SCIENCE DE LA TERRE/"LE CYCLE DE L'EAU EST FAUX" - CHARLÈNE DESCOLLONGES | LIMIT
"LE CYCLE DE L'EAU EST FAUX" - CHARLÈNE DESCOLLONGES | LIMIT

"LE CYCLE DE L'EAU EST FAUX" - CHARLÈNE DESCOLLONGES | LIMIT

LIMIT1h 22min7 avr. 2024
moins de 1 % de l'eau douce qui est sur terre est disponible aux hommes
27 chapitres
  • Introduction et présentation(0'182'42)
    Charlène Descollonges est accueillie sur la chaîne LIMIT pour discuter en profondeur du sujet complexe de l'eau.
    Charlène est ingénieur hydrologue avec une double formation, 30 ans, ayant travaillé 5 ans dans la fonction publique française comme conseillère auprès des élus sur la gestion et la gouvernance de l'eau, et exerçant maintenant comme consultante indépendante.
    Elle a coécrit un livre intitulé 'L'eau' avec Isabel Brockman qui permet de distinguer ce qui est vrai de ce qui est faux sur la question de l'eau.
    L'eau est un sujet central à notre civilisation, nos systèmes et à tous les problèmes mondiaux actuels incluant les crises et les guerres potentielles.
  • Les limites planétaires dépassées(2'428'00)
    L'humanité a dépassé la 6ème limite sur les neuf limites planétaires, particulièrement concernant l'eau verte, selon une étude récente du Stockholm Resilience Center menée par Johan Rockström.
    L'eau verte représente l'eau capturée par la végétation et les sols. Les chercheurs ont mesuré que 18% de la surface des terres non gelées présente des anomalies d'humidité des sols, dépassant la limite de 10%.
    Les deux premiers mètres du sol constituent la zone critique en hydrologie où se produisent l'infiltration, le ruissellement et l'évaporation, trois processus régissant la majeure partie de l'hydrologie de surface.
    • Agriculture intensive • Déforestation • Artificialisation des sols • Surpompage dans les nappes et rivières
  • Le cycle de l'eau enseigné est faux(8'0011'49)
    Le cycle de l'eau tel qu'on nous l'enseigne à l'école est faux : on représente la pluie qui ruisselle jusqu'à la mer, s'évapore et retourne sur terre, un cycle magique et inchangé.
    Un consortium international de chercheurs a analysé 500 schémas de représentation du cycle de l'eau et découvert que 98% d'entre eux ne représentent ni la pollution, ni le changement climatique, ni les interactions humaines avec ce cycle complètement perturbé.
    L'humanité a pris le contrôle de l'humidité des sols à l'échelle planétaire. Le cycle naturel n'existe plus - il est entièrement fictif et remplacé par un cycle profondément altéré par nos activités.
    Sans une compréhension correcte des vrais problèmes, on ne peut pas proposer de vraies solutions adaptées. Les gens affirmant qu'il n'y a pas de problème d'eau ne regardent pas les bons indicateurs.
  • Changement climatique et cycle hydrologique(11'4914'42)
    Le changement climatique perturbe le cycle de l'eau localement par l'aménagement du territoire, la déforestation et la surexploitation, et globalement en déstabilisant le climat et les régimes de précipitations.
    Un réchauffement de +1°C entraîne +7% de vapeur d'eau dans l'atmosphère. Selon le GIEC, environ 40% du réchauffement est directement lié à cette vapeur d'eau, créant une boucle de rétroaction positive qui accélère le changement climatique.
    Les régimes de précipitation se transforment : certaines régions s'assèchent tandis que d'autres reçoivent plus d'eau. On observe des événements extrêmes plus intenses, plus fréquents et plus longs, mais les infrastructures humaines ne sont pas préparées.
    • Sud et pourtour méditerranéen : asséchement progressif • Nord de la France et régions boréales : augmentation des précipitations • Toutes les régions : augmentation des phénomènes extrêmes
  • Observations et évolutions récentes(14'4218'47)
    L'hydrologie est une science du temps long, basée sur des chroniques de données supérieures à 10 ans pour établir des statistiques fiables.
    Entre 1990-2000 et 2000-2018, un moment de bascule s'est opéré : la ressource en eau renouvelable en France a diminué de 14% due à une baisse des précipitations et une hausse de l'évaporation.
    La France reçoit 500 milliards de mètres cubes d'eau par an via les pluies. 60% repartent dans l'atmosphère, le reste s'infiltre dans les nappes, se stocke dans les lacs, coule dans les rivières ou rejoint la mer.
    Depuis 2016, on observe année sèche après année sèche. Les sécheresses gagnent en intensité et en durée, particulièrement visibles en 2022 avec une sécheresse très longue cumulée à des vagues de chaleur.
  • Types de sécheresses(18'4720'46)
    Déficit de pluies sur une période donnée, mesuré par les organismes météo.
    Baisse de l'humidité des sols dans la zone critique (deux premiers mètres), aggravée par des vents forts qui décapent les surfaces.
    Diminution des débits dans les rivières et baisse du niveau des nappes, conséquence de la prolongation de la sécheresse des sols.
    Surpompage ou surprélèvement par les humains dans les nappes ou rivières par rapport à ce que l'hydrosystème peut fournir pour l'agriculture, l'industrie et l'économie.
  • Recharge des nappes et cycles saisonniers(20'4625'02)
    Les nappes se rechargent principalement d'octobre à mars-avril, moment où le surplus d'eau s'infiltre dans les sols après les pluies.
    Après mars-avril, on entre en phase végétative où toute eau qui précipite est prélevée par la végétation et ne recharge pas les nappes.
    Depuis 2016-2017, les sécheresses successives empêchent les nappes de se recharger correctement à chaque cycle, créant un déficit cumulatif alarmant.
    • Impossibilité de garantir l'eau potable • Conflits d'usage entre boire, irriguer, remplir les piscines • Nécessité d'arbitrages difficiles sur l'allocation de l'eau
  • Gouvernance transfrontalière de l'eau(25'0226'55)
    Bruxelles dépend de l'eau pompée de Wallonie tandis que ses rejets affectent l'Escaut en Flandre, créant des dépendances qui dépassent les limites administratives et nationales.
    Une commission spéciale a été mise en place entre la Wallonie, la Flandre, Bruxelles Capitale et le gouvernement fédéral pour avoir une vision prospective et coordonnée face au changement climatique.
    • Gestion des pénuries d'eau potable • Qualité de l'eau (nitrates, pesticides) • Adaptation aux régimes de précipitations changeants • Protection des bassins versants
    Les bassins versants constituent la cuvette de référence en hydrologie, collectant toutes les eaux de pluie et de ruissellement dans les cours d'eau. La coopération doit s'effectuer à cette échelle.
  • Qualité et fermeture de captages(26'5532'36)
    L'agriculture monoculture intensive a injecté massivement des engrais azotés dans les champs, qui s'infiltrent dans les nappes et créent des algues vertes en Bretagne.
    La norme européenne fixe une limite de 50 mg de nitrates par litre. Au-delà, les autorités ne peuvent pas distribuer l'eau, même après traitement.
    En France, 5000 captages ont été fermés en l'espace de 10 à 12 ans, principalement en raison des nitrates et des pesticides, plutôt que de construire des centrales de dépuration coûteuses.
    Ces fermetures de captages réduisent significativement la ressource en eau disponible et exacerbent les tensions pendant les périodes de sécheresse.
  • Cycle court de l'eau urbain(32'3629'27)
    On prélève l'eau dans une nappe, un lac ou une rivière, on la rend potable dans une petite usine, on l'achemine par un réseau fuyard (avec des fuites), puis elle repart dans un système d'assainissement.
    • À l'échelle d'un bassin versant, l'eau prélévée en amont est rejetée, puis réutilisée par la ville suivante • Ce cycle se répète plusieurs fois d'amont en aval • Les mêmes molécules sont nettoyées et purifiées plusieurs fois
    Les produits du quotidien non traités par les stations d'épuration (résidus de médicaments, hormones, produits chimiques toxiques) se retrouvent dans les rivières et finalement chez les usagers en aval.
    L'eau du robinet est le produit alimentaire le plus contrôlé, contrôlé quotidiennement et sans plastique contrairement à l'eau embouteillée, ce qui en fait la meilleure eau potable disponible.
  • Proportions d'eau disponible(29'2752'27)
    Moins de 1% de l'eau douce disponible sur terre est accessible aux humains - c'est le chiffre fondamental à retenir.
    • 97,5% de l'eau sur terre est salée • 2,5% est eau douce • 1% seulement est visible (rivières, lacs, nappes superficielles) • 1% est emprisonné dans les glaciers et calottes polaires
    22% de l'eau douce est enfermée dans des nappes très profondes (aquifères à plus de 1 km) où il n'est pas rentable d'aller la chercher.
    Un Français utilise 146 litres d'eau par jour directement, mais ne peut pas récupérer cette quantité seul via la pluie. Sur 1 m² de toiture imperméable, on récupère environ 1 m³ par an, soit moins de 3 litres par jour.
  • Les couleurs de l'eau : empreinte hydrique(52'2754'08)
    Toute l'eau évapotranspirée par la végétation et les plantes. Un arbre mature peut évaporer jusqu'à 500 à 1000 litres par jour, régénérant la pluie pour les régions voisines.
    Toute l'eau pompée dans les rivières, les nappes et autres sources, puis rejetée à un autre endroit ou consommée (circuit court de l'eau urbaine).
    Volume d'eau théoriquement nécessaire pour diluer tous les polluants émis (résidus domestiques, industriels, atmosphériques) jusqu'à atteindre des concentrations acceptables.
    L'humanité consomme 24000 milliards de mètres cubes d'eau par an (empreinte verte + bleue + grise), équivalent à détourner la moitié du débit de tous les fleuves mondiaux, essentiellement pour l'agriculture et l'alimentation.
  • Représentation nouvelle du cycle de l'eau(54'0856'48)
    Les forêts et arbres sont des capteurs et générateurs de pluie. Deux tiers des précipitations continentales proviennent de l'évapotranspiration des plantes, pas des océans.
    Il existe des bassins de précipitation qui envoient l'eau à d'autres régions et des bassins d'évaporation qui la reçoivent. Déforester l'Amazonie empêche les pluies du Pérou et d'Argentine.
    Sols morts de l'agriculture intensive ne peuvent plus infiltrer ni évaporer. Cette perturbation de l'humidité des sols constitue l'essentiel de notre empreinte eau verte.
    Les arbres fonctionnent comme une pompe biotique capable de capter l'eau du sol et la reprécipiter, créant des pluies régénérées bien avant la saison humide (étude sur la forêt amazonienne).
  • Surpompage des nappes fossiles(56'4858'50)
    Des nappes qui ont mis des centaines à des millions d'années à se constituer et ne se renouvelleront pas à l'échelle géologique humaine.
    En Amérique latine, on extrait l'eau très profonde pour produire le sel de lithium utilisé dans les batteries de voitures, une eau qui ne se rechargerait pas ou très peu.
    En France, l'eau embouteillée provient de nappes très profondes qui mettront des centaines d'années à se reconstituer.
    Des études récentes (NASA) montrent que le surpompage est tellement massif qu'il a changé l'axe de rotation de la terre en déplaçant l'eau stockée en profondeur et modifiant ainsi la gravité terrestre.
  • Augmentation de l'extraction d'eau(58'5038'04)
    En 120 ans, le pompage d'eau a été multiplié par 8, tandis que la population mondiale n'a augmenté que de 4,7 fois.
    Cela signifie qu'on utilise beaucoup plus d'eau par personne qu'il y a 120 ans - un mode de vie exceptionnellement gourmand en eau.
    Tout ce mode de vie extraordinaire dépend de l'énergie fossile et de l'eau qui en permet l'extraction. Cette dépendance mutuelle est critique.
    Moins d'eau disponible par personne signifie un stress généralisé à l'échelle planétaire et des risques accrus de conflits pour les ressources hydriques.
  • Eau et énergie fossile liées(38'0445'20)
    L'eau est injectée dans les puits de pétrole pour maintenir la pression et extraire le brut. Sans eau, moins d'extraction ; moins d'eau naturellement signifie moins de pétrole disponible.
    Au début d'exploitation, un puit produit presque uniquement du pétrole. Avec le temps et l'épuisement, il faut aller chercher plus profond et injecter plus d'eau pour maintenir la pression.
    Certains pays comme l'Arabie saoudite et Dubaï dessalent l'eau de mer pour l'injecter dans les puits pétroliers, une solution qui demande énormément d'énergie.
    • L'extraction de terres rares et métaux pour les éoliennes et panneaux solaires demande des millions de litres d'eau • Génère une pollution acide dans les écosystèmes • Pollue les nappes dont dépendent les populations locales
  • Énergie nucléaire et demande d'eau(45'2065'02)
    La France a le plus de centrales nucléaires sur sa surface. Sur les 33 milliards de mètres cubes d'eau prélevés annuellement, la moitié sert à refroidir les centrales électriques, particulièrement le nucléaire.
    • Circuit ouvert : prélève beaucoup d'eau, en rejette 98% dans l'aval (centrales anciennes du Rhône) • Circuit fermé : prélève moins, mais 30-50% s'évapore, ne retourne pas au milieu (nouveaux projets)
    Le Rhône s'est réchauffé de plus de +2,3°C depuis l'installation des centrales, dont la moitié est imputable aux centrales. Les rejets thermiques augmentent l'eau du fleuve au-delà des seuils acceptables.
    En 2022-2023, l'eau du Rhône était trop chaude pour refroidir correctement les centrales. Des dérogations ont permis de continuer, mais les impacts sur la faune aquatique restent insuffisamment étudiés long terme.
  • Perte des réservoirs mondiaux(65'0259'36)
    Une étude publiée dans la revue Science montre que tous les réservoirs d'eau douce (naturels et artificiels) dans le monde perdent chaque année 22 gigatonnes d'eau.
    • 40% : asséchement dû à déficit de précipitations • 30% : évaporation directe des réservoirs • 15% : surpompage par activités humaines • 15% : autres causes
    La Chine a construit 90000 barrages, mais stocker l'eau n'est pas intelligent hydrologiquement. Les réservoirs perdent énormément par évaporation et privent les zones en aval de l'eau.
    Les barrages en série assèchent progressivement les fleuves d'amont en aval, créant un effet domino destructeur plutôt que de résoudre le problème.
  • Guerres et conflits de l'eau(59'3668'09)
    L'eau est un instrument de pouvoir politique et diplomatique extrêmement puissant. Contrôler un barrage ou une nappe confère un énorme pouvoir géopolitique.
    • Ukraine-Russie : destruction du barrage de Kakhovka a stoppé l'avancée des troupes mais a causé une catastrophe écologique • Israël-Palestine : tous les forages sont du côté israélien • Égypte-Éthiopie : le barrage du Nil Bleu menace l'Égypte et peut déclencher un conflit armé
    Selon un rapport récent, les conflits autour de l'eau se resolvent par la coopération une fois sur deux, mettant en évidence l'importance critique d'une gouvernance dialoguée.
    Avec le changement climatique à +4°C, les sécheresses seront bien plus difficiles à gérer dans les territoires déjà en conflit, risquant des guerres de l'eau massives.
  • Solutions et hydrologie régénérative(68'0972'02)
    L'hydrologie régénérative part du constat que les forêts sont capables de capter et générer de la pluie (pompe biotique), donc on cherche à végétaliser au maximum.
    • Végétalisation massive des bassins versants • Création de baissières et terrasses pour casser la pente • Bassins d'infiltration et mares de biodiversité • Recharge progressive des sols et nappes
    Les sols riches en matière organique fonctionnent comme une éponge, absorbant beaucoup de pluie et limitant le ruissellement. Régénérer les sols via techniques agroécologiques est essentiel.
    Mêler cultures et arbres permet aux petits cycles de l'eau de se répéter. Les arbres créent de la pluie régénérée 2 mois avant la saison humide normale (cas de l'Amazonie).
  • Expériences mondiales et europe(72'0272'48)
    Les Slovaques ont mis en place l'hydrologie régénérative depuis 10 ans à l'échelle d'une grande région et ont présenté leurs résultats au sommet mondial de l'eau à New York en mars 2023.
    Le livre 'The New Water Paradigm' est disponible en libre accès et montre qu'il est possible de limiter les sécheresses et générer de l'eau grâce à l'hydrologie régénérative.
    L'hydrologie régénérative fonctionne sur du temps long avec des résultats durables, contrairement aux solutions technologiques rapides mais dépendantes d'énergie.
    Bizarrement, l'hydrologie régénérative ne s'expérimente pas vraiment en Europe hormis en Slovaquie, alors qu'elle montre des promesses partout ailleurs dans le monde.
  • Sobriété et changement alimentaire(72'4874'31)
    Sur le court terme, la solution est la sobriété globale - changer drastiquement nos modes de vie et de consommation.
    L'empreinte eau est essentiellement liée à notre alimentation. Réduire la viande, particulièrement le bœuf, a plus d'impact que réduire les douches quotidiennes.
    • Ne pas arroser son jardin avec l'eau potable • Récupérer l'eau de pluie • Pailler les sols pour conserver l'humidité • Réduire la pression sur l'hydrosystème local
    Au-delà des 146 litres directs par jour, un Français consomme 4900 litres virtuellement (via ses produits) et un Belge environ 6000 litres, explosant les limites planétaires.
  • Gouvernance participative de l'eau(74'3176'06)
    Régénérer les hydrosystèmes avec l'hydrologie régénérative et engager les citoyens dans la gouvernance de l'eau.
    Depuis 1964, la France a un modèle fonctionnant bien avec des parlements de l'eau où siègent élus locaux, usagers (agriculteurs, pêcheurs, industriels) et services de l'État.
    Ces parlements sont de démocratie représentative, pas participative. Le citoyen lambda n'a pas la place. Il faut davantage de démocratie directe inspirée du modèle suisse.
    Sur le Rhône, 25 citoyens tirés au sort comme pour une convention citoyenne sont formés aux enjeux de l'eau et proposent une nouvelle façon de coopérer collectivement autour de cette ressource.
  • Donner voix aux écosystèmes(76'0679'03)
    Les instances actuelles n'incluent que des humains. Il faut représenter les poissons, oiseaux, batraciens, tout le vivant qui a besoin d'eau.
    Les scientifiques sont les meilleurs médiateurs des écosystèmes car ils passent du temps sur le terrain, documentent et produisent des données et informations rigoureuses.
    Intégrer aussi les savoirs ancestraux des peuples premiers, chamanes, druides et autres observateurs du territoire depuis des décennies qui ont un savoir-faire différent et complémentaire.
    • Whanganui en Nouvelle-Zélande • Trato en Colombie • Mar Menor en Espagne • Reconnues comme entités juridiques pouvant porter plainte en justice pour préjudices
  • Animisme moderne et changement culturel(79'0381'19)
    Un changement culturel majeur s'opère vers la reconnaissance des fleuves, forêts et écosystèmes comme des entités à valeur égale aux humains.
    Cette réinstauration d'une forme d'animisme moderne provient de la reconnaissance scientifique que ces écosystèmes sont aussi importants et sensibles que nous.
    La science corrobore les savoirs ancestraux : il y a quelque chose dans ces approches qui fonctionne et qui mérite attention sérieuse des scientifiques.
    Passer d'une motivation de peur (je ne peux pas remplir ma piscine) à une motivation d'amour (je prends soin de l'eau et des écosystèmes) change tout pour les transitions collectives.
  • Message politique et démocratique(81'1982'07)
    La question de l'eau est éminemment politique et démocratique - c'est la question fondamentale de notre époque.
    Nous devons apprendre à gérer l'eau collectivement pour éviter les conflits tout en associant l'ensemble du vivant à ces processus.
    Diffuser l'information et faire de l'éducation citoyenne pour que des citoyens informés siègent dans les parlements et prennent part aux décisions.
    • Donner de la place à l'eau dans nos villes et aménagements • Restaurer les hydrosystèmes • Laisser les rivières et zones humides refaire leur vie • Engager tous les citoyens comme communauté apprenante
  • Conclusion et espoir(82'0782'21)
    Tous les constats établissent une situation critique mais pas insurmontable - les solutions existent et s'expérimentent.
    L'hydrologie régénérative fonctionne, les gouvernances participatives se mettent en place, le changement culturel s'amorce vers le respect de l'eau et des écosystèmes.
    Plus que l'espoir, c'est une sensibilité, une considération et un amour pour l'eau et le vivant qui doivent guider nos actions futures.
    Charlène appelle à continuer, à persévérer et à promouvoir ces solutions à l'échelle globale avec une conscience renouvelée de ce que représente vraiment l'eau pour notre existence.