Antiquité/LES EMPEREURS ROMAINS SONT-ILS TOUS FOUS ?
LES EMPEREURS ROMAINS SONT-ILS TOUS FOUS ?

LES EMPEREURS ROMAINS SONT-ILS TOUS FOUS ?

Nota Bene17 min7 mars 2019
8 chapitres
  • Introduction et contexte républicain(0'00 → 2'17)
    La vidéo examine la santé mentale des empereurs romains et leur comparaison avec les politiques contemporains, soulevant la question de savoir si ces empereurs anciens étaient réellement fous.
    • Les historiens antiques comme Suétone et Tacite ne recherchaient pas l'objectivité • Démêler le vrai du faux dans leurs récits s'avère complexe • Les auteurs antiques détruisaient sans scrupules l'image des personnalités qui leur dépluisaient
    Jusqu'en 27 avant notre ère, Rome est en principe une république, mais en réalité une oligarchie où les familles nobles se partagent le pouvoir. Depuis le milieu du premier siècle avant notre ère, Rome connaît un état de guerre civile quasi-permanent entre deux factions.
    L'historiographie contemporaine a nuancé et écaté certaines énormités rapportées par les historiens antiques, ce qui sera examiné à la fin de la vidéo.
  • Jules César et la transition vers l'Empire(2'17 → 4'00)
    De 59 à 44 avant notre ère, Jules César élimine ses adversaires politiques pour asseoir son autorité et tente de pervertir la dictature romaine en se faisant nommer dictateur perpétuel en 44 avant notre ère.
    La dictature romaine confère à un individu les pouvoirs absolus pendant six mois pour répondre à une crise civile ou militaire. À la fin de son mandat, le dictateur rendait le pouvoir au Sénat.
    César est assassiné par une bande de conjurés incluant son fils adoptif Brutus après 23 coups de couteau, une fin qui provoque un moment de flottement politique.
    Octavien, un autre fils adoptif de César, remporte la succession en appliquant une stratégie plus prudente : il rétablit en apparence les institutions républicaines tout en concentrant réellement le pouvoir dans ses mains.
  • Auguste et l'instauration du régime impérial(4'00 → 4'56)
    En 27 avant notre ère, Octavien obtient du Sénat les titres de princeps (premier parmi les citoyens) et d'Auguste, rapprochable du terme augure, signifiant que sa parole avait une valeur sacrée.
    Le règne d'Auguste se déroule sans encombre malgré la concentration des pouvoirs. Il satisfait les sénateurs par une politique de restauration de la grandeur romaine traditionnelle et le peuple par de grands travaux urbains.
    Suétone, particulièrement cruel envers ses successeurs, ne trouve presque rien à critiquer chez Auguste sinon sa petite taille.
    Auguste établit un cadre stable pour ses successeurs en apparence républicain mais véritablement impérial. Sa mort en 14 marque le début des complications pour les empereurs suivants.
  • Tibère et les accusations de débauche(4'56 → 7'35)
    Tibère possède une réputation établie de stratège militaire, auréolé de nombreux succès en Ibérie, en Orient, en Germanie et en Illyrie. À 56 ans, il devient logiquement le second empereur de Rome.
    • Une passion démesurée pour le vin le pousse à donner le gouvernement de province à ses compagnons de beuverie • Hypocritement, il réprimande publiquement un vieillard libertin avant de lui demander secrètement des banquets avec des jeunes filles nues • Il se retire définitivement sur l'île de Capri au milieu de son règne, ce qui endomage sa popularité
    Sa villa de Capri hébergerait une colonie d'esclaves se prostituant pour son plaisir. Suétone suppose que de jeunes enfants étaient forcés de nager nus dans la piscine. Tacite ajoute que Tibère faisait enlever de jeunes garçons et violentait les parents s'en plaignant.
    La mort de Tibère est accueillie avec joie par le peuple romain. Bien qu'une mort naturelle soit probable vu son âge avancé, Tacite suggère qu'il aurait été étouffé sous des coussins.
  • Caligula et l'archétype de la folie(7'35 → 11'15)
    Fils du populaire général Germanicus, Caligula doit son surnom à son enfance dans les camps militaires où il portait un mini-costume de soldat avec de petites sandales (caliga). À la mort prématurée de son père, il devient candidat logique pour diriger Rome.
    • Adolescent déjà, il assiste avec curiosité extrême aux supplices des condamnés • Devenu empereur, il torture les prisonniers pendant les banquets pour son divertissement et les tue à petit feu • Il utilise les criminels plutôt que du bétail pour les spectacles aux bêtes sauvages • Il fait massacrer un sénateur en public et traîne son corps démembré dans Rome
    • Il accompagne ses baisers sur le cou de sa femme de remarques sur sa capacité à faire tomber cette tête • Il rit à un festin en disant qu'il pourrait faire égorger ses amis d'un signe de tête • Il remplace les têtes de statues divines par la sienne • Il rassemble l'armée pour récolter des coquillages à la mer • Il fait construire à son cheval Incitatus une écurie en marbre avec palais et esclaves, envisageant de le faire sénateur
    Son règne dure quatre ans pendant lesquels il réussit à se mettre tout le monde à dos. Les prétoriens, sa garde rapprochée, le tuent ainsi que sa femme et sa fille avant qu'il ne réalise son projet de faire Incitatus sénateur.
  • Claude et la succession compliquée(11'15 → 12'06)
    Claude est proclamé empereur par hasard, s'étant caché par peur derrière une tapisserie lors de l'assassinat de Caligula.
    Claude est boiteux, bègue et a une propension à s'endormir à l'improviste, ce qui le rend apparemment inapte à gouverner selon les historiens antiques.
    Il épouse en quatrièmes noces Agrippine, fille de Germanicus et mère de Néron. Cette femme écarte le jeune Britannicus, fils légitime de Claude, force l'adoption de Néron et empoisonne Claude à l'aide de champignons.
    Bien que boiteux et bègue, Claude était en réalité un administrateur avisé, une facette ignorée par les historiens antiques qui le ridiculisaient.
  • Néron et l'incendie de Rome(12'06 → 15'24)
    À 17 ans en 54, Néron est nommé empereur. Les premières années se passent bien avec des relations apaisées avec le Sénat, bien que sa mère Agrippine et son tuteur Sénèque prennent probablement les décisions politiques.
    • Néron empoisonne Britannicus avant qu'il ne devienne majeur • Il attire sa mère à Messine et lui prête une galère piégée pour couler en mer • Sa mère survive en nageant et rejoint sa villa • Excédé par l'échec du plan, Néron envoie simplement des soldats l'achever
    En 64, un grand incendie ravage Rome pendant six jours. La rumeur prétend que Néron l'aurait déclenché, regardant depuis sa terrasse en jouant de la lyre pour dégager place à sa Domus aurea (Maison dorée), un palais de près de 200 pièces avec fontaines et mosaïques.
    À son retour de Grèce où il divertissait ses hôtes par sa musique et poésie, Néron découvre qu'il a perdu tout soutien. Le Sénat le démet et il doit s'enfuir déguisé. Réalisant que tout est perdu, il se suicide en répétant : « Oh, quel grand artiste périt avec moi ! »
  • Réévaluation historique moderne(15'24 → 17'51)
    • Il met en œuvre une politique économique renfloant les caisses de l'Empire • Son expérience militaire lui permet d'éviter des campagnes coûteuses • Il crée un ensemble d'états vassaux garantissant la sécurité des frontières • Aucune preuve concrète ne vient étayer les horreurs supposées de Capri
    Caligula a probablement été victime de son opposition frontale avec le Sénat. Sa folie supposée ne serait qu'une calomnie post mortem.
    • Il mène une politique de revalorisation monétaire fructueuse • Il organise plusieurs campagnes militaires victorieuses • L'empereur était absent de Rome lors de l'incendie • Il perdit de nombreuses pièces de sa collection d'art • Il ouvrit les portes de son palais aux citoyens dont les demeures avaient brûlé
    • Suétone a un goût prononcé pour le scandale, comme la presse people contemporaine • Suétone et Tacite appartiennent tous deux à la classe sénatoriale • Leurs œuvres ont une visée politique : détruire la mémoire des empereurs ayant sapé l'autorité du Sénat • Elles sont baignées d'idéologie et nécessitent de croiser les sources pour rétablir la vérité