SCIENCE DE LA TERRE/IL A RACONTÉ N'IMPORTE QUOI. (feat. Nayosch) | LIMIT #LeRaptor
IL A RACONTÉ N'IMPORTE QUOI. (feat. Nayosch) | LIMIT #LeRaptor

IL A RACONTÉ N'IMPORTE QUOI. (feat. Nayosch) | LIMIT #LeRaptor

LIMIT1h 34min8 janv. 2025
35 chapitres
  • Introduction et contexte de la réfutation(0'005'45)
    La loi de Brandolini montre qu'il faut beaucoup plus d'effort pour démystifier un mensonge que pour le propager. Le Raptor a plagié un livre sur le changement climatique et la réfutation prend des semaines de travail.
    • Le Raptor a accumule tellement de bourdes et approximations que tout détailler serait trop long • Des experts sont en train de produire des vidéos de débunking séparées • Plusieurs youtubeurs différents répondent avec leurs propres analyses
    Confronter les connaissances du Raptor aux siennes en se centrant uniquement sur les données fausses, obsolètes, erronées, les conclusions trompeuses et les passages trop imprécis.
    • Ne pas relever toutes les erreurs sans importance • Critiquer le fond et non la forme • Ignorer les passages à but humoristique • Toutes les affirmations seront sourcées avec des liens
  • Définition du climat et mesure des températures(5'4510'17)
    Le climat est défini sur 30 ans minimum, idéalement trois décennies. C'est la moyenne de plusieurs décennies de météo. Un événement météorologique seul n'est pas significatif pour affirmer un changement climatique.
    • Les satellites sont utilisés entre autres, ainsi que les bouées océaniques, les stations météorologiques au sol et les ballons-sondes • Les satellites seuls fournissent une couverture insuffisante pour avoir des données partout, par exemple sous la surface des océans
    L'influence humaine est considérée comme négligeable jusqu'en 1950. Elle devient significative puis prépondérante à partir de la révolution industrielle au 19e siècle, autour de 1850.
    La recherche suggère qu'une influence humaine subtile sur le climat existait déjà bien avant, par la déforestation et l'agriculture, mais bien plus faible que celle d'aujourd'hui.
  • Effet de serre et rôle du CO2(10'1718'15)
    La vapeur d'eau représente 0,4% des molécules de l'atmosphère mais est responsable d'environ 50% de l'effet de serre. Le CO2 arrive en deuxième position en étant responsable d'environ 20% de l'effet de serre.
    Le Raptor affirme que la vapeur d'eau est responsable de 90% de l'effet de serre et le CO2 de 7%. Ces chiffres viennent du livre de Steven Kunin sans sources vérifiables et sont en dehors des marges d'erreur admises.
    L'évolution de l'effet de serre du CO2 est logarithmique mais cela ne signifie pas que nous sommes à quasi saturation. On peut aller encore bien plus loin dans l'augmentation de l'effet de serre.
    L'atmosphère de Vénus est à 96% constituée de CO2 avec une température moyenne de 467°. L'effet de serre a encore de la marge avant d'arriver à son maximum.
  • Les modèles climatiques et leurs limitations(18'1524'50)
    • Les modèles découpent le globe en petites cases tridimensionnelles de plusieurs dizaines de kilomètres • La taille des mailles varie selon la puissance de calcul disponible et la zone à étudier • Toutes les mailles ne sont pas des carrés d'une taille identique car la terre est ronde
    Les chercheurs posent des hypothèses internes sur la composition de chaque case, basées sur les lois de la physique et observations météorologiques. Ils fixent aussi leurs propres hypothèses dans une mesure considérable.
    Un découpage du système terrestre avec des cases de plusieurs dizaines de kilomètres aura du mal à représenter convenablement les phénomènes météorologiques plus petits comme les nuages. Mais on peut utiliser l'échelle dynamique et d'autres outils pour améliorer la qualité des résultats.
    Il est possible et fréquent qu'une case donne une température trop élevée à un instant T, mais les erreurs se compensent souvent d'un endroit à l'autre de la simulation, ce qui maintient la fiabilité globale.
  • Réglage des modèles et reconstructions historiques(24'5031'26)
    Le réglage permet d'ajuster certains paramètres pour prendre en compte des processus qui ont lieu à une échelle inférieure au maillage utilisé. L'objectif est de pallier aux contraintes de la puissance de calcul disponible plutôt que de corriger une mauvaise compréhension de la physique.
    Même avec des dizaines de réglages, le modèle ne correspondra pas à toutes les observations passées. On cherche à utiliser les modèles pour étudier le climat et faire des projections, pas pour reconstituer avec précision les événements météorologiques passés.
    Les modèles donnent des tendances acceptables même si on ne retrouve pas tous les pics ou tous les creux des relevés historiques. On a besoin de tendances correspondant à la température moyenne, pas d'une reproduction exacte de tous les événements.
    • Le climat passé est simulé correctement • Les prévisions sont fiables • Quels que soient les outils utilisés par les scientifiques, le résultat fonctionne
  • Comparaison des générations de modèles(31'2634'10)
    Contrairement à ce qu'on pourrait attendre, les nouvelles générations de modèles ne donnent pas des résultats de plus en plus précis sur la reconstitution des températures. Le CMIP5 donne de meilleurs résultats que le CMIP3, mais cela ne signifie pas qu'il est moins bon.
    La marge d'erreur pour la reconstitution des températures peut être plus élevée avec un modèle récent que pour un modèle plus ancien. Les CMIP ne font pas que donner une courbe de température mais étudient le climat globalement.
    • Les CMIP étudient les précipitations, le niveau des mers, la circulation océanique et atmosphérique • Ils analysent la banquise, l'humidité et d'autres paramètres • Cela se fait au niveau mondial mais aussi régional
    Tous les modèles ne se valent pas pour simuler le climat. La sélection des modèles peut varier selon les aspects à étudier. Les modèles trop proches les uns des autres peuvent induire un biais.
  • Attribution du réchauffement et sensibilité climatique(34'1015'32)
    L'influence humaine sur la température est essentiellement liée à l'effet de serre, mais aussi au changement d'albédo par les activités humaines comme la déforestation et les routes.
    La température et le forçage radiatif sont liés par la formule Delta T = Delta F × lambda. Le forçage radiatif ce n'est pas la température, c'est un flux d'énergie par unité de surface.
    Mesurer l'augmentation de la température est facile avec les outils actuels. Le forçage radiatif ne se mesure pas aussi bien car il se déduit. La sensibilité climatique n'est pas mesurée non plus et a beaucoup plus d'incertitude.
    On comprend le présent bien mieux que ce que le Raptor annonce. La température globale est connue avec une marge d'erreur d'environ 11%, bien plus précise que la marge d'erreur de 28% du forçage radiatif.
  • Scénarios futurs et problèmes énergétiques(15'3237'01)
    Une analyse de 2020 révèle que les scénarios de fortes émissions comme le RCP 8,5 sont de moins en moins plausibles. Le scénario 8,5 a été décrit comme business as usual car on ne fait rien pour freiner les émissions.
    • Au niveau mondial, contrairement au siècle précédent, nous faisons des efforts pour réduire nos émissions • Les investissements pour décarboner existent et sont en augmentation • Certaines critiques sur la lenteur et les priorités mal placées restent valides
    Le scénario RCP 2,6 qui prévoit la suppression de 100% des émissions de CO2 en 2075 et la plus grande hausse du PIB n'est pas si improbable. Une économie avec moins de ressources fossiles peut mieux se porter en gérant mieux les tempêtes et sécheresses.
    L'économie mondiale peut à terme se passer de combustible fossile au moins en grande partie. On a besoin d'énergie, pas d'énergie fossile spécifiquement.
  • Élévation du niveau des mers(37'0142'03)
    Le Raptor affirme que Al Gore et le GIEC ont prédit une montée du niveau des eaux de 6 mètres d'ici 2016. C'est faux. Ni Al Gore ni le GIEC n'ont fait cette prédiction. Les pires prévisions sont toujours annoncées comme très improbables.
    Al Gore parle d'une élévation possible dans le futur sans plus de précision, sur un horizon très lointain. À l'échelle de plusieurs siècles, le niveau marin pourrait monter de plusieurs dizaines de mètres avec la fonte suffisante de glace.
    • Le niveau des eaux diffère localement, il monte parfois comme à la côte du Golfe aux États-Unis • Il baisse parfois comme en Alaska, à cause de l'ajustement isostatique • Dépend essentiellement de la quantité de glace présente sur la terre ferme
    Le niveau de la mer monte depuis 20000 ans avec des variations. Il y a une nouvelle accélération depuis la révolution industrielle en 1850. La vitesse a quasiment quintuplé depuis.
  • Cycles naturels et variabilité marin(42'0345'00)
    Entre 1925 et 1940, la montée était de 2 à 3 millimètres par an selon les sources. La vitesse de montée des eaux semble être cyclique avec une variabilité multidécennale.
    On ne doit pas interpréter ces variations multidécennales comme représentatives de la tendance longue. Une cyclicité pourrait indiquer l'influence de phénomènes naturels mais ne permet pas d'exclure une influence humaine.
    • Un papier de 2017 dit qu'il faut séparer la variabilité naturelle du niveau marin de l'augmentation continue • Aucune mention claire d'un cycle dans le 6e rapport du GIEC • Les activités humaines sont responsables de l'élévation avec un bruit naturel qui complique l'estimation
    On peut mesurer précisément la contribution des glaciers fondus à l'augmentation des eaux. Cette contribution est aujourd'hui la même qu'en 1940, ce qui rend difficile de la justifier par l'activité humaine seule.
  • Fonte des glaciers et corrélation thermique(45'0047'14)
    Les glaciers ont une certaine inertie, ils mettent entre 5 et 100 ans à s'ajuster aux changements climatiques. Quand le climat se réchauffe, ils fondent plus vite. Quand le climat cesse de se réchauffer, la fonte ralentit.
    En appliquant une inertie de 10 ans sur la fonte, on observe une bonne correspondance avec les courbes de réchauffement climatique. Quand le climat se remet à chauffer, la fonte reprend.
    Il ne s'agit pas d'une correspondance parfaite, ce qui est normal car l'inertie n'est pas exactement de 10 ans pour tous les glaciers. Cette correspondance pourrait même être un hasard et ne serait pas garantie à l'avenir.
    • Les glaciers réagissent différemment à une élévation de température selon leur état initial • Si un glacier disparaît complètement, il ne continue pas à contribuer à l'élévation après sa fonte • D'autres paramètres rendent l'équation plus complexe
  • Événements météorologiques extrêmes(47'1451'46)
    Il y a environ 87 cyclones tropicaux par an en moyenne, plutôt stable ces 30 dernières années. Le Raptor parle de 48 ouragans par an, ce qui est plus restreint géographiquement.
    Les données montrent une évolution semblant sinusoïdale avec un cycle de 60 ans pour le nombre d'ouragan dans l'Atlantique Nord. Mais à date, les données fiables de paléotempétologie ne remontent pas aussi loin.
    Il est prévu d'avoir moins souvent de cyclones tropicaux mais des plus puissants. Il faut être prudent avec ces données car plusieurs termes peuvent se mélanger et les métriques varient.
    Déduire une cyclicité d'un phénomène à partir de ce qui semble correspondre à une période et demie est une méthode trop acrobatique pour être aussi assertif. Il faudrait une dizaine de périodes pour exclure le hasard.
  • Précipitations et événements météorologiques(51'4652'37)
    Le GIEC dit qu'il n'y a pas de tendance détectée pour la quantité de précipitation annuelle mondiale. Les médias parlent d'autres choses.
    La quantité moyenne de précipitation au niveau mondial et les précipitations extrêmes locales ou globales sont des métriques différentes. Ces concepts ne doivent pas être confondus.
    • Le changement climatique peut rendre les précipitations extrêmes plus fortes et plus fréquentes • Les rapports AR5 expriment une faible confiance sur le sens de la tendance pour les sécheresses et inondations au niveau mondial • L'analyse globale n'est pas nécessairement pertinente car les phénomènes varient régionalement
    On observe une augmentation des sécheresses et inondations dans certaines zones du globe et une diminution dans d'autres. Les données mises à jour dans le 6e rapport du GIEC confirment des variations régionales.
  • Mortalité et adaptation humaine(52'3752'49)
    Le nombre de victimes aux États-Unis liés aux ouragans et tornades a été divisé par 10 en un siècle. Cela n'est pas dû à l'émission de CO2 mais à de meilleurs systèmes de prévention et d'adaptation.
    • Les améliorations des systèmes de prévention ont sauvé des vies • L'adaptation aux événements météorologiques s'est considérablement améliorée • Les moyens disponibles pour faire face aux catastrophes ont augmenté
    On observe une diminution spectaculaire du taux de mortalité lié aux sécheresses et inondations. Cela n'est pas nécessairement lié à une météo plus clémente mais à une augmentation des moyens disponibles.
    À l'avenir, le changement climatique continuera de plus favoriser les incendies et augmentera leur intensité. L'adaptation et les améliorations technologiques resteront essentielles.
  • Feux de forêt et gestion des surfaces(52'4953'29)
    La superficie des feux de forêt a diminué de 25%. L'écrasante majorité des feux de forêt sont d'origine humaine, provenant de pyromanes, feux de camp ou brûlage de débris.
    La superficie brûlée a diminué malgré l'influence contraire du changement climatique. La gestion humaine compense largement pour l'instant le changement des conditions météorologiques qui deviennent moins favorables.
    • Il est prévu que le changement climatique continue de plus en plus à favoriser les incendies • L'intensité des incendies augmente avec le changement climatique • La combinaison de ces facteurs pourrait affecter les tendances futures
    Pour l'instant, les efforts de gestion compensent les effets du changement climatique sur la superficie brûlée. Mais cette situation pourrait changer à l'avenir.
  • CO2 et productivité agricole(53'2967'00)
    Le CO2 est un fertilisant naturel pour la végétation et n'est pas un polluant. Cependant, cet effet fertilisant n'est pas illimité et fonctionne jusqu'à un certain point.
    Augmenter la concentration en CO2 aide les plantes à pousser jusqu'à un certain point. Mais le changement climatique qui en résulte réchauffe aussi le climat avec des conséquences négatives.
    • Les rendements agricoles ont plus que doublé les 50 dernières années • Cela est beaucoup lié à de nouvelles pratiques agricoles comme la génétique, les pesticides et divers engrais • La fertilisation du CO2 y contribue moins que ces autres facteurs • Le GIEC considère qu'au lieu d'une augmentation de 104%, on a seulement eu une augmentation de 100%
    La qualité nutritive de la nourriture ne suit pas les rendements. Les projections sur les problèmes alimentaires futurs ne sortent pas de nulle part et méritent attention.
  • Consensus scientifique et vérification par les pairs(67'0056'44)
    Il y a consensus à 97% parmi les scientifiques qui étudient le climat sur l'existence du changement climatique, son origine tropique, les problèmes qui en découleront et la possibilité d'action.
    L'étude originale est considérée comme plutôt qualitative et ne précise pas bien sur quoi porte le consensus. Cependant, la communauté scientifique n'a pas discrédité l'étude, juste demandé des précisions.
    • Il y a consensus sur le réchauffement climatique d'origine humaine pour 1850 à aujourd'hui • Il y a quelques zones d'ombre sur la part de variation naturelle à certains moments spécifiques • La vitesse du changement actuel est considérée comme rapide comparée au temps géologique
    Sur l'attribution précise des raisons naturelles ou tropiques, la pertinence des modèles ou l'Apocalypse annoncée, on ne peut pas y avoir consensus. La majorité des scientifiques s'accordent sur les points essentiels.
  • Processus de révision et d'approbation des rapports GIEC(56'4465'29)
    • Les auteurs sont choisis selon l'expertise reconnue dans leur domaine scientifique • Le GIEC essaie d'avoir un panel équitable venant de tous les pays membres • La parité homme-femme est recherchée • Moins de la moitié des auteurs doivent avoir travaillé sur un rapport précédent
    Un groupe de nombreux experts du monde entier se propose volontairement de réviser le texte préliminaire. Les critères de sélection des relecteurs sont plus flexibles. L'autodéclaration comme expert suffit à être accepté.
    • Toutes les remarques faites par les relecteurs sont adressées sans exception, même celles qui sont non pertinentes • Une justification est apportée à chaque fois • Pour le dernier rapport, on parle de 200000 commentaires • Les remarques sont utiles et donc prises en compte
    Les gouvernements peuvent soumettre des commentaires sur les versions finales mais n'ont pas de pouvoir décisionnel. Tout ce qui est dit dans le résumé doit aussi être dans le rapport complet, et les scientifiques contrôlent la rédaction.
  • Influence politique et indépendance scientifique(65'2969'11)
    • Manuel López Obrador au Mexique soutient l'industrie pétrolière • Mohammad bin Salman en Arabie Saoudite vit presque exclusivement de la production de pétrole • Scott Morrison en Australie est un grand défenseur du charbon • Donald Trump aux USA est climatosceptique • Plusieurs autres gouvernements pourraient avoir intérêt à minimiser la question climatique
    Malgré les intérêts de plusieurs gouvernements importants, le GIEC n'est pas très rassurant dans ses conclusions. Il reste relativement alarmiste malgré les pressions possibles.
    • Les auteurs doivent déclarer leurs conflits d'intérêts • Des centaines d'auteurs ont aussi leur mot à dire pour contrebalancer les biais individuels • Le grand nombre de participants venant de tous les pays limite la surreprésentation des intérêts particuliers
    Si un auteur tentait de s'orienter un rapport vers ce qui l'arrange, il y aurait des centaines d'autres pour le tempérer. C'est un système imparfait mais raisonnablement robuste.
  • Critique des manipulations médiatiques(69'1171'17)
    Exxon Mobil a généreusement contribué à répandre le doute sur le changement climatique alors que leurs propres documents internes étaient univoques et en accord avec le consensus.
    • La vidéo du Raptor est encore en ligne et a été visionnée des centaines de milliers de fois • Sud Radio invite des climatosceptiques • Les livres climatosceptiques sont disponibles à la vente et se vendent bien • Il existe des limites à la censure prétendument systématique
    Les gouvernements, médias, politiques et entreprises peuvent avoir des motivations variées. On ne peut pas simplement les regrouper comme une conspiration unifiée.
    Le Raptor tire aussi de la notoriété monétisable de ses positions. Soit il est un menteur défendant des positions auxquelles il ne croit pas, soit il est honnête et démontre qu'on peut faire de l'argent en défendant ses idées.
  • Théories du complot et accords généralisés(71'1772'52)
    Des milliers de scientifiques du climat indépendants les uns des autres qui ont tous décidé de propager le même mythe pour restreindre les libertés sans qu'aucun ne se repente en décennies est très improbable.
    C'est comme imaginer que les géographes se sont tous concertés pour nous faire avaler que la terre est ronde au dépit des preuves indiscutables. On peut soupçonner de la corruption ou incompétence mais c'est peu probable.
    • Les entreprises qui suivent la tendance peuvent espérer des subventions et crédits d'usage • Les entreprises de ressources fossiles vont contre la tendance et peuvent être subventionnées par les États • Les motivations sont plus nuancées qu'une simple conspiration
    Les climatosceptiques subissent des critiques mais ne sont pas les seuls. Les personnes défendant l'environnement n'ont pas la vie facile non plus. Le traitement n'est pas unilatéral.
  • Terminologie et étiquetage des positions(72'5274'55)
    Qualifier de climatosceptique quelqu'un ayant un discours climatosceptique n'est pas inapproprié. C'est simplement dire ce qu'ils sont. Il faut donner un nom à ces positions pour en parler.
    Une thèse disant que les scientifiques, journalistes, politiques, entreprises, ONG et influenceurs de toute la planète se sont mis d'accord pour tromper les gens ressemble à une théorie du complot et peut être interprétée comme telle.
    • Il est juste de critiquer le discours excessif ou mal informé sur le climat • Les contre-arguments sont bienvenus s'ils sont solides et basés sur des preuves • Pour apporter des contre-arguments, il faut d'abord comprendre correctement les arguments
    Le GIEC est fiable mais comme dans toutes les disciplines scientifiques, les contre-arguments sont les bienvenus. Cependant, la partie 6.2 du rapport du Raptor est avant tout un concentré d'accusations sans preuves solides.
  • Objectifs de réchauffement et géoingéniérie(74'5576'16)
    On parle de limiter le réchauffement à 1,5°. Tout dépend de la référence choisie. Si on choisit le début du 20e siècle, on est déjà à 1,3°. Si on prend 1950, on en est à plus de 0,8°.
    L'objectif de 1,5° est le niveau de réchauffement encore acceptable pour que les conséquences ne soient pas négligeables mais gérables. Au-delà, les problèmes deviennent vraiment importants.
    • On pourrait créer artificiellement des nuages ou de la pluie en balant des particules fines • Cela a déjà été testé et a abouti à du smog et de la pluie acide en Angleterre • Le grand smog de Londres était dû à l'utilisation intensive du charbon, pas aux tentatives d'ensemancement de nuages
    Il faut miser sur la suppression des combustibles fossiles plutôt que sur des solutions technologiques risquées. Passer au tout électrique ou presque est la direction privilégiée.
  • Défis de la transition énergétique(76'1677'10)
    On imagine mal comment les bateaux et avions pourraient fonctionner avec une batterie rechargeable. Les quelques tentatives sont loin de la production en masse.
    • L'hydrogène est envisagé pour la part des usages qu'on souhaite conserver • Les agrocarburants sont aussi considérés • La compensation carbone est envisagée • Ces solutions restent partielles et complémentaires
    On estime que la demande d'énergie va croître de 50% d'ici 2050. La plus forte augmentation sera en Asie. Cette énergie sera vraisemblablement fournie à 80% par des combustibles fossiles actuellement.
    L'enjeu est de faire en sorte que la demande énergétique soit assourvie autant que possible et aussi vite que possible par des énergies neutres en carbone. C'est valable aussi pour les pays en développement.
  • Responsabilité des émissions par pays(77'1078'36)
    L'Europe entière est responsable d'environ 7% des émissions mondiales. La France est responsable de 1% des émissions mondiales.
    Si chaque pays avait le même quota d'émission, la France devrait diviser par deux ses émissions actuelles. Malgré cela, les émissions mondiales seraient trop élevées pour garder le climat stable.
    • Le monde entier doit faire des efforts pour réduire les émissions • Chaque pays doit adopter une stratégie énergétique qui lui est propre • Même la disparition des plus grands émetteurs ne suffirait pas à arrêter le changement climatique
    Chaque pays doit utiliser des méthodes de production fiables, matures, au rendement correct, au tarif accessible et capables de soutenir la demande. Les approches doivent être adaptées aux conditions locales.
  • Coûts des énergies fossiles et alternatives(78'3679'25)
    L'énergie du pétrole et du gaz émet du CO2 mais est la moins chère, la plus répandue, la plus pratique et la plus abondante. C'est discutable selon la façon de comptabiliser les coûts.
    Il existe plusieurs façons de comptabiliser le coût de l'énergie et par conséquent plusieurs résultats différents. Il faudrait étudier ce sujet en détail pour comprendre les différentes méthodes.
    • Les alternatives se sont beaucoup améliorées ces dernières années • Il n'est pas du tout garanti que les énergies fossiles soient les moins chères à l'avenir • Les énergies renouvelables deviennent progressivement plus compétitives
    Les réserves de pétrole connu sont estimées à environ un siècle de réserve. La consommation quotidienne de 100 millions de barils par jour est considérable et limite la durée d'exploitation.
  • Électricité nucléaire et renouvelable(79'2581'08)
    Seulement 440 centrales nucléaires fournissent 10% de l'électricité mondiale. L'énergie nucléaire produit 10% de l'électricité mais seulement 4% de l'énergie finale totale.
    Certains pensent que la solution est le tout électrique provenant d'énergies renouvelables plutôt que des centrales nucléaires. Cependant, les énergies renouvelables produisent actuellement 4% de l'énergie mondiale.
    • Le GIEC liste le nucléaire comme bonne option pour réduire les émissions de carbone • Le rapport de RTE confirme aussi cette position • Les scientifiques reconnaissent le rôle du nucléaire dans la transition
    Les énergies renouvelables sur le papier sont stylées mais leur déploiement soulève des défis importants. Elles ne sont pas aussi catastrophiques que les énergies fossiles mais nécessitent une gestion intelligente.
  • Intermittence et facteur de charge(81'0882'39)
    Le Raptor affirme que les éoliennes fonctionnent comme on le voudrait en moyenne un quart du temps et le solaire un dixième. C'est une interprétation incorrecte du facteur de charge.
    Un facteur de charge de 25% pour les éoliennes signifie qu'un générateur fournit en moyenne autant d'énergie que s'il était un quart du temps à pleine puissance. Les éoliennes sont parfois à 10%, parfois à 70%, parfois à 0%, ce qui donne une moyenne de 25%.
    • La production éolienne varie constamment en fonction des conditions météorologiques • On peut avoir des périodes sans vent et des périodes très ventées • Cette intermittence est une réalité à gérer dans le système électrique
    Les centrales électriques de pointe peuvent avoir un facteur de charge bien en dessous de 20% car elles ne sont allumées que quand on en a besoin. Ce n'est pas parce qu'elles seraient rarement opérationnelles mais par design.
  • Stockage d'énergie et flexibilité(82'3984'00)
    Il faut un remplaçant capable de prendre le relais des énergies intermittentes à tout moment. Cela constitue donc déjà un double investissement, ce qui augmente les coûts.
    • Le stockage existe à petite échelle à travers les STEP (stations de transfert d'énergie par pompage) • Cela amène de la flexibilité très insuffisante aujourd'hui mais pas inexistant • Le stockage par batterie pour le réseau reste limité actuellement
    On peut flexibiliser la demande d'électricité, ce qui existe déjà à petite échelle. Cela permettrait d'adapter la consommation à la production.
    Quand on produit toute son électricité avec du gaz, il faut payer la centrale à gaz. Si on ajoute des éoliennes, on économise du gaz. La question est si le gaz économisé coûte moins ou plus cher que les éoliennes.
  • Exemple de l'Allemagne et transition énergétique(84'0085'05)
    L'Allemagne a dépensé 300 milliards d'euros du contribuable pour couvrir son territoire de plus de 30000 éoliennes et de millions de panneaux photovoltaïques.
    L'Allemagne a développé les renouvelables pour se débarrasser prioritairement du nucléaire. C'est là que se situe le désastre. Si elle avait décidé de se débarrasser du charbon, elle aurait une des électricités les plus décarbonées au monde.
    • Le prix élevé vient du fait que la transition a eu lieu quand le prix des renouvelables était encore très haut • Cela serait moins le cas aujourd'hui • Les chiffres montrent seulement 8% en réalité de la production finale
    Aujourd'hui, l'éolien et le photovoltaïque allemands produisent 43% de l'électricité et 56% de tous les renouvelables additionnés. Cependant, les coûts initiaux ont été importants.
  • Matériaux et dette énergétique des renouvelables(85'0585'55)
    Les énergies vertes entraînent une dette énergétique et une empreinte carbone à la construction. Elles nécessitent des centaines de tonnes d'acier, béton, fibre de verre, cuivre et terres rares.
    • Les terres rares sont extraites au détriment de l'environnement • 60% de l'extraction mondiale a lieu en Chine • Les conditions d'exploitation sont souvent problématiques
    Les renouvelables consomment plus de matériaux par unité d'énergie pour la construction. Cependant, si on ajoute le combustible, les fossiles aussi sont extraits au détriment de l'environnement.
    La dette énergétique initiale se rentabilise sans problème sur le long terme si cela permet de remplacer les ressources fossiles. Les renouvelables ne sont pas particulièrement performantes sur la densité énergétique comparé au nucléaire.
  • Occupation des terres et impact environnemental(85'5587'05)
    La superficie nécessaire pour installer les énergies intermittentes est 150 à 500 fois plus grande que pour les combustibles fossiles ou nucléaires. Il faudrait comparer en analyse de cycle de vie pour avoir quelque chose de représentatif.
    • Les éoliennes s'intègrent très bien dans des champs existants • Seule la base de l'éolienne doit être bétonnée sur quelques mètres carrés • Les panneaux solaires peuvent être mis sur des toits ou dans des champs • Il est inutile de tout raser systématiquement
    Il arrive que l'on rase des surfaces forestières pour installer des renouvelables. Cependant, ce n'est pas systématique et peut être évité avec une meilleure planification.
    Les éoliennes tuent en moyenne quelques oiseaux par éolienne et perturbent la migration. Cependant, faut-il comparer cet impact à celui du changement climatique sur l'ensemble de la biodiversité?
  • Subventions et rentabilité des énergies(87'0589'20)
    Si la géoingéniérie était tellement rentable, elle serait totalement rentable et on n'aurait pas recours à des subventions colossales ponctionnées de nos impôts pour l'imposer.
    On demande : pour la rentabilité des énergies fossiles si bon marché, comment se justifie une transition écologique coûteuse? C'est une question pertinente.
    • Le coût de la transition écologique en France est estimé à 3600 milliards d'euros • Il y a 200 milliards par an d'ici 2030 • Ces chiffres nécessitent clarification sur la période considérée
    De toute façon, il faudra investir dans les prochaines décennies pour garder des capacités de production électrique. Soit on investit dans le nucléaire, les renouvelables ou les fossiles, soit on arrête de produire.
  • Priorités environnementales et oublis(89'2090'23)
    • Les mers de plastique ne reçoivent pas assez d'attention • L'empoisonnement des eaux est insuffisamment abordé • La nourriture vide de nutriment et hypertransformée est peu critiquée • La pollution de l'air et des sols est moins mise en avant
    Le CO2 reçoit une super mise en avant au profit d'autres problèmes environnementaux plus directs. C'est peut-être dû à l'ampleur globale du changement climatique.
    Le changement climatique est un problème majeur qui aura des conséquences sur tout le globe. Il n'est pas étonnant qu'on en parle beaucoup, même si on en parle souvent mal.
    La plupart des gens soucieux du changement climatique s'intéressent aussi aux animaux, à la nourriture et au plastique. Les autres problèmes environnementaux sont aussi traités à une plus faible échelle.
  • Nombre d'erreurs et conclusion(90'2394'00)
    Plus de 80 erreurs et mauvaises formulations ont été relevées sans compter les répétitions. Certains arguments se répètent ce qui rend redondant de les corriger à chaque fois.
    Il est possible que certaines erreurs aient été passées. Nayosch a aussi ses limites et ne prétend pas à l'exhaustivité.
    • Nayosch ne soupçonne pas le Raptor d'être volontairement malhonnête • Beaucoup ne s'occupent pas des problèmes écologiques et sentent que quelque chose cloche dans les discours médiatiques • Le livre de Kunin a des arguments techniques tout en restant accessible
    Il existe des chaînes YouTube, des livres, des sites et des podcasts qui font du très bon travail de détail sur ces sujets. Il faut chercher les sources fiables si on veut comprendre vraiment la question climatique.