STUPID ECONOMICS/2050 : Où vivrons-nous ?
2050 : Où vivrons-nous ?

2050 : Où vivrons-nous ?

Stupid Economics23 min7 abr 2024
Une vision possible des villes et des villages français de 2050
18 capitulos
  • Introduction et enjeux du logement(0'002'45)
    • La majorité du capital des foyers français est sous forme de bâtiments en 2024 • Le secteur du bâtiment dépend fortement des énergies fossiles • Crise sociale du logement avec doublement des sans-abri en une décennie
    Le capital immobilier, bien que solide, n'est pas insensible au changement climatique et peut prendre l'eau, brûler, s'assécher et se fissurer.
    • Basée sur des rapports de l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie • Combinaison de deux scénarios parmi plusieurs proposés • Vision construite sur certaines tendances, pas une prédiction
    Dessiner une vision possible des villes et des villages français de 2050 avec des experts.
  • Empreinte carbone et rénovation des bâtiments(2'453'29)
    En 2020, un logement typique français coûte 250 tonnes de CO2, avec 80 tonnes liées à la construction et 170 tonnes à l'utilisation sur 50 ans.
    • Trouver des bâtiments sous-utilisés plutôt que de construire neuf • Ces bâtiments se situent dans des zones ayant connu une chute de population • Ne sont pas forcément situés en zones rurales
    • Adaptation de la distribution de l'énergie et du chauffage • Installation de systèmes de rafraîchissement • Refonte complète de l'organisation interne des bâtiments
    • L'isolation des bâtiments est l'enjeu numéro 1 de la transition • Consomme beaucoup moins d'énergie pour le chauffage • Protège mieux de la chaleur estivale
  • Déclin des centres-villes et renouveau des petites communes(3'295'36)
    • Les centres-villes anciens de pratiquement toutes les villes françaises ont connu une chute de population importante depuis les années 1960 • Ces quartiers proches des gares, autrefois attractifs, sont devenus des repoussoirs • L'arrivée de la voiture en ville les a rendus dangereux, bruyants et pollués
    Un bouleversement des transports et des politiques publiques ravive l'intérêt pour ces petites villes françaises avec des bâtiments sous-utilisés.
    • Les façades historiques osmaniennes sont préservées • L'intérieur des bâtiments est entièrement repensé • La distribution énergétique est modernisée
    Inverser la philosophie de métropolisation des 30 dernières années en adaptant la société pour utiliser au mieux les bâtiments existants, vivant dans les limites planétaires.
  • Métropolisation et concentration urbaine(5'366'47)
    La métropolisation des 30 dernières années a concentré les activités et populations dans quelques métropoles nationales et régionales.
    • En 2020, les métropoles agissent comme des aimants aspirant emplois, commerces, foyers et investissements • À l'échelle locale, c'est l'inverse : les Français vivent plus grand et plus loin les uns des autres • Les centres ont été délaissés au profit de communes aux alentours
    Des bâtiments construits à l'époque de la non-métropolisation n'ont plus d'utilité, créant une géographie de vacance correspondant aux anciennes zones d'activité.
    Certains quartiers et villages mal desservis en transport, services médicaux et sans économie locale depuis 2000 se trouvent dans une impasse en 2050.
  • Espaces résidentiels et surpeuplement(6'478'13)
    • En 1970, il y avait environ 23 m² de logement par personne • Aujourd'hui, il y en a 40 m², montrant une augmentation de l'étalement urbain • 600 000 ménages d'une seule personne vivent dans des logements de plus de 6 pièces
    • D'un côté, 10% des logements sont surpeuplés • De l'autre, le phénomène de sous-occupation s'est énormément développé depuis 2000 • C'est un vrai enjeu social d'allocation des logements selon les besoins
    Le nombre de mètres carrés par habitant reflète le vieillissement de la population : les enfants partent, les conjoints meurent et les pièces restent vides.
    Faciliter la mobilité résidentielle pour que les gens puissent changer de logement ou l'adapter à leurs besoins tout au cours de leur existence.
  • Du logement comme actif patrimonial au service immobilier(8'139'57)
    Passer de voir le bâtiment comme l'actif patrimonial ultime à une somme de services pour adapter progressivement le logement aux besoins.
    • Dans les années 1950, le marché du bâtiment enrichissait presque tous ceux qui en touchaient • La croissance économique et démographique permettait un ticket gagnant sans être investisseur avisé • En 2020, le marché produit de plus en plus de perdants
    • Les jeunes coincés dans des locations trop chères • La classe moyenne endettée sur un quart de siècle • Les propriétaires dans des zones en désertification médicale
    • Intérêt pour l'efficacité et l'optimisation des mètres carrés • Facilitation des changements de propriétaire • Déplacement des frais de notaire vers des taxes foncières • Prévention des conflits d'héritage créant des logements vides
  • Risques climatiques et adaptation immobilière(9'5711'30)
    • Retrait et gonflement des argiles affectant 10 millions de logements • Chaque sécheresse coûte des milliards pour des travaux dépassant la valeur des bâtiments • Extension des zones inondables et érosion des littoraux
    Les argiles se rétractent quand il fait sec et gonflent quand il fait humide, entraînant des problèmes structurels sur les maisons.
    En 2050, une maison toujours debout aurait fait l'objet d'un diagnostic et de mesures pour la protéger du phénomène de retrait-gonflement.
    • Extension des zones inondables • Érosion des littoraux • Déplacement des risques incendies
  • Fin de la métropolisation et renouveau des petits villages(11'3012'32)
    • Les changements les plus visibles sont dans les petites villes et grands villages • Leurs centres ont été repeuplés • De plus en plus de services et d'entreprises y cherchent une place
    Un mouvement vers les zones disposant de bâtiments sous-utilisés, inspiré par le scénario de rééquilibrage territorial.
    • Les quartiers pavillonnaires périurbains n'avaient que l'habitation comme fonction • La transition vise à limiter les flux de mobilité et les impacts environnementaux • Une maison peut devenir cabinet médical, bibliothèque ou crèche
    Un village qui était un village dortoir avec 2500 habitants et un distributeur automatique est devenu en 2050 un centre vivant avec offre médicale et services.
  • Densification et adaptation des quartiers périurbains(12'3214'35)
    Avoir suffisamment d'habitants dans une même zone pour que les commerces, services et transports soient économiquement viables.
    • Construire ou modifier l'existant • Diviser les maisons en deux ou plusieurs logements • Créer des logements pour familles et personnes âgées dans le même quartier
    • Une maison peut continuer à accueillir une famille • Elle peut être divisée par pavillonnaire en deux appartements pour personnes âgées • Elle peut changer complètement de fonction
    • Les économies liées au transport jouent un rôle important • Les économies liées au chauffage contribuent au dynamisme des quartiers • Ces quartiers restent relativement calmes, loin de l'agitation des grandes villes
  • Vieillissement des bâtiments et déconstruction(14'3516'07)
    Les bâtiments vieillissent et un enjeu majeur est de trouver quoi en faire pour réduire les coûts économiques et environnementaux.
    • Les portes et éléments constitutifs peuvent être réutilisés dans d'autres bâtiments à rénover ou construire • Voir les bâtiments existants comme des banques de ressources • Capitaliser sur les ressources pour les réutiliser ailleurs
    Récupérer matériaux, produits et équipements plutôt que simplement démolir, facilitée par des matériaux conçus et normés pour être recyclés et réutilisés.
    Une maison invendable en zone rurale reculée fait l'objet d'un avis de déconstruction, avec plusieurs entreprises venant récupérer différents matériaux successivement.
  • Matériaux innovants et filières nouvelles(16'0717'09)
    • Les matériaux réutilisés peuvent être moins homogènes du fait de différentes sources • Le processus de déconstruction peut légèrement les dégrader • Nécessité de vérifier qu'ils conservent leurs caractéristiques de sécurité et de résistance
    La viabilité économique dépend de la rentabilité, qui peut changer avec l'augmentation des prix des ressources en 30 ans.
    • Plateformes de réemploi en émergence • Personnes capables de faire le lien entre l'offre et la demande de matériaux à réemployer • Métiers d'organisation pour mettre en place ces filières
    Les plateformes en ligne proposeront du neuf et du réemploi vérifié, assurant à l'utilisateur la fiabilité des matériaux et équipements.
  • Matériaux biosourcés et construction durable(17'0918'33)
    • Matériaux de construction de plus en plus biosourcés • Minimiser les émissions de CO2 en fabrication et utilisation • Assurer disponibilité stable et prix stables d'une année à l'autre
    • Tests sur la terre crue • Évaluation de la résistance au feu et aux avaries • Recherche sur la capacité à assurer vraiment la structure
    • Poutres métalliques reconditionnées • Murs en terre concassée et béton d'argile (ressource prélevée à 30 km) • Isolation et structures légères en matière biosourcée (bois, produits végétaux)
    • Stockent du carbone • Réduisent les émissions de gaz à effet de serre du secteur • Composent un levier crucial pour améliorer le bilan carbone
  • Mutualisation des ressources et nouveaux usages(18'3319'31)
    Si chacun a accès à toutes les ressources, pas besoin de coordination. Si on mutualise les ressources, de nouveaux acteurs organisateurs apparaissent.
    • Métiers d'organisation au sein du bâtiment • Personnes dont le métier est d'organiser, rappeler les règles et assurer le bon fonctionnement • Création de filières nouvelles
    Un bureau est occupé peut-être 10 heures par jour sur 5 jours de la semaine, ce qui reste très peu.
    • Cantines accueillant des fêtes familiales et associations le weekend • Espaces de réunion utilisés par d'autres • Cours d'école ouvertes aux enfants le weekend
  • Partage des espaces et optimisation urbaine(19'3120'05)
    Un parking le jour pour travailler et un la nuit pour domicile sont chacun vides une partie du temps, offrant une opportunité de partage.
    • Se sont multipliés dans les logements collectifs • Partagés entre plusieurs foyers • Répondent à la réduction du pouvoir d'achat immobilier et à la taille réduite des logements des jeunes familles
    En 2050, les espaces privés et leurs services sont des prestations attendues comme l'était autrefois une place de parking.
    Augmenter le nombre de logements en économisant des ressources pour garantir des prix et des modes de vie soutenables.
  • Toitures multifonctionnelles et usages innovants(20'0521'04)
    • Espaces qui peuvent être végétalisés • Accès à l'extérieur préservé • Usages plus larges que actuellement
    • Installation d'énergies renouvelables • Séchage du linge • Réduction du besoin en sèche-linge et économies d'énergie
    • Surélévations pour densifier les villes • Investissement plus important des toits et terrasses • Adaptation selon les besoins des occupants et les visions des municipalités
    Nos bâtiments et manières de les utiliser ont profondément changé en quelques décennies.
  • Innovation et diffusion des nouvelles pratiques(21'0421'54)
    Le secteur du bâtiment apparaît très conservateur du fait du temps long qu'il impose.
    • De nouvelles manières d'habiter, de construire et d'aménager les villes sont testées en marge • À la marge de nouvelles manières apparaissent • Innovation commence généralement dans des niches avec des tests
    • Les acteurs qui testent au départ peuvent avoir des façons de faire différentes • Des valeurs un peu différentes • Peuvent servir de catalyseurs pour la diffusion
    • Au fur et à mesure que ça se diffuse, de nouveaux acteurs rentrent sur le marché • On peut imaginer un développement important dans les 30 prochaines années • Actuellement on est sur une activité de niche
  • Crise du bâtiment et opportunités futures(21'5422'36)
    • Le secteur du bâtiment est dans une crise profonde • Son modèle devient obsolète • Nécessité de poser la question du futur des bâtiments
    • Projets qui oublient le réchauffement climatique • Ceux qui renforcent la dépendance aux énergies fossiles • Ceux difficiles à rénover ou ne répondant qu'à des besoins court terme
    • Le stock de mètres carrés sur le territoire français est conséquent • La vacance et sous-utilisation chronique des bâtiments est une opportunité • Plutôt que de construire neuf
    • Au-delà de l'adaptation climatique et de la construction de logements • Modifier notre rapport au bâtiment est le plus grand et urgent défi • Considérer les bâtiments autrement que comme des actifs financiers héritables
  • Conclusion et perspective sociétale(22'3623'42)
    Apprendre des crises sociales et climatiques qui s'enchaînent pour voir les bâtiments autrement.
    • Voir les bâtiments comme une ressource essentielle • Ressource au développement économique • Ressource à l'épanouissement des Français de 2050
    Cesser de valoriser les bâtiments comme actifs financiers héritables à fiscalité avantageuse.
    • Prochain épisode traitera de l'alimentation et de sa production • Au centre d'une crise de modèle majeur • Remerciements aux soutiens du travail de Stupid Economics