
🔴 Replay Live | America First, le bilan | ARTE
L'un des présidents les plus controversés de l'histoire piétine les conventions chez lui comme ailleurs
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- L'arrivée de Trump et le choc diplomatiqueContexte initialDonald Trump accède au pouvoir avec une promesse de refondre la politique étrangère américaine. Son slogan America First provoque immédiatement une inquiétude parmi les dirigeants mondiaux qui ignorent ce qu'il entend exactement par cette formule.Premiers signaux• Trump refuse d'affirmer son soutien aux alliances traditionnelles et à la communauté des nations partageant les mêmes valeurs • Il adopte une approche révolutionnaire en abandonnant les conventions diplomatiques • Son téléphone ne cesse de sonner avec les dirigeants du monde inquiets de ses intentionsPerception des alliésLes dirigeants européens découvrent un homme d'affaires brutal, peu intéressé par les politesses diplomatiques et davantage focalisé sur les deals commerciaux que sur les valeurs partagées.Rupture majeureTrump signale clairement qu'il souhaite renégocier les conditions des alliances existantes, une approche qui crée un malaise palpable parmi les alliés historiques des États-Unis.
- Les premiers heurts avec les alliés européensRencontre avec MayTrump reçoit la Première ministre britannique Theresa May. Un geste simple de lui prendre la main lors d'une promenade provoque l'étonnement. Durante le déjeuner, il révèle des appels reçus de Poutine sans les avoir retournés, créant un moment extrêmement tendu à table.Discussions confuses• Trump commence un flux de conscience qui étonne même les Britanniques • Il montre un mépris pour la presse américaine • Ses échanges paraissent imprévisibles et peu professionnels • May tente de le briefer sur Poutine mais il l'interrompt constammentInquiétudes européennesLes alliés européens craignent que Trump ne remette en question l'engagement américain envers l'OTAN et les accords de défense mutuelle qui garantissent leur sécurité depuis des décennies.Positions commercialesTrump insiste pour que l'Allemagne riche paie davantage pour la défense. Il présente les contributions à l'OTAN comme une dette envers les États-Unis, transformant l'alliance en une relation transactionnelle.
- Le G7 et le retrait de l'accord de ParisClimat de confrontationLe premier G7 de Trump se déroule dans une atmosphère tendue. Les six autres chefs d'État tentent de convaincre Trump de rester dans l'Accord de Paris sur le changement climatique, signé par près de 200 pays un an plus tôt.Résistances multiples• Justin Trudeau lui parle de l'impact de la production de charbon • Trump répond qu'il n'est pas sûr que la science soit correcte • Angela Merkel insiste sur la gravité de l'accord et l'avenir de la planète • Trump refuse de signer la déclaration du sommet réaffirmant l'Accord de ParisArguments défensifsLe personnel de la maison blanche essaie de convaincre Trump que l'accord n'engendre aucune obligation légale et que rester signifierait seulement tenter de l'améliorer de l'intérieur plutôt que de le quitter.Justification politiqueTrump exploite le sentiment américain que cet accord leur avait fait perdre leur souveraineté. Il présente son refus comme une victoire pour l'indépendance américaine et le peuple américain.
- La rencontre avec Poutine à HelsinkiPréparatifs tendusAprès cinq mois de mandat, Trump se prépare à rencontrer Vladimir Poutine au G20. Il souhaite une rencontre en tête-à-tête, convaincu que sa personnalité créera rapidement une complicité avec le leader russe.Dynamique de réunion• C'est surtout Poutine qui parle pendant la rencontre • Trump écoute sans aborder frontalement la question de l'ingérence russe • Le président américain semble gêné par le sujet de l'interference électorale • Toute mention du sujet risque de remettre en question sa légitimité présidentielleMoments publics troublantsÀ la conférence de presse finale, un journaliste demande directement à Trump s'il reconnaît que Poutine l'a élu. Trump hésite, confus, et finit par ne pas répondre clairement à la question, créant un moment critique pour sa présidence.Conséquences diplomatiquesLe sommet provoque une tempête médiatique aux États-Unis. Trump tente de corriger ses déclarations le lendemain, prétendant s'être mal exprimé, mais les dégâts sont déjà faits pour sa crédibilité internationale.
- L'attaque chimique en Syrie et la première intervention militaireCasus belliDans la nuit du 4 avril 2017, le gouvernement syrien d'Assad lance une frappe aérienne au nord-ouest, tuant des dizaines de civils. Les rapports indiquent l'utilisation d'armes chimiques, provoquant une réaction émotionnelle forte du président Trump.Prise de décision chaotique• Trump entre au bureau ovale visibly en colère après avoir vu les photos des victimes • Il demande immédiatement des actions contre Assad, parlant d'assassinat du président syrien • Son équipe de sécurité lui conseille une approche plus légale et mesurée • Mcmaster prépare un plan de riposte dans les 24 heuresContexte géopolitiqueTrump doit décider s'il se lance dans une opération militaire majeure alors qu'il est aussi occupé à accueillir le président chinois Xi Jinping pour sa première visite d'État. C'est aussi le premier sommet crucial de sa présidence avec un pays majeur.Résultats et ambiguïtésTrump approuve une frappe aux missiles Tomahawk sur la Syrie, effectuée sans consultation préalable de ses alliés. Cette opération de communication ne tue qu'un petit nombre de civils mais marque une rupture avec la politique prudente du prédécesseur Obama.
- La diplomatie moyen-orientale et le rôle de KushnerStratégie novatriceTrump confie à son gendre Jared Kushner, un homme d'affaires de 36 ans sans expérience diplomatique, la mission de créer la paix au Moyen-Orient. Netanyahu propose une approche radicale : contourner la question palestinienne pour d'abord établir la normalisation avec les pays du Golfe.Approche commerciale• Kushner négocie une vente d'armes de 100 milliards de dollars avec l'Arabie Saoudite • Trump se rend directement de l'Arabie Saoudite à Israël, un trajet aérien inédit symbolisant la normalisation • Trump visite le Mur des Lamentations à Jérusalem, un geste inédit pour un président américain • Le président promet de déplacer l'ambassade américaine de Tel-Aviv à JérusalemFaux pas palestiniensÀ Bethléem, Trump fait des promesses vagues aux Palestiniens sur un processus politique. Il annonce que l'accord est presque conclu, mais son équipe est bien moins optimiste. Les Palestiniens refusent de négocier sans que les conditions préalables soient remplies.Abandon des négociationsLes négociations promises par Trump n'auront jamais lieu. Chaque fois que Kushner frappe à la porte pour relancer les discussions, elle est fermée. La priorité réelle de Trump devient l'Iran, pas la paix israélo-palestinienne.
- L'attaque contre l'accord nucléaire iranienDiscours agressifÀ l'Assemblée générale de l'ONU, Trump lance une attaque verbale violente contre l'Iran. Il remet en question l'accord nucléaire négocié pendant des années par les États-Unis, la Russie, la Chine et l'Europe pour arrêter le programme d'armes nucléaires iranien.Incompréhension diplomatique• Trump traite l'accord comme un accord bilatéral entre l'Iran et les États-Unis, alors qu'il s'agit d'un engagement international approuvé par une résolution du Conseil de sécurité • Il ignore que cet accord a été négocié pendant des années par plusieurs puissances mondiales • Son discours humilie les Iraniens, rendant impossible une rencontre ultérieure qu'il proposeraNégociations européennesTrump donne quatre mois aux Européens pour régler le problème de l'Iran, sinon les États-Unis se retirent. Des milliers d'heures de négociations s'écoulent pour trouver un nouveau texte acceptable à tous.Retrait définitifQuatre mois plus tard, Trump annonce le retrait des États-Unis de l'Accord nucléaire iranien. C'est la première fois qu'un pays ne signe pas une déclaration du G7, selon John Bolton lui-même les conservateurs iraniens renforcent leur pouvoir et le programme nucléaire s'accélère.
- La retraite surprise de Syrie et les alliés kurdesPromesse de campagneTrump ramener les troupes américaines à la maison est l'une de ses promesses phares. Près de 2000 soldats américains sont déployés en Syrie pour combattre Daech, mais Trump veut les retirer.Pressions extérieures• Le président turc Erdogan exerce une forte pression sur Trump pour qu'il retire les troupes • Erdogan voit les Kurdes comme des terroristes, alors que les États-Unis les considèrent comme leurs plus proches alliés contre Daech • Erdogan appelle directement Trump et l'invite à lui faire confiance • Le président américain, impressionné par le leader fort, cède à la pressionRetournement rapideTrump ordonne d'abord le retrait, puis l'annule après un briefing des généraux qui montre les conséquences catastrophiques. Les Kurdes se tournent vers la Russie pour protection, une humiliation pour les alliés américains.Justification commercialeQuand le retrait est à nouveau ordonné neuf mois plus tard, quelqu'un propose de protéger les gisements pétroliers comme justification. Trump adore cette idée, permettant de vendre à son électorat l'idée que le pétrole justifie la présence militaire.
- La crise nucléaire avec la Corée du NordHéritage problématiqueLors du briefing de transition, Obama avertit Trump que la Corée du Nord représente la plus grosse crise de politique étrangère qu'il affrontera. Le président nord-coréen Kim Jong-un poursuit le développement d'armes nucléaires capables de détruire les États-Unis.Stratégie de pression• Trump demande une réflexion novatrice sur la politique nord-coréenne, loin des tactiques traditionnelles • Son équipe développe une stratégie appelée 'pression maximale' combinant diplomatie militaire, sanctions économiques et diplomatie officieuse • L'objectif : forcer la Corée du Nord à se dénucléariser en augmentant constamment la pression sur tous les fronts • Trump cherche l'aide de la Chine, qui contrôle la majorité du commerce nord-coréenDiplomatie audacieuseAprès des tensions extrêmes et des menaces de guerre, Trump propose inopinément une rencontre avec Kim Jong-un. Cette proposition étonne son équipe, mais il persiste en envoyant un émissaire de l'ONU à Pyongyang pour transmettre le message.Sommet historiqueTrump et Kim Jong-un se rencontrent à Singapour en juin 2018. Trump signe un accord engageant le dialogue sur le désarmement nucléaire, mais sans détails concrets. L'accord ressemble à un succès de relations publiques plutôt qu'une réelle avancée diplomatique.
- L'affrontement commercial avec la ChineUrgence reconnueTrump voit la Chine comme le vrai problème pour l'avenir américain. Après le succès apparent avec la Corée du Nord, sa frange dure insiste pour enfin s'attaquer au déficit commercial massif avec la Chine.Positions opposées• Les conseillers 'Wall Street' redoutent une guerre commerciale destructrice • La frange dure antichinoise affirme que si rien ne change, la Chine dominera bientôt les États-Unis • Trump, en visite à Pékin, entend Xi Jinping décrire le siècle d'humiliation de la Chine et sa montée actuelle • Le rapport de force géopolitique et économique devient le vrai enjeu des négociationsTactiques agressivesTrump impose des taxes de 200 milliards de dollars sur les produits chinois. Il sanctionne également Huawei et d'autres géants technologiques chinois, voyant ces entreprises comme des armes de l'État chinois pour dominer les industries d'avenir.Accords partielsAprès des mois de tensions, Trump obtient enfin un accord avec la Chine. Cependant, il n'est pas la 'sphère du siècle' qu'il visait : la Chine promet d'acheter 200 milliards de dollars de produits américains, mais refuse les importantes réformes commerciales.
- La pandémie COVID-19 et l'héritage finalAvertissement ignoréJuste un jour après la signature de l'accord commercial avec la Chine, une première réunion du conseil de sécurité nationale discute d'un mystérieux virus apparu à Wuhan. Les services de renseignement avertissent que c'est plus mortel que la grippe et hautement contagieux.Réponse initiale• Trump refuse d'attaquer publiquement le président chinois, souhaitant protéger son accord commercial • Ses médecins avertissent que c'est peut-être aussi grave que le SRAS de 2003 • Des contacts chinois mentionnent que cela pourrait ressembler à la grippe espagnole de 1918 • Trump ferme les frontières, une décision reconnue comme correcte en arrière-coupRelations endommagéesL'entente que Trump avait construite avec Xi Jinping s'évanouit rapidement. La gestion de la pandémie et le blâme réciproque détruisent les relations sino-américaines qu'il avait patiemment cultivées.Héritage controverséÀ la fin de son mandat, Trump laisse un héritage de confrontations : l'accord nucléaire iranien est détruit avec le programme nucléaire accéléré, la Corée du Nord continue son développement nucléaire, et la rivalité avec la Chine risque d'exploser. Son 'America First' a remis en question les alliances traditionnelles sans les remplacer par une vision cohérente.





