La loyauté mise à l'épreuve | Espionnes de la Seconde Guerre mondiale (5/6) | ARTE

La loyauté mise à l'épreuve | Espionnes de la Seconde Guerre mondiale (5/6) | ARTE

ARTE51 min11 jul 2025
Des femmes à l'intelligence implacable, à la beauté assassine et au sang froid indéfectible.
5 capitulos
  • Claire Philips : du cabaret à l'espionnage(1'0515'14)
    Claire Philips naît en 1907 au Michigan sous le nom de Clara Maybell de la Taste. Elle devient danseuse exotique et performeuse dans les cabarets de Manille pendant les années 1930. Elle épouse le sergent John Philips du 31e régiment d'infanterie et vit une période insouciante avant l'invasion japonaise.
    Le 10 décembre 1941, les Japonais envahissent les Philippines. Claire fuit dans la jungle avec son mari mais celui-ci est rapidement capturé. Elle réinvente son identité en se présentant comme Dorothy Fentz, une femme née en Italie mariée à un Filipino, et commence à travailler dans un cabaret.
    • Claire ouvre son propre cabaret, le Tsubaki, le 17 octobre 1942, devenu rapidement le lieu de rendez-vous de l'élite militaire japonaise • Elle recrute des femmes qui soutiennent des informations aux officiers japonais en échange de boissons alcoolisées • Les messages sont notés sur de petits papiers et dissimulés sous les semelles des chaussures pour être livrés aux soldats cachés dans la jungle
    Claire aide aussi à ravitailler les prisonniers de guerre avec Peggy Utinski et Naomi Flores en créant un stand de faux vendeurs de riz. Son mari meurt en captivité mais elle continue sa mission. En 1944, elle est arrêtée et torture pendant des mois mais refuse de parler, sauvant ainsi ses compagnes.
  • Joséphina Guerrero : l'espionne lépreuse(15'1427'11)
    À seulement 24 ans, Joséphina Guerrero se porte volontaire pour devenir espionne. Atteinte de la lèpre depuis sa jeunesse, elle perd accès aux traitements et soins lors de l'invasion japonaise. Confrontée au désespoir, elle décide de mourir avec honneur en se joignant à la résistance.
    Joé exploite sa maladie comme avantage : lorsqu'une sentinelle s'approche d'elle, elle crie « Je suis souillée, je suis lépreuse ». Sa lèpre la place au-dessus de tout soupçon, lui permettant de circuler librement entre les villes et les montagnes en tant que messagère de la résistance.
    • Elle espionne une garnison japonaise postée près de son immeuble, comptant les soldats et notant leurs déplacements • Elle transporte des messages, de la nourriture et du matériel de sabotage incluant des explosifs • Elle dessine des cartes de l'emplacement des canons et des positions japonaises
    En janvier 1945, elle parcourt 60 à 70 km à pied avec une carte des positions ennemies tapée entre ses omoplates pour atteindre les militaires américains. Cet exploit sauve des centaines de vies et change le cours de la bataille de Manille. Après la guerre, elle devient la première étrangère lépreuse à obtenir un visa américain en 1949 et mène une vie tranquille aux États-Unis.
  • Yoshiko Kawashima : la princesse travestie(27'1141'15)
    Yoshiko naît en 1907 en Chine sous le nom d'Aishimoro au sein de la dynastie Ching. Après la chute de l'empire en 1911, elle est envoyée à Tokyo chez Naniwa Kawashima, un agent de renseignement japonais, et reçoit un nouveau nom qui lui restera toute sa vie.
    Le 22 novembre 1925, Yoshiko annonce qu'elle cesse définitivement d'être une femme. Elle se coupe les cheveux, revêt une tenue masculine et devient une figure de mode que d'autres femmes imitent. Cependant, son beau-père l'oblige à épouser le prince Mongol Jan Jurjab en 1927 pour lui assurer une position politique.
    • Le Japon la charge d'informer sur les mouvements de l'armée chinoise après l'établissement du Manchuko • Elle offre des pots de vin à des ouvriers pour monter de violentes révoltes à Shanghai, donnant un prétexte aux Japonais pour renforcer leur présence • En 1937, elle se rend compte de la manipulation japonaise et commence à protester contre les méthodes brutales du régime
    En octobre 1945, l'armée chinoise l'arrête et l'accuse de trahison. Lors d'un procès hautement médiatisé, elle est cataloguée comme traîtresse à la race. Le peuple chinois réclame sa mort. Le 25 mars 1948, elle est exécutée d'une balle dans la tête. Son cas reste ambigu : victime de la manipulation ou complice du régime japonais.
  • Betty Makintosch : la mère de la propagande(41'1550'46)
    Betty naît en 1915 à Washington DC dans une famille de journalistes. Elle grandit à Hawaii et devient bilingue après avoir vécu avec un couple japonais, ce qui s'avère déterminant pour son avenir. Après l'attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, elle devient correspondante de guerre. En 1943, elle est recrutée par l'OSS pour des opérations psychologiques.
    Betty rejoint une unité d'opérations psychologiques composée principalement de journalistes, animateurs radio, dessinateurs et auteurs. Leur mission : créer de la propagande noire, des matériaux destinés à influencer la pensée de l'ennemi. Betty décrit ce travail comme une compagnie de médias plutôt qu'un organisme de renseignement.
    • À New Delhi, elle intercepte et modifie les courriers destinés aux soldats japonais en utilisant les mêmes machines que l'ennemi • Elle soude des agents birmans en leur offrant de l'opium pour qu'ils tuent les messagers japonais et rapportent leurs équipements • Elle forge un ordre impérial du Japon ordonnant la reddition et le plante sur un cadavre pour que les soldats le découvrent • En Chine, elle travaille sur les ondes pour diffuser de la propagande écoutée dans toute la région
    Le 6 août 1945, Betty prédit à la radio une horrible tragédie au Japon. Quelques heures plus tard, la bombe atomique d'Hiroshima est lâchée, une coïncidence qu'elle maintient toute sa vie. Après la guerre, elle poursuit sa carrière en tant que journaliste et espionne pour la CIA jusqu'à sa retraite en 1973. Elle meurt paisiblement en juin 2015 à l'âge de 100 ans.
  • Héritage et conclusion(50'4651'45)
    Ces femmes ont mérité leur place parmi les plus grands héros de la Seconde Guerre mondiale. Elles se sont battues avec autant d'ardeur contre le système qu'contre leurs ennemis.
    • Motivées par leur sens du devoir et leur attachement à leurs valeurs morales • Toutes ont fait preuve d'intelligence et de détermination exceptionnelles • Elles ont su trouver des moyens créatifs d'exploiter les faiblesses de l'ennemi
    N'étaient pas toutes des anges, certaines auraient mérité ce surnom. Leurs histoires reflètent la complexité du contexte politique de l'époque, où la loyauté était mise à l'épreuve de multiples façons.
    Elles ont toutes laissé leurs traces dans l'histoire. Elles ont trouvé leur voix dans l'horreur de la guerre et montré l'exemple à de nombreuses femmes, prouvant que les femmes jouaient des rôles critiques dans les opérations d'espionnage et la résistance.