
Il n’y aura pas d'ÉCOLOGIE sans URBANISME ! #StupidPolitics (ft@AprèslEffondrement )
19 capitulos
- Les enjeux de l'aménagement du territoire et des mobilitésContexte actuel• Pétrole cher et coût de l'énergie en hausse • Artificialisation des sols avec conséquences tangibles • Congestion et nuisance de 40 millions de véhicules • Urgence climatiqueProblème politiqueL'aménagement du territoire et les modes de vie ne sont pas evoqués pendant la campagne présidentielle, malgré leur importance essentielle pour résoudre les problématiques environnementales.Paradoxe françaisComment encourager la densité quand beaucoup de Français rêvent de vivre loin les uns des autres et souhaitent une maison individuelle?Invités spécialisésAurélie de l'Âge (urbaniste et géographe) et Camille de Après l'Effondrement ont participé à un live Twitch pour répondre aux questions.
- Les limites des solutions faciles et des programmes politiquesSolutions insuffisantes• Arrêt de la voiture thermique • Subventionner le véhicule électrique • Relancer le train • Isoler les logements • Déplacer certaines administrations de ParisProgrammes cohérentsLes programmes de Jadot, Mélenchon et Hidalgo sont un peu plus cohérents que les autres sur ces sujets car ils posent clairement la non-soutenabilité écologique et économique de la mobilité actuelle.Manques majeursLes programmes se focalisent sur les moyens de transport alternatifs sans vraiment remettre en question l'aménagement du territoire et la manière dont on habite.Défi communicationnelLe véritable défi consiste à faire entendre comment le pavillon individuel n'est plus viable, c'est-à-dire trouver une approche bienveillante plutôt que punitive.
- Adapter le parc immobilier existant aux nouveaux besoinsChangements structurels• La structure familiale a changé, augmentant le besoin de logements • Les divorces créent une demande pour deux logements au lieu d'un • L'allongement de la durée de vie augmente les besoins de personnes âgées seules • Les immeubles sans ascenseur ne sont plus adaptésDensité nécessaireToutes ces tendances pointent vers un besoin de densité et de faire que les Français vivent un peu plus proches les uns des autres.Absence du débatLe mot densité est complètement absent de la campagne présidentielle, tant à droite qu'à gauche, au profit de discussions sur le train ou les voitures électriques.Limites des solutionsLa voiture électrique est une solution de facilité qui ne pose pas la problématique globale et cache les vrais coûts écologiques et d'emprise de voirie.
- Les coûts cachés de la transition énergétiqueAu-delà du climatNotre mobilité automobile crée une emprise de voirie hyper conséquente qui a des impacts sur les inondations et l'artificialisation des sols.Fiscalité invisibleLe jour où la majorité des voitures basculent en électrique, l'État devra compenser les 40 milliards d'euros que lui rapportent les taxes sur les carburants, nécessitant une nouvelle fiscalité.Silence politiquePersonne ne veut en parler dans cette présidentielle, bien que le sujet soit essentiel.Avenir inévitableNotre futur est sans doute plus dense, ce qui pose la question de l'acceptation sociale de cette transformation.
- L'urbanisme de dentelle et la qualité urbaineApproche qualitativeRéfléchir à une densité socialement acceptable est plus compliqué car il faut se poser la question de la spécificité du quartier et du lieu.Solutions architecturales• Au lieu d'aménagement banal, réfléchir à chaque bâtiment individuellement • Envisager l'orientation et l'exposition du bâtiment • Ajouter des terrasses à chaque étage quand possible • Éviter les vis-à-vis entre appartementsDensité réfléchieIl existe de nombreuses solutions pour augmenter la densité tout en maintenant la qualité de vie des habitants.Mobilisation localeBien que la politique nationale soit absente sur ces sujets, il se passe des choses au niveau local avec une prise de conscience progressive.
- Rôle des élus et des acteurs locaux dans la transitionTriangle d'orTrois acteurs clés du développement urbain: propriétaires fonciers, élus et promoteurs, qui cherchent la facilité pour faire de la marge.Prise de conscienceLes élus commencent à se réapproprier la façon dont ils commandent du logement et sont de plus en plus exigeants dans les règlements de lotissement et les zones d'aménagement concerté.Profil des élusL'âge moyen des élus est de 58 ans; la plupart ont grandi dans un monde avec pétrole peu cher et ne sont pas tous sensibilisés aux problématiques actuelles.Opportunité citoyenneEn tant que citoyen, on a la possibilité d'expliquer sa réalité et sa demande pour le futur aux élus locaux.
- Mythes sur la population et le télétravailDensité françaiseLa France n'est pas un pays dense avec 120 habitants au kilomètre carré, ce qui laisse de la place pour tout le monde et certains endroits sont même très vides.Démographie complexeJouer sur la démographie est un des trucs les plus compliqués à mettre en place et produit des effets quasiment impossibles à gérer, comme montré par la politique de l'enfant unique en Chine.Natalité françaiseLa France a déjà un taux de natalité de 1,7 et l'inquiétude est plutôt un vieillissement de la population; compter sur une baisse du nombre de Français est illusoire.Télétravail et mobilitésLes études montrent que le télétravail ne réduit pas forcément les mobilités, il change juste la répartition des déplacements et les besoins de densité restent.
- Redistribution des déplacements et télétravailRéorganisation quotidienneAvec le télétravail, au lieu de faire domicile-travail cinq jours par semaine, on peut faire d'autres trajets: chercher les enfants à l'école, faire des activités culturelles ou sportives.Volume total identiqueLa somme totale des déplacements n'est pas forcément moindre en télétravail que quand on travaille cinq jours par semaine à l'extérieur.Problème de congestionLe télétravail peut permettre d'éviter quelques problèmes de congestion mais n'empêche pas le besoin de densité.Limite du modèleIl ne suffit pas de travailler chez soi pour faire moins de kilomètres au quotidien.
- Approcher les activités des zones périurbainesSouhait impliciteCe qui est généralement souhaité c'est de garder le mode de vie périurbain tel qu'il existe aujourd'hui tout en essayant de redynamiser les centres-villes.Idée ancienneCette approche n'est pas nouvelle et était déjà testée à Créteil et dans les villes nouvelles.Réponse insuffisanteCela ne résout que partiellement la question de l'emploi dans les zones périphériques.Exemple françaisLes villes nouvelles des années 70 (Marne-la-Vallée, Cergy-Pontoise, Évry) ont été créées sur des terrains agricoles avec habitat, emploi, services et transports en commun comme le RER.
- L'échec des villes nouvelles et la centralité persistanteObjectif initialLes villes nouvelles visaient à créer des polarités à l'extérieur de Paris pour que les gens n'aient pas besoin d'y aller tout le temps, en évitant les cités-dortoirs.Réalité observéeDepuis les années 70, les petites villes se sont vidées de leurs centres et activités au profit des grandes villes voisines.Prolifération commercialeLes zones commerciales et zones d'activités se sont multipliées à côté des grandes villes plutôt que dans les villes nouvelles.Leçon politiqueLe projet initial n'a pas toujours été mis en œuvre avec succès car c'était compliqué et les dynamiques économiques ont fait migrer les activités ailleurs.
- Le rôle des zones commerciales dans l'étalement urbainDouble étalementOn parle beaucoup d'étalement urbain résidentiel mais on pourrait aussi parler d'étalement commercial et d'étalement des activités.Années 1980• Voiture et société de consommation favorables à l'étalement • Accession à la propriété et crédits immobiliers encouragés • Lois de décentralisation donnant pouvoir aux maires • Tout était réuni pour favoriser l'étalement urbainMécanismes problématiquesDes mécanismes d'attribution de zones commerciales dérogent au droit commun, créant des intérêts gagnants-gagnants entre élus et promoteurs.Situation actuelleLes robinets se referment aujourd'hui sur la création de nouvelles zones commerciales en France.
- Lien entre étalement urbain et étalement commercialModèle intégréL'étalement urbain a avancé main dans la main avec l'étalement commercial car le pavillon individuel, éloigné de la ville, n'avait même pas besoin d'un supermarché à proximité.Centre-ville dépourvuAvec les hypermarchés hors de la ville, il n'y a plus besoin d'aller en ville pour faire les courses, ce qui tue les centres-villes.Cercle vicieuxIl n'est pas possible de faire revivre les centres-villes et d'y relocaliser des emplois si le transport majoritaire reste la voiture.Densité requisePour faire une ligne de bus efficace avec passages fréquents, il faut avoir beaucoup de gens qui habitent proche des arrêts et que cette population choisisse de prendre le bus régulièrement.
- Les politiques de mobilité urbaine et leurs défisConsensus inter-politiqueDu maire très à droite de Béziers à l'écologiste de Lyon, toutes les villes ont des politiques similaires: passage du centre-ville à 30 km/h, suppression du stationnement et développement de transports en commun.Mise en place difficileCes politiques se font parfois dans la douleur car les mobilités sont en concurrence et certains les voient comme puritaines.Vision bienveillantePour limiter l'essor de la voiture individuelle en ville, il faut simplement avoir une alternative efficace et première.Levier invisibleUn levier important mais totalement invendable est celui de la contrainte: rendre la voiture peu agréable en ville pousse les gens à considérer les transports en commun.
- La contrainte comme levier de mobilité et l'écologie punitiveUtilité reconnueLes ingénieurs de mobilité considèrent la contrainte comme un moyen clair de limiter les déplacements en voiture: limitation des places de parking, congestion.Perception publiqueCette approche est perçue par les citoyens comme une écologie punitive qui fait mal, plutôt que comme une logique bienveillante.Consensus scientifiqueLes ingénieurs et chercheurs qui travaillent sur la mobilité comprennent la logique, mais le grand public la voit comme un complot sans le dire.Communication manquanteLes politiques publiques mettent en place des mesures sans l'expliquer, ce qui crée une perception de complot orchestré.
- La peur de la promiscuité et la qualité du logementDistinction importanteCe n'est pas tant la densité qui pose problème que la promiscuité au sein des logements et des aménités urbaines autour du logement.Logements standardisésOn a construit des logements de façon systématique et standardisée avec peu de réflexion sur la qualité de l'habitat.Cauchemar urbain• L'expression 'cages à lapins' fait référence aux grands ensembles des années 50-60 • Le terme 'sarcelite' décrivait l'aliénation de ces cités-dortoirs • Ces bâtiments sont associés à un manque total de qualité de vieLeçon du confinementLa crise sanitaire a montré la nécessité de réfléchir sur la qualité du logement, l'accès à un extérieur privatif ou collectif et la qualité des espaces publics.
- Densité qualitative vs quantitative et exemples concretsMouvements actuelsIl y a une prise de conscience de la nécessité d'avoir une approche beaucoup plus qualitative et moins quantitative dans la densification urbaine.Limites des toursLes grandes tours et grands ensembles ne sont pas une bonne manière d'envisager la densité, notamment ceux des années 70 qui ne sont pas si denses que ça.Où densifierIl ne s'agit pas de rajouter de la densité dans des endroits déjà denses comme Paris, où c'est presque impossible d'augmenter la densité; le problème des hyper-centres-villes est plutôt de diminuer un peu cette densité.Villes ciblesLa densification doit surtout cibler les villes-dortoirs développées depuis les années 80: communes de plusieurs kilomètres carrés très étalées avec 2 à 20 000 habitants où tout le monde vit loin les uns des autres.
- Cas d'étude: Saint-Gély-du-Fesc et les limites du transport collectifSituation géographiqueSaint-Gély-du-Fesc est une commune de 10 000 habitants, 10 km au nord de Montpellier.Problématique transportLa ville est assez grosse pour avoir une ligne de bus passant toutes les 15-30 minutes, mais une bonne partie des habitants sont à plus de 20 minutes à pied du centre-ville.Inégalité de tempsLes habitants ont acheté une maison pour être à 30 minutes du centre de Montpellier en voiture, mais en transport en commun ils doivent marcher 20 minutes puis faire 30 minutes de bus.Compétitivité impossibleDans ces conditions, il est assez difficile de faire en sorte que les transports en commun rivalisent avec la voiture, surtout quand ils doivent emprunter les mêmes routes congestionnées.
- L'objectif réel: accès aux services et implications politiquesClarification nécessaireLe but n'est pas de faire en sorte que tout le monde vive dans des cages à lapins mais que tout le monde puisse avoir accès à des services au quotidien facilement.Accessibilité abordableL'accès aux services doit être sans que ça coûte énormément d'argent aux habitants.Importance de l'enjeuL'enjeu est énorme et pourtant il n'est évoqué que de manière assez évasive dans l'élection présidentielle.Limites présidentiellesL'élection présidentielle n'est pas le seul levier sur ces questions; beaucoup de choses se passent au niveau régional, départemental et communal.
- Action citoyenne locale et conclusionPouvoir localS'intéresser aux politiques locales peut vraiment valoir le coup et est une bonne manière de faire en sorte que vos convictions soient entendues.Niveaux d'action• Politique nationale pour les stratégies globales • Politique régionale pour les transports et aménagement • Politique départementale et communale pour les décisions locales • Action citoyenne pour influencer les élusRemerciementsMerci à tous ceux qui ont aidé à réaliser les lives, aux modérateurs, aux invités et à l'audience pour les commentaires et questions.Soutien channel61% des abonnés de Stupid Economics contribuent d'un euro par mois pour permettre à la chaîne de continuer à produire du contenu de qualité.


![LA FIN DU LIBERALISME ?! [feat. Arnaud Orain]](https://img.youtube.com/vi/9ti6uPcnfu4/mqdefault.jpg)


