
Quand 500 jeunes ont tenu une montagne contre les nazis
21 chapitres
- Contexte : La Haute-Savoie sous occupationDivision territorialeAprès la défaite française en 1940, la France est divisée entre le Nord contrôlé directement par les nazis et le Sud censé être une zone libre dirigée par le gouvernement de Vichy, allié aux nazis.Situation initialeLa Haute-Savoie, région rurale et alpine avec peu d'industries, n'est pas considérée comme une menace. Les paysans conservateurs demeurent relativement calmes tant qu'ils gardent un gouvernement français.Facteurs de tension• Les populations des deux zones doivent fournir une grande partie de leur production aux armées d'Hitler, créant la faim • Le débarquement américain en Afrique du Nord pousse Hitler à faire envahir la zone sud par Mussolini • La création du service du travail obligatoire force des dizaines de milliers de jeunes Français à aller travailler en AllemagneRéaction populaireCes événements provoquent un grondement de mécontentement contre Vichy. Beaucoup de jeunes choisissent de disparaître dans la nature plutôt que d'être envoyés en Allemagne.
- L'organisation de la résistance clandestineRéseau d'aideJeanne Bruce, employée de la préfecture d'Annecy, crée de faux papiers pour les jeunes en fuite, notamment en indiquant des villes bombardées comme lieu de naissance pour contourner les contrôles.Structures d'accueil• Les jeunesses catholiques hébergent et cachent les jeunes chez des familles de la région • L'Armée Secrète crée des maquis où elle arme et entraîne les jeunes les plus en forme physique • Un réseau secret coordonne l'ensemble de ces structuresEffet involontaireEn instaurant le service du travail obligatoire, l'Allemagne envoie involontairement de nombreux jeunes recrues dans les bras de la résistance, certains par conviction, d'autres faute d'alternative.Mouvements armésDes groupes de résistants émergent, comme le Corps Franc Simon, une unité mobile indépendante dirigée par François Servant (pseudonyme Simon), qui commence par des actions audacieuses et des vols pour se ravitailler.
- Le Corps Franc Simon : Actions et répressionDébuts audacieux• Le Corps Franc Simon braque le camp de vacances Jeunesse et Montagne pour se procurer des équipements militaires • Ils volent des camions d'essence à la police et les distribuent aux villages résistants • Ils pillent des boutiques en plein jour pour se ravitailler en nourritureMissions dangereusesLa direction de l'Armée Secrète les utilise ensuite pour des assassinats de collaborateurs de Vichy. Certaines missions réussissent, d'autres échouent car ils sont hésitants ou mal préparés.Intensification de la menaceAprès avoir tué deux officiers allemands à Saint-Gervais, le Corps Franc Simon devient la cible prioritaire de la Gestapo et de Vichy. François Servant est blessé lors d'une arrestation, hospitalisé, puis décédé de ses blessures.Fin du groupeLors d'une tentative pour libérer François Servant, le Corps Franc Simon rencontre 200 soldats allemands. L'accrochage tourne au massacre : tous les membres du groupe sont arrêtés et exécutés le lendemain dans une cour d'Annecy.
- Tom Morel : Le chef des bases de montagneParcours militaireTom Morel est un officier français qui avait la Légion d'honneur et la croix de guerre à 24 ans. Chef d'une unité d'élite de chasseurs alpins, il avait stoppé l'avancée italienne en 1940 en défendant le col du Petit Saint-Bernard et la Redoute ruinée.Engagement dans la résistanceAprès la capitulation de la France et la dissolution de l'armée de Vichy, Tom Morel disparaît dans la nature. Il réapparaît comme chef des bases de l'Armée Secrète en Haute-Savoie, recrutant et entraînant les jeunes qui veulent échapper au travail obligatoire.Autorité et décisionsTom Morel décide de toutes les opérations militaires de la région et apparemment de tous les assassinats. Il est extrêmement attaché à l'obtention des armes promises par Churchill pour équiper ses jeunes résistants.Impatience stratégiqueApprenant que les Anglais vont parachuter des armes en février, il se voit obligé de monter sur le plateau des Glières 10 jours avant pour sécuriser la zone, malgré le risque que cela représente avec 150 hommes qui doivent rester cachés.
- Le plateau des Glières : Choix stratégique et attenteSélection du siteLes services secrets britanniques et la résistance choisissent le plateau des Glières en Haute-Savoie. C'est l'un des rares endroits qu'un pilote peut identifier de nuit sans GPS : un gigantesque plateau enneigé sous pleine lune qui reflète la lumière et se distingue clairement du territoire assiégé par le couvre-feu.Repères de navigation• Depuis Genève (non occupée, donc éclairée), on vole vers le sud • On localise le lac Léman au reflet de la lune • On se dirige vers l'est pour identifier le plateau enneigé des Glières qui brille distinctementConditions difficiles150 personnes montent le 31 janvier sans lumière dans la neige jusqu'aux genoux. Elie Mufa, ancien compagnon de Tom Morel et employé du Service des Eaux et Forêts, les guide jusqu'au sommet. Les conditions au sommet sont catastrophiques : froid extrême, nourriture insuffisante, manque de chalets.Arrivée partielleLors du premier parachutage, les Anglais largent seulement une partie de la cargaison promise. Personne ne sait pourquoi. Les résistants envoient des messages et les Anglais promettent d'envoyer le reste à la prochaine pleine lune, soit un mois plus tard.
- Complications : Incidents et encerclementPremières fusilladesQuelques jours après l'arrivée, un groupe de jeunes descend chercher de la nourriture. La police ouvre le feu sans sommation, créant une fusillade. Le curé Truffy, sympathisant de la résistance, négocie avec le commandant Relais, chef des policiers et sympathisant secret de la résistance, pour laisser partir les trois jeunes arrêtés.Plan compliceLe commandant Relais craint que le gouvernement ne lui reproche la situation. Le curé Truffy et lui organisent une ruse : le commandant envoie ses hommes les plus paresseux sur le plateau pour paraître actif, pendant que le curé prévient les résistants de se cacher.Plan échouéLa personne chargée de prévenir les résistants oublie de se réveiller après avoir trop bu. Les policiers arrivent au plateau et les résistants, croyant être attaqués, ouvrent le feu. Cette fusillade de 30 minutes ne peut être étouffée et devient connue des autorités.Exposition découverteLe gouvernement local, Paris et les Allemands apprennent tous qu'il y a 200 personnes armées sur le plateau des Glières. Le secret est révélé. Les résistants font face à un dilemme : rester pour les armes ou partir pour sauver la base.
- Convergence : Arrivée de renforts de la résistanceEffets de la missionCette mission génère un énorme bruit dans les canaux de la résistance. C'est la plus grosse cargaison d'armes jamais arrivée en Savoie depuis l'armistice, inspirant des renforts de multiples mouvements.Origines diversifiées• Francs-tireurs et partisans : résistance communiste dirigée par le Parti communiste français • Anciens militaires de l'Armée Secrète, mouvement gaulliste • Russes, royalistes russes en exil, Polonais et Espagnols des Brigades internationales • Antifascistes allemands et autrichiensUnité multinationaleAu bout de quelques semaines, presque 500 résistants de 35 groupes différents avec objectifs et hiérarchies distincts se retrouvent sur le plateau. Malgré leurs différences, ils s'entendent parfaitement et patrouillent ensemble pour empêcher la milice et la police d'approcher.Moral et cohésionBien que complètement encerclés, le moral est excellent. Cela est crédité à Tom Morel qui réussit à obtenir le charisme et les qualités de meneur nécessaires pour être suivi par 30 groupes différents.
- Soutien civil : Les messagers de l'ombreRavitaillement secretLe Service des Eaux et Forêts organise l'acheminement de nourriture par des routes improbables inconnues de la police. Un paysan réussit même à nourrir le plateau pendant plusieurs jours en passant derrière les positions de police avec 25 vaches.CommunicationsDes messagers, souvent des femmes à bicyclette, assurent la liaison avec le monde extérieur. Elles transmettent messages, argent et armes, risquant torture et déportation à chaque mission.Héroïnes anonymesColette et Lis Perès, deux filles d'un village du coin, accomplissent des centaines de missions périlleuses. Statistiquement, les messagers à bicyclette risquent leur vie plus souvent que tout autre membre de la résistance.Opérations d'exfiltrationCes messagers transportent aussi des personnes, comme les pilotes anglais abattus. Lis Perès utilise un déguisement en jeune femme en rendez-vous amoureux pour franchir les patrouilles allemandes et faire passer les réfugiés en Suisse.
- Détérioration : Montée des tensionsRemplacement des forcesLe gouvernement réalise que les policiers locaux ont de la sympathie pour les résistants car ils viennent des mêmes villages. Il remplace la police locale par les GMR (Groupes mobiles de réserve), des policiers d'autres régions sans aucune sympathie pour la résistance.Violations d'accordsLes GMR cessent de respecter les règles établies. Michel, étudiant en médecine assistant du médecin du plateau, est arrêté lors d'une descente pour chercher du matériel médical.ReprésaillesTom Morel envoie 100 personnes encercler un commissariat et prendre 30 policiers en otage. Il négocie avec le commandant Lefèbre : libération de Michel en échange des otages. Les otages sont libérés mais Michel ne reviendra jamais d'Annecy.Rage de TomTom Morel, issu d'une vieille famille lyonnaise où l'honneur est primordial, est hors de lui. La trahison du commandant Lefèbre le met en rage. Quelques semaines après, un résistant infiltré chez les GMR rapporte que Lefèbre prépare une attaque au pied du plateau.
- L'assaut d'Entremont : Défaite du commandementInitiative de TomTom Morel prend 300 personnes et attaque Entremont où se trouve le commandant Lefèbre, cherchant à regagner l'honneur offensé ou à prendre l'initiative.Chaos du combatUn chien se met à aboyer et un habitant crie. Le petit village calme des Alpes devient le chaos. Pendant une heure, les tirs fusent dans toutes les directions. Tom finit par capturer le commandant Lefèbre à l'Hôtel de France après avoir forcé une porte à l'étage.Confrontation fataleTom Morel insulte violemment Lefèbre, le traitant de lâche et de traître. Il ignore que la décision de garder Michel en prison venait du colonel, pas de Lefèbre, et que Lefèbre avait secrètement aidé la résistance.Coup de pistoletLefèbre, impulsif et complètement ivre, tire un pistolet caché dans sa botte. Il tue Tom Morel à bout portant. Tom, mort, sera remonté sur le plateau des Glières et enterré au milieu de ses hommes.
- Le parachutage des armes : Trop tardArrivée enfinLe soir de l'enterrement de Tom Morel, les avions anglais arrivent et largent des tonnes d'armes suffisant pour équiper plusieurs maquis. Le curé Truffy, qui avait négocié pour libérer les jeunes, va chercher les parents de Tom pour assister à l'enterrement avant d'être déporté par la Gestapo.Urgence de distributionIl faut immédiatement distribuer les armes aux quatre coins de la région et disparaître. Garder un arsenal attire les bombardements et les attaques, transformant le maquis en cible prioritaire.Tempête de neigeLa nuit du parachutage, une tempête de neige extraordinairement forte se lève. Les armes disparaissent sous la neige presque aussi vite que les résistants peuvent les mettre à l'abri. La neige bloque aussi toutes les routes qui permettent de quitter le plateau.Annonce de l'arrivée allemandePersonne ne le sait au plateau, mais Hitler a décidé que Vichy avait échoué à déloger les résistants et qu'il le ferait lui-même. La 157e division de montagne, 15 000 soldats experts en combats alpins avec artillerie et soutien aérien, arrive le 12 mars.
- Le dilemme : Fuir ou rester avec les armesRapport de forceLe rapport de force devient complètement déréglé. Contre Vichy, c'était déjà mauvais. Contre l'armée allemande avec 15 000 soldats, artillerie et soutien aérien, c'est ridicule.Seule optionLa seule façon de ne pas être anéanti par la 157e division est de fuir et de ne jamais l'affronter directement. Mais les résistants ne peuvent pas partir sans les armes.Poids logistiqueLa cargaison pèse plusieurs tonnes. Pour la déplacer à pied du haut du plateau, il faudrait des semaines. L'armée allemande arrive en 2 jours. Il est impossible de la prendre avec soi.Considérations politiques• Certains veulent partir mais craignent pour la réputation de la résistance • D'autres pensent qu'il vaut mieux mourir avec les armes pour que la prochaine fois les Anglais envoient des armes • Les anciens militaires et jeunes hésitent pendant 2 semaines avant de décider de rester avec les armes jusqu'à la dernière seconde
- La bataille des Glières : Premier jourDisposition des forcesLe 26 mars, les résistants sont toujours sur le plateau avec les armes. La milice est au nord-ouest. Les Allemands encerclent tous les autres flancs.Premières attaquesÀ 8h du matin, les Allemands essaient de monter par l'Avouillon au nord-est pendant que la milice tente de monter par le col de l'Enclave à l'ouest. Les défenseurs qui ont passé la nuit sous la neige repoussent les deux attaques.Bombardement aérienÀ 9h, la Luftwaffe constate l'absence totale de défense antiaérienne et bombarde tout : chalets, abris, réserves, tout ce qui dépasse sur le plateau explose.Reprise et halteVers 10h, la milice revient avec deux fois plus de troupes mais les défenseurs se sont regroupés. La milice perd beaucoup d'hommes et doit faire demi-tour. Pendant une heure, le calme revient. Comme c'est l'hiver, le soleil se couche tôt. On commence à croire à l'improbable victoire de 500 jeunes.
- La bataille des Glières : Contournement fatalBrèche découverteUn messager arrive en courant. Les Allemands ont trouvé le point faible : Montbel Vrai, une zone peu défendue car très abrupte et très sauvage. C'est un endroit où les sapins vont du haut en bas de la pente, permettant une ascension cachée.Tactique allemandeLa 157e division de montagne, experte en combats alpins, fait semblant de monter par la route principale pour attirer l'attention pendant qu'une partie escalade à travers la forêt en silence complet.Positions faiblesIl y a des endroits à Montbel Vrai tellement raides que les résistants n'avaient mis personne en surveillance. Personne ne pensait qu'on puisse passer. La 157e passe en portant ses armes sans faire le moindre bruit.Décision de retraiteUn défenseur rapporte que la plupart des défenseurs de Montbel Vrai avec lui sont morts. Le capitaine Anjo comprend que des tas d'Allemands vont bientôt débarquer des sapins et tuer tous les défenseurs par le dos. Il décide qu'il ne regardera pas ses hommes mourir : il ordonne la retraite.
- La débâcle : Massacre en retraiteFuite désorganiséeLes défenseurs doivent dévaler le plateau dans la nuit noire avec les sirènes des Allemands derrière eux. Chaque sapin peut cacher une embuscade. C'est trop tard pour partir. Ils ont voulu rester avec les armes jusqu'à la dernière seconde.Elimination du commandementIl n'y a pas un seul officier qui s'en sort. Ceux qui dirigent les plus gros groupes attirent l'attention. Seules les petites équipes ont une chance de passer. Le capitaine Anjo avec le plus gros groupe est tué en arrivant sur Ancy.Massacre de Torent• Torent, le plus gros village en bas du plateau, est le pire endroit de la débâcle • Beaucoup de jeunes du plateau voulaient rentrer chez eux • La milice attendait évidemment là-bas • Un illustrateur, Serge Ro, était là et a dessiné le massacre des jeunes de Torent dans les ruesActes d'héroïsme• Le marquis de Griffolet d'Orimon guide les groupes vers la sortie du périmètre, puis revient chercher les autres jusqu'à sa mort • Arthur Balanfha cache un groupe de jeunes dans sa ferme, les sauvant de la capture, mais sera dénoncé et tué avec sa ferme brûlée
- Bilan et interprétation : Défaite ou victoire ?Coût humainDe tous les jeunes montés sur le plateau, environ la moitié sont morts. La chaîne de commandement est éliminée. Les survivants sont dispersés et perdus. Les Allemands reprennent presque toutes les armes.Critiques communistesLes communistes qui ont perdu des hommes comme tout le monde sont extrêmement critiques. Ils publient un livre en 1946 affirmant que l'Armée Secrète a gaspillé des vies pour un projet ridicule : rester en haut d'une montagne en espérant tenir jusqu'au débarquement avec des armes.Propagande de VichyVichy en parle tous les soirs à la radio, vantant comment les glorieuses forces de police ont dégagé les terroristes du plateau. C'est un revers militaire clairement documenté.Reframing britanniqueLes radios de la résistance à Paris et Alger rappellent que tout le monde sur le plateau avait environ 20 ans. C'étaient quasiment des gosses essayant d'échapper au travail obligatoire, sans entraînement, sans expérience. La BBC transforme la défaite militaire en victoire morale : la volonté de liberté à tout prix.
- Inspirations et conséquences : Le printemps 1944Effet sur la résistance• Inspire les résistants ailleurs en France qui ont besoin de savoir que d'autres essayent • Inspire les alliés qui en entendent parler • Donne des arguments au général de Gaulle à Londres pour obtenir d'autres parachutages • Inspire les rescapés du plateauRécupération des rescapésLouis Morel, chef de section rare à avoir fait sortir tous ses hommes intacts (en les faisant marcher dans une rivière glacée en hiver), guide 40 hommes jusqu'à une ferme isolée. Pendant quelques mois, ils écoutent la BBC parler de leurs potes morts, ce qui renforce leur détermination.Retour au combatAu printemps 1944, ce groupe revient sans plateau à défendre mais avec l'expérience des combats, le leadership des militaires de base, les armes cachées, et surtout la conviction que la résistance est possible même contre l'armée allemande.Opérations offensives• Embuscades de patrouilles allemandes et récupération du matériel • Explosion de commissariats pour récupérer les lettres de dénonciation • Déraillement de trains transportant des fournitures pour Hitler • 25 locomotives déraillées en Haute-Savoie en 1944, empêchant le passage de tout train dans la région
- Propagande et libération : L'usine SROCible stratégiqueL'usine SRO à Annecy est la plus grosse usine de la région, produisant des tanks pour la Wehrmacht. C'est une cible que les Alliés essaient de détruire depuis le début de la guerre mais sans succès, car le bombardement n'est pas assez précis.Opération d'appuiLe 10 mai, les résistants savoyards rentrent secrètement en ville, éliminent silencieusement les GMR qui gardent l'usine, puis marquent le toit, la gare et le central téléphonique avant de disparaître.Bombardement précisUne heure après, 30 bombardiers anglais, prévenus par signal, arrivent et font exploser tous les bâtiments encore utiles à Hitler. C'est une opération conjointe résistance-alliés d'une précision remarquable.Situation dégradéeLe nouveau chef de la milice écrit à Paris : la situation en Haute-Savoie est pire qu'avant les opérations. Il y a même des endroits où les pouvoirs de Vichy et l'Allemagne n'osent plus aller, notamment Torent, le village au pied des Glières.
- Défi et libération : Vers la finLiberté de TorentLe 14 juillet 1944, la résistance organise un défilé à Torent. La région est tellement dangereuse pour le gouvernement que personne ne vient les en empêcher. À partir de juillet, Torent est considéré comme libéré. Plus aucun homme de Vichy ou de la Wehrmacht ne le visitera.Contexte alliéEntre-temps, les Alliés ont débarqué en Normandie. Ils sont moins loin. Il y a peut-être moyen de recevoir à nouveau des armes, d'autant plus que grâce aux sacrifices précédents, les Alliés font relativement confiance à la résistance.Deuxième parachutageLes Américains proposent d'envoyer 20 bombardiers pour larguer plus d'armes d'un coup que les deux parachutages précédents ensemble. Symboliquement, on demande où envoyer les armes. Les résistants demandent exactement là où est enterré Tom Morel, aux Glières.Triumphale de la montagneEn août 1944, 3 000 résistants montent en plein jour sans se cacher au plateau des Glières pour regarder les bombardiers américains larguer énormément d'armes au même endroit où des jeunes ont tenté l'improbable 5 mois plus tôt.
- Fin de l'occupation : Les villes tombentEnlèvement de ThononQuelques jours après avoir reçu les armes, dans la ville de Thonon au nord de la Haute-Savoie, le sous-préfet de Vichy disparaît, enlevé par la résistance. Les Allemands appellent des renforts mais les camions SS qui devaient les soutenir explosent mystérieusement.Siège progressif• Les lignes téléphoniques de Thonon sont coupées • L'eau est coupée • La ville entière est encerclée • Les Allemands ne peuvent faire qu'une sortie sans succèsCascade de redditionsThonon tombe. C'est plus un village ou un petit centre comme Torent, c'est une vraie grande ville de Haute-Savoie. Des endroits où le front de l'Ouest avance mais la retraite est bloquée par les résistants et les communications coupées. Il y a 800 soldats qui se rendent à Evian. De plus en plus de villes tombent : Écluse, Chamonix.Convergence vers AnnecyTous les regards se tournent vers Annecy. Après des années de combat, les jeunes savent que le front avance, qu'une armée professionnelle va probablement débarquer et libérer la ville, mais leur famille est encore là-bas, leurs potes sont en prison, et les Allemands font de plus en plus d'exécutions sommaires.
- Monument et héritage : Liberté autoconquiseRaison du monumentC'est pour ça qu'il y a un monument sur le plateau des Glières 80 ans plus tard, exactement là où Tom Morel a été enterré. Ce n'est pas un monument aux morts mais un monument à la gloire de la résistance.Signification principaleIl est là pour rappeler que quand la Première Armée de libération remontant de Provence est arrivée jusqu'aux Alpes, la garnison allemande d'Annecy s'était déjà rendue. La Haute-Savoie s'est libérée toute seule.AutochtonieIci, chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait, quand il le fait. La résistance n'a pas attendu l'armée professionnelle pour libérer sa région. Elle l'a fait elle-même.Poésie de la libertéLa vidéo se termine avec l'hymne de la résistance française : « Ami entends-tu... » qui évoque le prix de la liberté, l'appel des chaînes, et le devoir de continuer la lutte. C'est l'esprit qui a animé ces jeunes sur le plateau des Glières.





