
LE MONDE S'EFFONDRE (MAIS UN AUTRE EST DEJÀ LÀ !) - Olivier Hamant | LIMIT #performance #robustesse
Ce qui ce qu'on vit là, c'est pas une crise sociale, c'est pas une crise écologique, c'est une crise culturelle
27 chapitres
- La crise culturelle actuelle et ses originesNature de la criseCe que nous vivons n'est pas une crise sociale ou écologique, mais une crise culturelle. Nous quittons le néolithique après 10 000 ans de contrôle de la nature, mais aujourd'hui nous avons perdu ce contrôle.Symptômes observés• Monde de l'hyper-optimisation et hyper-performance qui est très fragile • Performance pousse à la compétition, la compétition pousse à la violence • Monde qui sort de la continuité pour rentrer dans la rupture (méga inondations, Crow Strike, canal de Suez)Solution proposéeLe monde fluctuant appelle la robustesse - maintenir le système stable malgré les perturbations. C'est le monde de la coopération et des interactions.Ton du messageIl faut avoir un discours de vérité sur la réalité scientifique, mais aussi montrer que ce monde fluctuant peut être joyeux et porteur d'opportunités.
- Présentation d'Olivier Hamant et ses domaines de rechercheParcours professionnelChercheur biologiste travaillant sur le développement des plantes depuis une vingtaine d'années, avec 15 ans de travail direct ou indirect sur la robustesse.Responsabilités actuellesDirecteur de l'Institut Michel Serres qui s'intéresse à la relation de l'humanité à la nature, combinant terroir, techniques et philosophie des sciences.Cadre théoriqueS'appuie sur le concept du Contrat naturel de Michel Serres, remettant en question la loi de l'offre et la demande qui suppose la nature gratuite et illimitée.Approche opérationnelleTravail à rendre opérationnel une relation partenariale avec le vivant à travers des formations, recherches, écrits et actions concrètes.
- État des lieux du monde: rupture et fluctuationsDiagnostic scientifique• Tous les rapports scientifiques montrent que ça tangue de plus en plus fort, de plus en plus fluctuant • Mégafeux, méga inondations à Hollywood récemment • Remous sociaux et crises géopolitiques • Passage du monde de la moyenne au monde de l'écart-typePerception citoyenneLes médias montrent un monde qui sort de la continuité pour entrer dans la rupture permanente - disruptions sans cesse (méga inondations, incidents informatiques, blocages géopolitiques).Racine du problèmeC'est une crise culturelle: nous sommes dans le monde de l'hyper-optimisation et l'hyper-performance qui est extrêmement fragile et se fracture de tous les côtés.Manifestations concrètes• Burnout: condition médicale qui affecte beaucoup de gens en perte de sens • Bullshit jobs: remplir des tableaux Excel sans valeur réelle • Perte de sens au service de la performance qui devient vide
- Les limites humaines et la hiérarchie des systèmes d'exploitationPression économique• Secteur tertiaire sous pression de résultat et de chiffres trimestriels • Système motivant par le négatif: pénalités si objectifs non atteints, petites carottes si réussi • Hiérarchisation mondiale: différences extrêmes entre travailleurs de bureau et mineurs du Congo ou ouvriers agricolesExploitation maximaleMineurs du Congo cherchant le cobalt, ouvriers agricoles américains payés au quota qui courent pour dépasser les limites humaines journalières pour gagner un peu plus chaque jour.Système économiqueSystème économique totalement hiérarchisé qui pousse à la performance partout, créant un cadre où chacun dépasse ses propres limites.Question fondamentaleEst-ce que cette pulsion de performance est inhérente au vivant ou est-ce une particularité du système économique actuel basé sur l'abondance factice?
- La performance chez les êtres vivants: l'abondance crée la compétitionLoi biologiqueLes êtres vivants ont une pulsion de performance quand ils sont dans un monde d'abondance, pas en pénurie relative.Exemple du parasiteDarwin a découvert une barnacle se posant sur la peau des requins, branchée directement sur les fluides intersticiels. Ayant accès à l'abondance, elle perd ses pattes et fonctions, se spécialisant à l'extrême.Parallèle humainNous sommes comme ce parasite face à Internet (notre fluide intersticiel). Nous perdons des fonctions: capacité à reconnaître les animaux, les empreintes, les sons, la mémoire, même la mâchoire se réduit.Piège agricoleDepuis l'invention de l'agriculture il y a 10 000 ans, nous avons créé un environnement abondant en ressources, ce qui appelle encore plus d'abondance - un piège de performance.
- De la performance à la prédation: l'impact destructeurTrajectoire parasitaireNotre relation à la planète et aux autres est devenue parasitaire. Nous sommes devenus des prédateurs totaux qui brûlons les écosystèmes.Cycle de burnout• Plus on performe, plus on fait de compétition, plus on crée des burnouts • Les humains sortent du système par burnout • Les écosystèmes se brûlent, ne fournissent plus leurs services écosystémiquesGrande accélérationPendant 10 000 ans on était sur une courbe plate de performance qui entretenait la performance, mais depuis 1950 c'est devenu exponentiel (travail de Will Stephen).Point de basculementNous sommes entrés dans l'ère des rétroactions négatives: chaque fois qu'on performe, on a en boomerang des effets négatifs (épuisement ressources, CO2, pandémies, ubérisation).
- Technologies et perte de capacités humainesEffet rebond technologiqueLe temps gagné grâce au numérique est redonné au numérique. Les enfants passent jusqu'à 12 heures par jour devant les écrans.Création de nouveaux besoinsLes technologies très performantes font gagner du temps mais créent des nouveaux besoins. On peut résumer 1000 livres en quelques secondes, donc on les résume tous.Perte de fonctions cognitives• Ne plus savoir se diriger sans Google Maps • Incapacité à mémoriser spontanément • Dépendance aux appareils pour noter, photographier, consulter • Perte de capacité de recherche autonome remplacée par ChatGPTParadoxe de libérationLe temps dégagé par l'optimisation ne nous libère pas mais nous pousse à faire plus, créant une surcharge permanente.
- La révolution numérique: opportunité ou intoxication?Origine du numériqueLa révolution Internet était au départ un projet plutôt gauchiste avec les IP, les communautés et l'open source.Mauvaise implémentationQuand les ressources réduisent, les êtres vivants multiplient les médias d'interaction (signaux chimiques, électriques, lumineux, etc.), mais nous avons unifié le canal à Internet seul.Perte de diversitéNous avons perdu toutes les autres interactions en cherchant l'hyperconnexion sur un seul médium. Parallèle avec le béton armé qui a éliminé d'autres savoir-faire constructifs.Monochromie culturelleOn s'est monochromisé: Internet, béton armé, fast food. Il n'y a qu'une seule couleur, rendant le système extrêmement fragile avec des ruptures continuelles.
- Origines de la crise: agriculture et centralisation du pouvoirAvant l'agricultureLes humains chasseurs-cueilleurs se baladaient dans les écosystèmes, vivaient des fluctuations avec pénuries relatives, expérimentaient des périodes de jeûne.Invention de la céramiqueIl y a 20 000-30 000 ans, la céramique a permis de faire des jars et stocker de la nourriture, créant une abondance temporelle relative.Culture communeLa culture artistique (grottes Chauvet) a unifié les communautés autour de mythes communs, permettant une centralisation de l'effort et une meilleure performance.Transition agricoleL'agriculture il y a 10 000 ans a créé l'État pour gérer l'abondance. Depuis 1950, avec le charbon et le pétrole, l'abondance énergétique a décuplé la puissance (200 esclaves énergétiques par humain).
- Guerres mondiales et dissipation de l'énergie excédentaireParodite de BatailleSelon George Bataille, avec l'accès soudain à une énergie abondante (charbon, pétrole), l'humanité a dissipé cet excès par deux guerres mondiales.Performance et violenceNotre performance nous pousse à la compétition. La compétition pousse à la violence. Nous dissipons l'excès d'énergie par les guerres entre humains et surtout par la guerre à la vie.Guerres modernes• Aujourd'hui: guerres pour contrôler les ressources résiduelles (Irak pour le pétrole, Ukraine pour le gaz et terres arables) • Trump et le Canada/Groenland • Poutine et la Crimée/Ukraine • Luttes géopolitiques pour les ressources décroissantesPerspective futureDans un monde fluctuant avec des crises continuelles, l'extractivisme et les conquêtes deviennent physiquement impossibles. Les fluctuations nous arrêtent naturellement dans cette trajectoire.
- De l'abondance matérielle à l'abondance des interactionsParasite en abondanceUn parasite en abondance de ressources se concentre sur l'infini matériel, réduit ses interactions avec les autres, vit en mode monolatéral.Êtres vivants en pénurieLes êtres vivants en milieu pénurique ou instable font des coopérations et symbioses, multiplient les interactions, passent de l'abondance matérielle à l'abondance des interactions.Transition humaine en cours• Coopératives et conventions citoyennes émergeant • Agroécologie basée sur la biodiversité cultivée • Richesse des interactions entre êtres vivants du territoire • Version maladroite du numérique commençant à apparaîtreNouveau paradigmeOn quitte le néolithique (contrôle de la nature). On apprend à vivre en ayant perdu le contrôle en multipliant les interactions. C'est un moment absolument exceptionnel.
- Finitude du monde et nouvel infini des interactionsRéalisation de la finitudeNous avons occupé tout l'espace, même la nuit (on est actif jour et nuit). Nous réalisons que nous vivons dans un monde fini.Délire extractiviste• Mars, astéroïde mining, fusion nucléaire sont des tentatives de nier la finitude • Ces stratégies ne font qu'augmenter la pollution et la violence • Elles ne changent pas la trajectoire, selon les modèles du Meadows/Club de RomeNouvel infiniL'infini matériel est terminé. Le nouvel infini est immatériel: c'est l'infini des interactions, entre humains, avec les non-humains.Approche paysanneBon sens paysan: quand le monde fluctue, il faut faire avec son territoire, densifier et multiplier les interactions avec lui, pas chercher d'autres béquilles ailleurs.
- Déni et transformation culturelle: le moment charnièreCrise des croyancesTout ce en quoi on a cru (croissance du PIB, mythes religieux, spirituels) fait face à des contraintes inédites dans l'histoire de l'humanité.Mécanisme du déni• Première réaction: déni ('ce n'est pas possible') • Besoin de protéger ce en quoi on a cru pour ne pas perdre le sens • Société se disloque par perte de sens partagé • Polarisation politique augmenteMoment de basculementNous sommes dans un moment complètement schizophrène: vivre dans deux mondes contradictoires simultanément (ancien monde performant et nouveau monde coopératif).Transformation progressiveLes marges contaminent le système. Vinted a légitimé la seconde main. Paysans passe à l'agroécologie en utilisant temporairement le glyphosate, créant une trajectoire de transformation lente mais certaine.
- Robustesse versus performance: redéfinir l'équilibreConfusion terminologiqueLa robustesse est souvent confondue avec la solidité. En réalité, la robustesse est souple et adaptable - presque le contraire de la rigidité.Citoyen robustePasser des smart cities aux smart citizens: des citoyens capables de gérer des fluctuations dans leur territoire à travers des interactions coopératives et résolution de conflits.Objets durablesLow tech et durable, objets réparables, manifestation d'interactions coopératives et savoirs diversifiés, évitant les bulles d'autoconviction.Monde joyeuxUn monde robuste est un monde très joyeux où la performance n'est acceptée que sur dérogation, mais la robustesse et les interactions féconds sont la base.
- Robustesse dans les relations humaines: désaccords fécondsMéthode de résolutionLes désaccords féconds de Patrick Vivrett: quand il y a un désaccord, revenir aux définitions et expliciter ce que chacun entend par les mots utilisés.Convergence sur le sensSouvent on parle de la même chose avec des mots différents et on crée un conflit artificiel. En explicitant les définitions, on peut être d'accord sur le sens tout en gardant des définitions différentes.Plan B expliciteSi vraiment on n'est pas d'accord, on repartit en ayant en tête ce que l'autre a expliqué. On garde un plan B comprensible, même sans y adhérer.Adaptabilité en criseDans un monde qui change, avoir une multiplicité de logiques et raisonnements permet de passer au plan B pertinent quand le monde se transforme.
- Éducation robuste: coopération et apprentissage actifÉcole industrielleL'école actuelle est le pur produit de la révolution industrielle: 50 minutes de cours, changement de professeur, mode performant et compétitif basé sur les usines.Émergence nouvelle• École du dehors: exposer les enfants aux fluctuations naturelles (pluie, abeilles, branches) qui force la coopération • École de la coopération: professeurs posent des questions, élèves trouvent les réponses ensemble • Pédagogie active: savoirs acquis soi-même sont plus robustes et durablesEsprit critiqueApprendre à coopérer, résoudre les conflits, confronter les idées = capacité à apprendre à apprendre et résistance aux fake news.Transformation en coursLes écoles changent progressivement, les jeunes désertent les grandes écoles de performance. Ministères résistent mais le changement s'accélère par la pression des étudiants.
- Case de la Norvège: stratégie de stock masquéStratégie singulièreLa Norvège a accès à l'abondance de ressources pétrolières mais a décidé de ne pas les exploiter à outrance, contrairement à l'île de Nauru qui a tout dépensé d'un coup.Stock stratégiqueParallèle avec les arbres: ils gardent des ressources dans le cœur du tronc qu'ils n'utilisent jamais sauf en crise majeure, gardant juste ce qu'il faut sous l'écorce pour vivre.Avantages psychosociaux• Évite le crime organisé, le blanchiment d'argent, les effets rebond • Permet l'organisation durable du système basée sur pénurie relative • Modèle de gouvernance intelligente basée sur la projection dans l'avenirLeçon européenneL'Europe pourrait suivre ce modèle de robustesse territoriale plutôt que chercher de nouvelles ressources. C'est une stratégie de long terme intelligente.
- Transition vers les matériaux biosourcés et locauxProblème actuelDe la dépendance au pétrole, on est passé à la dépendance aux métaux et terres rares (lithium, cobalt du Congo). Nous avons juste changé la source de pollution.Étape suivanteRemplacer pétrole et métaux par des molécules carbonées biosourcées, biodégradables et produites localement. Technologies à développer pour le siècle qui vient.Limite physique positiveNotre limite sera la capacité de photosynthèse des plantes (rendement ~1%). Ce sera durable et robuste car on dépendra du temps naturel, pas de ressources épuisables.Monde circulaireTechnosphère entièrement circulaire, biodégradable, ancrée dans le territoire, indépendante des mines distantes, avec externalités négatives retournant à l'écosystème.
- Rapports Meadows: synchronie des crises et basculement globalPrédictions du rapportEntre 2020 et 2050, les courbes baissent: population, ressources, pollution aussi. C'est le premier moment où une civilisation humaine vit cela.Synchronie mondialeContrairement aux transitions historiques progressives, nous vivrons cette transformation en même temps mondialement (comme le confinement). Tout bascule simultanément.Scénarios alternatifs testés• Modèle avec ressources nouvelles découvertes: même courbe en cloche, mêmes problèmes • La fusion nucléaire ou l'astéroïde mining ne changent pas la trajectoire, ne font que multiplier les pollutionsImpossibilité pratiqueFaire un programme spatial dans un monde qui s'effondre socialement est impossible. L'insurrection arrivera avant que ne fusées puissent miner les astéroïdes.
- Articulation locale-globale de la robustesseNature territorialeLa robustesse est toujours territoriale. Il faut prendre soin de son territoire humain, non-humain et de la biodiversité locale.Mouvements contaminants• Agroécologie (Amérique du Sud) • Buen vivir (Amérique du Sud) • Svaraj indien, Tank ping chinois • Tous convergents sur les mêmes valeurs de résistance à la surperformanceDécentralisation nécessaireMoins de dépendance aux microprocesseurs de Taïwan, réparation locale avec entreprises et associations locales. Moins de centralisation par Paris, Washington DC ou Bruxelles.Fédéralisme bénéfiqueUn système beaucoup plus fédéral signifie moins d'extractivisme. C'est une excellente nouvelle malgré les peurs de fragmentation européenne.
- Atout européen: diversité multiculturelle et écologiqueHétérogénéité culturelleL'Europe est extrêmement multiculturelle (Portugal, Suède, Angleterre, France, Belgique) avec des cultures très différentes et riches.Richesse comparéeAux États-Unis de l'ouest à l'est, c'est la même culture, mêmes magasins, monopole énorme et pauvreté culturelle hallucinante.Avantage compétitifL'Europe a tous les ingrédients de robustesse: hétérogénéité, diversité, traditions plurielles. C'est un vrai bonheur quant aux autres zones de la terre.Retard technologiqueLes États-Unis ont raté le coche sur la transition écologique, 20 ans de retard. Bien que le PIB américain soit 2x plus grand, ils n'ont pas la vision du monde qui vient.
- Démographie mondiale: baisse synchrone de la populationDonnées actuelles• Chine: population baisse depuis quelques années • 2030: Inde commencera à baisser • 2040: Quelques pays africains commenceront • 2050: Population mondiale baisse chaque année de façon certaineRaisons économiquesCe n'est pas une question culturelle mais économique: c'est trop cher d'avoir des enfants (logement minuscule à Tokyo, coûts prohibitifs mondialement).Moment inéditJamais dans les 315 millions d'années d'homo sapiens la population n'a baissé synchroniquement. Ce qu'on vit en 2050 n'a pas de précédent civilisationnel.Comparaisons historiquesPas vraiment comparable à la Renaissance ou l'Antiquité. Plutôt comparable à la fin du néolithique ou aux révolutions (1789, 1793 qui a fermé les universités).
- Phénomènes de résistance: signe du changement en coursMouvements émergents• Gilets jaunes en France (mouvement insurrectionnel) • Occupations universitaires pour la Palestine • Extinction Rébellion avec horizontalité et parole partagée • Organisations nouvelles rejetant les leaders performantsReconnaissance des spécificitésMouvements mettant l'accent sur les vraies différences: handicaps, couleur de peau, identité LGBT, héritage de 500 ans de racisme dans le système économique.Polarisation actuelle• Ancien monde s'y refuse encore mais dispose de puissance (CRS, armes, médias) • Nouveau monde veut l'entraide et reconnaissance des spécificités • Deux mondes contradictoires coexistent temporairementSigne positifPlus la résistance est bruyante, plus c'est signe que le changement est en train de se passer. Les phénomènes de résistance sont révélateurs de la fin du système.
- Obsolescence croissante du discours dominantPerte de légitimitéLe discours performant devient de plus en plus ringar (dépassé, sans attrait). Les grands youtubeurs quittent le modèle dominant (Carlito, McFly, Major Mouvement).Médias dominantsLe journal télévisé de 20h appartient aux ultra-performants. Moins de gens le regardent. Les jeunes sont sur TikTok, Snapchat, Instagram avec plus de diversité narrative.Fragmentation positiveMarges qui se multiplient, fragmentation du système. LIMIT lui-même est une émergence de cette nouvelle culture, contaminant progressivement le système.Inévitabilité du changementLes gens ont compris intuitivement que le monde de performance est terminal. Le rêve américain des années 50 n'est plus attractif, pas financièrement possible et ringard.
- Crise identitaire: redéfinition de l'identitéPeur et résistanceCrise identitaire face à la baisse de population: peur que ça se désagrège. Discours sur l'immigration comme réaction de peur plutôt que cause réelle.Définition réelleL'identité n'est pas seulement biologique ou génétique. C'est 50/50: qui on est biologiquement ET quel est notre territoire (interactions, culture, traditions).Identité fluide• Voyage à l'étranger = voyage initiatique = transformation identitaire • Tous les expatriés changent d'identité en changeant de territoire • L'identité est hybride et contaminée positivement par les interactionsDépassement du nationalismeRéduire l'identité au sang (politique nazie) c'est réductionnisme extrême. Identité systémique = beaucoup plus large, plurielle, riche et intéressante.
- Conseils et message d'espoir pour la jeunesseDiscours de véritéIl faut dire la vérité scientifique: le monde va tanguer, fluctuer, être turbulent. C'est la donnée scientifique incontournable.Monde joyeux possibleMais ce monde fluctuant appelle la robustesse - un monde de coopération et interactions. C'est un monde très joyeux, pas déprimant.Réenchantement du risqueLe risque n'est pas une menace quand on est robuste. Avec plusieurs plans A, B, C, D on a des marges de manœuvre. Chaque changement devient une opportunité.Rôle des artistesLes artistes sont essentiels: fabricants de questions, makers de trouble positif. Culture = art + politique. Ils sont les oubliés du monde performant mais essentiels au monde robuste.
- Culture, art et politique dans la transitionArt et trouble positifLes artistes stimulent le trouble positif, questionnant, touchant les gens. C'est leur métier de fabricants de questions.Culture redéfinieCulture = art + politique. Dans le monde de performance, politique n'était que d'efficacité. Dans le monde robuste, c'est questionnement et invention de nouveaux chemins.Transformation d'institutions• Universités qui ne comprennent pas la question socio-écologique vont fermer • Étudiants désertent les grandes écoles de performance • Nouvelles universités émergeront autour de la robustesse et coopération • Programmes très lâches, écoles de coopérationExemple parallèle: 1793En 1793, la Convention ferme les universités enseignant traditions/théologie et réouvre les grandes écoles d'ingénierie et sciences. Inversion totale vers le futur.





