TALK/"LA FIN DES SUPERPROFITS ?" - Étienne de Callataÿ | LIMIT
"LA FIN DES SUPERPROFITS ?" - Étienne de Callataÿ | LIMIT

"LA FIN DES SUPERPROFITS ?" - Étienne de Callataÿ | LIMIT

LIMIT1h 0min5 nov. 2023
La fin des superprofits ?
27 chapitres
  • Présentation d'Étienne de Callataÿ et son parcours professionnel(0'004'46)
    Étienne porte un nom hongrois hérité d'un ancêtre lointain qui a migré vers la Belgique au début du 19e siècle. Cette migration n'est pas liée aux événements politiques de 1949 mais relève d'une affaire purement privée.
    • Économiste de formation avec une passion pour comprendre la société • A travaillé à la Banque nationale de Belgique après ses études en Angleterre • Membre du Fonds Monétaire International durant 4 ans aux États-Unis • Chef de cabinet francophone de Jean-Luc Dehaene • Chef de cabinet du ministre des Finances en Belgique
    Croit en la combinaison de trois éléments pour réussir : chance, travail et intelligence. Affirme que deux des trois sont suffisants, mais disposer d'un seul complique les choses.
    Observe le monde à travers les jumelles du volontarisme d'action et de l'optimisme. Croit qu'on doit être utile, pas nécessairement comme médecin ou ministre, mais dans son domaine personnel.
  • Finance responsable et dilemmes éthiques(4'468'16)
    La finance responsable utilise un filtre d'investissement responsable, principalement la méthodologie 'best in class' qui sélectionne les meilleures entreprises dans chaque secteur selon des critères environnementaux et sociaux.
    • Interroge si la finance responsable contribue positivement ou prolonge un système défaillant • Craint de participer à une procrastination qui permettrait d'éviter les vraies réglementations • Reconnaît que les mesures de finance durable pourraient être un palliatif plutôt qu'une solution
    Se considère comme un réformiste, non un révolutionnaire. Croit au changement graduel par l'intérieur du système plutôt qu'à sa destruction.
    Pense que les entreprises font partie de la solution mais aussi du problème. La réglementation des entreprises est nécessaire, mais doit être complétée par une transformation culturelle.
  • Décroissance versus croissance qualitative(8'1610'00)
    Considère la décroissance comme une solution contre-productive à présenter aux Indiens, Éthiopiens et aux citoyens avec des fins de mois difficiles. Préfère la notion de croissance qualitative à la place.
    Défend l'idée qu'on peut être radical dans les réglementations sans être révolutionnaire. Par exemple, limiter drastiquement l'extraction de matières premières tout en jouant dans les règles du système.
    Ne pense pas que le système est malade mais qu'il fonctionne comme prévu : extraire, transformer et vendre. Le problème n'est pas le système mais ce qu'il produit.
    Décroissance certaine dans l'aviation et secteurs énergétiques fossiles, croissance nécessaire dans l'agriculture durable, l'isolation des bâtiments et les énergies renouvelables qui créeraient plus d'emplois.
  • Mécanismes économiques pour la transition écologique(10'0014'32)
    Les énergies fossiles sont trop bon marché parce qu'on ne paye pas la nature pour les extraire du sol. Un litre de lait coûte plus cher qu'un litre de pétrole, illustration du déséquilibre des prix.
    • Faut rendre les énergies fossiles plus chères à travers un signal prix très fort • Doit être accompagné d'une redistribution juste des revenus collectés • Les pauvres polluent moins que les riches, donc seraient gagnants avec une taxe carbone bien calibrée
    Propose une taxe carbone couplée à un dividende carbone. Les pauvres paieraient moins mais recevraient davantage du fonds redistribué, inversant l'effet de la taxation.
    Le système de crédit carbone est conceptuellement bon mais mal calibré. Les grandes entreprises continuent à polluer davantage car elles peuvent se permettre d'acheter les crédits, sans changer réellement de comportement.
  • Crises énergétiques et réponses comportementales(14'3214'00)
    Lors de la crise en Ukraine, débat sur le plafonnement des prix de l'énergie. Certains demandaient de plafonner pour protéger les portefeuilles, d'autres de laisser monter les prix pour inciter les économies.
    En 2022, la consommation de gaz a baissé de 20% en Europe pour la première fois depuis 50 ans. Le signal prix et les campagnes d'information (chauffage à 19°C) ont produit un changement comportemental rapide.
    Depuis le rapport Club de Rome et Rio 1992, on connaît les problèmes environnementaux mais on ne changeait pas. En 2022, l'augmentation du prix de l'énergie a provoqué une réduction que 30 ans de sensibilisation n'avait pas réussi.
    Le prix fonctionne comme incitant principal pour les comportements. Malgré l'impact social difficile, cette démonstration confirme que les mécanismes économiques peuvent générer les changements recherchés.
  • Justice sociale et acceptabilité politique des mesures environnementales(14'0016'20)
    46% des Belges déclaraient avoir du mal à finir leur mois au 4e trimestre 2022. Proposer une énergie plus chère dans ce contexte génère une colère justifiée du peuple.
    • Demander d'abord les efforts aux plus riches, ceux avec les épaules plus larges • Mettre en place un signal prix fort accompagné d'une redistribution juste • Expliquer les mesures comme justes et efficaces pour obtenir l'acceptabilité politique
    Les 50% les moins nantis polluentnettement moins et pourraient être gagnants avec une fiscalité environnementale bien conçue, même s'ils paient pour l'énergie, ils recevraient davantage en redistribution.
    Les grandes entreprises (Total, Solvay, compagnies pharmaceutiques) connaissent des records de bénéfices pendant que la fortune des riches s'accroît, tandis que les mesures environnementales ciblent les pauvres. Cela explique la révolte.
  • Superprofits corporatifs et inégalités croissantes(16'2018'32)
    Les bénéfices extraordinaires des entreprises ne sont pas dus aux mesures environnementales mais à la globalisation, à la perte de concurrence entre entreprises et à des phénomènes économiques éloignés de la théorie économique.
    • Crédit Suisse aurait dû être nationalisé d'abord, puis recapitalisé de force par l'État • L'État aurait pu acheter les nouvelles actions à un prix minimal (0.001 franc) pour devenir actionnaire majoritaire • Puis revendre la banque plusieurs milliards à UBS, en gardant une part des profits
    Au lieu que les contribuables subventionnent le sauvetage, l'État aurait dû conserver le contrôle et en bénéficier financièrement, devenant acteur du marché plutôt que simplement secouriste.
    La Suisse pouvait se permettre de perdre 3 milliards mais a choisi de les perdre en sauvetage. Une meilleure stratégie aurait été de les investir pour en récupérer des multiples.
  • État, gestion publique et limites du capitalisme(18'3221'50)
    Quand l'État gère directement (cas de la RTT pour le téléphone), c'est rarement brillant. Les délais deviennent 5-6 mois sans intervention, mais peuvent être réduits par des connexions politiques.
    Le communisme soviétique aurait aussi déforesté et détérioré l'environnement. La myopie, l'égoïsme et le 'après moi les mouches' sont inhérents à l'humain, pas au seul capitalisme.
    • L'accélération majeure est due au libéralisme et capitalisme modernes • Effondrement de la biodiversité sans précédent dans l'histoire humaine • Réchauffement climatique et transformation irréversible des sols et cycles du phosphore-azote
    Refuse de penser que l'humanité est intrinsèquement mauvaise. De bons mécanismes de prix peuvent corriger les comportements destructeurs en rendant ce qui détruit la nature plus cher.
  • Régulation versus prix : trouver l'équilibre(21'5024'43)
    Sans régulation, un riche indifférent au prix continuerait à polluer même si c'était très cher. Il faut combiner signaux de prix ET signaux de régulation pour éviter que l'argent achète tous les droits.
    Certaines choses doivent être tout simplement interdites, pas vendues au plus offrant. On ne doit pas pouvoir acheter le droit de tuer la nature, quelle que soit la somme proposée.
    • La fiscalité offre une agilité que les interdictions n'ont pas • Chacun peut choisir où réduire selon ses préférences personnelles • Permet à chacun d'optimiser sa propre contribution à la transition
    La mère d'Étienne préfère l'avion pour visiter l'Italie, lui préfère la voiture pour le week-end en campagne. Avec la fiscalité, chacun finance ce qui l'intéresse peu ; avec interdiction, on frustre tout le monde différemment.
  • Budget carbone personnel et allocation des ressources(24'4327'27)
    Idéal intellectuellement : donner à chacun un budget CO2 annuel égal. Ceux qui consomment moins que leur quota pourraient-ils le revendre ? Deux visions s'opposent : non-négociable versus traçable.
    Préfère l'option où chacun peut revendre un surplus de CO2. Si quelqu'un renonce à de petits plaisirs polluants pour d'autres, cela augmente son bien-être global sans dommage collectif.
    • Pas de passe-droit pour les milliardaires comme Bernard Arnault ou Vincent Bolloré • Mais justifications légitimes pour diplomates, chercheurs, médecins itinérants et professionnels voyageant • Les loisirs ostentatoires (hélicoptère, jets privés) ne méritent pas de considération particulière
    Si une entreprise pollue, cette pollution doit être interdite ou rendue si chère qu'on ne s'approvisionne plus auprès d'elle. La pression consommatrice peut forcer le changement sans dépendre de budgets personnels.
  • Contrat social brisé et transition difficile(27'2729'32)
    Le modèle occidental promettait à tous : maison quatre façades, grosse voiture, consommation illimitée. Maintenant qu'on y a goûté, demander une réduction du mode de vie est vécu comme une trahison.
    • Les jeunes de banlieue et du reste du monde n'ont jamais eu accès à cette vie de consommation • Dire à ceux qui n'ont rien qu'ils ne l'auront jamais car il n'y a plus de gâteau est hautement injuste • Risque de révolution internationale si les jeunes voient leur rêve s'effondrer
    Faut être très attentif à ne pas générer des mouvements sociaux massifs. Les efforts doivent d'abord venir de ceux qui ont beaucoup pris l'avion et beaucoup pollué.
    Très important que ceux avec les épaules plus larges montrent l'exemple. Leur comportement doit réaliser leur responsabilité particulière dans les dérèglements climatiques actuels.
  • Responsabilité historique et compensations justifiées(29'3230'57)
    Les catastrophes climatiques au Pakistan résultent des comportements passés : ceux d'hier, d'avant-hier, de nos parents et ancêtres. C'est une responsabilité cumulative, pas seulement contemporaine.
    • La Belgique s'est enrichie en ignorant complètement les effets délétères sur d'autres pays • On débat aujourd'hui des dégâts du colonialisme mais pas de la responsabilité belge dans les problèmes climatiques • Les impacts climatiques au Pakistan sont importants et méritent une discussion de culpabilité
    La logique élémentaire voudrait que les pays enrichis se cotisent pour dédommager les pays en crise climatique et les aider à construire une direction durable.
    La direction qu'on prend c'est celle de l'idéal des droits humains et de l'égalité. C'est ce vers quoi l'humanité et la géopolitique tentent d'aller, malgré les réalités contraires.
  • Classe moyenne et risque de polarisation(30'5731'15)
    La classe moyenne disparaît : soit on bascule vers une grande richesse, soit on tombe dans la pauvreté. On vit actuellement ce processus de polarisation.
    • Les ultra-riches privatisent les services (pompiers, sécurité, approvisionnement alimentaire) • Les autres vivent dans une forme de pauvreté anesthésiée par Netflix et réseaux sociaux • Similaire au film Ready Player One où le monde entier vit dans une pauvreté virtuelle divertissante
    Sans changement, on tend vers un monde où l'élitisme reste la norme. Les richesses s'accaparent tous les flux de valeur, laissant peu aux autres.
    Travail culturel extrêmement important à faire : réguler la publicité, créer des prises de conscience personnelles et collectives pour empêcher cette polarisation.
  • Régulation de la publicité et transformation culturelle(31'1536'15)
    • La publicité conditionne les aspirations collectives et les comportements consuméristes • Les familles comme les Kardashian, suivies par des millions, définissent les standards de vie ostentatoire • Influence massive sur les jeunes générations concernées par le climat mais qui veulent aussi l'argent et le luxe
    Ce qui est ostentatoire doit être particulièrement condamné. Les personnes aisées ont une responsabilité de ne pas exagérer leurs dépenses et de ne pas afficher leur richesse.
    Exemple de l'enfance : si un enfant de la classe va au ski et pas les autres, y a pas de jalousie. Mais si la majorité y va, alors chacun voudrait y aller. Le comportement des riches crée des attentes.
    • Les réseaux sociaux amplifient cet effet d'entraînement à une échelle sans précédent • Créent la dysmorphophobie chez les jeunes et adolescents • Diffusent un style de vie inégalement accessible qui génère frustration et colère
  • Mécanismes économiques et croissance qualitative(36'1540'38)
    Ne croit pas à une décroissance générale. Plutôt une sélection : décroissance dans certains secteurs (aviation), croissance dans d'autres (agriculture durable, isolation).
    Si une salle de cinéma passe de 50% à 75% occupée avec des spectateurs venus à pied ou vélo, ce n'est pas une décroissance. Le PIB augmente et c'est bon pour l'économie et la planète.
    • Isolation des maisons crée du travail et augmente le PIB • Agriculture durable créera plus d'emplois que l'agriculture actuelle • Énergies renouvelables : plus de croissance, plus d'emplois, monde meilleur
    On peut parfaitement réconcilier croissance économique, profit et emploi dans un monde qui irait nettement mieux. La croissance qualitative est la bonne réponse, pas la décroissance totale.
  • Technologie et sobriété : deux piliers de la transition(40'3838'41)
    • Faut investir massivement dans la technologie pour la transition énergétique • Pompes à chaleur existent déjà mais ne sont pas déployées suffisamment • Bill Gates soulève la question : pourquoi les solutions existantes ne se généralisent pas ?
    On ne peut pas parier que la technologie de demain résoudra tout. Ne pas utiliser cet argument pour continuer à polluer aujourd'hui en attendant la solution miracle.
    • Réduire la consommation d'énergie dans l'agriculture, l'alimentation, la mobilité, le chauffage • Doit s'accompagner de justice sociale et réduction des inégalités • Technologie ET sobriété, pas l'un ou l'autre
    Les écoles professionnelles belges enseignent encore la mécanique thermique alors que l'électrique domine l'avenir. La transformation doit commencer par l'éducation.
  • Néolibéralisme et critique du capitalisme actuel(38'4139'34)
    Bertrand Picard dit que le capitalisme tel qu'on le pratique ne devrait pas s'appeler capitalisme mais crétinisme : il n'accorde de l'importance qu'au capital physique et peu au capital humain et naturel.
    Bruno Coleman et d'autres ont soulevé que le néolibéralisme est incompatible avec les limites planétaires. Le système actuel de croissance infinie ne peut pas coexister avec une planète finie.
    • Capital physique : valorisé à l'excès • Capital humain : peu considéré • Capital naturel : complètement ignoré • Les trois doivent entrer en considération pour un vrai capitalisme intelligent
    L'économiste Picard est très strict sur la régulation : faut limiter drastiquement l'extraction de matières premières. On peut être radical dans la régulation tout en jouant dans le système.
  • Fiscalité, profits et reconstruction de l'État-Providence(39'3442'04)
    La distinction entre superprofits et profits légitimes est difficile à déterminer. Un chercheur qui invente un super médicament génère des superprofits mais on le trouve sympathique.
    • Aux États-Unis, années 1945-1970 : croissance économique extraordinaire avec taux fiscaux relativement élevés • La fiscalité n'est pas l'ennemi de la croissance et l'innovation • Course au moins-disant fiscal des 10 dernières années n'est justifiée par aucune théorie économique solide
    Les discours sur la nécessité de baisser les impôts pour favoriser l'innovation sont du marketing politique, non des faits scientifiquement établis.
    Mesures de type environnemental doivent s'accompagner de mesures sociales et de reconstruction de l'État-Providence capable de financer la transition.
  • Actionnaires militants et transformation par l'investissement(42'0444'18)
    • L'argent a souvent une connotation négative due à l'héritage idéo-chrétien • Avoir du patrimoine crée culpabilisation et tensions avec les générations plus jeunes • Comment expliquer l'enrichissement passé fait aux dépens de la planète ?
    L'investissement responsable inverse la dynamique : l'argent qui était sale devient un levier de changement. L'actionnaire devient militant pour transformer les entreprises de l'intérieur.
    • Les clients d'Étienne ne se voient pas comme activistes mais il y a une forme d'activisme actionnarial • Utiliser le pouvoir d'investisseur pour pousser les entreprises à changer • Pas suffisant seul mais combiné à d'autres mesures, c'est utile
    Les clients ne sont pas mus uniquement par l'argent. L'indépendance financière, la liberté de dire non, et les préoccupations pour les générations futures jouent aussi des rôles importants.
  • Greenplexe et doute sur les fausses solutions(44'1845'19)
    Il y a beaucoup d'enfumage dans le modèle de croissance verte. Mal placé pour affirmer avoir la solution unique ou que l'éolien et le solaire résoudront tout.
    • Les modules solaires et moteurs électriques pourraient avoir des effets non anticipés • Avant que l'éolien ne crée autant de dégâts que l'énergie fossile, les poules auront des dents • Faut continuer mais avec retenue face à ces inconnues
    Le risque c'est que l'industrie utilise la finance verte comme excuse pour continuer à gagner toujours plus. La mise en œuvre est complaisante même si l'instrument théorique est bon.
    Le moteur de beaucoup reste toujours l'argent. Même en finance responsable, pour certains le désir de gagner plus est le moteur principal, masqué par le militantisme de façade.
  • Comprendre les motivations humaines et les richesses(45'1948'17)
    • Ce qu'on gagne est perçu comme indicateur d'une vie méritant d'être vécue : c'est faux • Gagner beaucoup est vu comme preuve d'intelligence : c'est aussi faux • Mais ces constructions mentales existent et créent des comportements de course à l'échalote
    Les patrons de banques en crise se considèrent comme en compétition d'intelligence. Gainer plus devient la manière de prouver qu'on est plus intelligent, créant une spirale inflationniste des salaires.
    • L'argent peut aussi représenter l'indépendance et la liberté de dire non • Préoccupations intergénérationnelles : vouloir laisser du patrimoine aux enfants et petits-enfants • Sécurité en cas d'accident de vie, maladie ou handicap
    Un père mettant de côté pour ses enfants mérite plus de sympathie qu'un milliardaire cassant des Ferrari. Les préoccupations pour les autres générations sont plus légitimes que l'accumulation ostentatoire.
  • Vases communicants et croissance du gâteau économique(48'1750'32)
    Si quelqu'un s'enrichit, ce n'est pas automatiquement au détriment d'un autre. La plupart des gens que côtoie Étienne ne croient pas aux vases communicants.
    • Le gâteau économique n'a pas une taille fixe, il peut grandir ou diminuer • Quand il grandit, chacun peut en bénéficier sans que ce soit au détriment d'autrui • C'est la logique opposée à celle d'un Trump qui voit chaque gain d'autrui comme sa perte
    Trump voit le monde comme antagoniste : si l'autre reçoit l'autorisation de construire un casino, c'est que moi je ne l'ai pas eu. Ce n'est pas la vision d'un économiste moderne.
    La vraie richesse c'est de faire grandir ensemble le gâteau économique. Ensemble on peut augmenter la valeur collectivement plutôt que de se battre pour les parts d'un gâteau fixe.
  • PIB, espérance de vie et indicateurs de progrès(50'3253'44)
    L'espérance de vie n'augmente pas proportionnellement à la croissance du PIB. On aurait pu penser que le doubling de pouvoir d'achat augmente l'espérance de vie mais ce n'est pas le cas.
    • La pollution tue : on meurt trop tôt à cause de ce qu'on inspire • La nourriture transformée détériore la santé • Mauvais divertissement et perte de qualité de vie malgré la richesse matérielle
    Historiquement, croissance a permis assainissement des eaux, augmentation massive de l'espérance de vie. Mais aujourd'hui, chaque 1-2-3% de croissance ne change plus rien à la santé.
    • Le PIB est devenu mesure principale de la qualité de gestion publique mais ne devrait pas l'être • Bien mieux d'avoir l'espérance de vie en bonne santé comme indicateur principal • PIB donne une importance disproportionnée aux débats politiques et médiatiques
  • Actions individuelles et pouvoir consommatrice collectif(53'4456'35)
    Pour ne pas tomber dans l'éco-anxiété et dépression, faut bouger. Même si les grands milliardaires ne changent pas, cela ne justifie pas l'inaction de chacun.
    • Investir dans son propre comportement : Étienne est devenu végétarien et roule à vélo • Investir dans son discours auprès de l'entourage : l'exemplarité joue • Les hommes politiques ont besoin de signaux qu'ils peuvent être élus avec des mesures fortes
    • Pétitionnement et manifestation pour forcer les États à s'engager légalement sur réductions CO2 • Traités internationaux avec sanctions réelles en cas de non-respect • Ne pas sous-estimer le pouvoir du consommateur organisé
    • Application Yuka pour évaluer la qualité nutritive : 25 millions de téléchargements • Les grandes entreprises changent leurs recettes pour mieux noter sur Yuka • Ce n'est pas Bill Gates, c'est nous collectivement qui avons fait cette puissance
  • Pouvoir du consommateur et changements concrets(56'3557'52)
    • Si 5% de la clientèle d'un supermarché le quitte, c'est gênant • Si 3% cesse d'acheter le jambon rempli de nitrites, le supermarché s'intéressera à des alternatives • Le consommateur a effectivement du pouvoir direct sur les stratégies commerciales
    Les changements comportementaux de masse peuvent avoir des impacts rapides sur les entreprises. On peut voir des changements assez vite, pas d'attendre générations.
    • Exemple : un végétarien à une soirée peut obtenir un plat spécifique • Petit à petit, les habitudes des autres changent par contagion • Adaptation progressive plutôt que confrontation directe
    On sous-estime les effets d'entraînement du militantisme doux : si le ami fait une sortie à vélo au lieu qu'en hélico, d'autres vont vouloir faire pareil progressivement.
  • Optimisme d'action et continuité de l'effort(57'5259'25)
    Ne faut pas tabler sur le scénario de l'horreur en se disant qu'une grande catastrophe environnementale nous fera enfin comprendre. Ce pari est trop risqué.
    Préfère une solution enthousiasmante : trouver du bien-être en consommant moins, pas en attendant le désastre pour agir. L'optimisme de l'action est plus puissant.
    • Quand on invite quelqu'un, on peut adapter son menu pour faire plaisir • Plutôt que sortie loin, faire un week-end près : la mer au lieu de l'hélicoptère en montagne • Ces petits changements ont des effets d'entraînement graduels
    On peut vraiment transformer les choses avec des actions graduelles et douces. Ne pas croire que seules les mesures radicales ou les catastrophes peuvent créer le changement.
  • Conclusion et conseils pour l'audience(59'2560'01)
    Passer d'une logique individuelle à une logique collective en commençant par l'action personnelle. C'est la fondation pour éviter l'éco-anxiété.
    • Investir personnellement dans son comportement : végétarisme, vélo, réduction • Investir dans le discours : influence par l'exemplarité sur l'entourage • Voter avec ses pieds : choisir les entreprises et produits responsables • S'engager collectivement : pétitions, manifestations, action juridique
    Les hommes politiques attendent les signaux qu'ils peuvent s'aventurer sans se faire éliminer. Si on leur montre qu'on les soutient, ils prendront les mesures fortes nécessaires.
    Ne pas se laisser paralyser par l'ampleur du problème. Chaque personne a du pouvoir : comme consommateur, comme votant, comme influenceur dans son réseau social personnel.