HABLA/OÙ VA L'HUMANITÉ ? - Laurent Testot | LIMIT #vortex #anthropocene
OÙ VA L'HUMANITÉ ? - Laurent Testot | LIMIT #vortex #anthropocene

OÙ VA L'HUMANITÉ ? - Laurent Testot | LIMIT #vortex #anthropocene

LIMIT2h 31min17 sept 2023
on est là pour essayer de parler d'un bordel qui est en cours qui est passé qui est futur qu'on aborde pas du tout dans les médias
22 capitulos
  • Présentation de Laurent Testot et contexte de l'anthropocène(0'006'10)
    Laurent Testot est journaliste scientifique qui se réfère à la littérature scientifique pour travailler. Il a écrit plusieurs livres dont Cataclysme, une histoire environnementale de l'humanité française.
    • Collapsus : compilation d'une quarantaine de travaux avec des pour et des contre de la collapsologie • Vortex : écrit avec Nathanaël Vallaners sur l'anthropocène et les trajectoires futures de l'humanité
    L'anthropocène est un moment de rupture où l'habitabilité de la terre recule. C'est une période géologique marquée par l'empreinte humaine, l'humanité devenue première force motrice de changement géologique.
    Nous vivons un moment renversant où la technologie dépasse l'entendement, mais on court le risque de franchir des limites qui briseraient notre trajectoire de toute-puissance.
  • L'anthropocène : définition scientifique et limites planétaires(6'1013'07)
    Anthropocène vient du grec : anthropos (l'humain) et kainos (nouveau). C'est une période géologique marquée par l'empreinte humaine comme première force motrice de changement telluriques sur la planète.
    Nous sommes déjà à 1,2 degré plus au-dessus des températures de référence du 19e siècle. Si on continue à brûler des carburants fossiles, on risque 3 à 5 degrés, ce qui ne sera pas soutenable pour les civilisations humaines.
    Les problèmes sont interdépendants : climatisation crée une dépendance énergétique, qui repose sur des gaz à effet de serre, dans des pays sans circuits de recyclage. Cette pensée en silo est incompatible avec le fonctionnement démocratique.
    Il faut sortir de la pensée en silo pour adopter une pensée systémique. Les citoyens doivent être informés de ces ensembles d'interactions pour juger en conscience de ce qu'il convient de faire.
  • Pensée en silo versus puissance technologique(13'0724'06)
    La pensée en silo a permis des avancées extraordinaires : descendre jusqu'à l'atome, créer des machines comme les centrales nucléaires, ou manipuler jusqu'au brin d'ADN avec des ciseaux génétiques.
    Les conséquences n'ont pas été mesurées car on n'a pas appris à raisonner dans la généralité. Par exemple, un ingénieur calcule les éoliennes nécessaires mais ne voit pas les ruptures géopolitiques qui pourraient bloquer les approvisionnements en matériaux.
    • Projets comme saupoudrer du soufre pour réfléchir les rayonnements solaires • Barrages dans la Mer du Nord pour ralentir la montée des eaux • Voiles dans l'espace au point de Lagrange pour réduire les rayonnements solaires
    La Chine pratique délibérément l'ensemencement des nuages avec des sulfures d'argent pour fixer l'érosion, mais ce jeu de l'apprenti sorcier aggrave la pollution atmosphérique de Pékin et des grandes villes.
  • Capital au Scène et colonialisme économique(24'0629'56)
    Le capital au Scène s'est construit sur les rapports à l'énergie fossile au sein de l'Empire britannique au 19e siècle. Le charbon a permis de maîtriser les travailleurs locaux et de coloniser au loin.
    L'Angleterre a choisi l'énergie du charbon en machines à vapeur plutôt que l'énergie hydraulique, car cela permettait de centraliser le contrôle de la production et de briser les grèves des travailleurs.
    Le charbon a permis de cuirasser des navires blindés et d'asseoir la domination britannique sur les mers. En Inde, l'extraction de charbon et le patrouillage des fleuves ont mieux contrôlé le pays.
    Les mineurs de charbon pouvaient enrayer la production économique, ce qui a obligé l'Angleterre à reconnaître les syndicats. Les sociétés avec révolution industrielle au charbon ont plus développé les institutions démocratiques que celles basées sur le pétrole.
  • Pétrole, régimes dictatoriaux et contrôle des populations(29'5636'00)
    Aux États-Unis, l'exploitation pétrolière est diffuse avec concurrence, beaucoup de sociétés interviennent et un tissu pétrolier diversifié, ce qui a permis une certaine forme de démocratisation.
    En Arabie Saoudite, le pétrole bénéficie à une élite très précise du wahhabisme sunnite. On divise les ouvriers et les contremaîtres par rivalité pour éviter toute révolte et monopole de l'exploitation.
    Le mythe du despotisme oriental affirmait que l'Europe était prédestinée à la liberté par son agriculture de blé, tandis que l'Asie était condamnée au despotisme par l'irrigation du riz. C'est l'inverse que montre l'histoire.
    Dans les communautés agricoles, il y avait généralement des dispositifs de prise de décision collective, parfois imparfaits, mais des processus de débats et décisions partagées, même dans les sociétés de rizières.
  • Grande accélération et accumulation capitaliste(36'0042'29)
    Le capital pour prospérer doit investir et créer un cycle de destruction-création. On détruit les anciens moyens de production pour en créer des nouveaux et on crée des besoins pour multiplier son patrimoine.
    Dans les années 1970, après le premier choc pétrolier, les puissances extractrices de pétrole ont eu d'énormes sources de revenus. Les fonds de pension américains ont géré des patrimoines colossaux pour financer la retraite des futurs retraités.
    Quand ce n'est pas ton argent, tu le risques plus facilement. On a multiplié les outils de levier pour accroître la prise de bénéfice, ce qui a augmenté la spéculation sur le futur.
    • On exploite quasiment tout le tableau de Mendeleïev • Le coût d'extraction augmente : le cuivre au Chili, ratio passé de 1 pour 16 à 1 pour 180 en 20 ans • Les terres rares et métaux rares sont très diffus dans les roches, consommant énormément de ressources naturelles
  • Échange colombien et impérialisme écologique(42'2954'47)
    Christophe Colomb pensait que la terre était deux fois plus petite qu'elle ne l'est réellement. Il s'appuyait sur une fausse hypothèse scientifique et a réussi à convaincre les rois d'Espagne d'investir dans son expédition.
    Quand Colomb arrive aux Amériques, il y a déjà un moment l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère s'accélère au 16e siècle. C'est à cause de la dépopulation massive des Amérindiens due aux maladies introduites.
    • Les Amériques étaient densément peuplées : environ 60 millions d'Amérindiens • Ces populations n'avaient pas été exposées aux maladies eurasiatiques • La variole tue la moitié de la population aztèque vers 1520 • 90% de la population amérindienne disparaît au cours du 16e siècle
    Les Amérindiens entretenaient les milieux à travers l'agriculture itinérante et le brûlis. Avec leur disparition, les terres brûlées se reboisent, capturant du carbone à l'échelle de deux continents de façon involontaire.
  • Techniques agricoles amérindiennes et déforestation(54'4762'19)
    Les Amérindiens plantaient le maïs, la courge et les haricots ensemble. La courge épineuse éloigne les animaux, le maïs pousse haut, les haricots fixent l'azote, créant une association parfaite pour la productivité.
    Les Espagnols ne comprenaient pas ces techniques associées et voulaient cultiver le maïs en ligne dans des grands champs. Ils ne voyaient pas que les Amérindiens nourrissaient des très grandes densités de population de manière invisible à leurs yeux.
    Il y avait 5 millions de personnes en Amazonie à l'époque de Colomb. Aujourd'hui, il y a 750 000 autochtones. Les Amérindiens faisaient pousser entre les arbres, créaient des clairières, des prairies artificielles et des élevages de tortues.
    Les peuples survivants ont développé des techniques de survie : isoler les malades, accepter leur absence, puis les accueillir au retour s'ils survivaient. Ils se sont éloignés des contacts européens pour éviter la contamination.
  • Plantationocène et déportation d'esclaves(62'1968'32)
    Les Caraïbes et les Arawaks disparaissent en l'espace de trois à quatre décennies. Les Espagnols transforment les îles en océans de sucre et déportent des Africains pour remplacer la population originaire.
    • La canne à sucre, originaire d'Asie du Sud-Est, est apportée en Amérique • Les semences des esclaves africains envahissent les Caraïbes dans les vêtements et les navires négriers • Les écosystèmes sont transformés par ces plantes et animaux introduits
    Alfred Crosby nomme ce phénomène l'échange colombien et l'impérialisme écologique : la capacité à imposer involontairement un propre écosystème au point de métamorphoser les écosystèmes des endroits où on arrive.
    Les Anglais, en avançant en Amérique du Nord, portent avec eux les conditions d'altération : vaches remplacent les bisons, graines européennes remplacent les graines autochtones, les paysages s'européanisent au niveau écosystémique.
  • Récits du Capitalocène et débats historiographiques(68'3267'31)
    Jason Moore remonte au début du colonialisme avec Christophe Colomb au 16e siècle pour expliquer le Capitalocène. Le Capitalocène n'accuse pas l'humanité mais une fraction : les riches et les Occidentaux qui ont bénéficié du capitalisme.
    Au 19e siècle, il y avait déjà des débats sur les conséquences climatiques de raser une forêt. On savait déjà les effets sur le sol. Dès l'époque d'Aristote, les Grecs comprenaient que le déboisement causait l'érosion.
    Christophe Bonneuil avance le Fronoscène : nos ancêtres ne savaient pas ce qu'ils faisaient. Mais la recherche en histoire environnementale montre qu'on savait très bien au 19e siècle les conséquences des actions.
    Le Notocène est la fabrique délibérée de l'ignorance. John Sununu est un exemple de lobbyiste qui a consciemment construit un récit pour nier le réchauffement climatique, utilisant les mêmes méthodes que l'industrie du tabac.
  • Thermocène : le charbon et l'empire britannique(67'3180'42)
    Le Thermocène est lié à l'exploitation des énergies fossiles, au développement de la civilisation thermo-industrielle. C'est un récit proche de la science physique établissant un lien mécanique entre émission de gaz à effet de serre et réchauffement.
    Le choix d'utiliser le charbon au 19e siècle par l'élite britannique était une décision consciente pour fournir de l'énergie aux ateliers de tissage du coton et dominer le monde.
    • Les Anglais étaient 7 millions contre 150 millions d'Indiens à l'époque de l'empire Mogol • Ils n'ont pas conquis par la force militaire mais par le capitalisme • Ils ont progressivement racheté les ateliers de production via des marchands indiens
    Les Anglais ont démantélé les carcanims indiens produisant du coton de qualité et les ont relocalisés. Ils ont transformé l'Inde en producteur de matière première tandis que la fabrication du tissu se faisait avec le charbon en Angleterre.
  • Haber-Bosch et la révolution verte industrielle(80'4285'57)
    Fritz Haber découvre la synthèse de l'ammoniac en craquant l'azote de l'air via un processus énergivore utilisant du gaz naturel. Cela permet de créer de l'azote assimilable directement par les plantes.
    • Initialement conçu pour rendre l'Allemagne autonome en explosifs • Bayer industrialise le processus (procédé Haber-Bosch) • Utilisé durant la Première Guerre mondiale pour fabriquer des explosifs • Après la guerre, il initie l'agriculture industrielle
    Haber est poursuivi comme criminel de guerre par les Alliés pour l'usage des gaz de combat, tout en recevant le prix Nobel de chimie pour avoir nourri l'humanité. C'est une dualité entre crime de guerre et sauveteur de l'humanité.
    La moitié de la nourriture consommée par l'humanité aujourd'hui est produite avec du procédé Haber-Bosch. Cela a nourri la croissance démographique mais a aussi créé dépendance énergétique et pollution agricole massive.
  • Thanatocène et technologie de mort(85'5794'04)
    À partir de 1950, le modèle américain de production alimentaire s'impose : mécanisation, utilisation d'azote du procédé Haber-Bosch, génétique pour créer des plantes hybrides, pesticides issus des gaz de combat.
    • Les pesticides sont issus des gaz de combat, notamment les familles développées après la Première Guerre mondiale • L'Cyclon B utilisé dans l'Holocauste était une amélioration des gaz de combat antérieurs • Les technologies de guerre se recyclent en technologies civiles pour l'agriculture
    Les monocultures invitent des insectes indésirables et plantes adventices, nécessitant pesticides, désherbants, fongicides. C'est un système de guerre appliqué aux écosystèmes agricoles.
    • Stérilise les océans avec zones mortes dues aux algues invasives • Réduit les puits de carbone • Les algues vertes en Bretagne liées au lisier de porcs nourris au soja transgénique du procédé Haber-Bosch • L'azote s'accumule dans les cours d'eau et les berges
  • Datation de l'Anthropocène : années 1950(94'04114'22)
    Les géologues débattent pour savoir si l'humanité mérite une époque géologique. Paul Crutzen proposait 1784 (machine à vapeur), mais les géologues demandent des indices dans les couches géologiques.
    • Radionucléides et retombées nucléaires après 1945 • Apparition de plastiques et corps chimiques nouveaux • Ossements de poulets modifiés • Dépôts de béton et éléments radioactifs partout sur Terre
    Les poulets anthropocéniques ont des os cassants car nourris uniquement aux céréales du procédé Haber-Bosch. Leurs os sont majoritairement composés d'azote contrairement aux poulets de ferme qui ont des os solides.
    Les géologues plantent un clou en or à la datation officielle d'une époque. Les années 1950 sont favorisées dans les débats actuels pour fixer le début de l'Anthropocène car c'est là qu'on trouve suffisamment d'indices géologiques constants.
  • Boucles de rétroaction et points de basculement(114'22119'00)
    • Changement climatique • Pollution chimique • Perte de biodiversité • Cycles de l'azote et du phosphore • Autres limites biophysiques
    On ne sait pas exactement quand ces seuils seront franchis, mais la probabilité augmente significativement à 2 degrés, devient très forte à 3 degrés. À 3 degrés, une boucle de rétroaction mène mécaniquement à 5 degrés.
    À 5 degrés, il est extrêmement probable que la civilisation humaine ne survive pas. Les survivants n'auront plus de smartphones, de livres, pas les mêmes conditions de vie, espérance de vie, santé radicalement différente.
    • Effondrement de la civilisation maya classique au 8e siècle lié à surexploitation et changement climatique • Les Mayas se sont réinventés en villages plus petits dans la forêt avec cultures itinérantes • 26 millions de Mayas existent encore comme peuples autochtones aujourd'hui
  • Résilience maya et trajectoires multiples(119'00125'01)
    Les Aztèques à leur apogée au 15e siècle ont été éradiqués rapidement par les Espagnols et les maladies. Les Mayas ont poursuivi pendant plus d'un siècle et demi en tant que résistants dans les forêts.
    Les Mayas se sont déplacés dans les forêts, isolaient les malades, abandonnaient les grandes pyramides, renoncaient aux guerres et rituels sanguinaires. Ils ont choisi des formes de coexistence beaucoup plus résilientes.
    Peut-être que vivre dans des villages où les gens coopèrent à la production de nourriture de manière itinérante est plus agréable que dans des cités-états dirigées par des rois-dieux avec guerres régulières.
    Cette civilisation qu'on dit effondrée a survécu d'une autre façon. C'est une leçon pertinente pour notre époque où nous ressemblons à une civilisation basée sur la guerre permanente entre groupes et sur la domination.
  • Empathie et psychopathologie des entreprises(125'01131'34)
    L'humanité est un primate avec deux caractéristiques : super tueur et empathique. On collabore intensément avec notre groupe, mais l'empathie s'arrête au-delà du groupe défini par des critères.
    • Indifférence envers les migrants traversant la Méditerranée • Construction de cimetières maritimes avec complicité de criminels de guerre libyens • Criminalisation des ONG humanitaires qui sauvent des migrants • Condamnation de citoyens hébergeant des sans-papiers pour trafic d'êtres humains
    Les personnes morales (entreprises) passent le test psychopathologique DSM-4 comme des psychopathes : incapables d'empathie, égocentriques, manipulatrices, adorent le pouvoir, jouissent de la détresse d'autrui.
    • Les décisions viennent des actionnaires à 7 niveaux de distance de la conséquence • Des communicants expliquent les licenciements massifs comme nécessaires • Consultants externes font le sale boulot des entretiens de débauche • Personne n'est responsable du résultat final
  • Dissimulation et éloignement des réalités(131'34136'29)
    Pendant la Première Guerre mondiale, les généraux ordonnaient l'attaque sans voir le carnage. Les soldats en première ligne étaient obligés de tirer ou recevoir une balle. Les chaînes de commandement dissimulent la responsabilité.
    • Les vidéos d'abattoir créent un tollé alors que le même système fonctionne systématiquement • Les gens en élevage concentrationnaire ne veulent pas y aller car ils sentent le sang • Il faut des ouvriers pour pousser les animaux vers la mort avec cruauté gratuite
    L'inhumanité n'est pas dans le dépeçage qui suit mais dans le processus qui mène à la chaîne de l'abattoir. C'est absurde qu'on punisse la cruauté dans le processus mais pas le système lui-même.
    Une entreprise est là pour faire du profit. Il faut des États avec des normes obligatoires et des organismes indépendants pour contrôler. Sans obligation imposée, on obtient n'importe quoi : finance verte, croissance verte sont des oxymorons.
  • Effondrement progressif et réorganisation locale(136'29140'22)
    Il n'y aura probablement pas d'effondrement global systémique d'un coup. Ce sera une érosion lente du possible. L'effondrement existe déjà en Syrie, Libye, où il n'y a pas de sortie de crise possible.
    • Au Liban après la guerre civile, l'État était effondré mais des milices reconstituaient les services • Le Hezbollah finançait un hôpital, l'eau, l'électricité dans sa zone • De la perspective occidentale c'est un groupe terroriste mais c'était un micro-État fonctionnel
    Dans les situations d'effondrement, ce ne sont pas Mad Max avec chaos total. Ce sont des groupes constitués qui s'approprient le droit d'être violent, définition de base de l'État par Max Weber : monopole de la violence.
    • Quarantiers divisés entre milices • Nécessité de passer par les chefs pour accès aux ressources • Situations précaires au RDC avec múltiples milices • Violence massive envers femmes et enfants, enfants soldats
  • Géopolitique, Chine et continuité du pillage(140'22142'52)
    La société thermo-industrielle parviendra à conserver des îlots assez longtemps. On peut imaginer une bonne partie du monde effondrée avec quelques zones développées continuant à fonctionner.
    Les pays développés continueront à envoyer des robots miniers en Afrique pour extraire des ressources contre les populations locales, alimentant une machine industrielle qui persisterait pour la transition écologique.
    • La Chine accède à maximum de ressources car elle a connu plusieurs effondrements écologiques • Elle utilise les mêmes méthodes que la Grande-Bretagne pour construire son empire colonial • Le parallèle géopolitique est frappant : contrôle maritime, dépendance économique
    Les Chinois ont le goût amer de l'histoire coloniale imposée : traités inégaux, canonnières, pillage. Ils veulent être ceux qui imposent au monde plutôt que de subir. C'est le parti communiste, pas les Chinois comme peuple indifférencié.
  • Solutions et trajections multiples possibles(142'52145'25)
    L'histoire enseigne qu'il y a une multitude de trajectoires possibles. Les futurs ne sont pas écrits mais cadrés par des lois physiques. On peut agir pour modifier les trajectoires probables.
    • Assimiler les savoirs scientifiques et historiques, accepter l'anxiété • Participer à des mouvements collectifs d'action • Militants dans des associations de protection environnementale • Construire des alternatives dans fablabs et low tech
    • Voter en sachant pour qui et pourquoi • Rejeter les récits complotistes et climato-sceptiques • Soutenir des politiques basées scientifiquement • Refuser les solutions technologiques pires que le mal
    • Refuser les semences hybrides et les néonicotinoïdes • Manger moins de viande : 60-80 kg/an actuellement, 20 kg/an soutenable • Un steak de moins par semaine = 3000 litres d'eau économisés • Construire des déclinaisons locales des solutions globales
  • Décroissance comme seule solution soutenable(145'25151'46)
    • En France : 10 tonnes CO2 par personne (compris exportations) • Soutenable : 1,6 à 2 tonnes par habitant • Faut réduire par 5 notre empreinte écologique • Cela veut dire réduire par 5 nos ressources économiques
    Pour être soutenable, il faut vivre au niveau du Maroc. Les politiques n'accepteraient jamais de dire qu'ils vont ramener leurs électeurs au niveau de vie des Marocains, même si la vie y est digne.
    • Le Maroc pratique le lothèque et le recyclage : vieux tubes cathodiques réparés, télés de 30 ans • C'est une décroissance imposée mais qui fonctionne • Ça pourrait devenir une décroissance choisie et volontaire
    C'est possible pour tout le monde selon Laurent. Si on reformule : il s'agit de faire en sorte que les enfants vivent dignement, survivent, on peut faire accepter ce discours peut-être à tous.