Gaza/Gaza : guérir après les bombes | ARTE Reportage
Gaza : guérir après les bombes | ARTE Reportage

Gaza : guérir après les bombes | ARTE Reportage

ARTE24 minApr 5, 2022
8 chapters
  • Une famille face aux traumatismes de guerre(0'005'34)
    Le 12 mai 2021, des frappes aériennes israéliennes ont touché la rue où vit la famille du docteur Ismaël, creusant des cratères de près de cinq mètres de profondeur et détruisant en partie les habitations voisines. L'immeuble compte 120 appartements.
    • La guerre a eu des conséquences graves sur la famille, particulièrement sur les plus jeunes • Les habitants souffrent de flashbacks et d'un sentiment d'insécurité permanent • Le docteur Ismaël décrit le syndrome de Gaza : une accumulation de traumatismes et une insécurité permanente
    Le docteur Ismaël a participé à l'évacuation des habitants puis à organiser le soutien et le suivi psychologique. Il est devenu progressivement le psychiatre de tout l'immeuble.
    • Sam, une des filles du docteur, a filmé le moment où la famille fuyait le bâtiment • Certains voisins consultent désormais dans la clinique du docteur, d'autres le reçoivent à la maison • Le docteur continue de suivre les habitants gracieusement
  • Les dangers persistants et la reconstruction matérielle(5'349'52)
    Une fissure s'est développée entre deux immeubles. La partie gauche s'est détachée de 15 cm et les quatorze étages sont penchés vers le nord, menaçant l'effondrement du bâtiment.
    • Les conflits sont réguliers à Gaza : 2008, 2012, 2014, 2021 • Chaque offensive est suivie d'une reconstruction partielle puis d'une nouvelle destruction • En mai 2021, le conflit a duré 11 jours et détruit des centaines d'habitations
    L'UNRWA a prévu de rebâtir 700 logements complètement détruits. La rénovation de près de 7000 habitations endommagées est en passe de se terminer.
    • Hicham Daoud a touché 7000 dollars pour remettre sa maison familiale en état au camp de réfugiés de Djabalya • Les bénéficiaires choisissent leurs artisans et décident comment rénover leur maison • Il loue actuellement un appartement à 140 euros par mois en attendant que sa maison soit prête
  • Situation générale et défis humanitaires(9'5211'05)
    L'Égypte s'est engagée à financer un pan de la reconstruction de Gaza pour 500 millions de dollars. Des chantiers massifs sont en cours, notamment un quartier résidentiel avec des centaines de logements.
    • Plus de la moitié des habitants de Gaza vit sous le seuil de pauvreté • Les conditions de vie se dégradent d'année en année • L'horizon des Gazaouis se limite à une bande de terre de 40 km du nord au sud et une dizaine de kilomètres d'est en ouest
    Sortir de la bande de Gaza est impossible pour la plupart des habitants, même en cas de guerre et de bombardements. Ne pas pouvoir fuir accentue les traumatismes.
    L'UNRWA est dirigée par Thomas White et en charge de l'aide matérielle et psychologique d'un million deux cent mille réfugiés, soit 70% de la population de Gaza.
  • Soins de santé mentale pour les enfants(11'0514'01)
    Le Gaza Community Mental Health Program, la plus grande ONG spécialisée en santé mentale créée en 1990, a installé un centre à Deir el Balah, un lieu d'accueil ouvert à tous pour soigner les têtes et les âmes.
    • Maria, 10 ans, a vécu deux guerres : celle de 2014 et celle de 2021 • Son immeuble a été bombardé l'année dernière • Après cinq consultations, elle ne fait plus pipi au lit, s'endort facilement et joue avec les autres enfants
    • Les salles de thérapie par le jeu sont équipées de jouets permettant aux enfants de s'exprimer • La thérapie par le dessin permet aux enfants d'exprimer leurs souvenirs et réduit le traumatisme • Les séances incluent des thérapies avec les parents et les psychologues
    Selon l'UNRWA, la moitié des enfants de Gaza a besoin d'une aide psychologique, probablement autant d'adultes. Environ 4000 personnes ont été suivies l'an dernier par les ONG pour des thérapies.
  • Le cas de Sarah et les obstacles au traitement(14'0118'37)
    • Sarah avait des cauchemars terrifiants après la dernière guerre • Elle se blottissait contre sa mère et avait peur que les Israéliens la bombardent pendant son sommeil • Après la guerre, elle était totalement anéantie mentalement
    Sa psychologue Doha a commencé une thérapie basée sur le dessin et en la faisant parler, ce qui lui a fait beaucoup de bien. Avant, elle avait peur de la guerre, maintenant elle se sent bien mieux et ses résultats scolaires sont meilleurs.
    • Sarah et sa mère Anne vivent dans un appartement bondé avec de nombreux membres de la famille • Anne n'a jamais trouvé de travail et son mari n'a plus de salaire régulier • Son seul rêve est d'avoir son propre chez-soi pour élever sereinement ses cinq enfants
    • La plupart des gens pensent que la santé mentale n'est que pour les handicapés mentaux • Une toute petite minorité a recours à la thérapie • Certains clichés ont disparu à Gaza et la demande en soins de santé mentale est forte, mais l'offre reste limitée
  • Formation et perspectives professionnelles(18'3721'07)
    Le Gaza Community Mental Health Program propose un diplôme de troisième cycle pour jeunes médecins, infirmières, psychiatres et psychologues se spécialisant en santé mentale, combinant une année de théorie et une année de pratique dans l'un des trois centres.
    • Il y a un déficit de psychiatres et de psychologues qualifiés • Les équipes multidisciplinaires doivent gérer un grand nombre de personnes qui souffrent • Gaza a connu trois guerres, un siège, deux intifadas, beaucoup de pauvreté et des coupures d'électricité prolongées
    Les étudiants veulent réellement comprendre les troubles et savoir comment les gérer, car à Gaza, les conflits répétés ont conduit à de nombreux troubles que les gens n'ont pas les capacités de gérer correctement.
    • Pour certains psychiatres, Gaza est un cas unique au monde • Ailleurs, après une catastrophe ou une guerre, les spécialistes diagnostiquent des syndromes de stress post-traumatique • À Gaza, il y a une agglomération de ces syndromes, sans retour à une vie apaisée entre les événements traumatiques, ce que certains qualifient de syndrome de Gaza
  • Intervention communautaire dans un village bédouin(21'0723'14)
    Le docteur Ismaël intervient auprès des habitants de Doun à Nasser, un village bédouin de 6000 personnes situé à quelques dizaines de mètres de la frontière israélienne. Une ONG italienne Vento d'Itéra y a fondé un jardin d'enfants et un centre communautaire.
    • Tous les habitants du village souffrent de problèmes de santé mentale • Il y a un manque d'accès à l'éducation et du chômage • Il existe des carences en nourriture et en médicaments
    • Un enfant nommé Farred et sa famille entière ont été blessés pendant la guerre • Le docteur Ismaël a mené des thérapies psychosociales et un programme de santé mentale basé sur le dessin, les jeux et les jeux de rôles • Les thérapies ont amélioré la santé mentale de l'enfant et de sa famille
    • Le centre communautaire propose des ateliers et des consultations avec le docteur Ismaël et des assistantes sociales présentes en permanence • Avant, il y avait un tabou autour de la santé mentale • Les femmes ont été encouragées à partager leurs problèmes psychologiques et à demander des conseils
  • Succès et importance du soutien féminin(23'1424'31)
    • Désormais 70% des femmes du village viennent régulièrement au centre • Sanaa la gare est l'une des plus assidues • C'est un succès majeur pour le programme communautaire
    • Les femmes ont appris comment bien agir avec leurs enfants et leur mari • Elles ont compris que les maladies mentales peuvent être dangereuses et détruire la vie • Elles ont appris à mieux se connaître elles-mêmes
    L'équilibre de la famille tout entière repose sur les épaules de la femme. Si la mère ne va pas bien mentalement, personne ne la remplacera. Il faut que la femme soit forte pour que toute la famille le soit.
    Les femmes, les hommes et les enfants de Gaza doivent vivre avec leurs traumatismes et envisager malgré cela un avenir plus serein.