Comprendre la guerre au Moyen-Orient/Liban : la fin du HEZBOLLAH ? | ARTE Reportage
Liban : la fin du HEZBOLLAH ? | ARTE Reportage

Liban : la fin du HEZBOLLAH ? | ARTE Reportage

ARTE24 minOct 6, 2025
10 chapters
  • Hassan Nasrala's Legacy and Assassination(0'022'43)
    Hassan Nasrala, assassiné par Israël, est devenu une figure sacrée pour ses partisans avec un mausolée érigé à sa mémoire. Il a dirigé le Hezbollah pendant plus de 30 ans en incarnant la résistance contre Israël.
    • Ahmed et Hussein, de la génération ayant grandi avec Nasrala, ressentent un vide émotionnel à sa mort • Les militants décrivent Nasrala comme un leader symbolisant la résistance, le sacrifice et l'intégrité • Un fort désir de vengeance envers Israël persiste parmi ses partisans
    Le 27 septembre 2024, l'aviation israélienne lance une opération majeure avec des frappes de 80 tonnes de TNT sur le bunker souterrain de Nasrala en banlieue sud de Beyrouth, le tuant sur le coup.
    Le 23 février 2025, une marée humaine assiste aux funérailles publiques de Nasrala au stade de Beyrouth, tandis que des jets israéliens survolent la cérémonie.
  • The Beeper Attack and Military Losses(2'436'01)
    Israël fait exploser à distance des centaines d'appareils de télécommunication utilisés par le Hezbollah, causant plus de 40 morts et 3000 blessés dans une opération de sabotage sans précédent.
    Ali Eldana, couvert de bandages, a subi l'explosion d'un beeper. À 31 ans, il a perdu l'usage de son œil gauche et est amputé de trois doigts. Il qualifie l'attaque de massacre sans distinction entre civils et militaires.
    • Plus de 4000 combattants du Hezbollah tués • 14000 blessés, soit environ un tiers des effectifs du parti • L'attaque des bepers a fortement affaibli le Hezbollah avant même la mort de Nasrala
    Ali exprime son souhait de vengeance, affirmant que si lui ne peut pas se venger, c'est son fils qui le fera un jour contre l'ennemi israélien.
  • Disarmament Pressure and Political Resistance(6'0110'15)
    Après plus de 40 ans, le Hezbollah est sommé de rendre ses armes. Sous pression américaine, le gouvernement libanais n'a pas le choix : l'armée doit devenir la seule force militaire du pays, condition pour recevoir l'aide internationale face à la crise économique.
    Le nouveau secrétaire du parti, Naïm Kassim, refuse catégoriquement la décision de l'État. Les représentants politiques du Hezbollah soulignent l'incapacité du gouvernement à défendre les Libanais face aux attaques israéliennes, questionnant sa légitimité à les protéger.
    • Ahmed et Hussein organisent des rassemblements chaque soir en banlieue sud de Beyrouth • Les militants brûlent le pays pour Nasrala et refusent de rendre les armes, les décrivant comme un honneur • Les jeunes continuent de croire le Hezbollah capable de combattre malgré l'affaiblissement militaire
    Un fossé se creuse entre le Hezbollah et le reste du pays. Les convois de motocyclistes sillonnent les quartiers de Beyrouth aux cris et claxons, renforçant l'opposition au désarmement.
  • Disarmament Operations and Military Dismantling(10'1513'45)
    Depuis le cessez-le-feu, le Hezbollah a retiré ses troupes du sud, cédant la place à l'armée libanaise soutenue par 10000 casques bleus de la FINUL, force d'interposition de l'ONU présente depuis 1978.
    • La FINUL et l'armée libanaise ont découvert plus de 500 caches d'armes dans la région • Dans les tunnels, on trouve des enveloppes de missiles antichar AT15, des munitions et du matériel de bivouac • Deux caisses de stockage de missiles vides indiquent un arsenal préalablement stocké
    Le désarmement n'est pas sans risques : six soldats libanais meurent lors d'une opération de démantèlement similaire le même jour.
    Malgré le cessez-le-feu, Israël occupe toujours cinq positions dans la zone. Des drones israéliens surveillent constamment le ciel, constituant autant de violations de l'espace libanais.
  • Ongoing Israeli Strikes and Civilian Casualties(13'4516'06)
    Bien que la guerre ait officiellement pris fin en février 2025, les frappes israéliennes se poursuivent quotidiennement au sud du Liban, causant près de 300 morts dont de nombreux civils depuis le cessez-le-feu.
    À Touline, un enfant de 12 ans, Basawala, est tué par un drone israélien. L'enfant faisait partie des Scouts du Mahdi, organisation de jeunesse du Hezbollah. Son père, membre du Hezbollah, a été gravement blessé.
    Sa mère Fatima et son frère Ali considèrent cette mort comme une injustice. Pour la mère, la mort de l'enfant est une sacrifice, et elle souhaite que les futurs enfants comprennent qui en est responsable.
    Ces attaques attisent la colère des habitants et renforcent leur soutien au Hezbollah, renforçant l'opposition à son désarmement.
  • Reconstruction Crisis and Financial Blockade(16'0618'10)
    Le coût de la reconstruction après les bombardements est estimé à plus de 9 milliards d'euros selon la Banque mondiale. Riam, autrefois village de plus de 10000 habitants, est devenu un village fantôme avec la plupart des habitations détruites.
    La plupart des commerces n'ont reçu aucune compensation. Les propriétaires attendent toujours d'être indemnisés. L'État libanais est absent, laissant les habitants sans aide, tandis que les travaux de reconstruction ralentissent faute de moyens.
    • Pendant la guerre, le Hezbollah fournissait de l'aide aux déplacés • Aujourd'hui, il est financièrement étouffé et ne peut plus aider suffisamment • L'État bloque désormais tout transfert de fonds en provenance de l'Iran, principal soutien du parti
    Le blocus financier empêche les habitants de réparer leurs maisons. Les gens veulent reconstruire mais ne peuvent le faire. Cette situation alimente la frustration et la colère face à la destruction de leurs souvenirs et habitations.
  • Hezbollah's Reconstruction Efforts(18'1019'56)
    Malgré les difficultés, le Hezbollah continue d'aider les habitants via Jihad Alel Bina, son organisme de reconstruction chargé d'évaluer les dégâts et de fournir des compensations.
    Mohammad, ingénieur travaillant pour l'organisme, effectue des constats de dégâts. Les compensations varient entre 20000 et 50000 euros selon l'ampleur des dommages. Le montant exact dépend de vérifications ultérieures.
    • À Riam seul, 5000 dossiers de demandes d'indemnisation ont été enregistrés • 5000 chèques ont été émis pour couvrir les dommages partiels • Le nombre de demandes reste très élevé dans tous les villages frontaliers
    Jihad Alel Bina a versé près d'un milliard d'euros en compensation, bien que les chiffres exacts restent difficiles à vérifier en raison du secret entourant les finances du Hezbollah.
  • Border Communities Under Threat(19'5622'36)
    Certains habitants ne peuvent pas retourner chez eux et doivent être escortés par l'armée libanaise pour accéder à leur village, risquant d'être pris pour cible par les forces israéliennes.
    Sabrine Fanach, candidate aux élections municipales, n'a pas accès à sa maison à la frontière depuis deux ans, même pour constater les dégâts. Elle vit dans une zone tampon interdite.
    • Le centre du village d'Ara a été réduit à néant • Sabrine ne reconnaît plus les traces de sa vie antérieure • Des drones survolent constamment la zone
    Sabrine ressent une grande douleur indescriptible en voyant la destruction. Hors caméra, elle exprime de la colère envers le Hezbollah, le tenant responsable d'avoir entraîné le pays dans une guerre inutile contre Israël en soutien à Gaza.
  • Opposition to Hezbollah Within Shiite Community(22'3624'05)
    Sabrine et d'autres voix s'élèvent contre les choix stratégiques du Hezbollah, réclamant une paix définitive au sud du Liban et le contrôle des armes du parti.
    À Beyrouth, des journalistes et des opposants chiites se rassemblent régulièrement pour tenter de créer une alternative politique au Hezbollah. La parole se libère, chose impensable quand le parti était tout-puissant et réduisait ses opposants au silence.
    • La défense du Liban ne repose pas uniquement sur les armes mais sur les relations internationales et les conventions internationales • Le nouveau leadership ne dépend pas de la politique de l'Iran et n'est pas affilié au Hezbollah • La communauté chiite doit retrouver pleinement sa place au sein du Liban
    La stratégie politique du Hezbollah ne convainc plus, même parmi son propre public. Le mouvement d'opposition gagne en influence face à un Hezbollah qui déclare la guerre, l'arrête et négocie selon ses intérêts.
  • The Hezbollah's Dilemma and Future Choices(24'0524'43)
    Le Hezbollah n'est pas prêt à entendre les critiques et le discours politique des opposants. À Beyrouth, les militants continuent de faire monter la pression contre le désarmement.
    Les dirigeants du Hezbollah doivent décider s'ils vont se plier aux volontés américaines et israéliennes ou prendre le risque d'une nouvelle guerre.
    • Le parti est militairement affaibli avec des pertes massives • Ses ressources financières sont réduites par les blocus • Son soutien populaire s'érode parmi la communauté chiite
    L'issue de cette décision déterminera l'avenir du Liban, le statut politique du Hezbollah et la possibilité d'une reconstruction durable du sud du pays.