
Les Racines de la déforestation au Sénégal | LIMIT #documentaire
9 capitulos
- Ampleur de la déforestation dans le BoundouSituation actuelleLa région du Boundou à Tambacounda connaît une destruction massive des forêts classées, avec des arbres coupés tous les 10 à 50 mètres. Cette exploitation se fait à l'échelle industrielle, non pas sporadiquement.Essences cibléesLes coupeurs s'intéressent exclusivement à des espèces d'arbres précieuses, exploitées industriellement plutôt que de manière occasionnelle.Contexte historiqueLe Sénégal a perdu 60% de sa superficie forestière en soixante ans. Après la Casamance, le Boundou à l'est du pays subit depuis deux ans une déforestation illégale et massive.Enjeux écologiques• Préservation du climat • Protection de la vie sauvage • Ressources vitales pour les populations locales
- Enquête sur le terrain et témoignages des villageoisContexte géographiqueLe Boundou est l'un des derniers refuges de la vie sauvage au Sénégal, relié au parc national de Niokolo Koba où vivent des centaines d'espèces d'oiseaux et de mammifères. Les enquêteurs ont parcouru 40 km de piste depuis la nationale 7 pour atteindre la commune de Goumbayel.Résistance localeLe chef coutumier Omar Thiam du village de Gourhel s'oppose aux coupes. Des voix plus jeunes, notamment Mustapha de l'association Action au Développement, se sont également élevées contre cette exploitation depuis deux ans.Actions de protestation• Parcours de la forêt et documentation des coupes • Remontée de preuves au gouverneur de Tambacounda • Obtention d'une suspension d'un mois des coupes, qui reprennent ensuiteIncertitude institutionnelleLes jeunes du village ignorent si les autorités sont complices de l'État ou si une véritable autorisation existe depuis 2005, alimentant le doute sur la coordination entre exploitants et pouvoirs publics.
- Autorités régionales et justifications officiellesObservations préalablesDes camions stationnent chaque matin devant l'antenne du service des eaux et forêts à Diobi après avoir chargé du bois durant la nuit. En période de fin de Ramadan, les agents ne sont pas disponibles pour accueil.Déclarations contradictoires• Un agent affirme que le bois sert à faire bouillir des marmites • Une deuxième explication prétend que les coupes ne sont pas autorisées • Le garde-forestier confirme l'interdiction des essences précieuses en forêt classéeEngagement affichéLes eaux et forêts déclarent interdire les coupes et saisir les contrevenants, mais les résultats concrets restent limités.Manque de transparenceLes autorités ne précisent pas comment les coupeurs sont arrêtés ou traduits en justice, révélant une lacune majeure dans l'application de la loi.
- Exploitation forestière et filière commercialeOpérations clandestinesUn exploitant forestier rencontré en caméra cachée révèle avoir chargé 50 tonnes de palissandre du Sénégal la nuit précédente dans la forêt de Diam Bourg. Il dispose d'une quittance officielle du service des eaux et forêts pour un montant de 800 000 francs CFA.Économie du trafic• Coût total supporté par l'exploitant : plus de 3 millions de francs CFA incluant le bois, le chauffeur et la location du camion • Prix de revente demandé : minimum 5 millions et demi de francs CFA • Rémunération des coupeurs et passage à la mairie inclus dans les fraisDestination du boisL'exploitant, originaire de Touba au nord-ouest du Sénégal, écoule le bois sur le marché intérieur pour les scieries. Cependant, une grande partie est exportée illégalement sur les marchés internationaux.Volume d'exportationAu moins 10 semi-remorques de 40 tonnes de bois précieux quitteraient la forêt du Boundou chaque jour en période sèche, un volume difficile à justifier par la seule demande sénégalaise.
- Gouvernance et trafic internationalRôle de la GambieUn rapport de septembre 2020 de l'ONG britannique Environmental Investigation Agency démontre que la Gambie est la plaque tournante principale du trafic de bois en Afrique de l'ouest.Faiblesses institutionnelles• La Gambie dispose de cadres juridiques faibles • Manques d'organisation et faible application des lois • Entreprises chinoises non respectueuses des lois des paysEnjeux régionauxLes entreprises chinoises exportent du bois d'Afrique en violant les lois nationales qui interdisent l'exploitation. La Gambie a effectivement servi de plateforme pour l'exportation du bois sénégalais.Question fondamentaleAu-delà du trafic manifeste, la question centrale demeure : les autorités sénégalaises ont-elles réellement la volonté d'arrêter ces coupes illégales ?
- Positions officielles et réponses des autoritésDéclarations des forestiersMamadou Gaye, commandant de l'inspection des eaux et forêts à Tambacounda, affirme en août que la volonté est sans faille et que deux groupes ont été confisqués.Facteur saisonnierL'accalmie observée pourrait correspondre au début de la saison des pluies, période qui engendre une plus grande difficulté pour les exploitants à accéder aux forêts.Communication officielleLes eaux et forêts ont diffusé une vidéo cet été montrant leur détermination à coincer les coupeurs. La carte utilisée dans cette vidéo est identique à celle diffusée par LIMIT en juin, révélant un détournement à des fins de propagande.Absence de engagement ministérielLe ministre sénégalais de l'environnement Karine Sall a accepté le principe d'une interview mais le rendez-vous n'a jamais été fixé malgré les demandes répétées.
- Cadre législatif et bonne gouvernanceProtection légaleLe palissandre du Sénégal est une espèce protégée par une convention internationale depuis 2010. Cependant, la législation sénégalaise ne figure pas parmi les plus faibles en matière de protection forestière.Diagnostic principalLe problème fondamental de la protection des forêts est avant toute chose un problème de bonne gouvernance, non de législation insuffisante.Obstacles à développement• Corruption généralisée • Mépris des droits de l'homme • Complicité d'acteurs aux différents niveauxAppel à la responsabilitéRaphaël Edou insiste : on ne peut pas faire du développement en laissant la corruption continuer. Il faut de l'engagement commun à tous les niveaux pour arrêter cette déforestation.
- Conséquences écologiques et solutions alternativesImpacts environnementaux• Production massive de charbon de bois avec d'autres essences • Appauvrissement général des ressources • Augmentation de l'insécurité climatique et alimentaire pour les populationsInterdépendances écosystémiquesSi les forêts disparaissent, l'agriculture et l'élevage, piliers de l'économie africaine, s'effondreront. Les problèmes de changement climatique ne connaissent pas de frontières.Gestion durableLa forêt doit être gérée de manière soutenable par la production raisonnée de charbon de bois, en donnant à la forêt le temps de se régénérer.Modèle réussiLes communautés autour de la forêt de Djilor réussissent depuis quatre ans à préserver la forêt en partenariat avec l'eau et Jean Baudel, ainsi qu'avec les eaux et forêts, sans braconnage depuis un an.
- Éducation et sensibilisation pour la protection de la natureObstacle à surmonterLa vie sauvage est encore souvent perçue comme une menace dans les villages du Sénégal, d'où la nécessité d'une transformation des mentalités.Initiative éducativeLo N'diaye a entrepris un travail de fond pour former des jeunes ambassadeurs de la nature. La première édition du Camp Nature N'diaye a été organisée pour les enfants avec l'objectif qu'ils découvrent et observent la nature.Philosophie pédagogique• Observer la nature avec tous les sens : yeux, oreilles, mains, nez • Découvrir les espèces vivant dans les forêts et écosystèmes de mangroves • Établir une connexion émotionnelle avec la natureObjectif long termeOn ne peut pas protéger ce qu'on ne connaît pas. L'objectif est de faire aimer la nature aux générations futures, car on protège ce qu'on aime. Les forêts sont essentielles pour nourrir, soigner et permettre la respiration de l'humanité.





