Gaza/Gaza : survivre enceintes | ARTE Reportage
Gaza : survivre enceintes | ARTE Reportage

Gaza : survivre enceintes | ARTE Reportage

ARTE12 minApr 3, 2024
6 chapters
  • Rafa : refuge et survie des femmes enceintes(0'022'46)
    Plus d'un million de Gazaouis ont trouvé refuge dans les campements de Rafa, dont 70% d'enfants et de femmes. Selon l'OMS, environ 50 000 femmes enceintes tentent de trouver des soins et de survivre dans ces conditions.
    • Fattah, 30 ans, mère de trois enfants, a dû fuir le nord de Gaza enceinte après la destruction de sa maison • Elle a été déplacée quatre fois et vit désormais sous une tente de plastique • Elle se bat quotidiennement pour nourrir sa famille et accéder aux soins médicaux
    • Elle craint que son bébé naisse avec des malformations faute de contrôle médical • Elle doit subir une césarienne mais redoute l'opération • Elle ignore son groupe sanguin et craint les maladies infectieuses en augmentation • Elle souffre aussi d'une hernie discale
    Après l'accouchement, elle n'aura qu'un matelas sous une tente, sans famille pour l'aider. Elle s'inquiète pour la nourriture, les médicaments, le lait maternel et les couches pour son nouveau-né.
  • Les médecins face à l'impossible : cliniques de fortune(2'464'46)
    • Le gel pour les échographies a disparu, même au ministère de la santé • Les médecins utilisent de l'alcool à la place du gel • Les lits médicaux sont construits avec des planches en bois
    Mohamed, gynécologue dont l'épouse a dû accoucher dans un camp de fortune, a décidé d'improviser une clinique pour aider les autres mères.
    • Les fausses couches ont augmenté de 300% depuis le début de la guerre • Le manque d'eau potable augmente le risque de fausses couches et de naissances prématurées • Le phosphore et les produits radioactifs des bombardements peuvent causer des malformations congénitales • Les ruptures de placenta peuvent être fatales et nécessiter le retrait de l'utérus pour arrêter les saignements
    La clinique dans le camp de Rafa accueille quotidiennement des dizaines de femmes avec des grossesses compliquées. La malnutrition, le manque de soins et d'hygiène, ainsi que le stress psychologique les fragilisent davantage chaque jour.
  • Accouchements en chaos : l'hôpital Al-Shifa sous le feu(4'467'35)
    Ola a pu accoucher à l'hôpital Al-Shifa à Gaza City, mais son bébé grand prématuré a pesé 1,5 kg en raison de la malnutrition et a dû être évacué en Égypte quelques semaines plus tard.
    • Ola a subi une anesthésie partielle et était à moitié consciente durant sa césarienne • Elle n'a pas pu voir son bébé après l'accouchement • Une frappe aérienne a touché l'hôpital peu après, forçant l'évacuation du personnel • Deux femmes ont accouché sur le sol de la salle d'accouchement lors du bombardement
    L'hôpital s'est retrouvé sans soins. Lors de l'évacuation, Ola s'est absente pour aller aux toilettes et à son retour, la salle d'accouchement était vide : plus de personnel infirmier ni médecin.
    En moyenne, 180 femmes accouchent chaque jour dans la bande de Gaza, souvent sous des tentes, parmi les décombres ou dans des toilettes publiques. L'hôpital Al-Emirate Arafa est l'un des rares encore opérationnel, avec l'unique maternité encore ouverte à Gaza.
  • Naissances prématurées et séparations forcées(7'359'26)
    • Les femmes arrivent parfois blessées ou déjà mortes à l'hôpital • Les médecins pratiquent de plus en plus de césariennes en raison des bombardements • La peur des bombardements provoque souvent des contractions et des accouchements avant l'arrivée à l'hôpital • Beaucoup de bébés arrivent dans un état catastrophique
    Dans l'unique service de soins néonataux de Gaza, les bébés partagent à plusieurs les couveuses. Certains ont encore leurs parents, d'autres sont orphelins, et certains ont pu partir à l'étranger.
    • Le bébé d'Ola a été évacué à l'Égypte en novembre avec 30 autres bébés prématurés • Elle n'a jamais pu le voir, pas même en photo • Ce n'est que trois mois après l'accouchement qu'elle a su où il se trouvait
    Ola remercie Dieu d'avoir éloigné son fils de Gaza, sachant qu'il aurait risqué sa vie lors des bombardements et aurait manqué de vêtements, de couches, de lait, et aurait pu attraper des maladies, même si elle souffre profondément de cette séparation.
  • Après l'accouchement : vivre sous la tente avec un nouveau-né(9'2610'25)
    • Amal a dû quitter l'hôpital seulement deux heures après sa césarienne pour laisser la place aux nouvelles patientes • Elle vit toujours sous sa tente malgré ses préoccupations pour la santé de son bébé
    • Il y a de plus en plus de maladies dans les camps : hépatites, grippes, méningites • Amal a peur de ne pas pouvoir soigner son bébé • Elle ne sort pas de sa tente avec lui, comme unique moyen de le protéger
    Le plus grand danger reste les bombardements, avec le risque constant d'être blessé ou de mourir lors d'une attaque aérienne ou d'un tir d'obusier.
    Aya Abou Ham a perdu la vie fin février en fin de grossesse. Elle a été retrouvée morte avec son mari et ses deux enfants sous les décombres de l'école où elle s'était réfugiée dans le nord de Gaza.
  • Bilan humanitaire et perspectives sombres(10'2512'02)
    Des milliers de femmes et d'enfants continuent de mourir sous les bombardements. Comme Aya Abou Ham, elles trouvent la mort enceintes ou en couches, victimes de la violence.
    Selon les rapports des Nations Unies, de plus en plus d'enfants risquent de mourir de malnutrition et de déshydratation dans toute la bande de Gaza, en particulier dans le Nord.
    • L'état psychologique et la santé des jeunes mamans se dégradent dramatiquement • Les fausses couches et les naissances prématurées continueront d'augmenter chaque jour • Les combats se poursuivent sans discontinuer
    Pour ces femmes, survivre enceinte à Gaza est un combat quotidien, face à des conditions humanitaires et sanitaires catastrophiques qui s'aggravent chaque jour.