Le Sucre, pour la douceur et pour le pire (react ft @histoirescrepues) I LE DOCK I ARTE

Le Sucre, pour la douceur et pour le pire (react ft @histoirescrepues) I LE DOCK I ARTE

ARTE2h 42min
Le sucre a joué un rôle fondamental dans le colonialisme et dans la production des inégalités raciales
22 capitulos
  • Introduction du live et présentation des intervenants(0'323'41)
    SBY anime cette émission Twitch pour discuter du documentaire 'Le Sucre, pour la douceur et pour le pire', réalisé par Mathilde Damoiselle qui est présente.
    • Mathilde Damoiselle : documentariste et réalisatrice du film • Magrib Bantou : créatrice de contenu spécialiste des identités africaines et noires dans le monde arabe • Pierre Baquet : directeur adjoint de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage
    Discussion approfondie sur l'histoire coloniale du sucre, ses liens avec l'esclavage transatlantique et les inégalités raciales qui en découlent.
    Deux épisodes du documentaire sont disponibles sur YouTube et la plateforme ARTE, avec extraits visionnés et commentés lors du live.
  • Genèse du documentaire et approche artistique(3'414'46)
    Le documentaire est issu d'un projet antérieur sur la banane (La loi de la banane). La productrice Karina Sihamed a suggéré à Mathilde de se concentrer sur le sucre, la denrée de référence motrice de l'histoire européenne extractiviste, impérialiste, colonialiste et esclavagiste.
    Le projet a pris deux ans de recherche et de réalisation pour décortiquer cette longue histoire du sucre.
    • Musique composée en s'inspirant de The Archies, Sugar Sugar et de l'imaginaire sucré • Utilisation de vieilles publicités pour montrer le conditionnement collectif au sucre et l'histoire du marketing agroalimentaire • Contraste entre images de joie et contextualisation coloniale, esclavage, exploitation
    Il était important de clarifier dès l'introduction que le sujet ne porte pas sur la santé mais sur l'histoire de domination, d'exploitation constitutive de notre histoire commune entre l'Europe, l'Afrique et les Amériques.
  • Consommation moderne du sucre et ses origines historiques(4'4622'46)
    • 1600 : un Européen consommait à peine 87g de sucre par an • 1809 : 1 kg par an • Aujourd'hui : jusqu'à 40 kg par an • Production multipliée par 30 au 20e siècle
    Les aliments bon marché disponibles aux populations les moins favorisées contiennent des teneurs en sucre ajouté démesurément élevées, rendant difficile le contrôle de sa consommation.
    Pendant la majeure partie de l'histoire, l'humanité n'a pas consommé de sucre de canne. C'est vers 1200-1300 que le sucre a commencé à être commercialisé en Chine, Inde et Égypte.
    De denrée de luxe réservée à l'aristocratie aux 15e-16e siècles, le sucre est devenu un marqueur d'inégalités sociales avec l'industrialisation, où les classes les moins favorisées consomment le plus de sucre.
  • Routes commerciales et arrivée du sucre en Europe(22'4631'03)
    Le sucre était comparé à un papyrus délicieux en Chine. Par les grands voyages, notamment Marco Polo, il a rejoint la route des épices pour arriver dans les cours européennes.
    • Des sucreries ont été construites en Syrie, Irak, Égypte des Mamelouks, péninsule ibérique et au Maroc sous la dynastie saadienne • La sucrerie des Sawira au Maroc (16e siècle) était un centre névralgique via les routes transsahariennes • Le sucre était consommé sur place et exporté vers l'Empire ottoman et l'Angleterre
    Contrairement au système capitaliste et industriel de la traite transatlantique, cette proto-industrie du sucre permettait de financer les armées et le pouvoir mais sans exploitation systématique comparable.
    Le sucre était utilisé comme médicament, comme épice extrêmement rare et précieuse. Il servait aussi de marqueur social permettant à l'aristocratie d'affirmer sa richesse et sa puissance.
  • Emergence du modèle extractiviste portugais et expansion coloniale(31'0332'34)
    Les premiers plantations sucrières européennes sont établies à Madère. Le modèle commence à São Tomé quand les Portugais décident de consacrer l'île à la culture sucrière, faisant venir des hommes et des femmes en esclavage capturés sur la côte ouest de l'Afrique.
    Système économique fondé sur l'extraction intensive d'une ressource (ici la canne à sucre) où toutes les ressources sont consacrées à cette extraction sans enjeu de développement humain. La spécificité : extraction d'humains qu'on réduit en esclavage pour extraire une matière végétale.
    Le modèle portugais s'exporte massivement au Brésil, puis à l'île d'Espagnola (République Dominicaine et Haïti) quand Christophe Colomb apporte des plans de canne à sucre en 1493 et réduit en esclavage les populations taïnos.
    Le modèle de l'économie de plantation s'exporte et se perpétue : extinction d'une population indigène, arrivée d'une nouvelle population au service de la production d'une seule denrée pour les puissances européennes.
  • Traite transatlantique et particularité de l'esclavage colonial(32'3426'38)
    • 12 millions et demi d'Africains ont été réduits en esclavage • Plus de la moitié l'ont été pour le sucre • Le nombre total d'Africains et d'afrodescendants réduits en esclavage est bien plus important car beaucoup sont nés dans les colonies
    L'Europe invente au 15e siècle une forme d'organisation du travail radicalement nouvelle : la plantation-usine. Contrairement à l'agriculture classique, c'est une production massive organisée rationnellement avec division du travail, où les travailleurs sont des esclaves dont les corps sont exploités jusqu'à l'épuisement.
    La plantation fonctionne comme une machine qui absorbe des êtres humains. Contrairement aux usines du 18e-20e siècles alimentées par la vapeur ou l'électricité, celle-ci est alimentée par l'énergie humaine et la vie humaine elle-même, basée sur l'épuisement et la mort des travailleurs.
    Cette organisation s'intègre dans un système monde où les commanditaires sont en Europe, les producteurs en Amérique ou au large de l'Afrique, les transporteurs d'un autre pays, et on invente des outils comme l'assurance maritime : un système systémique et méthodique.
  • Conditions de travail infernales dans les sucreries(26'3843'09)
    Un coupeur de canne témoigne : c'est le pire travail au monde. Il n'y a pas de travail plus pénible, dangereux ou éreintant que de couper la canne.
    • Extraction du jus par broyage dans des moulins extrêmement dangereux • Faire bouillir le jus à très haute température dans plusieurs grandes bassines • Production de pains de sucre • Travail infernal sans interruption
    Les sucreries fonctionnent 24 heures sur 24 car il faut récolter la canne, la traiter et la presser immédiatement. À côté des moulins, une machette était toujours présente pour couper le membre d'un travailleur emporté par les meules.
    Quand on dit que c'est un sucre de sang, c'est physiquement un sucre de sang : extraction d'énergie vitale jusqu'à la mort des travailleurs.
  • Traites dans le monde musulman : comparaisons et différences(43'0961'04)
    Le terme 'traite arabo-musulmane' est simpliste. On parle de 'traites vers les mondes musulmans' impliquant Perses, Ottomans, Amazirs, Arabes et Africains musulmans de différentes origines.
    • Pas de notion d'hérédité dans l'esclavage • Pas de racialisation légale préalable • Début vers le 7e siècle dans les mondes musulmans • Plusieurs zones : transsaharienne, océan Indien, mer Rouge
    Personnes esclavisées principalement destinées au travail domestique dans les foyers, pas au travail agricole forcé. Traite génrée avec souvent deux femmes pour un homme, parfois à des fins de concubinage (esclavage sexuel).
    • D'abord provenaient d'Europe : Slaves, Caucase, Europe du Sud, péninsule ibérique • Progressivement, avec fermeture des routes européennes, routes transsahariennes exploitées • Racialisation progressive associant hommes noirs à une nature servile
  • Révolution française et révolution haïtienne : mouvements pour l'abolition(61'0473'48)
    À Saint-Domingue en 1789-1790 : 90% de personnes esclavisées, 5% de noirs et métisses libres, 5% de colons blancs. Les personnes esclavisées prennent conscience de leur force collective.
    • 14 août 1791 : début de la révolution haïtienne au Morne-Rouge • Révolte massive d'esclaves contre les esclavagistes • Feu de la révolte embrase les plantations • Première révolte d'esclave victorieuse dans l'histoire de l'humanité
    Les principes d'égalité énoncés en 1789 ne s'appliquent pas aux colonies. C'est la révolte des esclaves à Saint-Domingue qui force la main : en 1793, l'envoyé de la révolution décrète l'abolition ; en 1794, elle est proclamée à Paris (4 février).
    Saint-Domingue échappe à l'empire colonial français pour ne pas rétablir l'esclavage. Le 1er janvier 1804, l'indépendance d'Haïti est proclamée : premier état noir, libre et décolonisé, première abolition effective.
  • Rétablissement de l'esclavage par Napoléon et dette imposée à Haïti(73'4880'24)
    • 1802 : Napoléon lance ses troupes contre les hommes libres de Saint-Domingue • Objectif : rétablir l'ordre colonial et l'esclavage • 20 mai 1802 : vote en faveur du maintien de l'esclavage dans les colonies françaises
    Malgré l'arrestation et déportation du gouverneur Toussaint Louverture, les troupes haïtiennes vaincquent les Français. Saint-Domingue devient Haïti indépendante, l'esclavage y est proscrit.
    • 1825 : planteurs français expulsés obtiennent une indemnité de 150 millions de francs or • Haïti doit payer en échange de la reconnaissance de son indépendance • France menace avec des navires de guerre • L'argent emprunté à des banques françaises avec intérêts élevés
    Pertes globales pour Haïti estimées entre 22 et 48 milliards de dollars actuels. Système conçu pour punir Haïti d'être libre et pour la maintenir dans l'exploitation. Cette dette a empêché le développement des infrastructures, éducation et santé.
  • Indemnisation coloniale française aux planteurs(80'2493'34)
    1 an après l'abolition de l'esclavage en France (1848), la Seconde République adopte une loi d'indemnité coloniale octroyant aux anciens propriétaires d'esclaves une compensation de 126 millions de francs or, soit 60% de la dépense publique française.
    Une proposition de diviser l'indemnité entre colons et travailleurs est immédiatement rejetée. L'État français et les colons défendent le principe que seuls les propriétaires expropriés ont droit à l'indemnité.
    Évaluation comptable d'une vie humaine : 1000 francs, toute personne confondue, indépendamment de sa valeur de travail. Cette évaluation perpétue la logique de marchandisation des êtres humains.
    • Argent réinvesti dans l'économie du 19e siècle • Finance les premières banques de Martinique, Guadeloupe, Réunion • Planteurs règlent leurs dettes et modernisent plantations et sucreries • Argent du sucre finance la révolution industrielle
  • Transition post-abolition : engagisme comme nouveau système d'exploitation(93'3456'04)
    Après abolition, planteurs ne veulent pas employer les esclaves libérés car ces personnes ont un sens de leur dignité et revendiquent un salaire et des conditions. Planteurs veulent une main-d'œuvre contrôlable.
    • Expérience anglaise à partir de 1829 à l'île Maurice • Travailleurs pauvres d'Inde menacés par la famine • Aussi des Chinois de Singapour • Appelés 'coolies' : officiellement libres mais engagés pour 3, 5 ans ou plus
    Logement et nourriture inclus au contrat, billet retour à leur charge. Contrats exploités via endettement : travailleurs s'endettent au magasin de plantation (nourriture, rhum), prolongeant le contrat par la dette. Conditions de travail identiques aux esclaves, salaire extrêmement faible.
    • Anglais exportent système dans toutes leurs colonies • Français suivent l'exemple • 750 000 Chinois et 2 millions d'Indiens déplacés de 1850 à 1930 • Engagisme aboli après Première Guerre mondiale mais perpétue ses mécaniques
  • Sucre et révolution industrielle : énergie pour le prolétariat européen(56'0454'58)
    Le sucre apporte les capitaux nécessaires aux investissements permettant l'industrialisation anglaise et devient l'énergie (calories) apportant les ressources au nouveau prolétariat des usines.
    • Population rurale proléarisée : paysans perdent leurs terres en commun • Embauchés en usines dans des conditions terrifiantes • Nécessité de les nourrir avec énergie bon marché et accessible • Le sucre devient la calorie la plus bon marché
    Régime des classes laborieuses change au 18e-19e siècles : thé très sucré, tartines de confiture, aliments conservés avec sucre. Sucre permet conservation car plus de potager propre.
    Aujourd'hui, classes les moins favorisées ont régime le plus riche en sucre. Aliments bon marché très sucrés. Idée que sucre fait tenir persiste. Lien direct entre histoire esclavagiste du sucre et consommation actuelle des pauvres.
  • Protoindustrialisation du commerce colonial sucrier(54'58100'39)
    • Au 18e siècle : apparition de raffineries • Beaucoup d'emplois indirectement liés au commerce colonial • Secteur maritime particulièrement affecté • Aussi assurance maritime (cargos négriers), secteur bancaire
    Dit à l'époque : îles à sucre des Caraïbes faisaient tourner l'univers ou du moins l'Europe et son économie. Fin du 18e siècle : apogée du sucre.
    Planteurs et sucriers accumulent capitaux leur permettant d'investir à domicile en Europe. Ils financent débuts de la révolution industrielle en Angleterre et pays européens.
    Sucre est moteur de révolution économique et industrielle mais aussi moteur pour nourrir prolétariat urbain. Système où extraction d'énergie en colonies alimente exploitation en métropoles.
  • États-Unis comme nouvelle puissance sucrière et impérialisme américain(100'39108'21)
    • Années 1940-1990 : recruteurs de compagnies sucrières américaines (Floride) vont recruter travailleurs jamaïcains • Vidéos amateurs des années 80 montrent marché aux esclaves : hommes alignés, représentants inspectent mains, posent questions sur disponibilité à travailler
    • Deux frères d'origine cubaine (Alfi et Pépé Fanjul) fuient révolution cubaine 1959 • Construisent empire sucrier Florida Crystal en 30 ans • Deviennent milliardaires et influents politiquement • Forment ASR (American Sugar Refining) reprenant nom du trust de Henry Osborne Avemeyer
    • Depuis années 60, États-Unis protègent producteurs sucre par prix garantis • Gouvernement fixe prix minimum et achète sucre si producteurs ne trouvent pas acheteur • Garantit bénéfice chaque année aux producteurs • Contradiction avec idéologie libre marché
    • Frères Fanjul : un donateur du parti démocrate, un des républicains • Garantit impunité quelle que soit tendance politique au pouvoir • Influencent massivement politiques agricoles et commerciales américaines
  • Procès des travailleurs jamaïcains et engagisme du 20e siècle(108'21123'24)
    1989 : Dave Gorman et deux autres avocats lancent action de groupe contre plus grands sucriers Floride au nom de 20 000 coupeurs de canne jamaïcains sous programme d'immigration temporaire H2.
    • 1992 : juge statue en faveur des travailleurs • Condamnation à payer 51 millions de dollars d'arriérés et indemnités • Entreprises font appel • Cour d'appel renverse la décision, jugeant contrat ambigu
    Dave Gorman ne lâche pas pendant 30 ans, s'acharne à renégocier et repartir en justice. Autres avocats abandonnent. Dave perd tout dans l'histoire : plus de retraite, pas d'assurance santé.
    Conditions de travail jamaïcains dans années 80-90 identiques à celles d'engagés 150 ans auparavant : paie à la tâche, logements de masse (3000 hommes en caserne), promiscuité, conditions comparables à l'esclavage.
  • République dominicaine actuelle : persistance de l'exploitation haïtienne(123'24148'14)
    • Île d'Hispaniola partagée : Haïti et République dominicaine • Haïtiens migrent (parfois illégalement) en République dominicaine • Fuyant misère et crise en Haïti pour survivre • Système ressemblant à l'engagisme du 19e siècle
    • Hommes coupent canne en jean déchiré, t-shirt déchiré, sans protection • Salaire payé à la tâche (tant d'hectares/tonnes = tant de paiement) • Prix tend à baisser quand beaucoup de cannes produites • Pas droit de syndiquer, se regrouper
    • Logés dans batailles (quartiers d'esclaves au cœur plantations) • 5-6 personnes dans 6m² • Point d'eau pour 400 personnes • Électricité minimale, pas de bus, aucun accès au droit • Enfants nés sans droits officiels
    République dominicaine : gouvernement virulemment raciste élu plateforme anti-immigration. Mur construit entre Haïti et R.D. Déportations menacées mais industrie sucière dépend du travail migrant haïtien pour fonctionner.
  • Dimension environnementale et pollution sucrière(148'14144'00)
    • Monoculture intensive sur milliers d'hectares • Sols complètement taris, plus de nutriments • Extrêmement consommateur d'eau • Assèchement des ressources en eau • Exemple Cuba : plus rien ne pousse après plantations
    • Feux dévastateurs sur île Hawaii avec bilan tragique • Cause : grandes plantations sucrières abandonnées faute de rentabilité • Végétation sèche et inflammable pousse à la place • Brûlis hautement toxiques en Floride
    • Loi Floride : brûlis autorisés quand vents soufflent direction certaine • Quand vents vers villes riches (Palm Beach, frères Fanjul, Trump) : pas droit brûler • Quand vents vers communautés ouvrières : droit brûler • Crée maladies respiratoires, neige noire toxique sur maisons, enfants malades
    Populations afrodescendantes, haïtiennes, descendants coupeurs de cannes habitent villes affectées. Plus de travail sur plantations due à mécanisation mais plantations partout. Cas d'école de racisme environnemental.
  • Origines du racisme : construction idéologique post-esclavagiste(144'00152'31)
    Selon historien Eric Williams : racisme est né de l'esclavage, pas l'esclavage né du racisme. Esclavage pas d'abord basé sur vision raciste mais construits d'abord sur divisions religieuses (protestants vs catholiques).
    • 15e-17e siècles : divisions religieuses plus importantes • Chrétienté vs reste du monde • Islam vs reste du monde • Nuances à l'intérieur de chaque groupe
    À moment où esclavagisme s'effondre à Saint-Domingue et égalité raciale affirmée (liberté générale 1794), discours se théorisent en justifications naturelles de domination. Au 19e siècle : Gobineau et autres créent idéologie inspirant nazis et mission civilisatrice 3e République.
    • Concept de 'Blanc' totalement nouveau dans monde colonial • Blancheur de peau n'avait aucun effet social avant • Être blanc = venir directement d'Europe sans sang africain • Justification mensongère d'un système effroyablement injuste basé sur simple humanité
  • Conclusion : persistance des mécanismes et appel à la respiration(152'3187'55)
    Emprise du sucre sur corps, terres et monde persiste. Activiste Black Lives Matter en Floride : 'Let us breath' - slogan particulièrement viscéral given feux de canne toxiques étouffant communautés noires aujourd'hui.
    Documentaire accessible et peut contribuer au renouvellement de l'enseignement de cette histoire dans collèges et lycées. Deux épisodes disponibles jusqu'en mai sur YouTube et ARTE, diffusés en Espagne, Suisse, Portugal.
    • On sait que sucre vient de conditions exploitées mais continue consommation • Métaux de nos appareils du Congo, cacao d'Afrique de l'Ouest • On est complice à différents niveaux via passivité ou manque connaissance • Condition sociale détermine possibilités action mais interrogation reste importante
    Société moderne et digne doit regarder cette histoire en face et prendre pleinement conscience. Prise de conscience informe choix citoyens et politiques. Pas autoflagellation mais lucidité pour comprendre inégalités créées de toute pièce et débuée des siècles.
  • Importance du travail de mémoire et dépassement du malaise français(87'55140'45)
    France a du mal réconcilier histoire républicaine officielle d'abolition (Schoelcher) avec réalité exploitation. Il y a récit émancipateur et réalité exploitation. Malaise car contradiction avec idéal universaliste prétendument défendu.
    • Grande-Bretagne : débat de société large sur indemnités coloniales, descendants planteurs prennent positions tranchées, créent fondations • France : appréhension, peur culpabilisation, peu de débat public • Bases de données accessibles Angleterre mais pas France (récemment : Jessica Balgi, Myriam Cottias)
    Occultation histoire esclavage efface aussi figures positives. Personnes esclavisées qui se sont révoltées au 18e-19e siècles. Blancs avant-gardistes opposés esclavage. Sans ces figures, on ne voit que horreurs Vichy et collaboration sans General de Gaulle, Jean Moulin.
    Accueillir cette histoire avec lucidité sans autoflagélation névrotique. Comprendre ce qu'on hérité et qu'on a été partie prenante sans sombrer dans culpabilité paralysante. Prise de conscience doit libérer, pas enfermer.
  • Complexité des rôles et critique du manichéisme(140'45162'08)
    Histoire coloniale et esclavagiste est complexe, pas manichéenne. Pas gentils d'un côté, méchants de l'autre. Situations de survie créent des compromis. On ne peut pas prédire ce qu'on aurait fait soi-même (traître ou collabo).
    • Élite métisse de Gorée : femmes métisses ayant du pouvoir économique • Exemple caste créées par pouvoir colonial servant d'intermédiaire • Montre que société coloniale était coloriste : pouvoir lié à coloration peau • Existait aussi en Amériques, Guadeloupe, Martinique, États-Unis
    Aujourd'hui : on consomme sucre exploité, métaux des appareils du Congo, cacao avec travail enfants. Même si on milite contre, on est aussi dans situation de compromis. Question pas de tribunal bien/mal mais compréhension systèmes.
    Objectif : déconstruire systèmes de domination, pas décider tribunal histoire. Comprendre comment on en est arrivé là, comment déconstruire inégalités créées de toute pièce depuis siècles. Focus sur compréhension présent et possibilités action.