être jugée par le réalisme de ses hypothèses, mais par la correction de ses prédictions relativement à son domaine cible.
    Peu importe que les hypothèses de productivité décroissante soient fausses du moment que le modèle permet de correctement prédire le réel.
    Les économistes considèrent que cette justification leur permet de conserver des hypothèses irréalistes pour simplifier le modèle et arriver à des conclusions prédictives.
    Cette approche est contestable car elle permet de préserver des hypothèses fausses sans vraiment les justifier ni s'assurer que le modèle prédit correctement la réalité.
  • Théorie de l'utilité et courbe d'offre de travail(10'1812'19)
    L'utilité est une unité arbitraire, différente pour chacun, que seule la personne concernée peut mesurer. Elle permet de faire des calculs sur le bien-être économique.
    • Une heure de temps libre vaut un certain nombre de points d'utilité • Accepter de travailler une heure représente la perte de ces points • Le salaire doit permettre une consommation qui compense cette perte d'utilité
    Plus les heures de temps libre abandonnées s'additionnent, plus la valeur d'une heure supplémentaire augmente, car on ne dispose que de 24 heures par jour et il faut dormir et manger.
    Au bout d'un moment, l'utilité permise par la consommation n'est plus suffisante pour compenser l'abandon d'une heure de temps libre supplémentaire, et le travailleur cesse de travailler.
  • Critique de la théorie de l'utilité par la réalité(12'1913'57)
    Dans la réalité, les travailleurs ne font pas un arbitrage subtil entre consommation et temps libre. Ils calculent leurs besoins essentiels (loyer, nourriture, électricité, internet) et prennent un emploi pour les payer.
    Les travailleurs ne choisissent pas vraiment d'avoir un logement ou de la nourriture car ils en ont absolument besoin pour survivre. Ce n'est pas un choix économique mais une contrainte vitale.
    Pour les économistes néoclassiques, l'économie est une science du choix et personne n'est obligé de travailler, consommer ou investir. Les agents entrent librement sur le marché par choix et pas par contrainte.
    Cette hypothèse affirme que les travailleurs n'ont pas besoin de revenu pour vivre et que leurs choix ne sont qu'un arbitrage entre consommation et temps libre, ce qui est manifestement faux.
  • Courbes d'offre et demande et point d'équilibre du marché(13'5716'41)
    • La courbe de demande de travail des entreprises est décroissante : plus elles embauchent, moins elles paient • La courbe d'offre de travail des travailleurs est croissante : plus le salaire est élevé, plus ils veulent travailler • Ces intérêts sont directement opposés
    Le point d'intersection entre les deux courbes marque le compromis idéal où travailleurs et entreprises offrent et demandent une même quantité d'heures de travail.
    À l'équilibre, certains travailleurs travaillent et en sont heureux, tandis que d'autres ne travaillent pas et en sont heureux aussi, car ils préfèrent le temps libre.
    Le chômage qui existe à l'équilibre est un chômage volontaire. Les chômeurs ne cherchent pas de travail car le salaire ne leur convient pas et ils sont contents de bénéficier de leur temps libre.
  • Le taux de chômage naturel et ses limites(16'4117'36)
    Le taux de chômage naturel est un concept théorique correspondant au taux de chômage volontaire à l'équilibre du marché du travail.
    Ce taux dépend du pays et varie selon la composition de la population et les préférences individuelles pour le temps libre versus le travail.
    Le taux de chômage naturel est plus un concept théorique qu'une réalité et on ne sait pas vraiment le calculer. Certains économistes affirment que la France est au minimum, d'autres pensent que ce n'est pas le cas.
    Ce concept est irréaliste car sans emploi ni revenu, on ne peut pas vivre. La théorie part du principe que les travailleurs n'ont pas besoin de revenus pour survivre, ce qui est faux.
  • Le chômage involontaire et l'ajustement des salaires(17'3618'25)
    Quand le salaire est très élevé au départ, les entreprises ne demandent que peu de travailleurs tandis que de nombreux travailleurs se pressent aux portes des entreprises.
    S'il n'y a pas assez de postes pour tous les travailleurs intéressés au salaire affiché, il y a du chômage involontaire car certains voudraient travailler mais ne trouvent pas d'emploi.
    • Les entreprises comprennent qu'elles peuvent baisser le salaire affiché • Les travailleurs moins intéressés rentrent chez eux • Les entreprises, plus demandeuses, augmentent le nombre de postes à pourvoir
    Une fois que le salaire a suffisamment baissé, la quantité de postes à pourvoir correspond au nombre de travailleurs toujours présents et il n'y a plus de chômage involontaire.
  • Critique du mécanisme d'ajustement des salaires(18'2519'01)
    La théorie suppose que les entreprises peuvent ajuster le nombre de postes à pourvoir en fonction du salaire, mais ce n'est pas réaliste.
    • Les entreprises ont besoin d'un nombre spécifique de travailleurs pour fabriquer une certaine quantité de produits • Ce nombre ne varie pas librement en fonction du salaire • Si les travailleurs sont bon marché, cela augmente la marge ; s'ils sont trop chers, l'entreprise ferme ou délocalise
    Le modèle ne tient pas compte du fait que les entreprises planifient d'abord leur production selon la demande, puis recrutent le nombre de travailleurs nécessaire pour atteindre cet objectif.
    Pour expliquer correctement le chômage, le modèle devrait être modifié pour intégrer ces réalités, mais c'est très difficile à faire.
  • Causes du chômage involontaire : salaires trop élevés(19'0120'16)
    Selon la théorie néoclassique, la seule explication au chômage involontaire est que les salaires sont trop élevés et empêchent les entreprises de baisser les salaires pour créer des emplois.
    • Le SMIC empêche les salaires de baisser dans certains secteurs • Les minima sociaux agissent comme un revenu minimum garanti • Les réglementations du code du travail limitent la flexibilité
    Tant que des éléments empêchent l'ajustement à la baisse des salaires, il reste du chômage involontaire selon le modèle.
    La théorie recommande de laisser les salaires baisser librement pour atteindre le point d'équilibre où tout le monde qui veut travailler peut le faire.
  • Les minima sociaux comme frein au plein-emploi(20'1620'51)
    • Le RSA • L'aide au logement • Les allocations familiales • Les soins gratuits
    Avec toutes ces aides cumulées, les travailleurs obtiennent l'équivalent d'un revenu de remplacement.
    Si ce revenu de remplacement est supérieur au salaire d'équilibre, il y a du chômage involontaire car les travailleurs préfèrent recevoir les aides plutôt que de travailler pour un bas salaire.
    Pour atteindre le plein-emploi, il faudrait réduire ou supprimer ces minima sociaux selon la théorie orthodoxe.
  • Le problème des travailleurs fainéants et la discipline par le chômage(20'5122'29)
    Des travailleurs fainéants se font embaucher mais travaillent mal ou peu, forçant les patrons à les licencier.
    • Dans un marché équilibré, les travailleurs licenciés retrouvent immédiatement un emploi • Ils recommencent à tirer au flanc • Les patrons se rendent compte que le licenciement ne sert à rien
    Les patrons augmentent les salaires des bons travailleurs pour les récompenser et inciter les mauvais à mieux se comporter, ce qui monte le salaire moyen au-dessus du point d'équilibre.
    Le chômage involontaire qui en résulte crée une discipline : les travailleurs ont peur de perdre leur emploi et arrêtent de tirer au flanc. Le chômage devient donc la solution au problème des travailleurs fainéants.
  • Les travailleurs menteurs et sélection adverse(22'2923'10)
    Lors des entretiens d'embauche, les travailleurs mentent sur leurs qualifications réelles et se retrouvent embauché pour des postes qu'ils ne savent pas faire correctement.
    Les patrons licencient ces travailleurs menteurs, mais dans un marché équilibré ils retrouvent immédiatement du travail et recommencent à mentir.
    Les patrons augmentent les salaires pour encourager les candidatures de travailleurs plus qualifiés et réduire le mensonge, ce qui monte le salaire moyen au-dessus de l'équilibre.
    Le chômage involontaire qui en résulte crée une sélection naturelle : seuls les travailleurs vraiment qualifiés acceptent de postuler avec peu de certitude d'être embauchés.
  • Les travailleurs méchants et effets de réseau interne(23'1024'00)
    Suite à une crise ou un réajustement, le niveau du salaire d'équilibre a baissé et de nouveaux travailleurs proposent leurs services à ce nouveau salaire.
    Les travailleurs déjà en fonction à un salaire plus élevé craignent d'être remplacés et refusent de former les nouveaux, refusent de les mettre en copie des emails, refusent de s'asseoir à côté d'eux à la cantine.
    Par ces actions de sabotage et d'isolation, les travailleurs existants tentent de rendre la vie impossible aux nouveaux pour qu'ils démissionnent.
    Face à l'échec du recrutement au nouveau salaire d'équilibre, les patrons renoncent et les salaires restent au-dessus du niveau d'équilibre, causant du chômage involontaire.
  • Synthèse du modèle néoclassique et ses hypothèses irréalistes(24'0028'12)
    • La production des entreprises dépend de la productivité des travailleurs et de leur niveau de salaire • Les entreprises embauchent tant que la valeur produite par chaque travailleur dépasse son salaire • La productivité étant décroissante, il arrive un moment où l'embauche devient non rentable
    • Les entreprises peuvent déterminer exactement les richesses rapportées par chaque travailleur, ce qui n'est pas possible en réalité • Les entreprises produisent tant que la productivité dépasse le coût, sans considérer la demande du marché • Les travailleurs ne sont pas contraints d'avoir un revenu pour vivre, juste un arbitrage entre consommation et loisir
    Quand on reproche à la théorie que ses hypothèses sont irréalistes, les économistes invoquent Friedman : une théorie ne doit être jugée que sur sa capacité prédictive, pas sur le réalisme de ses hypothèses.
    Le chômage ne peut être causé que par des salaires trop élevés, dus au SMIC, aux minima sociaux, ou au comportement des travailleurs. Les autres facteurs ne sont pas intégrés au modèle.
  • Recommandations politiques du modèle néoclassique(28'1228'43)
    • Diminuer les cotisations sociales • Réduire le SMIC • Rendre l'emploi plus flexible • Faciliter le licenciement des travailleurs
    Il faut laisser au marché la liberté de faire monter ou baisser le salaire à volonté sans entraves réglementaires.
    • Laisser les travailleurs et les entreprises libres de travailler ou de profiter du temps libre • Laisser les entreprises libres de recruter ou de licencier • Laisser le jeu de l'offre et de la demande opérer naturellement
    Le jeu de l'offre et de la demande doit naturellement aboutir à un salaire d'équilibre qui satisfera tous les travailleurs et toutes les entreprises, menant au plein-emploi.
  • Interprétation alternative : les frictions du marché(28'4328'43)
    Le modèle peut être interprété de manière plus progressive en disant qu'il existe des frictions qui empêchent l'offre et la demande de travail de se rencontrer au point d'équilibre.
    • Manque de communication entre travailleurs offreurs et entreprises demandeuses • Éloignement géographique • Manque de flexibilité causé par une réglementation trop contraignante • Code du travail trop complexe
    Dans cette interprétation, ce sont plus les frictions qui causent le chômage plutôt que les salaires trop élevés.
    Même avec cette variante plus progressive, le modèle ne préconisera jamais une augmentation des salaires pour combattre le chômage, contrairement au modèle post-keynésien qui sera présenté dans la vidéo suivante.
  • Clôture et appel au soutien(28'4329'41)
    La première vidéo a présenté le modèle orthodoxe néoclassique qui recommande de baisser les salaires pour résoudre le chômage.
    La prochaine vidéo présentera le modèle post-keynésien qui propose au contraire d'augmenter le pouvoir d'achat pour combattre le chômage.
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