
DÉCROISSANCE : Un nouveau paradigme ?
Should countries become in degrowth?
6 capitulos
- L'économie du donut de Kate RaworthConcept fondamentalKate Raworth propose une nouvelle façon de penser l'économie représentée par un donut. La pâte symbolise les activités humaines, le trou central représente les fondations sociales (éducation, santé), et la bordure externe représente le plafond écologique.Limites actuelles• L'humanité utilise plus que 1 terre de ressources • Nous produisons trop de carbone • Nous coupons plus d'arbres qu'ils ne peuvent se régénérer naturellement • Ces dépassements montrent que les activités humaines ont surpassé le plafond écologiqueVision proposéeRaworth souhaite que chacun puisse se faire une place dans ce grand donut, ce qui nécessite une nouvelle image et une nouvelle façon de voir l'économie.Paradigme de croissance• La croissance est devenue une religion censée résoudre les inégalités et les problèmes écologiques • Au lieu de chercher la croissance à tout prix, il faudrait la rediriger où elle est nécessaire : dans les pays à bas/moyen salaires • Les pays développés devraient accepter de ne pas croître pour laisser de l'espace aux autres
- Contexte historique et débat avec Branco MilanovicPerspective temporelleL'humanité a vécu pendant très longtemps avec une croissance mondiale de presque zéro. Nous vivons dans une période anormale à l'échelle de notre espèce, et notre façon de considérer la croissance est très récente, moins de 200 ans.Protagoniste du débatBranco Milanovic est un économiste célèbre pour son travail à la Banque mondiale et sur les inégalités. Il a créé le graphique de la « courbe de l'éléphant » en 2013, montrant clairement qui a gagné et qui a perdu avec la croissance au cours de la dernière décennie.Courbe de l'éléphant• Les 30-50% sont les « nouvelles classes moyennes » qui sont apparues rapidement, principalement en Chine • À 80%, il y a les plus pauvres des riches, comme quelqu'un avec 600€/mois ou un emploi à temps partiel avec 2 enfants en France • À 90%, les revenus augmentent à nouveau avec le fameux 1% des plus richesContribution académiqueMilanovic a examiné le livre « Doughnut Economics » et a écrit des critiques, notamment sur son domaine d'expertise : la réduction des inégalités et de la pauvreté.
- Les paradoxes de la croissance et des limites écologiquesDilemme centralRaworth aborde le problème de poursuivre simultanément deux objectifs : prendre en compte les limites écologiques de la croissance tout en cherchant une augmentation du niveau de vie pour une grande partie des gens dans les pays à bas/moyen revenus.Constat de Milanovic• Aucun pays n'a jamais tué la misère humaine sans croissance • Aucun pays n'a jamais arrêté la dégradation écologique avec la croissance • Pour que chaque humain atteigne le niveau de vie d'un Français moyen, le PIB mondial doit tripler • Cela nécessiterait une croissance à un rythme jamais vu, sans compter l'augmentation de la population mondiale qui atteindra 11 milliards d'habitantsImpasse identifiéeNous sommes bloqués. Pour faire apparaître tout le monde dans le donut, il semble impossible d'élargir le trou sans atteindre les limites extérieures.Accord partielRaworth semble partager partiellement ce constat, mais elle croit que c'est précisément pour cela que nous avons besoin d'une nouvelle façon de penser pour résoudre ce problème.
- Critique du comportement humain et des défis politiquesObstacle comportementalLes sociétés encouragent la consommation, ce qui rend très difficile de ne pas chercher davantage de croissance dans les pays développés. Rien ne montre que les pays développés sont prêts à limiter leur croissance, et encore moins à la réduire.Impact réel de nos choix• Notre impact est moins lié à notre volonté qu'à nos revenus • Notre pauvre voisin a probablement un impact écologique moins important que nous, même s'il ne s'en soucie pas • Les initiatives individuelles comme les jardins urbains ou les cantines en circuit court ne compensent pas les impacts systémiquesSignaux politiquesLes différentes réactions face à la dernière crise économique, comme les politiques de récession ou d'immigration, et l'importance du pouvoir d'achat dans les débats politiques, sont révélatrices de l'attachement à la croissance.Limites du paradigmeLe livre n'est pas du tout clair sur les décisions à prendre, et derrière l'idée du donut se cachent de nombreuses décisions politiques difficiles à accepter.
- Les décisions politiques nécessaires et les critiques finalesMesures proposées• 2 jours de travail par semaine • 80% de taxe pour les personnes gagnant plus qu'un certain montant • Tripler le prix du pétrole et rendre la viande prohibitively chère • Augmenter le prix des billets d'avion • Taxe de centaines d'euros pour chaque franchissement de frontièreFaisabilité politiqueCette liste de décisions est presque impossible à prendre. Aucun politicien élu dans le monde ne s'est présenté avec ce type de programme électoral.Position alternativeMilanovic croit qu'il est inutile d'attendre que les plus riches abandonnent leurs revenus. Pour lui, le donut est plus une prière qu'une contribution significative. Il préconise plutôt de faciliter l'immigration et la croissance des pays les plus pauvres.Solutions pragmatiques• Taxer les activités les plus polluantes • Ces idées qui luttent déjà pour être acceptées à l'échelle nationale ne le seront encore moins à l'échelle mondiale
- Le pouvoir de changer le paradigme économiqueImportance des représentationsChanger de paradigme économique est une idée intéressante. Des idées comme le mercantilisme, la théorie de l'avantage comparatif de Ricardo, la théorie de l'investissement public de Keynes, ou le but de l'entreprise selon Friedman ont toutes eu des conséquences significatives.Pouvoir de l'imagePour Raworth, les représentations graphiques ont un pouvoir spécifique : elles donnent une image mentale de la réalité. Cela peut être comparé à la loi de Moore et à son influence sur l'innovation.Objectif du donutRaworth veut changer cette image avec « Doughnut Economics ». Elle ne dit pas que l'économie n'a pas d'outils pour traiter les problèmes écologiques, comme les externalités négatives, mais elle croit que les problèmes écologiques doivent être au cœur de ce domaine.Conclusion du débatLe débat entre Kate et Branco montre que beaucoup de paradoxes sont soulevés. Ce n'est pas une réponse définitive, mais plutôt un partage de confusion sur le sujet, ce qui est plus honnête que de prétendre avoir des certitudes.


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