
Le chômage pour les nuls : faut-il tenir compte de la demande ? - Heu?reka #32-2
8 capitulos
- Introduction et contexte des modèles économiquesÉpisode précédentLe premier épisode a décrit un modèle où le chômage ne pouvait être expliqué que par des salaires trop élevés.Enjeu de la vidéoExploration d'un modèle concurrent peu utilisé car ne relevant pas de l'orthodoxie économique, qui préconise l'augmentation des salaires pour réduire le chômage.Approche pédagogiqueLa vidéo sera décomposée en deux parties pour mieux comprendre les différentes théories économiques.Débat théoriqueQuestion de pourquoi les modèles dominants sont-ils conservateurs et comment la complexité est ajoutée pour les faire pencher vers la gauche.
- Les fondations de l'orthodoxie économiqueHypothèses clés• Les travailleurs deviennent moins productifs au fur et à mesure qu'on les emploie • La productivité est décroissante pour justifier pourquoi les entreprises ne produisent pas infiniment • Le marché atteint un équilibre unique où l'offre et la demande se croisentLoi de SayL'offre crée sa propre demande : s'il est possible de fabriquer des produits, c'est qu'il existe une demande équivalente pour ces produits.Problème théoriqueCes hypothèses sont souvent irréalistes mais considérées par les néoclassiques comme acceptables si le modèle produit de bonnes prédictions.CritiqueSi des hypothèses aussi irréalistes sont nécessaires pour que le modèle fonctionne, cela suggère que les fondations précédentes ont un problème.
- Le modèle de troc sans monnaieMécanisme de base• Trois entreprises produisent patates, navets et carottes • Les entreprises rémunèrent les travailleurs et actionnaires directement en légumes • La population s'échange les légumes par le biais d'un système de trocRôle des prixLes prix sont des unités de mesure permettant de savoir combien de patates s'échangent contre des navets, carottes ou autres biens et services.Absence de monnaieIl n'y a pas besoin de monnaie pour se les échanger ; les travailleurs sont payés en biens et peuvent les échanger directement selon les taux de change.Démonstration de SayPuisqu'il n'y a pas de processus de vente, production égale rémunération, et la rémunération fait apparaître la demande, donc l'offre crée toujours sa propre demande.
- L'épargne et la consommation indirecteDéfinitions• Consommer : manger des carottes directement • Dépenser : échanger les carottes contre d'autres légumes • Épargner : garder les carottes dans le frigo pour les consommer plus tardRaison d'épargnerSelon les néoclassiques, les gens épargnent uniquement si cette épargne est rémunérée par un intérêt payé par d'autres personnes.Critique keynésienneLes gens épargnent aussi pour se prémunir contre d'éventuels obstacles que l'avenir pourrait leur réserver, pas uniquement pour obtenir une rémunération.Consommation totaleLa consommation directe plus la consommation indirecte (via le crédit et l'investissement) égale la demande totale, donc l'offre crée sa propre demande.
- Critique des hypothèses néoclassiquesProductivité décroissanteLes néoclassiques supposent que la productivité diminue au fur et à mesure qu'on embauche pour expliquer pourquoi les entreprises ne produisent pas infiniment.Logique circulaireCette hypothèse de productivité décroissante est nécessaire uniquement parce qu'on accepte la loi de Say ; sans elle, la loi de Say rend impossible d'expliquer les limites de production.Réalisme des modèlesLes postes keynésiens pensent que la plausibilité des hypothèses est centrale dans la construction des modèles, contrairement aux néoclassiques.Défense néoclassiqueLes néoclassiques s'appuient sur l'argument friedmanien : on ne juge pas une théorie sur la réalité de ses hypothèses mais sur la qualité de ses prédictions.
- Le modèle monétaire post-keynésienAbsence de SayDans les modèles monétaires, la loi de Say n'a pas de raison d'être systématiquement vérifiée car l'argent épargné n'est pas forcément investi ou emprunté pour la consommation.SurproductionL'économie capitaliste produit trop de richesses par rapport à ce qui est demandé car la rémunération des travailleurs est inférieure à la valeur des richesses produites.Sources de demande• Rémunération des actionnaires (provenant des bénéfices de l'année précédente) • Investissement et consommation par crédit • Utilisation de l'épargne accumulée des années précédentesDéséquilibreLa consommation et la production n'ont aucune raison d'être égales ; la demande a de fortes chances d'être trop faible ou trop forte par rapport à l'offre.
- Ajustement de la production par la demandeRéaction des entreprises• Si la demande est trop faible : réduire les effectifs • Si la demande est trop forte : investir et recruterRôle du carnetPour les postes keynésiens, c'est le carnet de commandes des entreprises qui détermine la production, pas une hypothèse de productivité décroissante.Épargne réalisteLes gens n'épargnent pas uniquement pour obtenir un revenu d'intérêts mais aussi pour avoir un filet de sécurité face à l'incertitude de l'avenir.Flux monétaires• Remboursement de la dette et épargne retirent de la monnaie du circuit • Épargne utilisée et création monétaire en ajoutent • Ces deux flux n'ont aucune raison de s'équilibrer parfaitement
- Conclusion et implications du modèle keynésienAbsence de SaySi l'offre n'est pas nécessairement égale à la demande, on n'a pas besoin de supposer que les travailleurs sont de moins en moins productifs.Estimation de la demandeLes entreprises estiment principalement en utilisant le remplissage de leurs carnets de commandes combien de marchandises elles pensent pouvoir écouler cette année.Dynamique du chômage• Si les commandes diminuent, les entreprises réduisent les objectifs et licencient • Si le carnet est plein, les entreprises investissent et recrutent pour augmenter la productionSolution au chômagePour les postes keynésiens, résoudre le chômage passe par l'augmentation des paramètres de la demande, ce qui sera détaillé dans la prochaine vidéo.


