
La crise des subprimes d'après les "orthodoxes"
7 capitulos
- Introduction à la crise des subprimesContexte de la criseLa crise des subprimes est une bulle immobilière américaine amplifiée par le pouvoir de financement des marchés financiers. En 2007-2008, la finance mondiale s'est retrouvée empêtrée dans des problèmes graves et a cessé de fonctionner correctement.Question centraleLes économistes auraient-ils dû prévoir la crise ? Comment une crise technico-financière relève-t-elle de l'économie plutôt que de la seule finance ?Explications clés• L'explosion de la bulle est liée à des salaires insuffisants pour acheter des maisons • Le prix de l'immobilier a augmenté exponentiellement par rapport au PIB par habitant à partir de la fin des années 90 • Les maisons s'échangent à des prix toujours plus élevés parce que les acheteurs se financent à créditObservations graphiques• La dette privée des États-Unis a augmenté de manière constante par rapport au PIB • Les gens et entreprises s'endetent toujours plus alors que leurs revenus n'augmentent presque pas • Le même schéma s'est reproduit lors de la crise de 1929
- Modèle économique orthodoxeFondements théoriquesLe modèle utilise les visions néoclassique et nouveau keynésienne. Il positionne deux acteurs principaux : les ménages (travailleurs et actionnaires) et les entreprises (qui produisent ce que les ménages consomment).Acteurs du système• Les ménages composés des travailleurs et des actionnaires • Les entreprises qui fabriquent et vendent la production • Le secteur de la finance (banques commerciales et banques d'investissement) qui agit comme intermédiaireRôle de l'épargneLes banques commerciales servent d'intermédiaires entre ceux qui ont trop d'argent (épargnants) et ceux qui n'en ont pas assez (emprunteurs). Elles rémunèrent les épargnants à un taux d'intérêt inférieur à celui qu'elles prélèvent sur les prêts.Fonction des banques• Les banques commerciales prêtent l'argent de l'épargne aux ménages pour leurs projets • Les banques d'investissement prêtent l'argent de l'épargne aux entreprises • Les marchés financiers (marché primaire) connectent ces deux formes de financement
- Circulation de l'argent et PIBFlux économique• Les entreprises payent les salaires aux travailleurs et les dividendes aux actionnaires • La somme des revenus de la population correspond à la somme de ce qui est consommé • L'argent circule : entreprises → ménages → consommation → entreprisesRôle du PIBLe PIB est représenté comme la somme de tous les revenus de la population. À chaque fois que les entreprises paient des salaires ou des dividendes, le compteur de PIB se déclenche. On relève ce compteur une fois par an, puis on le remet à zéro.Nouveaux acteursLes capitalistes sont définis comme toutes les personnes qui touchent des revenus issus du capital, soit sous forme d'intérêts (quand l'argent travaille pour eux), soit sous forme de profits/dividendes/loyers (quand un bien travaille pour eux).Catégories de revenus• Salaires : rémunération du travail humain • Dividendes : rémunération du capital dans les entreprises • Intérêts : rémunération de l'argent prêté • Loyers : rémunération des biens immobiliers
- Création monétaire et croissanceRelation dette-PIBLa dette est un stock tandis que le PIB est un flux. La quantité de dettes ne peut pas augmenter plus que la somme des revenus de l'année. La nouvelle dette contractée en une année doit nécessairement être inférieure au PIB de cette année.Importance de la detteD'après ce modèle, la quantité de dette n'a aucune importance économique. Elle représente de l'argent que les gens se doivent à eux-mêmes, un simple transfert de pouvoir d'achat entre ceux qui ne veulent pas consommer immédiatement et ceux qui le souhaitent.Sources de croissance• Augmenter la vitesse de circulation de l'argent dans l'économie • Augmenter la masse monétaire en injectant du nouvel argent dans le système • Augmenter les salaires ou les dividendes par rapport à la productionContrôle monétaireLa Banque centrale crée la monnaie centrale. Les banques commerciales créent la monnaie scripturale en multipliant la monnaie centrale par un coefficient imposé (par exemple 5 fois plus). Cette création de monnaie est prévisible et totalement contrôlée.
- Risque de défaut et stabilité du systèmeDéfaut et macro-économieÀ l'échelle macroéconomique, les défauts de paiement n'ont aucun impact sur le pouvoir d'achat total de l'économie. L'argent ne disparaît pas, il change juste de propriétaire.Problème des banquesQuand un emprunteur ne peut pas rembourser, les banques qui ont intermédiée le prêt sont supposées rendre l'argent aux épargnants. Si elles ne peuvent pas payer, elles font faillite. C'est ce qui explique les faillites bancaires pendant la crise des subprimes.Mécanismes de sécurité• Les banques doivent prêter l'argent de l'épargne pour générer des revenus • Les banques sont incitées à prêter avec sagesse car les défauts menacent leur solvabilité • Seuls les projets rentables et bien ficelés sont censés être financésConclusions du modèleCe système est supposé être stable et presque parfait. Les banques sont des intermédiaires qui ne posent aucun danger si elles agissent rationnellement. La crise aurait dû être imprévisible selon ce modèle.
- La crise comme anomalie statistiqueExplication orthodoxeSelon les économistes orthodoxes, la crise des subprimes est une anomalie statistique, une réaction complètement anormale des acteurs financiers. C'est comme si une pièce tombait sur face 150 fois de suite : possible mais très peu probable et imprévisible.Responsabilités identifiées• Les banques ont oublié l'importance du défaut des emprunteurs • Les ménages ont accepté des prêts immobiliers qu'ils ne comprenaient pas ou qui dépassaient leurs moyens • Les investisseurs ont participé au phénomène de titrisation sans comprendre les risquesMécanisme de criseVia la titrisation, une bonne partie du monde a goûté aux joies des défauts de paiement. La finance n'a plus fonctionné correctement et l'argent s'est arrêté de circuler fluidement dans l'économie.Conséquences économiques• La circulation monétaire s'arrête • Le PIB baisse (réduction des revenus des entreprises et ménages) • Moins de salaires et dividendes • Moins de consommation, moins de revenus d'entreprises, cercle vicieux
- Limites du modèle orthodoxeParadoxe observéSi la dette n'est qu'un sous-produit du PIB et des revenus, comment expliquer que la dette augmente beaucoup plus vite que les revenus ? Le graphique montrait la dette augmentant toujours plus vite par rapport aux revenus.Prédictions possiblesCertains économistes ont quand même prédit la crise sans analyser les mécanismes complexes de la finance. Ils ont utilisé un modèle économique différent de celui du courant dominant.Simplifications du modèle• Pas de prise en compte de la quantité de dette dans l'économie • Pas de discussion sur les taux d'intérêt et leur rôle dans la création monétaire • Pas de mention de l'inflation ou des ratios prudentiels bancaires • Pas de discussion sur le marché interbancaireAnnonce de la suiteLa vidéo suivante présentera un modèle différent qui explique comment la dette peut augmenter plus vite que les revenus et pourquoi certains économistes ont pu prévoir la crise.


