Kandinsky : voir la musique, réinventer la peinture | Documentaire | ARTE

Kandinsky : voir la musique, réinventer la peinture | Documentaire | ARTE

ARTE53 min8 nov 2025
16 capitulos
  • La révélation de Wagner et la décision de vie(0'002'55)
    En automne 1896 à Moscou, le jeune professeur de droit Vassili Kandinski, âgé de 30 ans, assiste à un opéra de Wagner qui transforme sa vie. Il expérimente une synesthésie puissante où les sons de la musique lui inspirent des sensations lumineuses et visuelles.
    Kandinski voit des couleurs et des lignes comme un véritable spectacle devant ses yeux. Cette puissance de la musique capable de faire naître des images dans l'esprit le fascine profondément et devient l'élément déclencheur d'un changement de vie.
    Depuis des années, le jeune professeur de droit éprouve une très grande sensibilité artistique. Il écrit : « J'aimais la peinture plus que toute autre chose. Il ne m'était pas facile de combattre ce désir. »
    Kandinski prend la décision radicale de devenir artiste peintre. Il veut créer un art qui, comme la musique, suscite des images mentales non pas seulement sur la toile mais dans l'esprit du spectateur, un art qui enveloppe et met en vibration l'âme et l'esprit.
  • Enfance à Moscou et formation intellectuelle(2'556'19)
    Kandinski est situé son seul autoportrait dans les eaux du Dniepr. Depuis son plus jeune âge, il a été exposé à diverses influences culturelles. Enfant, il déménage à Odessa en Ukraine actuelle où il est scolarisé, mais accompagne régulièrement son père à Moscou.
    • Très jeune, il prend des cours de piano et joue également du violoncelle • Il fréquente régulièrement le théâtre et l'opéra • Il grandit dans une famille très ouverte, libérale, presque une famille d'intellectuels avec des oncles psychologues, politiciens et juristes
    Kandinski adore dessiner beaucoup dès l'enfance, mais rentre à la faculté de droit comme presque tous les représentants de ces familles bourgeoises russes. Il est passionné par ses études et en même temps très attiré par l'anthropologie.
    Un moment décisif en 1889 est son voyage dans la région de Vologda au nord de la Russie pendant ses études. Il est censé étudier le système juridique et les croyances du peuple finlandais, mais il regarde ce monde non pas en tant que juriste, mais déjà en tant qu'artiste, fasciné par les musiques, les couleurs et les costumes des villageois.
  • L'installation à Munich et la création artistique(6'1910'46)
    Après l'expérience de l'opéra de Wagner en 1896, Kandinski décide de quitter la Russie, son pays natal, pour se consacrer entièrement à l'art et étudier les beaux-arts. Il s'installe à Munich, une ville d'art et de musique avec des théâtres, des opéras, une ville d'artistes.
    À 30 ans, ancien professeur, Kandinski décide de devenir artiste sans avoir aucune technique. Il va à l'école entouré des artistes, des musiciens et des créateurs bien plus jeunes que lui. En 1900, il est accepté à l'Académie des arts dans la classe du prince de la peinture de l'époque, Franz von Honst.
    Kandinski se heurte aux limites de sa libération en devenant esclave du travail d'après modèle. La formation traditionnelle avec ses études de travail figuratif l'ennuie profondément. Au bout d'un an, il abandonne l'académie et reste à Munich pour créer sa propre école. Deux mois après être déclaré mauvais élève, il devient professeur.
    • Kandinski fonde l'école d'art Falanx qui est ouverte aux femmes • Les cours comprennent des excursions à la campagne, dans la nature, par exemple à Murnau au bord des lacs de Haute-Bavière • Il organise parallèlement plusieurs expositions itinérantes d'artistes d'avant-garde, et est le premier à exposer Paul Klee et Alfred Kubin • Il comprend que le pouvoir dans l'art vient de trois institutions : l'école, la presse et l'exposition
  • L'évolution vers l'abstraction et la rencontre avec Gabriele Münter(10'4619'30)
    Kandinski se demande pourquoi il peut pleurer en écoutant une mélodie lente de piano, alors qu'un air de trompette très puissant provoque une émotion toute à fait différente. Il développe l'idée que l'artiste est la main qui par l'usage convenable de telle ou telle touche met l'âme humaine en vibration.
    Kandinski peint dans un style post-impressionniste avec des tableaux comme Vieille Russie qui dégagent une atmosphère de conte, quelque chose de chatoyard proche des légendes avec la magie des heures du crépuscule. Il commence à entrelacer le sujet avec l'espace environnant et transpose les scènes dans des passés lointains.
    À partir de l'été 1908, Gabriele Münter fait découvrir à Kandinski la technique du fixé sous verre typique de l'artisanat bavarois. Kandinski se passionne pour ce procédé consistant à peindre sur une vitre qui est ensuite retournée, avec une progression des détails vers les couches de peinture plus larges.
    • Gabriele Münter est une jeune artiste de 25 ans, mélancolique, très indépendante, qui a voyagé aux États-Unis • Elle accepte de rester avec Kandinski sans être mariée, ce qui n'est pas du tout évident à l'époque • Grâce à elle, existe une iconographie photographique extraordinaire de Vassili Kandinski • Ils peignent ensemble, se conseillent, se critiquent et essaient de rééquilibrer la hiérarchie entre hommes et femmes
  • La synesthésie et la composition abstraite(19'3022'28)
    Entre 1909 et 1911, Kandinski s'éloigne de plus en plus du figuratif. Les couleurs et les formes prennent davantage de force comme s'il allait à l'essentiel des choses, comme s'il dépassait l'apparence pour révéler une vibration cachée.
    Kandinski collecte les sous-verres bavarois et reconnaît en eux un art qui est naturellement un art de la transmission de l'énergie vitale, un art qui tient le monde à distance et ne prend que ce qui compte. C'est comme un enfant qui écrit « Maman, je t'aime » en lettres énormes parce que c'est l'émotion qui parle.
    Kandinski affirme : « Je dois me plonger attentivement à moi-même pour évaluer l'effet des couleurs sur mon âme. Si je réussis cette tâche, je montrerai une nouvelle et belle façon de peindre que certains maîtres n'ont qu'entrevu. C'est une voix nouvelle qui sera tôt ou tard reconnue. »
    • C'est une aquarelle préparatoire dont le tableau est presque illisible au premier regard • La profusion des couleurs masque les motifs qui finissent par apparaître : un couple, deux cavaliers, un gisant, des lavandières, un personnage en croix • L'intention était de prolonger le temps d'observation et d'entrer progressivement dans le tableau • Kandinski cherche à éviter toute composition trop lisible et pose des couleurs capables de captiver le regard
  • La rencontre avec Schönberg et l'abstraction pure(22'2828'01)
    Le 2 janvier 1911, Kandinski et Gabriele Münter assistent au concert d'Arnold Schönberg à Munich. Ce concert est un moment génial pour Kandinski. La musique très innovante donne l'impression d'être dans un monde où il n'y a plus de repères simples.
    • Schönberg abandonne la tonalité, une tradition musicale datant du 17e siècle où une note était plus importante que les autres • Chez Schönberg, il compose une musique atonale où il n'y a plus de tonalité et où toutes les notes se valent • Il n'y a plus de pôle, pas de trajectoire prévisible • On se concentre non plus sur la mélodie mais sur les couleurs et les formes pour leur beauté intrinsèque
    Kandinski écrit à Schönberg le jour même du concert : « Vous avez réalisé dans vos œuvres ce dont j'avais, dans une forme à vrai dire imprécise, si grand désir en peinture. Cette voix est celle des dissonances dans l'art, en peinture comme en musique. » Schönberg répond qu'un artiste d'un art différent reconnaissant des correspondances avec lui est une grande joie.
    Dès le lendemain du concert, Kandinski commence à faire des esquisses inspirées de cette expérience. Quelques mois plus tard, en juin 1911, il peint sa première toile abstraite, Tableau avec cercle. Cette œuvre ne présente aucun motif, ne renvoie au monde réel ni à aucune forme figurative.
  • L'Almanach du Cavalier Bleu et la théorie de la couleur(28'0131'54)
    Kandinski et Franz Marc créent le groupe du Cavalier Bleu qui produit dès la fin de 1911 un volume, le fameux Almanach du Cavalier Bleu resté référence dans l'histoire de l'art. Ils proposent à Schönberg de participer à ce projet.
    • L'Almanach est édité en 1912 et constitue une forme de manifeste pour un art universel • Il anticipe le postmodernisme en supprimant les frontières entre l'art savant et l'art amateur • On y trouve des dessins d'enfants, des estampes japonaises, des masques africains, des œuvres d'El Greco, Matisse, Picasso et Kandinski • Il présente aussi de l'art populaire, des fixés sous-verre et des partitions musicales
    Ce qui importe dans l'Almanach, ce n'est plus la forme, mais la puissance expressive, ce que l'art peut déclencher à l'intérieur. Ainsi, l'abstraction, aussi révolutionnaire soit-elle, n'est pas la finalité pour Kandinski. Elle est juste un moyen de faire vibrer le spectateur.
    • Kandinski classe ses toiles selon un système : improvisation, impression et composition • L'impression cherche à figurer l'apparence des choses telles qu'elles sont données à voir • L'improvisation tente de traduire comment il ressent émotionnellement le sujet, ce qui est chaud, froid, apaisant, excitant • La composition réunit ces deux visions
  • Le manifeste Du Spirituel dans l'art et la critique hostile(31'5434'45)
    La même année que ses premières toiles abstraites, Kandinski publie un livre majeur : Du Spirituel dans l'art. Il accompagne son travail pictural d'une offensive théorique qui développe une analogie entre les couleurs et la musique.
    • Le jaune terrestre qui excite l'homme correspond à la trompette ou à une fanfare • Le bleu clair céleste correspond à la flûte, plus foncé au violoncelle, plus sombre à la contrebasse • Le vert apaisant correspond au son calme du violon, le rouge émotionnel au tuba • Le contrealto donne de l'orange, les vibrations sourdes du cor anglais donnent du violet associé au divin
    Kandinski développe une profondeur de l'espace à travers les couleurs qui remplacent l'espace perspectif depuis la Renaissance. Le jaune a tendance à se rapprocher du spectateur, le bleu à s'en éloigner. Le blanc est perçu comme l'origine des choses et le noir comme la fin. Il ajoute une troisième dimension métaphysique du terrestre vers le divin.
    • Kandinski se souvient de cette période comme des années de grande solitude, entouré de moquerie et de haine • Il entend ses collègues, la presse et le public le qualifier d'imbécile, d'imposteur et de fou • Les critiques allemands se sont indignés de ce qu'ils considéraient comme du gribouillage dépourvu de contenu • Ils parlent de « slave barbare » pour le disqualifier
  • Autobiographie et stratégie narrative(34'4535'30)
    En 1913, Kandinski publie une autobiographie intitulée Regard sur le passé. Il y livre clé en main une série d'anecdotes permettant de présenter l'abstraction comme l'aboutissement naturel de son œuvre.
    Kandinski utilise ce que l'on appelle aujourd'hui le storytelling. Dans ces textes, il reprend certains moments de sa vie en y intégrant une dimension émotionnelle. Il mêle des souvenirs d'enfance, son époque à Munich et des réflexions générales sur l'art.
    Ces écrits ont peut-être eu un impact au moins aussi important que son art, notamment à l'international. Les tableaux ne peuvent pas voyager aussi facilement que les livres et les écrits. De nombreux artistes, notamment aux États-Unis, se sont très tôt appropriés les écrits de Kandinski.
    • Kandinski est qualifié de père de l'abstraction dans l'histoire de l'art • Il a été le premier à théoriser la démarche abstraite, même si d'autres artistes exploraient des voies similaires • Gabriel Münter reste cruellement dans l'ombre de ce récit mythique • Son œuvre théorique et écrite a profondément influencé la perception de la modernité artistique
  • L'exil en Russie et la rupture avec Gabriel Münter(35'3038'01)
    Lorsque la Première Guerre mondiale éclate le 1er août 1914, c'est une grande surprise pour Kandinski et une véritable catastrophe. Il doit quitter l'Allemagne en l'espace de 48 heures car il était un étranger ennemi comme on disait à l'époque.
    Kandinski part d'abord en Suisse avec Gabriel Münter, puis continue seul son voyage et retourne à Moscou. Il n'était pas inconnu en Russie mais il s'est soudainement retrouvé seul. Au début, il tombe dans une sorte de dépression pendant près d'un an.
    À Moscou, Kandinski traverse une phase où il travaille de façon entièrement figurative. C'est comme un retour en arrière, un moment où il doit se recentrer. Il peint également la vue depuis son appartement donnant sur la place Zubovski à Moscou, une représentation figurative reconnaissable.
    Une jeune femme, Nina Andrevskaya, la fille d'un général de presque 30 ans sa cadette, entre dans sa vie. On dit qu'il l'aurait connue au téléphone et serait tombé amoureux d'elle grâce au son de sa voix. Peu de temps après, Nina tombe enceinte et le mariage a lieu très rapidement.
  • L'époque soviétique et le constructivisme(38'0140'14)
    Avec l'arrivée des bolchéviques, tout change. C'est une toute autre génération d'artistes qui arrive au pouvoir avec laquelle Kandinski est plutôt en désaccord. Il est considéré comme un artiste expérimenté de renommée internationale et reçoit certains postes, mais l'art vraiment en vogue à cette époque est le constructivisme.
    • Le constructivisme incarne le passage à une culture matérialiste, fonctionnelle, un art productif • Il ne s'agit plus d'intuition, d'art spirituel ni de vibration • Ce dont il s'agit, c'est de la transformation de la société • Tout cela est étranger à Kandinski et à sa philosophie artistique
    Un critique écrit : « Kandinski est solitaire non parce qu'il a devancé l'humanité mais seulement parce qu'il a quitté la route. Tout son art est fortuit et individuel. » Le tragique pour Kandinski à ce moment est qu'il est devenu anachronique. Son art était perçu comme prérévolutionnaire et n'était plus en phase avec son époque.
    • Vassili et Nina Kandinski sont expropriés dès l'installation du régime bolchévique • Ils perdent leur appartement ainsi que tous leurs biens • La guerre civile provoque une famine qui emporte leur fils âgé de 2 ans et demi • Ce drame reste une douleur indicible pour Kandinski, révélée seulement 60 ans plus tard à la mort de Nina
  • L'arrivée au Bauhaus et la renaissance créative(40'1442'51)
    À l'automne 1921, Kandinski est contacté par l'école du Bauhaus en Allemagne où son œuvre est très appréciée. On l'invite à y donner des cours. Kandinski saisit cette opportunité pour quitter la Russie. Il ne reviendra jamais.
    • Le Bauhaus est une école fondée en 1919 à Weimar qui combine l'artisanat, l'art et l'architecture • C'est une école absolument révolutionnaire avec une brigade d'artistes d'avant-garde, architectes, sculpteurs, peintres et musiciens • Elle partage le grand rêve de la création de l'œuvre d'art totale • C'était la synthèse des arts par-delà les langues, les haines et les frontières que Kandinski avait appelée de ses vœux
    Kandinski est nommé bientôt vice-directeur de l'école et est en charge de l'atelier de peinture murale. Il dispense des cours de dessins analytique. L'école était constamment en fête, en train d'organiser des spectacles, et Kandinski était au centre de tout ça, jamais abandonnant ses costumes et ses habitudes de monsieur.
    C'est une intense période de création pour lui. À cette époque, il développe une abstraction géométrique. Kandinski avait tiré les leçons de son expérience russe et ne pouvait pas aller complètement à l'encontre de l'air du temps.
  • Expérimentations géométriques et collaboration dansée(42'5146'55)
    • Kandinski explore l'effet des couleurs et des formes pures dans Résonance multicolore ou Accent en rose qu'il offre à Nina pour son anniversaire • Il tente des rencontres complexes de taches, traits, cercles, bâtons, demi-courbes • Parallèlement, il transcrit des mouvements corporels en suite de lignes et de demi-cercles
    Kandinski travaille avec Gret Palucca, une star de la danse contemporaine de l'époque. Il conçoit les costumes et les décors d'un spectacle avant-gardiste à base d'éléments géométriques mobiles, créant une synthèse entre peinture et danse.
    Ce que Kandinski fait pour ses compositions, c'est y intégrer une orientation, une linéarité qui porte aussi un élan de mouvement. Quand on regarde les esquisses préparatoires, on voit qu'il place une flèche sur toutes les lignes pour percevoir cette dynamique et cette impulsion de mouvement.
    Le thème de Saint-George terrassant le dragon apparaît d'abord dans un fixé sous-verre de 1911, puis est immédiatement décliné dans des formes abstraites tout en restant discernable. Au Bauhaus, ce thème subit une transformation spectaculaire qui semble faire disparaître le cavalier mais où on peut distinguer son bouclier, sa lance, son casque et la tête du cheval.
  • La montée du nazisme et l'exil en France(46'5549'16)
    Très tôt, le Bauhaus en tant qu'institution fait l'objet de vives critiques et d'une étroite surveillance. L'école doit changer de lieu à plusieurs reprises pour des raisons politiques. Kandinski est violemment attaqué notamment par les nazis qui dès les années 30 considèrent son art comme dégénéré.
    Dans Tableau avec brun, peint quand les nazis arrivent au pouvoir, c'est le brun la couleur des nazis, des rectangles semblables à des planches d'un mur qui va se fermer. Il ne reste que la dernière porte, mais on sent que le mouvement de l'enfermement est inévitable. Une figure composée de triangles colorés apparaît dans l'embrasure, ressemblant à un clown, semblant avoir mis le pied pour empêcher la fermeture définitive.
    • En juin 1931, le palais des glaces de Munich où Kandinski a vu tant d'expositions brûle dans un incendie criminel avec un millier de tableaux • Le parti nazi exige la dissolution du Bauhaus accusé de bolchévisme culturel • 14 œuvres de Kandinski sont exposées dans l'exposition Art Dégénéré de 1937 à Munich • Près de 50 sont retirées des institutions et collections en Allemagne, plusieurs étant considérées comme disparues
    Nina et Vassili trouvent refuge à Paris. Ils vivent dans un petit trois pièces à Neuilly où Kandinski finera sa vie au bord de la Seine. À cette époque, il s'est presque complètement retiré dans son appartement, dans son univers artistique, vivant avec ses couleurs et son art.
  • La dernière période parisienne et l'évolution finale(49'1652'48)
    À Paris, Kandinski s'est presque complètement retiré dans son appartement et son univers artistique. À travers les fenêtres de son atelier, il voit une lumière incroyablement belle, une harmonie grise aux accents colorés, très douce et très sonore. Il vit relativement détaché dans sa création des événements extérieurs, de la guerre, de la destruction et des persécutions.
    Sa dernière grande période de création marque un nouveau changement dans sa peinture. Il abandonne ses abstractions géométriques peut-être plus rigides qu'il qualifie d'abstraction froide de l'époque du Bauhaus et intègre de nouvelles formes. Il montre un grand intérêt pour les sciences naturelles, en particulier les créatures marines, la zoologie et l'embryologie.
    Dans ces œuvres finales, on est vraiment surpris par la légèreté et l'élégance. On y voit un balai céleste, des petits êtres, des créatures, des amibes, des molécules, des cellules qui flottent dans le ciel et dansent simplement avec grâce et légèreté.
    • Kandinski affirme : « Il y a dans mes tableaux un calme acquiescement à la vie. C'est une grande satisfaction pour moi que d'en être arrivé là » • Il confesse : « Auparavant, je voulais faire du bruit et j'ai commencé à rêver d'un immense calme » • Chaque œuvre naît du point de vue technique exactement comme naît le cosmos par des catastrophes qui finissent par créer une symphonie • L'humain n'est qu'une résonance qui parle à l'unisson des autres dans une sphère qui se rapproche du divin
  • Héritage et mort(52'4853'47)
    Kandinski meurt le 13 décembre 1944 à 78 ans des suites d'une attaque cérébrale. Il finit sa vie à Paris, dans son petit appartement à Neuilly au bord de la Seine, entouré de ses toiles et de ses couleurs.
    Reconnu comme un pionnier de l'abstraction, Kandinski est l'un des artistes les plus influents du 20e siècle. Son influence s'étend bien au-delà de la peinture à travers ses écrits théoriques qui ont profondément marqué la modernité artistique.
    • Kandinski a été le premier artiste à théoriser l'abstraction, même si d'autres l'exploraient parallèlement • Ses écrits ont eu un impact au moins aussi important que son œuvre picturale • Son correspondance avec Schönberg représente l'une des plus fécondes collaborations entre disciplines artistiques • Il a créé un langage universel pour l'art, dépassant les frontières nationales et les haines politiques
    L'œuvre de Kandinski reste le témoignage d'une quête inlassable pour créer un art capable de faire vibrer l'âme, de communiquer directement avec l'esprit, sans passer par la représentation du monde visible. Sa vision d'un art spirituel, libre des apparences, continue d'inspirer artistes et spectateurs.