
Âge d'or, âge de fer | Le temps des paysans | Épisode 1/4 | ARTE
22 chapters
- Introduction : Le monde paysan dans l'histoire européenneContexte historiquePendant plus d'un millénaire, l'Europe entière était paysane, avec des hommes et des femmes générations après générations qui ont pris soin de la terre pour se nourrir et nourrir leur communauté.Silence et invisibilitéLe peuple paysan a longtemps vécu privé de pouvoir et de récits, dans le silence et l'obscurité, sans laisser de témoignages directs de ses peines, rêves, solidarité et révoltes.Question centraleL'histoire paysanne est traversée depuis 15 siècles par une même question : celle de la terre et de son usage.Pertinence actuelleLe monde paysan est aujourd'hui en voie de disparition, mais son histoire reste plus actuelle que jamais face aux enjeux contemporains d'utilisation des terres.
- Confrontation : Agriculture paysane versus monoculture industrielleModèles opposés• Agriculture paysane communale pratiquant l'élevage sur des terres appartenant au village selon une coutume ancestrale • Exploitation privée industrielle pratiquant la monoculture avec une gestion méthodique de la terreBiodiversitéLes terres communales foisonnent de biodiversité avec 450 plantes différentes par mètre carré, tandis que les monocultures n'en contiennent qu'une seule variété.Conflits pratiquesLes gros exploitants mettent le feu aux terres diversifiées pour s'en débarrasser, ce qui a failli toucher les maisons paysannes, nécessitant l'intervention communautaire pour éteindre les feux.Enjeu fondamentalLe conflit oppose l'économie capitaliste des gros exploitants à la protection de la biodiversité paysanne, un dialogue difficile où l'économie semble dominer.
- Antiquité romaine : Les origines de la domination agraireSystème économique romainL'économie de l'Empire romain reposait sur de grands domaines agricoles exploités par une main d'œuvre d'esclaves qui alimentaient en vin, huile et céréales les villes de plusieurs centaines de milliers d'habitants.Effondrement de RomeLa dernière grande civilisation urbaine avant la nôtre s'est effondrée progressivement sur trois siècles. Au 6e siècle, il n'y a plus d'empire ni de ville.Absence de récit paysanLes nouveaux paysans qui forment la majorité de la population n'ont laissé aucun témoignage direct de ce qu'ils vivaient et pensaient, les seules images les montrant dans des textes religieux.Invisibilité dans les sourcesDans l'antiquité, la figure du paysan ou du travailleur de la terre est occultée par celle de l'agriculteur citadin propriétaire de terres cultivées par des esclaves.
- Moyen-Âge haut : Émergence et statut des paysansCentralité nouvelleAu Moyen-Âge, la paysannerie émerge avec davantage de force, acquérant une centralité idéologique et culturelle qu'elle n'avait jamais occupée, au-delà de sa dimension économique.Hiérarchie socialeUne loi du 6e siècle des rois Burgondes établit une hiérarchie de valeur : un forgeron coûte 50 sous, un charpentier 40, mais un laboureur, porcher ou berger ne coûte que 30 sous seulement.Statuts juridiques• Les paysans sont classés selon leur statut : libre, non libre, propriétaire ou simple tenancier • Les non libres sont descendants d'anciens esclaves ou colons romains et ne peuvent pas quitter leur terre ni participer aux assemblées publiques • Les mariages entre libres et non libres sont théoriquement interdits mais régulièrement ignorés dans la pratiqueÉcart entre loi et réalitéLes lois ne sont guère appliquées dans la réalité : elles existent dans la tête des rois et de ceux qui les rédigent, mais les gens ne les appliquent pas dans la vraie vie.
- Gestion collective : Cadastre coutumier et droit d'usageCadastre oralLes communautés paysanes du Haut Moyen-Âge ne connaissent qu'un seul cadastre : celui de la coutume, la tradition orale et la mémoire collective des limites.Procédure mémorielleQuand deux villages se disputent une limite, les villageois au complet accompagnés de leurs enfants font le tour de la limite, et battent les enfants pour que les limites restent gravées dans leur mémoire.Régulation communautaireSi quelqu'un veut s'installer dans un village, un seul habitant qui ne le veut pas empêche son installation. S'il ignore l'avertissement pendant 12 mois, il peut rester en sûreté dans le village.Cohésion villageoiseLe village repose sur des liens communautaires et des pratiques de solidarité plutôt que sur des textes juridiques formels, créant une cohésion sociale spontanée.
- Archéologie : Débat sur les villages du Haut Moyen-ÂgeMatériaux organiquesLes maisons du Haut Moyen-Âge étaient construites en bois, il n'en reste que les trous laissés par les poteaux des ossatures, contrairement aux ruines en pierre d'époques ultérieures.Théories anciennesLes historiens des années 70 en ont déduit que ces paysans étaient des semi-nomades sans domicile fixe, pensant que les matériaux organiques signifiaient forcément éphémère.Révision archéologique• L'archéologie préventive a découvert des villages entre le 6e et le 10e siècle, période différente de l'image stable du 12e-14e siècle que les historiens avaient • Le débat s'est longtemps porté sur la terminologie, les archéologues s'interdisant même d'utiliser le mot villageCommunauté villageoiseLa communauté villageoise n'est pas seulement un concept juridique mais aussi une solidarité spontanée entre les gens qui vivent ensemble, créant forcément des liens même sans documents écrits.
- Économie paysanne : Ressources et vision du mondeRegard différentLes nouveaux paysans du Haut Moyen-Âge voient la nature avec l'œil du chasseur, du pêcheur, du cueilleur à l'affût de toutes les ressources que la nature peut leur offrir.Fusion culturelleLa tradition romaine liée à l'agriculture s'est mélangée aux modèles des peuples barbares reposant sur l'économie de la forêt et de l'inculte, ce qui a fait céder le pas à l'élevage, la chasse, la cueillette et la pêche.Productivité limitéeLabourer un champ est plus productif qu'élever un porc dans les bois ou cueillir des fruits sauvages. Les ressources alimentaires sont donc moins abondantes mais plus variées, ce qui suffit à la survie avec une faible pression démographique.Approche durableFace aux famines, le Haut Moyen-Âge a choisi d'utiliser la nature pour faire fructifier ce qu'on pouvait, une approche différente de la vision productiviste économiste contemporaine, devenue d'actualité avec le développement durable.
- Théorie Chayanov : Économie morale paysanneDécouverte anthropologiqueEn étudiant les communautés rurales russes du 20e siècle, l'agronome Chayanov a décrit les singularités d'une économie spécifiquement paysanne, sans témoignages directs des paysans du Haut Moyen-Âge.Logique paysanne• Libérés de la pression fiscale et des extorsions des dominants, les paysans n'ont plus besoin de produire de surplus • Ce qu'ils ont en trop, ils le partagent ou le redistribuent plutôt que l'accumuler selon la logique capitalisteSociété équilibréeCette économie paysane crée une société sinon égalitaire, du moins équilibrée, basée sur des principes de partage plutôt que d'accumulation.Héritage théoriqueChayanov a été fusillé en 1937 pour ses idées contraires à la collectivisation forcée, mais aujourd'hui ses idées servent de modèle pour mieux comprendre l'économie morale des paysans du Haut Moyen-Âge.
- Récit hagiographique : Tensions dans l'équilibre paysanL'enrichissement problématiqueUn riche paysan agrandissant son aire de battage signifie non seulement qu'on est riche, mais qu'on vise à s'enrichir encore plus, exhibant sa richesse et bouleversant les équilibres du village.Manifestation surnaturelleLe texte hagiographique représente ce bouleversement par la menace de démons qui surgissent lors de cette déstabilisation pour tourmenter tout le monde.Réaction violenteLes villageois réagissent très violemment en brûlant la maison du fermier qui veut s'enrichir, montrant clairement qu'ils veulent mettre fin à cette situation.Restauration de l'ordreLe saint du récit parvient à renvoyer les démons sous terre, symbolisant la restauration de l'équilibre et de la cohésion villageoise contre l'accumulation individuelle.
- Accaparement des terres : Exemple roumain contemporainRépartition égalitaireDans la société paysanne, les terres ont été réparties en parts égales pour que tout le monde soit au même niveau et puisse produire la même quantité de nourriture pour soi et le marché.Rupture moderneQuand un gros investisseur achète toutes les terres, c'est de l'accaparement car en devenant propriétaire de beaucoup de terrains au même endroit, il entrave le droit des paysans à prospérer.Rationalisation industrielleTout devient rationalisé : certaines parcelles sont dédiées à l'énergie, d'autres à la monoculture à grande échelle, les moutons sont revendus à l'étranger par camions entiers.Dépossession identitaireLe mot paysan signifie en roumain les gens de la terre, mais sans terre ils ne sont plus rien, devenant des migrants économiques et perdant leur subsidialité alimentaire et leur identité.
- Carlo Levi et le monde paysan du sud italienContexte d'assignationEn 1935, le militant antifasciste Carlo Levi est assigné à résidence dans un village perdu d'une des régions les plus pauvres du sud de l'Italie, loin de toute civilisation urbaine.Limite du monde civiliséPour les paysans du village, la ville la plus proche appelée Eboli marque la limite du monde civilisé dont ils se sentent exclus, exprimé par le dicton : le Christ s'est arrêté à Eboli.Paganisme survivantCarlo Levi y décrit un monde d'ancien rit païens que le christianisme n'a jamais réussi à éradiquer, visible dans les pratiques et croyances des paysans.Rituel agraire filméLa passion du grain, un antique rituel agraire pour la protection des récoltes, a pu être filmée par les anthropologues italiens dans les années 60, témoignant de la persistance de ces traditions.
- Résistance au christianisme : Le paganisme paysanChrétienté contestéeTout au long des 6e et 7e siècles, les campagnes résistent à la christianisation et aux saints missionnaires qui tentent au péril de leur vie de renverser les autels des anciens dieux ou d'abattre l'arbre sacré de Jupiter.Étymologie révélatriceLes mots paysan et païen ont la même racine : pagus, l'homme du pays, reflétant la persistance du paganisme dans les campagnes.Interdits ecclésiastiques• Prier ailleurs qu'à l'église, aux sources, aux pierres, aux arbres de la forêt est un péché • Faire des envoûtements comme les porchers et les vachers qui accrochent des bandelettes aux arbres est un péché • Danser en chantant des chants diaboliques, boire et rire bruyamment est un péchéCible réelle : ConvivialitéC'est la convivialité villageoise qui est véritablement visée : la fête sans limite, les danses et farandoles qui envahissent souvent le cimetière et l'église, faces auxquelles Dieu punit les danseurs par la foudre selon les prédicateurs.
- Féodalité : La mise en cage de la paysannerieContrôle religieux et laïqueLa lutte contre le paganisme soutenue par les empereurs et les rois est un moyen de reprendre contrôle sur les campagnes, alliance des dominants religieux et laïques qui s'accentue au 9e siècle.Naissance de la féodalitéCette alliance accouche d'un nouveau régime, la féodalité, fondée sur la violence des gens de guerre appelés chevaliers ou seigneurs qui vont mettre la paysannerie européenne en cage et en coupe réglée.Rupture du 11e siècle• Il y a une différence importante avant l'an 1000 et après • La seigneurie rurale devient beaucoup plus forte après le 11e siècle en Italie, France, Espagne et Allemagne, avec un pouvoir renforcé et plus cibléPouvoir local dominantContrairement à l'époque carolingienne, au 11e siècle les seigneurs misent sur le pouvoir local plutôt que royal, construisant des châteaux et exerçant une autorité directe sur les villages sans légitimité royale.
- Statut de serf : Assujettissement progressifConvergence des statuts• La différence entre libre et non libre s'estompe : les libres deviennent moins libres en renoncant à leur terre en échange de protection • Les non libres retrouvent un peu de liberté car leur travail forcé est peu productif, il est préférable de leur concéder un lopin de terre à cultiverDéfinition du servageUn nouveau statut apparaît : le serf, du mot latin servus esclave, mais contrairement à l'esclave antique, le serf médiéval n'est pas tout à fait un objet grâce au christianisme.Restrictions principales• Droit de contraindre les paysans à du travail forcé : un certain nombre de jours par semaine pour travailler sur les terres du seigneur • Restrictions sur la mobilité des serfs car quand un seigneur exerce des contraintes excessives, les paysans veulent quitter pour un maître moins tyranniqueContrôle des actes vitauxLe servage consiste à devoir obtenir l'autorisation du seigneur pour immigrer, se marier, transmettre sa terre à ses enfants, acheter, vendre - autant d'actes fondamentaux de la vie.
- Village féodal : Architecture de la dominationFixation spatialeDes maisons en pierre regroupées autour de l'église fixent les paysans sur place sous la double surveillance du curé et du seigneur, souvent construites au pied du château pour mieux se mettre sous sa protection.Image de soumissionL'organisation spatiale du village est l'image concrète de la nouvelle soumission des paysans à l'autorité seigneuriale et ecclésiastique.Division des terresLes terres seigneuriales sont divisées en deux : celles que le seigneur loue à ses paysans et celles dont il garde l'exploitation directe sur lesquelles les paysans doivent donner des jours de travail obligatoires et gratuits.Système de corvéeLa corvée (du latin corrogation, service demandé collectivement) peut aller de quelques jours par an à quelques jours par semaine dans les cas les plus extrêmes, obligeant les paysans au travail forcé sur le domaine du seigneur.
- Charges seigneuriales : Le poids fiscal annuelCalendrier de redevances• Août : le champart, part de récolte due au seigneur • Septembre : le porcage, droit de vendre à la foire payé en pourceau • Octobre : le cens, loyer de la terre • À la Saint-André : une part de la bête abattueTaxes supplémentaires• La propriété : droit de clore son propre champ • La dîme : 10% de la récolte due à l'église • À Noël : la poule due au seigneur, vérifiée soigneusement en la plaçant devant une clôture et l'effrayantÉquipements obligatoiresLes meules à grain individuelles que toute famille possédait sont confisquées. Les paysans doivent utiliser le moulin seigneurial et faire cuire le pain dans le four seigneurial, avec une obligation payante d'un sixième de la mouture.Fardeau cumulatifL'année est une longue succession de taxes et redevances obligatoires, un nouveau fardeau s'ajoute à chaque acte de la vie quotidienne des paysans, comme autant d'exactions dissimulées sous des vocabulaires paternalistes.
- Communisme rural : Partage et droits collectifsPrincipe de partageLes communautés villageoises du Moyen-Âge pratiquent un communisme rural, une réponse originale à la question paysane : la récolte n'appartient qu'au propriétaire du champ, mais une fois enlevée, la terre devient commune à tous les hommes, riche ou pauvre.Usages collectifs• Chaque villageois peut faire pêtre ses bêtes sur les terres communes • Glaner les grains tombés au sol ou les gerbes oubliées • Récupérer les chaumes pour les toits des maisons et la litière du bétail, le combustibleProtection coutumièreJusqu'au 18e siècle encore, dans certaines régions, on interdit au nom du droit coutumier de remplacer la faucille par la faux qui tranche trop près du sol et laisse moins de pailles pour les usages collectifs.Cohésion socialeLe droit d'utiliser les espaces incultes en tant que droit collectif était l'un des plus formidables instruments de cohésion sociale de la communauté villageoise.
- Défrichement : Restriction des ressources paysannesDomination céréalièreAux alentours de l'an 1000, les céréales deviennent la culture dominante, nourrissantes, faciles à taxer, stocker et transporter, occupant progressivement l'espace dans ce qu'on appelle la tyrannie céréalière.Expansion cultivéeLa caractéristique dominante de l'histoire de la paysannerie à partir du Haut Moyen-Âge est l'accroissement progressif des terres cultivées, qui s'accompagne d'une accentuation de l'aspect rural de l'activité agricole.Intérêt des propriétairesCe n'est pas seulement la croissance démographique qui augmente les besoins, mais surtout l'intérêt des propriétaires qui demandent aux paysans de produire davantage de céréales parce qu'elles se vendent bien sur le marché.Conflit d'usages• Les communautés paysannes veulent continuer à utiliser la forêt, les pâturages et les espaces non cultivés • Les propriétaires cherchent progressivement à restreindre ces activités pour que les paysans ne soient plus que des paysans et rien d'autre
- Forêts et libertés : Spoliation des droits paysansGrands défrichementsC'est le temps des grands défrichements où dans toute l'Europe on abat les forêts pour gagner de nouvelles terres cultivables, réduisant drastiquement les espaces disponibles pour les usages traditionnels.Taxation et interdictionL'usage des forêts pour chercher du bois et faire pêtre les porcs est désormais taxé ou tout simplement interdit et réservé au seul loisir des maîtres, qui pouvaient être le roi, de grands seigneurs ou même des villes.Double restriction• Non seulement la surface des forêts est réduite par les défrichements • Mais elles sont moins accessibles au monde paysan à cause des taxes et interdictions seigneurialesImpact social profondRevenir sur le droit d'utiliser les espaces incultes n'est pas seulement nuire à l'économie paysane, c'est nuire à la cohésion sociale du monde paysan et à leur liberté, car cela les enferme sur leurs parcelles et mutile leurs rêves.
- Révolte saxonne : Résistance face à la dominationRêves paysans dans les cauchemarsAu début du 12e siècle, le roi Henri Ier d'Angleterre rêve que les trois piliers du régime féodal le tourmentent : les chevaliers épés à la main, les hommes d'église avec leur crosse, et des paysans armés et menaçants en révolte ouverte.Absence d'insurrectionL'instauration progressive de l'oppression féodale n'a pas provoqué de véritables insurrections paysannes, avec une exception notable : la révolte des paysans libres saxons, les Stellingas, au 9e siècle.Rapidité de la dégradation• La situation des paysans saxons s'est dégradée de façon si brutale qu'ils ont vu cette détérioration se produire sous leurs yeux • Cela leur a donné la force de se révolter collectivement, en s'appuyant sur des pratiques communautaires qu'ils n'avaient pas complètement perduesVitesse du changementQuand la seigneurie banale se développe petit à petit sur des générations, c'est trop lent pour que les gens réagissent. Mais quand ça se produit rapidement, les communautés voient ce qui se passe et peuvent s'y opposer collectivement.
- Modernisation brutale : Tracteurs et mutations paysannesParallèle historiqueÀ Calan en Bretagne au début du 20e siècle, 50 ans plus tard ces paysans français connaissent un bouleversement tout aussi brutal que les Saxons du 9e siècle : la révolte en moins, passant en une génération du cheval de trait au tracteur.Contradiction du pouvoir paysanLa grande majorité des paysans ont des revenus de misère, mais énormément de pouvoir étant parmi les gens de la société qui en ont le plus, car ils produisent et maîtrisent tout le processus de production de la graine aux légumes vendus.Menace du systèmeLes paysans sont insupportables au système précisément parce qu'ils ont du pouvoir et de l'autonomie, ce qui explique l'accaparement des ressources, des terres, des semences et de l'eau.Perspective d'avenirLes jeunes paysans résistants se battent pour rester et travailler leur propre terre, ne pas devenir des métayers, mais être leurs propres maîtres, voyant un chemin par lequel d'autres pourraient aussi s'en sortir par la résistance et la conservation de leur autonomie.



