VINZ/"ON Y A VU QUE DU FEU ?!" (avec Arthur Keller) | LIMIT #cop28 #cop29 #cop30 #cop31 #cop32 #etc
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LIMIT35 min26 déc. 2023
la COP 28 à Dubaï vient de se terminer et il est grand temps de faire les comptes
17 chapitres
  • Contexte et scandales de la COP 28(0'024'18)
    La COP 28 à Dubaï vient de se terminer avec un accord présenté comme historique, mais qui ressemble à un horoscope où chacun y interprète ce qu'il veut.
    • Total Energie considère l'accord conforme à sa stratégie d'augmenter la production de pétrole et gaz de 2-3% par an jusqu'en 2027 • Le PDG d'ADNOC (Émirats) et président de la COP, Sultan Al Jaber, a utilisé la conférence pour négocier des contrats pétroliers • L'Arabie Saoudite a été découverte en train de négocier des accords commerciaux de pétrole avec des pays africains • Record de 2500 lobbyistes de l'industrie fossile présents, soit 4 fois plus qu'en 2022
    Dubaï, une ville construite en plein désert sous 40°C avec 90% de sa population composée de travailleurs migrants exploités et des émissions de CO2 par habitant de 20 tonnes, soit 10 fois l'objectif climatique.
    Seulement 15 femmes chefs d'État sur 133 leaders présents, reflétant un système patriarcal peu inclusif.
  • Arguments climatiques et réfutations(4'186'26)
    Al Jaber a nié l'évidence scientifique du besoin de sortir des énergies fossiles, affirmant que cela ramènerait l'humanité à l'âge des cavernes.
    • Le rapport du GIEC établit les fondations scientifiques sur les conséquences des changements climatiques • Historiquement, les régressions technologiques ont été causées par des changements climatiques, pas l'inverse • Les énergies fossiles ont historiquement causé les développements technologiques de l'humanité
    Les technologies de capture de CO2 bénéficient d'une visibilité démesurée avec un salon privé de greenwashing, alors que leur performance réelle ne le justifie pas.
    L'élimination actuelle de CO2 par technologie représente 0,01 million de tonnes, soit plus d'un million de fois inférieur aux émissions actuelles de CO2 fossile.
  • Nécessité de sobriété et limites technologiques(6'268'25)
    Le mot sobriété est le plus grand absent de cette COP, remplacé par des publicités ciblées pour des solutions vertes technocratiques.
    Ceux qui comptent exclusivement sur le développement de technologies en refusant d'envisager la décroissance du PIB croient au Père Noël.
    Les graphiques montrent que les émissions de CO2 continuent encore et encore d'augmenter, malgré les promesses technologiques.
    Les solutions purement technologiques ne nous protégeront pas à 2 degrés, et la capture du carbone ne sera qu'un pansement sur une hémorragie.
  • Nature et fonctionnement des COP(8'2511'38)
    COP signifie Conférence des Parties, qui est en réalité l'accord intergouvernemental définissant comment les États se coordonnent pour prévenir les activités humaines dangereuses pour le climat.
    L'ONU n'est pas au-dessus des États et ne peut absolument rien imposer à personne, les engagements sont non contraignants.
    • Les États abandonnent les engagements à la moindre problématique géopolitique, économique ou climatique • L'Inde augmente ses centrales à charbon face à la demande de climatiseurs • Plus de 50% des nouvelles centrales à charbon mondiales sont en Chine, 14% en Inde
    Les COP fonctionnent comme des sessions de motivation collective de type Tony Robbins, avec un résultat final timide qui impulse aux États une envie d'agir sans mesures véritablement ambitieuses.
  • Insuffisance des engagements climatiques(11'3813'52)
    Les engagements actuels des États sont largement insuffisants selon le rapport 2023 de l'UNEP sur l'écart entre les besoins et les perspectives en réduction des émissions.
    Même si les États respectaient intégralement leurs engagements, le climat flirterait quand même avec +3°C, soit le double de l'objectif de l'accord de Paris et largement au-delà des points de bascule climatique.
    À +2 degrés, l'adaptation devient mission impossible : beaucoup de gens vont mourir et la vie deviendra beaucoup plus difficile pour tout le monde.
    On part dans l'inconnu, et cela va être très compliqué pour les générations futures.
  • Autocritique des pays riches et paradoxes(13'5216'42)
    Chaque pays ou délégation industrielle est présente pour défendre ses propres intérêts avant tout, ce qui montre que nous ne sommes pas en démocratie.
    Les pays riches demandent aux pays pauvres de se développer sans énergies fossiles, alors qu'ils ont eux-mêmes utilisé le fossile pour leur développement et font partie des 10% les plus pollueurs de la planète.
    Le discours d'Emmanuel Macron demandant aux émergents de sortir du charbon incarne le 'chacun pour soi', voulant que les autres changent sans transformer soi-même.
    Les pays riches comme la France et la Belgique devraient décroître massivement et favoriser la qualité de vie, tandis que certains pays ont besoin de croître quantitativement sans reproduire les mêmes schémas destructeurs.
  • Inégalités nord-sud et néocolonialisme climatique(16'4218'00)
    Le paradoxe du 21e siècle : le Nord a créé et imposé les règles du jeu au monde entier, et maintenant doit dire au Sud que ce système basé sur la croissance économique ne peut plus continuer.
    • Les pays riches promettaient 100 milliards de dollars par an aux pays du Sud • Seulement 1/4 de cet argent sont des subventions publiques • Les 3/4 sont des prêts avec des taux d'intérêt plus élevés que les marchés conventionnels
    C'est une forme vicieuse d'asservissement par la dette, un néocolonialisme qui continue à servir et à exploiter les ressources et les peuples des pays pauvres sous le prétexte de développement et d'échanges internationaux.
    Il y a encore de l'esclavage aujourd'hui à l'heure actuelle, et les structures de domination coloniale persistent à travers les mécanismes de financement climatique.
  • Avancées concrètes de la COP 28(18'0020'56)
    Pour la première fois, le Fonds des Pertes et Préjudices a été officiellement créé après 10 ans de discussions pour dédommager les pays durement touchés par les événements climatiques extrêmes.
    • Émirats Arabes Unis : 100 millions de dollars • Allemagne : 100 millions de dollars • Royaume-Uni : 75 millions de dollars • Japon : 10 millions de dollars • France : jusqu'à 100 millions de dollars (annoncé mais non ferme)
    Au total, environ 700 millions de dollars ont été rassemblés, ce qui est anecdotique comparé aux 290-590 milliards de dollars de dégâts attendus d'ici 2030 et aux centaines de milliards de dollars de dégâts actuels par an.
    • Les inondations de 2022 au Pakistan ont causé 10 milliards de dollars de dégâts • L'Afrique perd 7-15 milliards de dollars par an à cause du changement climatique • Les inondations en Libye ont détruit 1/4 de la ville avec des dégâts évalués à 700 millions de dollars seuls
  • Reconnaissance de la santé et des peuples autochtones(20'5623'49)
    Une journée entière a été consacrée à parler des liens entre changement climatique et santé, symbolisant cette reconnaissance importante.
    Un milliard de dollars a été mobilisé par les gouvernements, institutions internationales et acteurs non-étatiques pour les enjeux santé-climat.
    Le Global Stocktake, premier bilan collectif de l'accord de Paris depuis 2015, se concentre sur l'atténuation, l'adaptation et le financement des actions climatiques.
    • 5% de la population mondiale protège 82% de la biodiversité mondiale • Leur rôle capital a été officiellement reconnu à la COP 28 • Ils sont trop souvent marginalisés et traités comme des sauvages par les cultures dominantes occidentalisées
  • Énergies renouvelables et le débat nucléaire(23'4924'43)
    L'accord appelle à accélérer le déploiement de toutes les technologies à faible émission de CO2, incluant les énergies renouvelables et celles permettant de retirer du CO2 de l'atmosphère.
    Pour la première fois, le texte prévoit de passer par le nucléaire, marquant potentiellement la fin des querelles stériles entre pro-éoliens/solaires et pro-nucléaires.
    • Les écolos mainstream s'opposent au nucléaire en raison des déchets dangereux • Les pronucléaires soulignent la disponibilité à la demande et la croissance des renouvelables • Le prix des énergies renouvelables continue de baisser • Le nucléaire offre une production stable mais avec des coûts de construction élevés
    Le texte de la COP 28 reconnaît que toutes ces technologies à faible émission sont nécessaires pour atteindre la neutralité carbone.
  • Négociations cruciales sur les énergies fossiles(24'4327'34)
    Jusqu'à la veille de la clôture, l'OPEP a envoyé un courrier à tous ses membres enjoignant de s'opposer à toute mention de sortie des énergies fossiles dans l'accord.
    Le secrétaire général de l'OPEP Aitam Algais montrait une panique complète à l'idée d'une élimination progressive des combustibles fossiles mentionnée dans l'accord.
    Pour l'OPEP, parler de neutralité carbone était acceptable, mais officiellement reconnaître qu'il faut cesser de brûler des combustibles fossiles était considéré comme un tabou inacceptable.
    L'OPEP semble refuser de se souvenir que brûler du pétrole émet du CO2, et insiste sur la capacité supposée des technologies de capture à résoudre le problème.
  • Débat linguistique : phase out vs phase down(27'3429'25)
    • Phase out signifie cessation progressive, arrêt total de l'utilisation des énergies fossiles • Phase down signifie réduction progressive de l'usage, correspondant aux scénarios du GIEC • Le GIEC n'envisage pas une sortie totale à 100% des énergies fossiles, selon le scientifique Glenn Peters
    Diplomates et politiciens ont cristallisé leurs positions entre phase out et phase down, finissant par un compromis : 'transition away from fossil fuels'.
    'Transition away' veut sensiblement dire la même chose que phase down, avec juste assez de flou pour que chacun comprenne ce qu'il a envie d'entendre.
    Ces chipotages sémantiques en disent long sur le niveau de gaminerie ambiant chez nos diplomates et sur leur incapacité à prendre des décisions claires.
  • Analyse critique de l'accord final(29'2531'38)
    L'accord ne provoquera pas de grande révolution du jour au lendemain, mais va clairement dans le bon sens, même s'il ne parle pas explicitement du pétrole et du gaz.
    Le texte invite les États à faire des efforts souverairement, omettant la notion de responsabilité commune mais différencier qui placerait le gros du travail sur les pays historiquement les plus pollueurs.
    • L'accord reste flou sur le rythme de sortie du fossile sans fixer de trajectoire claire • Le GIEC demande une baisse de 67% des émissions d'ici 2050 pour rester sous 2 degrés • Plus de 50% de réduction d'ici 2030 pour rester sous 1,5 degré
    Sans trajectoire et avec juste une date limite, les États et entreprises fossiles pourraient continuer leurs activités inchangées jusqu'en 2049 et tout fermer en 2050 en affirmant avoir respecté l'accord.
  • Failles et zones d'ombre de l'accord(31'3832'48)
    L'accord ne précise pas l'absolue nécessité de ne plus ouvrir de nouveaux projets fossiles, contrairement à ce que reconnaît l'Agence Internationale de l'Énergie.
    • L'accord reconnaît que les 'transitional fuels' pourraient faciliter la transition • Ce terme désigne très probablement le gaz fossile, appelé 'gaz naturel' • Le gaz pourrait être bien plus destructeur pour le climat que le charbon qu'il est censé remplacer
    L'expression 'transitional fuels' est la sémantique exactement utilisée par ADNOC, la compagnie pétrolière nationale des Émirats, confirmant l'influence du PDG Al Jaber agent double.
    L'accord appelle à phase down le charbon non capté, pas de phase out, ce qui est très inquiétant vu la quantité de charbon qui pourrait être transformée en CO2 dans les décennies à venir.
  • Subventions fossiles et conditions ambiguës(32'4833'42)
    L'accord appelle à cesser de subventionner 'inutilement' les énergies fossiles, ce qui revient implicitement à appeler à les subventionner 'utilement'.
    Environ 7000 milliards de dollars sont dépensés chaque année en subventions pour les énergies fossiles, un montant écrasant.
    Les États pourraient prétendre que le remplacement d'installations vétustes par du gaz ou du charbon 'neuf' justifie les subventions, en utilisant la loopholes du texte.
    • La sortie des énergies fossiles est conditionnée à être 'juste et équitable' • Ces termes sont suffisamment flous pour laisser la porte ouverte à de nombreux abus • L'absence de définition précise rend l'accord peu contraignant
  • Absence de sobriété et conclusion(33'4234'50)
    Les solutions purement technologiques plaisent décidément trop aux diplomates, tandis que la sobriété et la décroissance ne sont clairement pas du tout au programme.
    Le texte a été réduit et ne contient absolument aucune information sur les objectifs et délais précis de la transition.
    Les conclusions du GIEC ont précisé qu'il existe des limites à l'adaptation des limites de temps et cetera, mais ce point critique a été occulté.
    • La COP 28 a eu du bon, du moins bon et du mauvais • Fondamentalement, tout reste à faire • Les solutions doivent venir de nous-mêmes d'abord, par nos choix électoraux et nos changements personnels • Changer nous-mêmes rend plus facile de changer les autres autour de nous
  • Prochaine COP à Bakou et enjeux futurs(34'5035'53)
    La prochaine COP aura lieu à Bakou en Azerbaïdjan, une dictature dont l'économie dépend à plus de 60% de ses exportations de gaz et de pétrole.
    97% de la consommation d'énergie en Azerbaïdjan provient des énergies fossiles, ce qui en fait un hôte hautement problématique pour une conférence climatique.
    • Écrire aux Nations Unies pour demander d'éviter les conflits d'intérêts dans les prochaines COP • Révoquer les badges d'accès aux lobbyistes du fossile, comme on l'a fait pour l'industrie du tabac • Changer le format des COP pour garantir des obligations contraignantes pour les États, pas seulement des propositions
    Il faut cesser de négocier avec ceux qui envoient la planète vers les flammes de l'enfer et mettre en place des mécanismes véritablement contraignants pour les États.