LÍMITE - PODCAST/LES INFLUENCEURS BRÛLENT LE MONDE ? (avec JILL) | LIMIT - Episode 1 #Shiftyourinfluence
LES INFLUENCEURS BRÛLENT LE MONDE ? (avec JILL) | LIMIT - Episode 1 #Shiftyourinfluence

LES INFLUENCEURS BRÛLENT LE MONDE ? (avec JILL) | LIMIT - Episode 1 #Shiftyourinfluence

LIMIT49 min25 ene 2023
16 capitulos
  • Introduction du concept Bad Influence(0'002'34)
    Lancement d'un nouveau concept appelé Bad Influence qui consiste à rencontrer des créateurs de contenu, artistes et personnalités des réseaux sociaux pour échanger sur les façons de transformer le monde et d'évoluer vers une transition.
    L'idée n'est pas de porter un jugement négatif mais de comprendre comment apporter une autre vision sachant que nous vivons dans un système qui a atteint ses limites.
    Le ton doit être solennel, humble et surtout réel, sans être moralisateur ou confrontationnel.
    Jill a accepté d'être la première invitée malgré la difficulté pour les créateurs d'affronter ces problématiques, car son métier l'oblige à gagner sa vie dans un système imparfait.
  • La réalité des créateurs : équilibre entre vie et conscience(2'346'00)
    En tant que mère de trois enfants, Jill avoue ne pas être sereine face à la situation mondiale, particulièrement après les crises du COVID et les conflits géopolitiques actuels.
    Elle doit assumer une famille de cinq personnes et n'a pas d'alternative pour vivre sans rembourser sa maison et ses obligations, malgré sa volonté d'avoir un mode de vie plus responsable.
    Les gens conscients du problème restent en minorité et se trouvent bloqués dans un mode de vie qui ne permet pas de changer complètement leur manière de vivre.
    Se nourrir de malbouffe coûte nettement moins cher que d'acheter local ou en vrac, ce qui signifie que se soucier d'écologie reste un luxe inaccessible pour la majorité.
  • Changement climatique : observations et conséquences(6'008'18)
    Le glacier le plus grand d'Islande a reculé drastiquement en un an, passant d'une certaine position à une autre visiblement réduite, montrant l'ampleur du réchauffement climatique.
    Le changement climatique signifie des pays sans eau, des populations forcées de fuir, des terres infertiles et un manque d'eau potable.
    La Terre est un être vivant qui pourrait réagir face à la menace que représente l'humanité, comme une plante se protège des prédateurs, ce qui pourrait mener à des catastrophes naturelles en réaction.
    Le changement climatique est peu couvert dans les médias comparé à son importance pour l'humanité, car les gens ne cliquent pas autant sur ces sujets que sur du divertissement.
  • L'hypocrisie des influenceurs : l'exemple du voyage en Islande(8'1810'52)
    Quand Jill publie une vidéo sur les glaciers en Islande, elle se fait critiquer car elle a pris l'avion pour y aller, ce qui va à l'encontre de son message environnemental.
    Jill reconnaît que les critiques ont raison et que cette action va à l'encontre de ses valeurs, mais elle aussi aurait classée sévèrement une autre personne dans cette situation.
    Classer quelqu'un ne va pas aider à la compréhension du problème et à l'évolution collective ; il est plus important de voir la personne derrière et de permettre l'apprentissage.
    Jill ressent la contradiction d'être une créatrice de talent qui collabore parfois avec des sociétés bénéfiques à un modèle économique néfaste, tout en voyant les effets du changement climatique.
  • Les obstacles systémiques : argent et pouvoir(10'5213'00)
    Jill n'a pas d'alternative viable qui lui permettrait de vivre et de payer ses dettes sans son travail actuel, ce qui rend impossible un changement radical immédiat.
    • Elle a accepté de réduire drastiquement son niveau de vie • Arrêt de la voiture coûteuse et nombreuses dépenses inutiles • Départs en vacances moins fréquents • Refus de sponsors de marques polluantes (boissons gazeuses, téléphones)
    Ces choix ont fait chuter son chiffre d'affaires drastiquement, mais elle se sent paradoxalement plus heureuse en se détachant de nombreuses choses matérielles.
    Même en faisant des efforts conscients, on reste au sein d'un système non durable, et ce qu'un influenceur promeut détermine largement son succès financier plutôt que l'éthique.
  • Aménagements écologiques personnels de Jill(13'0015'30)
    • Installation de cuves d'eau de pluie pour la vaisselle, machine à laver et toilettes • Investissement dans des panneaux solaires pour l'indépendance énergétique • Changement du système de chauffage avec nouvelle installation beaucoup plus efficace • Utilisation de trottinette électrique pour les petites courses du quotidien
    Elle a trouvé un endroit en Wallonie très localisé où elle n'a besoin que de peu d'énergie et de carbone pour se déplacer et diminué drastiquement ses allers-retours aux médias.
    Passage de gros consommateurs de viande à seulement deux fois par semaine, arrêt complet de la consommation de poisson après avoir regardé des reportages Netflix sur l'exploitation des mers.
    Ces changements ne sont pas à la portée de tous car ils requièrent des moyens financiers importants et une localisation favorable, contrairement aux zones urbaines denses.
  • La connotation négative du terme influenceur(15'3017'27)
    Le terme influenceur a une connotation extrêmement négative actuellement, associé aux agences de communication qui vendent n'importe quoi sans conscience ni morale.
    Les médias savent exactement sur quel type d'article les gens vont cliquer et utilisent le voyeurisme et le sensationnalisme pour attirer l'attention, comme avec la téléréalité.
    Les deux acteurs sont responsables : les médias qui connaissent le type de contenu cliquable et les personnes qui adorent consommer ce contenu sensationnaliste.
    Les médias ont présenté le voyage de Jill en Islande comme un cauchemar avec des titres sensationnalistes au lieu de parler de l'alerte climatique, parce que ça ne génère pas de clics.
  • Communication consciente : entre divertissement et message(17'2720'45)
    Jill alterne entre contenu divertissant populaire et glissement de petites informations importantes pour capter l'attention des gens sans les perdre avec du contenu purement écologique.
    Si elle arrêtait tout pour ne parler que de changement climatique, les gens se désabonneraient car le public veut du divertissement, c'est pourquoi elle doit continuer à parler à la masse populaire.
    • Elle partage périodiquement sur ses stories sa diminution de consommation de viande • Elle pose des sondages demandant qui diminue sa consommation de viande • Des gens viennent la remercier en disant qu'ils vont regarder les reportages grâce à elle
    Jill se considère comme une banque du peuple qui divertit gratuitement la population sur Instagram, justifiant son approche où elle combine divertissement et conscience.
  • L'urgence climatique et l'inaction politique(20'4521'58)
    Si on veut limiter la casse et s'adapter rapidement face à la crise climatique critique, tous les influenceurs devraient arrêter et ne parler que de cela sans arrêt, quitte à perdre tout argent.
    L'humain réagit seulement quand il est face au mur ou confronté directement au problème (inondations, guerres) et non face aux problèmes systémiques lointains.
    Les élans de solidarité et l'unité communautaire se manifestent généralement en temps de guerre ou de crises immédiates, pas face aux problèmes systémiques à long terme.
    Les grands leaders mondiaux doivent prendre position et imposer des changements drastiques avec des alternatives viables pour que les citoyens ne deviennent pas pauvres du jour au lendemain.
  • Le choix des influenceurs : entre urgence et survie(21'5824'23)
    Les scientifiques ont des modèles clairs montrant que la situation est critique maintenant, mais quand les gens vont vraiment le ressentir, il sera mille fois trop tard pour changer.
    Dans les 10 prochaines années, on verra des pics de température à 50 degrés en Europe du Nord, et en 2050 il fera 52 degrés, ce qui rendra impossible certains modes de vie.
    Il est compliqué de dire à un camionneur d'arrêter son travail sans lui proposer d'alternative pour nourrir sa famille, ce qui rend les obligations gouvernementales essentielles.
    Un mode de vie durable exige un changement drastique du système économique entièrement, ce qui signifie que notre modèle actuel d'influenceurs n'est pas compatible avec la soutenabilité.
  • Comparaison : influenceurs versus autres professions(24'2326'42)
    Contrairement à une caissière de Carrefour qui doit passer des produits polluants sans alternative, un influenceur a techniquement le choix entre guillemets de ce qu'il promeut.
    Un influenceur affecte des milliers de personnes par semaine en promouvant des modes de vie, tandis qu'une caissière touche des clients individuellement à la caisse.
    Un influenceur a une sorte de mission ou de responsabilité morale envers les personnes qui le côtoient énormément, obligeant à comprendre le greenwashing et la viabilité.
    • On continue à dire qu'un mode de vie est possible alors qu'il ne l'est plus • Les influenceurs offrent un modèle de lifestyle que tout le monde ne pourra pas se permettre • On promeut un mode de vie qui n'existera plus dans 10 ou 30 ans
  • Efforts de Jill face à la pression(26'4235'25)
    Jill a considérablement réduit ses collaborations et en refuse maintenant plus qu'elle n'en accepte, comparé à avant où elle acceptait tout.
    • Participation à des campagnes d'utilité publique (SPW, Bruxelles sur la maltraitance animale) • Sélection de marques en cosmétologie vegan avec emballages recyclés • Refus complètes des collaborations de fast fashion • Analyse approfondie des marques avec l'aide d'une équipe d'ingénieurs
    Cette stratégie consciencieuse a réduit son nombre d'abonnés par rapport à d'autres influenceurs, car faire que de la merde génère plus de followers.
    Elle doit travailler beaucoup plus pour gagner le même salaire en acceptant seulement des collaborations éthiques, car les organisations publiques proposent rarement des budgets.
  • Le paradoxe du Sénégal : conscience et culpabilité(35'2537'26)
    Jill s'est rendue au Sénégal pour documenter la problématique du trafic d'enfants, motivée par son cœur de maman après avoir appris l'exploitation sur place.
    • Elle a pris des risques en filmant clandestinement la nuit dans des conditions dangereuses • Elle a filmé des enfants entassés à 50 dans une pièce minuscule qui dorment empilés les uns sur les autres • Elle a caché son téléphone dans sa manche pour documenter l'exploitation
    Son but n'était pas de montrer la pauvreté ou la famine, mais de mettre en lumière la protection de l'enfant et l'exploitation systématique.
    À son retour, elle s'est sentie malade lors d'une collaboration de placement de produit, réalisant l'hypocrisie de promouvoir du consumérisme une semaine après avoir vu l'extrême pauvreté.
  • Système global : l'exploitation derrière le confort occidental(37'2642'38)
    Notre mode de vie en Europe, Amérique et pays développés n'est possible que parce que d'autres personnes sur terre vivent dans la misère, exploitées par des multinationales.
    • Les multinationales viennent dans ces pays et exploitent les ressources de manière totalement illégale • Elles volent des pays qui n'ont pas les moyens de se défendre • Exemple : populations natives du Canada chassées de leurs terres pour construire des pipelines
    Le système maintient une grosse partie de la population subsaharienne et africaine en état de pauvreté de manière à pouvoir continuer à exploiter leurs ressources pour notre enrichissement.
    Notre mode de vie n'est pas soutenable et est seulement dû à l'extractivisme, l'expropriation et la destruction des habitats, menant à notre opulence et leur pauvreté.
  • Analyse du bilan carbone de Jill(42'3848'12)
    • Habitation et mobilier : 7% • Alimentation : 7% • Cosmétique : 7% • Santé : 14% • Utilité publique : 9,3% • Art, culture, littérature : 7% • Tourisme et loisirs : 14% • Téléphonie et électroménager : 21%
    Seuls 5,7% de tout ce qu'elle a promu est soutenable selon les accords de Paris et les limites planétaires, tandis que 94,3% ne peut pas fonctionner avec les normes scientifiques.
    Son bilan carbone personnel atteint 36 tonnes équivalent CO2 par an, soit 20 fois plus que ce que la Terre peut supporter par personne, comparable à celui de quelqu'un de Dubaï.
    • Après changements drastiques, elle est passée à 4 tonnes équivalent CO2 annuellement • La majorité de la réduction vient de l'arrêt des vols en avion, réduction de viande et de voiture • Pour 2022, prévu un seul vol (Islande) et transports en voiture électrique pour d'autres voyages
  • Conclusion et engagement futur(48'1249'26)
    Les deux interlocuteurs apprécient l'humilité, le recul et l'absence de mauvaise foi dans la conversation, ce qui rend la discussion authentique et constructive.
    Ils envisagent de refaire le calcul du bilan carbone dans un an pour voir l'évolution et travailler ensemble à la recherche de nouvelles alternatives soutenables.
    Jill doit continuer à gagner sa vie tout en développant de nouvelles alternatives en tant qu'influenceur, trouvant des sponsors et des collaborations vraiment durables.
    Il faut oser sortir de sa zone de confort pour amorcer le changement, avec l'espoir que d'autres influenceurs suivront cet exemple pour transformer progressivement le système.