LÍMITE - PODCAST/"L’ENFER C’EST AUJOURD'HUI" - Zakia Khattabi | LIMIT
"L’ENFER C’EST AUJOURD'HUI" - Zakia Khattabi | LIMIT

"L’ENFER C’EST AUJOURD'HUI" - Zakia Khattabi | LIMIT

LIMIT55 min12 feb 2023
L'enfer c'est aujourd'hui
12 capitulos
  • Présentation et engagement de Zakia Khattabi(0'005'00)
    Zakia Khattabi est ministre de l'Environnement, de la Biodiversité, du Climat et du Green Deal depuis un an et demi. Avant sa fonction ministérielle, elle a été présidente du parti Écolo de 2015 à 2019.
    • Féministe intersectionnelle reconnaissant l'accumulation de critères de discrimination • Musulmane et lesbienne, elle défend une perspective féministe inclusive • Inscrite dans une dynamique de lutte convergente contre différentes formes de discrimination
    Elle a travaillé dans la recherche et s'engage pour rester fidèle à son milieu d'origine sans trahir les raisons de son engagement politique.
    Elle doit naviguer entre l'honneur de ses responsabilités et la nécessité de maintenir ses convictions face à la violence politique et médiatique croissante.
  • Dynamiques des réseaux sociaux et médias(5'0010'00)
    Ces cinq dernières années ont connu un changement radical avec beaucoup plus de violence liée à l'instantanéité des réseaux sociaux, créant une mise en scène perpétuelle de la confrontation politique.
    • Il existe une différence entre la violence virtuelle et les relations humaines réelles • Le débat démocratique implique la confrontation des idées, pas la guerre perpétuelle • Les relations humaines dépassent les appartenances partisanes
    Elle a quitté les réseaux sociaux temporairement puis y est revenue différemment, constatant que le cercle vicieux peut devenir un cercle vertueux.
    Il faut une vraie réflexion sur l'utilisation des réseaux sociaux et une éducation aux médias, sans pour autant censurer les voix critiques ou d'extrême droite.
  • Polarisation algorithmique et responsabilité politique(10'0016'00)
    • Les algorithmes confrontent les utilisateurs uniquement à des personnes partageant leurs idées • Cela alimente une vision unique et alimentée par des arguments simplifiés • La violence sur les réseaux crée une escalade autodéterminée
    Le politique n'a pas fait le choix d'alimenter la face positive des réseaux sociaux. Il faut offrir des réponses crédibles pour que les gens ne succombent pas aux thèses climatosceptiques ou d'extrême droite.
    Ne pas interdire mais rendre moins séduisantes les propositions alternatives. La vraie solution passe par la conviction et l'investissement du champ démocratique.
    Le mouvement international des jeunes pour le climat est possible grâce aux réseaux sociaux, interconnectant des activistes comme Greta Thunberg et d'autres à Glasgow.
  • Transition écologique et débat public(16'0020'00)
    Les décès liés aux pluies diluviennes en Wallonie et la capacité des terres à absorber l'eau démontrent que l'inaction climatique tue. La transition n'est pas une menace mais une nécessité.
    La transition, ce n'est pas un retour à la bougie mais permettre à toutes et à tous de vivre dignement dans un environnement sain avec une perspective égalitaire.
    Il manque un récit collectif qui rassemble autour de la transition. Trop souvent, on tape sur les climatosceptiques au lieu de créer une vision positive et mobilisatrice.
    Passer de la notion de niveau de vie à celle de qualité de vie signifie pouvoir vivre sans crainte d'inondation et d'événements climatiques catastrophiques.
  • Coûts économiques du changement climatique(20'0023'00)
    • Les coûts des assurances pour les intempéries aux États-Unis sont passés de 20 milliards de dollars dans les années 1980 à 250 milliards aujourd'hui • Les assurances commencent à refuser de couvrir certaines activités • Le coût humain, social et économique est colossaux et en évolution constante
    Elle ne souscrit pas au catastrophisme mais affirme que l'enfer c'est aujourd'hui si on ne fait rien. Le GIEC indique que c'est encore possible de garantir un avenir aux générations futures.
    Les réponses apportées à l'enjeu climatique varient en fonction des visions politiques gauche-droite. Il y a des choix à faire concernant qui finance la transition et comment.
    Ne pas investir aujourd'hui crée le prochain déficit budgétaire de l'État. Les événements comme les inondations en Wallonie ont des impacts économiques majeurs.
  • Technologie et modèle économique(23'0025'00)
    Elle ne croit pas que la technologie seule nous sauvera. L'électrification de l'automobile sans réduction du nombre de véhicules ignore les limites planétaires.
    • Les batteries des voitures électriques nécessitent des matières premières extraites d'Afrique • Les conditions de travail des mineurs, y compris des enfants, sont précaires • La terre ne peut pas donner plus que ce qu'elle contient
    La cosmétique ne suffit pas pour répondre crédiblement à la crise climatique. La publicité est envahie de greenwashing sans aucune proposition réellement durable.
    Il faut remttre en question profondément le modèle productiviste et extractiviste, qui est au cœur du problème climatique lié à l'activité humaine.
  • Rôle du ministre et gouvernance climatique(25'0026'00)
    En tant que ministre, elle n'a pas de politique directe mais doit travailler avec ses collègues pour que leurs politiques s'inscrivent dans la neutralité climatique.
    • Collaboration avec le ministre des Finances sur la décarbonation fiscale et les investissements • Travail avec le collègue économique pour mettre en place les fondements d'une économie circulaire • Transition d'une économie linéaire à une économie circulaire
    Le gouvernement s'est donné l'objectif d'une réduction de 55% des gaz à effet de serre d'ici 2030, soit plus que ce qui a été fait en 30 ans.
    Elle a établi un rétroplanning avec des objectifs à court, moyen et long terme, évitant la politique du doigt mouillé et du slogan sans gouvernance réelle.
  • Économie circulaire et réindustrialisation(26'0029'00)
    L'économie circulaire crée des métiers nouveaux avec un potentiel incroyable, nécessitant une réorientation de l'industrie actuellement basée à l'extérieur de l'Europe.
    • La réindustrialisation a un coût énergétique significatif • Elle demande de nouvelles écoles et une refonte des formations • Les délais sont serrés avec des objectifs de neutralité carbone en 2050
    Les entreprises et industries n'ont pas attendu la politique pour évoluer. Le changement climatique leur coûte aussi économiquement, créant une fenêtre d'opportunités historique.
    Avec l'élection de Biden et la position de la Chine, le terrain de jeu économique devient celui de la transition. Les entreprises revoyent leur modèle d'affaires.
  • Médias et couverture climatique(29'0045'00)
    Les programmes français parlent de présidentielle, port du voile, terrorisme et migrants, mais pas des enjeux écologiques et de transition qui devraient être prioritaires.
    • Les journalistes économiques qui promeuvent l'austérité ne sont jamais accusés d'être partisans • Quand on traite la réalité objective du changement climatique, on est accusé d'être partisan • Cette asymétrie révèle un biais systémique dans le traitement médiatique
    Le Conseil fédéral du développement durable a organisé une discussion où les jeunes ont soulevé comment les médias traitent la question climatique.
    Il faudrait parler de la réalité objective du changement climatique tous les jours, sans cela tourner à des accusations partisanes.
  • Croissance verte et paradigme économique(45'0051'00)
    Elle n'utilise pas le terme croissance verte car il charrie un imaginaire lié au monde industriel, au productivisme et à l'extractivité dont il faut sortir.
    • La croissance dans un monde fini et aux limites planétaires n'a aucun sens • Les ressources naturelles sont limitées et ne peuvent pas être dépassées • Le principe de réalité: la terre ne peut pas donner plus que ce qu'elle a
    Elle préfère utiliser le terme prospérité partagée, qui passe par l'éducation, la santé et une meilleure qualité de vie sans lier cela à l'accumulation de richesse.
    Il faut sortir du PIB comme unique horizon collectif et intégrer des indicateurs de santé, de bien-être environnemental et d'équilibre global.
  • Gouvernance mondiale et engagement politique(51'0052'00)
    Comment instaurer une nouvelle gouvernance à l'échelle mondiale avec des pays ayant des paradigmes différents, certains très capitalistes et d'autres moins.
    • La politique reste le seul levier de changement face à la domination de l'économie et la finance • Elle invite les jeunes à s'engager, pas seulement de manière partisane mais pour les causes qui leur sont chères • La politique doit rendre les lettres de noblesse, qui lui manquent actuellement
    Elle se considère comme la ministre des générations futures plutôt que ministre de l'apocalypse, travaillant à semer les graines du changement avec ses équipes.
    Elle affirme rester sincère et fidèle à ce qui l'a motivée au début de son engagement politique, sans pour autant en faire une fin en soi.
  • Conclusion et appel à l'action(52'0055'43)
    L'enfer c'est aujourd'hui si on ne fait rien. Elle est présente pour que les choses se fassent et pour contredire le titre d'apocalypse.
    • Elle doit convaincre ses collègues tous les jours d'avancer sur les objectifs de décarbonation • C'est un chemin de croix où elle essaie de faire bouger les lignes au-delà de la façade • Le cœur du réacteur doit changer, pas seulement l'apparence
    Malgré les promesses depuis 2015, les émissions de CO2 continuent d'augmenter et les pétroliers font des records de profits tout en donnant des dividendes records.
    Elle invite chacun et chacune à s'engager, à faire entendre sa voix dans les espaces où les décisions se prennent, remettant la politique au cœur du changement social nécessaire.