Gaza/Gaza : thérapie dans la guerre | ARTE Reportage
Gaza : thérapie dans la guerre | ARTE Reportage

Gaza : thérapie dans la guerre | ARTE Reportage

ARTE12 min27 oct 2025
9 capitulos
  • Maroa et la routine quotidienne en temps de guerre(0'001'55)
    Maroa Alerafi est une psychologue à Gaza City qui conseille à tous ses patients de maintenir la routine de la vie quotidienne. Elle vit avec son mari Mohammad et leurs deux enfants.
    • La nuit dernière était très difficile avec préparation d'affaires au cas où la famille devrait quitter Gaza City • L'appartement est ouvert avec des murs cassés, attirant les souris • La famille occupe l'appartement d'anciens voisins partis en Égypte, ce qui est une chance comparé à la majorité des familles à Gaza
    Sa formation en santé mentale lui a permis de mieux aider ses enfants à reconnaître les signaux d'alarme et les problèmes plutôt que de rester impuissante face à la peur des bombardements.
    Les enfants ont tellement peur, le danger est proche, et Maroa exprime le souhait que la guerre s'arrête et que tout redevienne comme avant.
  • Le Gaza Community Mental Health Program et ses défis(1'552'56)
    Maroa travaille pour le Gaza Community Mental Health Program, la plus grande ONG de santé mentale à Gaza. Leur ancien bâtiment dans la rue numéro 8 a été bombardé, ils opèrent désormais depuis le bâtiment Alchawa loué comme siège temporaire.
    • De moins en moins de collègues peuvent assurer les consultations • La demande est exponentielle malgré la réduction du personnel • Une collègue vit dans une salle de classe d'une école et n'a pas de tente pour l'évacuation
    Les employés de l'ONG ont subi les bombardements, les déplacements et les privations. Une collègue rapporte une dépression cyclique liée au stress constant et aux questions existentielles sur le départ ou le maintien.
    La situation est si difficile que même ceux qui travaillent à aider les autres se retrouvent submergés par l'anxiété et l'isolement mental.
  • Séances de soutien pour les enfants orphelins(2'564'23)
    Une session de soutien psychologique est menée avec un groupe d'orphelins qui sont fragiles et vulnérables. Ils ont perdu leur maison et leur soutien familial.
    • Certains enfants ne parlent plus • Certains enfants ne mangent plus • D'autres s'expriment seulement à travers la violence
    Les thérapeutes enseignent des techniques de gestion de la colère comme inspirer et expirer profondément. Ils créent un espace sûr où les enfants peuvent évacuer leur colère, parler et rire pendant une petite heure.
    Offrir aux enfants un répit dans un environnement où ils se sentent en sécurité, loin de la violence et du traumatisme constant.
  • Abdallah Rassas et le travail de terrain à Derel Bala(4'236'13)
    Abdallah Rassas est un psychologue qui travaille depuis 6 ans pour le Gaza Community Mental Health Program à Derel Bala. Il soigne des victimes de traumatisme de guerre malgré que son bâtiment soit endommagé par les frappes.
    Les consultations se succèdent régulièrement. Abdallah avait filmé en 2022 une petite fille nommée Maria qui avait perdu le sommeil et s'isolait des autres enfants. Trois ans et demi plus tard, il continue son travail dans les mêmes conditions.
    • Les enfants dans les camps sont très tendus et nerveux • Certains refusent de sortir • Les enfants sont affectés par les déplacements constants
    Créer un lien de confiance est le début de la prise en charge. Abdallah insiste que le simple fait de venir aux consultations est déjà une bonne chose pour apprendre à gérer les situations difficiles.
  • Intervention directe dans les camps de déplacés(6'136'51)
    Les équipes du Gaza Community Mental Health Program se rendent directement dans les camps de déplacés pour aller au contact de la population depuis le début de la guerre.
    Saker Banat, un psychologue du programme, vient détecter les personnes souffrant de dépression, d'anxiété, de tendances suicidaires et de syndrome post-traumatique.
    Les spécialistes pensaient avoir compris les mécanismes des traumas, mais la durée et la violence de cette guerre rendent leur travail de plus en plus difficile et imprévisible.
    Les employés de l'ONG organisent des thérapies de groupe aussi souvent que possible pour s'entraider et éviter de tomber dans le cercle vicieux de la maladie mentale et de l'isolement.
  • Thérapie de groupe du personnel et gestion du stress(6'518'19)
    Maroa participe à une séance de soutien psychologique entre collègues où elle exprime son stress complet face aux questions existentielles sur l'évacuation et la sécurité des enfants.
    Les participants expriment souvent une sensation de solitude malgré la présence d'autres personnes. La thérapie de groupe aide à briser ce cercle d'isolement.
    • Le crabe s'adapte bien à son environnement et peut se cacher • La tortue se recroqueville dans sa carapace • La coccinelle se cache dans les feuilles des arbres • Maroa choisit la pieuvre car elle se sent souvent seule avec de nombreuses responsabilités
    Maroa souligne qu'elle doit tout faire toute seule car son mari Mohammed est journaliste et travaille en première ligne tous les jours face aux horreurs de la guerre.
  • Mohammed journaliste et l'impact psychologique sur la famille(8'199'14)
    Mohammed Kali est un caméraman freelance journaliste en première ligne tous les jours face aux horreurs de la guerre et aux massacres quotidiens.
    Mohammed confesse que quand il y a des bombardements, il imagine que ses enfants pourraient être parmi les victimes. Il rapporte que chaque jour il y a des massacres et des enfants qui meurent.
    Le soir quand il rentre à la maison, Mohammed raconte ses expériences à sa femme psychologue Maroa. Elle essaie de l'aider à se sentir mieux autant que possible face au poids de ce qu'il voit.
    Mohammed exprime que ce qu'il voit est trop dur à supporter, ce qui montre l'impact traumatique direct du métier de journaliste en zone de conflit.
  • La vie quotidienne d'Abdallah et Wisam après le déplacement(9'1411'10)
    • Abdallah vit chez les parents après plusieurs déplacements tout en continuant à travailler • Il s'est marié avec Wisam, une enseignante, depuis le début de la guerre • Ils ont eu un enfant, Kusam, qui a 4 mois
    La chambre sert désormais à débiter du bois car les prix ont tellement augmenté que la famille a dû casser le lit pour du bois de chauffage.
    Abdallah explique qu'il devait penser à sa famille et ne pas ramener les tracas de son travail à la maison, séparant Abdallah le professionnel et Abdallah l'homme ordinaire père de famille, ce qui était très difficile.
    Abdallah rapporte que toute cette situation les a fait vieillir prématurément. Lui et Wisam ont l'impression d'être plus vieux qu'ils ne le sont réellement.
  • Résilience et rêves effondrés(11'1012'27)
    Malgré toutes les difficultés du quotidien, Abdallah exprime être en paix avec leur sort. Ils tiennent toujours le coup et se cramponnent à leur terre.
    L'appartement qu'Abdallah avait aménagé au 5e étage d'un bâtiment pour y voir grandir son fils n'est plus que ruine. La famille a vécu là seulement un mois et demi avant la destruction.
    Depuis le tournage de ces images, les bureaux du Gaza Community Mental Health Program ont été détruits par une frappe israélienne, privant des milliers de personnes de soutien psychologique.
    Maroa a quitté Gaza City pour rejoindre l'équipe de l'ONG à Derel Bala et continuer à apporter tout le soutien possible aux Gazaouis malgré les destructions.