
LE RAPTOR vs LA RÉALITÉ CLIMATIQUE #REPONSE #CRITIQUE | LIMIT #PASUNDEBUNK
7 chapitres
- Introduction et contexte du RaptorQui est le RaptorIsmaël Ousimani, connu sous le pseudonyme Le Raptor, est un youtubeur provocateur avec un fort sens de la punchline qui a attiré une importante base de followers, particulièrement chez les jeunes.Son projetAprès une hibernation YouTube de 2 ans, il revient pour publier une vidéo qu'il dit vouloir faire depuis plus de 4 ans, dénonçant ce qu'il appelle les arnaques des wokistes et hommes soja sur le changement climatique.Première impression• Malgré son côté provocateur et tranchier reconnaissable, sa vidéo contient plus de bêtises et d'approximations que de faits vérifiés • Il s'est mordu la langue en voulant attaquer le consensus climatiqueObjectif de cette analyseCette vidéo explique la nature du piège dans lequel le Raptor est tombé et pourquoi il fonctionne souvent sur nous comme sur lui.
- La source du problème : Steven Koonin et son livreStructure du livreLa vidéo du Raptor est quasiment un copié-collé plan par plan du livre 'Unsettled' (en français 'Climat : la part d'incertitude') de Stephen Koonin, sorti il y a 3 ans.Qui est Koonin• Physicien américain spécialisé en physique nucléaire et génie civil • Ancien directeur scientifique de BP, l'une des plus grosses compagnies pétrolières du monde • N'a aucune expertise en climatologieLignée de faux expertsKoonin s'inscrit dans une longue lignée d'auteurs trompeurs : Claude Allègre, Vincent Courtillot, François Gervais et Christian Gerondeau, tous des scientifiques parlant en dehors de leur domaine de compétence pour vendre des livres sensationnalistes.Motivation réelleDénoncer un complot reste un excellent moyen de vendre des livres. Les titres accrocheurs comme 'Ma vérité sur la planète' ou 'Climat : la fausse menace' sont des minaturettes putaclick qui attirent la curiosité.
- Analyse du consensus scientifique et du GIECQui est le GIEC• Organisation chargée de lire l'intégralité de la littérature scientifique sur le climat et d'en faire un résumé • Composé de 234 scientifiques de 66 pays pour le dernier rapport • A épluché 14000 publications scientifiques pour ce rapportTransparence totaleLe GIEC offre une transparence complète : tous les documents sont en accès libre sur son site internet, les sélections d'auteurs, l'approbation des rapports et même son budget de seulement 6 millions d'euros sont publics.Le consensus scientifiqueDepuis 2007, aucun corps scientifique de calibre national ou international n'a contesté la responsabilité humaine du réchauffement climatique. Le consensus est solide et basé sur des décennies de recherche par des milliers de scientifiques indépendants.Méthode honêteUn vrai scientifique aurait d'abord publié ses critiques dans une revue scientifique spécialisée avec comité de lecture, pas commencé par un livre destiné au grand public sans confronter ses idées aux spécialistes du domaine.
- Les erreurs majeures du livre de Koonin et du RaptorDonnées obsolètesLe livre de Koonin est sorti avant le dernier rapport du GIEC et n'intègre pas les dernières données fiables. Les graphes du rapport récent montrent sans équivoque que c'est l'humain qui cause le réchauffement climatique, pas les forces naturelles.Cherry picking des données• Le nombre de victimes aux États-Unis liées aux ouragans et tornades a été divisé par 10 en un siècle grâce à l'amélioration du radar et des avertissements, pas à une réduction des événements • Le dernier rapport du GIEC confirme l'augmentation des événements extrêmes pour les ouragans • Ignorer certaines données tout en en mettant d'autres en avant est du cherry pickingIncompréhension des projectionsLe GIEC ne fait pas de prévisions mais des projections selon différents scénarios. Ces modélisations se sont avérées correctes et se sont même améliorées ces dernières années.Feux de forêt mal analysés• La superficie des feux de forêt a diminué de 25% entre 1998 et 2015, mais cette baisse est liée à l'expansion des terres agricoles, pas à l'absence de changement climatique • Les incendies géants en Grèce et au Canada ont battu des records de surface brûlée • Ignorer que l'augmentation des sécheresses et canicules rend les forêts plus inflammables est de la mauvaise foi
- Arguments climatosceptiques décortiquésLe RED team debateLe Raptor mentionne un RED team debate (équipe de défense vs équipe d'attaque), mais omet que Koonin a déjà supervisé un en 2014 avec la NSF pour tester si le réchauffement climatique était indiscutable. L'équipe de Koonin a perdu et la NSF a renforcé ses affirmations.Le mythe de l'inutilité• Argument : réduire les émissions d'une petite nation ne changerait rien • Réalité : seulement 6 pays représentent plus de 2% des émissions de CO2, donc si tout le monde tenait ce discours, on continuerait à foncer dans le mur • La France a un soft power influent depuis un siècle, montrer l'exemple ferait suivre les autresL'enjeu énergétique• Réduire les émissions réduit notre dépendance au pétrole qui se rarifie • D'ici 2050, la production de pétrole des 16 pays fournisseurs de l'Europe devrait être divisée par deux • Les importations européennes seraient multiplies par 2 à 20, voire plusPeur vs LuciditéLa plus grave erreur du Raptor est de croire que ceux qui s'inquiètent du climat sont peureux. C'est l'inverse : la peur face au danger est saine, et les vrais peureux sont ceux qui refusent de voir la réalité du changement climatique.
- La psychologie du déni climatiqueLimites du cerveau• L'évolution nous a donné un cerveau complexe mais qui consomme beaucoup d'énergie pour créer de nouveaux neurones et connexions • Le cerveau préfère bacler le travail et parfois refuse d'apprendre ou de changer ses habitudesEffet du groupe socialNotre besoin d'appartenance à un groupe biaise notre pensée et radicalise nos croyances. Si notre communauté refuse d'admettre la réalité des experts, nous cherchons des raisons de ne pas changer.Biais cognitifs en jeu• Biais de confirmation : on repère ce qui contredit les informations qu'on refuse d'accepter • Biais de narration : on crée des histoires pour justifier ne pas changer ses habitudes • Effet blouse blanche : on croit qu'un scientifique est compétent dans tout domaine parce qu'il l'est dans unLe piège du faux expertQuelqu'un devenant conscient du changement climatique et ne voulant pas changer son mode de vie cherche des experts qui confirment ses biais. Les livres et conférences de scientifiques hors de leur domaine jouent ce rôle de justification.
- Élargissement du débat et conclusionÉcologie au-delà du climatL'écologie est bien plus que les problèmes climatiques. Elle va au-delà des stéréotypes d'hommes soja et englobe une réflexion profonde sur notre rapport à la nature et à la consommation.Vision écologique diversifiée• Il existe une vision écologique proéminente à droite qui replace la nature au centre des préoccupations • Cette vision critique le capitalisme de croissance illimitée • Des personnalités comme Julien Rochedy reconnaissent que la destruction de l'environnement est le prix de la croissanceClimatoscepticisme et lobbying• Beaucoup de climatosceptiques croient que la technologie résoudra tout et que les élites mondiales nous manipulent • Pourtant, ce sont les compagnies d'énergie fossile qui dépensent 250 millions de dollars en lobbying à l'Union européenne sur 10 ans • Les véritables élites qui font du lobbying sont du côté du 'tout va bien, continuons à consommer du pétrole'Appel à la responsabilité• Il n'est pas trop tard pour agir : le meilleur moment était il y a 30-50 ans, le deuxième meilleur moment est maintenant • Plus on attend, plus on subit d'événements extrêmes et moins on peut gérer ses vies sereinement • Limit recherche et documente cette crise systémique avec sources citées, contrairement à d'autres





