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Les promesses du sol : itinéraire d'un danseur parisien | ARTE

Les promesses du sol : itinéraire d'un danseur parisien | ARTE

ARTE44 min9 août 2019
33 chapitres
  • Les débuts à la Défense(0'311'37)
    C'est à la Défense que le narrateur a commencé à danser tous les dimanches pour s'entraîner.
    • Jean Pop • Yuval • P cause des enfants perdus
    Le narrateur découvre le funk, le rap et la house, et assiste à ses premiers battles de break.
    Il se souvient d'un affrontement entre Bésus et Arthur qui attira une foule impressionnante.
  • Les grands battles à Châtelet(1'372'07)
    À Châtelet, sous le cinéma UGC des Halles, des centaines de personnes se rassemblent pour assister au plus gros battle de l'époque.
    Le duel Benji contre Junior illustre la tension extrême entre les deux danseurs.
    Châtelet est reconnu comme le cœur de la danse en France à cette époque.
    Ces événements marquent profondément le narrateur et influencent sa vision de la danse.
  • Débuts hésitants et formation(2'073'01)
    Le narrateur prend du temps avant de s'élancer, observant d'abord les anciens danseurs.
    Un ami le force à danser devant la caméra. À dix-sept ans, il porte des Air Force One, un petit bonnet moulant et même une fausse boucles d'oreilles.
    À l'époque, filmer sert surtout à revoir les mouvements après l'entraînement, comme un miroir pour se corriger.
    Le narrateur partage la scène avec Youssef, Franck et Momo l'Égyptien, des stars télé rappeurs.
  • Trouvaille personnelle en bataille(3'014'04)
    C'est dans les battles que le narrateur trouve sa voie, redressant son dos courbé et arrêtant de regarder ses insécurités.
    Les battles lui permettent de dépasser ses complexes et de développer sa confiance.
    Le narrateur découvre qui il est vraiment à travers la compétition et l'expression corporelle.
    Il trouve une vraie famille dans ce milieu de la danse.
  • Départ du monde de la danse(4'045'10)
    • Désir de trouver un métier plus stable • Saturation après les baptêmes et événements répétitifs • Impression d'avoir fait le tour du monde
    Dix ans après son départ, le narrateur ressent profondément l'absence de la danse.
    Il ne reste que des souvenirs fragmentés, quelques vidéos de battles et une scène rouge documentée.
    Les danseurs laissent peu de traces comparés aux chanteurs et acteurs, ce qui rend difficile la préservation de cet art.
  • Redécouverte par le cinéma(5'105'33)
    Après avoir accumulé des cassettes usées et perdu des moments précieux, le narrateur décide de filmer les danseurs d'aujourd'hui pour préserver leurs histoires.
    Il lance un projet pour documenter les danseurs contemporains et honorer leur art.
    Le narrateur abandonne la danse pour faire des études de cinéma et travailler avec le collectif à craon.
    Il s'inspire de films géniaux comme Stormy Weather et Top Hat, rêvant de remettre la comédie musicale au goût du jour.
  • Lieux d'entraînement contemporains(5'338'55)
    Le Centquatre est le nouveau lieu où les danseurs parisiens s'entraînent et se préparent pour leurs premières compétitions.
    Dans une MJC du 10e arrondissement, des battles se déroulent avec une pression et une tension visibles sur les visages des danseurs.
    Les danseurs ne savent pas à l'avance contre qui ils combattront, et la foule se souvient toujours du dernier passage.
    Tout va très vite : à peine commence-t-on que c'est déjà fini.
  • Équipes et couleurs : Sarcelles et Just Debout(8'5510'36)
    Les battles sont l'occasion pour les crews de représenter leur drapeau et défendre leur style.
    Un des crews les plus présents dans les battles est celui de Sarcelles, représentant leur région avec fierté.
    Selon Hosni, un membre actif de Sarcelles, le crew représente leur ville et leur communauté, leur famille, leur cocon de béton.
    Il n'existe pas vraiment de groupe fort qui grandit entièrement ensemble en tant qu'équipe unie.
  • New Style Hip Hop et Satellites(10'3612'03)
    Les Satellites dansent le new style hip hop, une danse née à New York dans les années 90.
    En 2016, le narrateur observe avec plaisir le groupe qui fonctionne comme une famille.
    Cela rappelle au narrateur sa propre expérience, quand lui aussi faisait partie d'une vraie famille dansante.
    • Crew fondé en 1990 et parrainé par des rappeurs comme Stade • Grâce à Francis et JD, le crew a perduré pendant 20-22 ans • Chaque groupe avait son style d'habillement et de danse
  • Section C et l'époque des clubs(12'0314'45)
    Section Showtime est un des premiers battles chorégraphiques en France où les écoles de danse s'affrontent.
    C'est lors de cet événement que le narrateur a dansé pour la première fois avec son crew Section C.
    • Le narrateur a rejoint Section C en 2005 • Il a passé sa vie avec eux, les voyant plus que ses parents • Les soirées en boîte sur les sons djédi étaient des moments clés
    Chaque image des vrais cassettes du groupe vaut de l'or, car il reste peu de vidéos de leur crew.
  • Fragmentation et évolution du crew(14'4517'06)
    Avec le temps, le crew s'est fragmenté, chacun faisant son propre chemin et commençant à s'entraîner dans son coin.
    C'est difficile quand on n'est plus porté par la voix de ses frères.
    Aïe a été l'un des oncles du narrateur dans la danse, portant le t-shirt Section C avec ferveur pendant les années 2000.
    Pour le narrateur, les chorégraphies de Section C sont des classiques qu'il a tellement pratiqués qu'elles sont gravées dans son corps.
  • Fayçal et la carrière professionnelle(17'0619'17)
    À 38 ans, Fayçal a déjà bien roulé sa bosse dans le métier, ayant travaillé pour des grandes compagnies et gagné les plus grosses compétitions.
    Après des années de battles, Fayçal a l'impression de s'enfermer et de ne plus être tourné vers le futur.
    Il en a eu marre de montrer toute l'étendue de sa technique et de devoir être impressionnant en permanence.
    Sa pièce parle d'un danseur qui craint que la quête constante de perfection technique n'efface son essence authentique.
  • Juste Debout et l'ascension de Marvin(19'1721'51)
    Juste Debout (JD) était autrefois un événement où les présélections se passaient à l'Hôtel de Ville de Paris, très prestigieux.
    Le narrateur participe à une sélection avec environ 100 danseurs dans sa catégorie, mais n'est pas sélectionné cette année.
    En regardant Marvin danser en direct, le narrateur a l'impression d'avoir huit ans en regardant Dragon Ball Z tellement le danseur est impressionnant.
    • Une vidéo de Marvin sur internet attire l'attention de Madonna • Il travaille ensuite sur une pub Dior avec Rihanna • Il rencontre Drake et accélère sa carrière internationale
  • Techniques et mouvements de Marvin(21'5123'34)
    On parle de l'époque RFF sans croûte, un style de ouf à 100%.
    • Houston • Marion • Kirikou • Et bien d'autres figures majeures du milieu
    Marvin explique ses mouvements en montrant comment les caméras pivotent avec lui pour capturer la perfection de sa gestuelle.
    Marvin est pressé de rentrer chez lui pour casser la tête et trouver de nouveaux effets.
  • Peur et abandon de la danse(23'3424'43)
    Croiser Marvin en pleine tournée met une vraie paire de disques au narrateur et le fait réfléchir à ses propres choix.
    • Peur d'emprunter une carrière de danseur • Peur de cette vie d'aéroport et d'hôtels • Peur que son corps le lâche d'un coup • Sensation à chaque fois de monter sur scène qu'il allait mourir
    Le narrateur décide à un moment que ne gagnera pas sa vie avec la danse.
    Il se tourne vers des études de cinéma et rencontre son futur collectif avec qui il fera ses premiers films.
  • Rêve cinématographique initial(24'4325'55)
    • Stormy Weather • Top Hat
    Le narrateur rêve de faire un film dans ce style et de remettre la comédie musicale au goût du jour.
    Il doit d'abord apprendre le métier du cinéma avant de pouvoir réaliser son rêve.
    Le narrateur se retrouve stagiaire sur un long métrage américain à gros budget, un film de danse projeté internationalement.
  • Retour à la caméra DV(25'5527'04)
    Le stage à Hollywood le calme un peu car il se sent trop loin de l'action.
    Le narrateur reprend sa caméra DV et filme sans vraiment savoir ce qu'il va faire.
    Au début, il a peur de filmer des acteurs qu'il ne connaît pas, il préfère donc filmer ses potes.
    • Les premiers freestyle de JNR • Les premiers élèves de Kirikou aux Tuileries
  • Apprentissage du montage(27'0428'15)
    Au début, le narrateur tremble en montant et ne peut pas s'empêcher de couper les plans pour dynamiser.
    Il est dans la culture du clip, voulant faire danser les images, ce qui rend ses montages un peu épileptiques.
    Avec un dos (ralentisseur), il peut prendre le temps de filmer les danseurs au moment où ils commencent à chercher une nouvelle gestuelle.
    Le narrateur se rend compte de l'importance de respecter le rythme naturel de la danse.
  • Rencontre avec Léna Blou aux Antilles(28'1529'15)
    Le narrateur part aux Antilles étudier la technique avec Léna Blou.
    Les danseurs qui l'ont le plus bouleversé jusqu'à aujourd'hui sont les toxicomanes.
    Ces danseurs incarnent une attitude de "je suis déjà mort donc je peux expérimenter mon corps jusqu'au bout".
    Le narrateur comprend progressivement qu'en coupant les gestes au mauvais moment, il perd tout l'essence.
  • Filmer dans la durée(29'1529'52)
    En filmant Léna dans la durée, le narrateur comprend qu'un film était en train de naître.
    La confiance que Léna lui donne l'encourage à filmer d'autres danseurs qu'il ne connaît pas.
    Le narrateur abandonne son idée de comédie musicale pour se concentrer sur le réel.
    Il se rend compte que du réel c'est mieux.
  • Dexter et le Krump(29'5230'37)
    Dexter est un danseur venant du Liberia que le narrateur rencontre à Paris lors d'une compétition.
    C'est avec lui que le narrateur découvre le krump.
    Quand il le filme, il ne le connaît pas encore bien, il fait froid à la Chapelle, et il filme faute de mieux.
    Rhodia, une copine de Dakar, les présente. Le narrateur avoue que ce moment était un peu chaotique.
  • Découverte du Krump à Porte de Montreuil(30'3732'39)
    Le narrateur entre dans une autre dimension à Porte de Montreuil au T4.
    • Pas assez de lumière pour faire de belles images • Les danseurs sont éclairés au téléphone • Il n'arrive pas à entendre le son, c'est tellement bruyant
    Le narrateur ne connaît pas bien cette danse et ne connaît pas les mouvements qu'ils font.
    Quand Dexter rentre dans le cercle, le narrateur est choqué et fasciné par la puissance et l'intensité du krump.
  • Retour personnel à la danse(32'3933'53)
    En voyant danser Dexter à Porte de Montreuil, le narrateur réalise qu'il n'est pas possible de quitter la danse pour de bon.
    Il se filme dans sa chambre comme autrefois pour voir s'il n'a pas tout perdu.
    Malgré ses efforts, il constate qu'il a pris un sacré coup de vieux et a perdu le feu.
    Regarder des vidéos de danseurs contemporains en ligne (Nelson Greentech, Anaïs) le met sous pression.
  • Break et Saïd Audard(33'5335'04)
    Les danseurs de boue en 2016 sont trop chauds, le narrateur préfère regarder les vidéos de break, une danse qu'il n'a jamais su pratiquer mais qui l'a toujours fasciné.
    Le narrateur tombe sur une vidéo de Saïd Audard et ne la reconnaît pas d'emblée.
    Ils se sont croisés à l'époque à la Défense quand Saïd faisait des battles avec son crew Bad Trip.
    Comme le narrateur, Saïd a vécu des moments de danse légendaires des mecs de rue à des batailles mémorables.
  • Légende de Saïd Audard(35'0436'10)
    • Mecs de la rue • Papes du break • Breakers de haut niveau
    Il y a tellement de gens qu'ils ont battus que les victoires de Saïd restent peu documentées car les battles un contre un ne sont pas filmées.
    Saïd affronte les battles avec une attitude cool, sans faire de grands montages, juste en dansant bien.
    Ses victoires contre des breakers de renommée (Abstract, Final) sont impensables et restent mémorables pour ceux qui les ont vues.
  • Travail créatif avec Saïd et Johan(36'1037'21)
    Quand le narrateur capture Saïd à Créteil, il travaille sur sa première création de groupe avec Johan.
    En les filmant, le narrateur se rend compte de la difficulté de fixer des moments d'improvisation sur une scène.
    Saïd et Johan travaillent davantage sur les énergies plutôt que sur la technique pure.
    Ils pensent à chaque étape suivante du spectacle, à la précision et au perfectionnement, mais surtout à la manière dont on veut amener les choses.
  • Sincérité et retrouvailles(37'2139'02)
    Le narrateur trouve dans leur travail une sincérité qui le touche profondément.
    Il se dit que c'est ça la clé pour retrouver sa danse : la sincérité plutôt que la technique.
    Pour finir son film, le narrateur doit engager son corps totalement dans la danse.
    Il doit sortir de chez lui, danser devant un public et expérimenter la scène à nouveau pour pouvoir en parler.
  • Événement Long Distance(39'0240'59)
    Le narrateur participe pour la première fois à un long distance, un événement qui met les danseurs au premier plan.
    Ça fait trop longtemps qu'il ne peut remonter sur scène et il attend son tour avec impatience.
    • Toute sa famille dans la salle • Même sa grand-mère • Pressure extrême de performer
    Le danseur avant lui a un passage magnifique, ce qui rend difficile de danser après une performance aussi forte.
  • Hommage aux premières influences(40'5941'52)
    Personne dans la salle ne sait que son passage est un hommage aux premiers danseurs qu'il a filmés.
    Il rend hommage à Christophe, celui qui lui a appris à danser.
    Il réalise que c'est le seul passage de danse de Christophe qui lui restera car il a enregistré une soirée par-dessus.
    • Le narrateur suit la danse depuis l'âge de 16 ans • Il a eu la chance de traîner avec les virtuoses • Il n'avait pas conscience de cette chance à l'époque
  • Perte de traces et de légendes(41'5242'16)
    Loops est un des meilleurs danseurs que le narrateur a jamais vus.
    En regardant les images du Trocadéro, le narrateur découvre qu'il a effacé la moitié du passage de Loops en enregistrant un clip de rap par-dessus.
    Ne pas avoir la trace de ces génies le rend furieux de savoir qu'on n'est pas nombreux à se souvenir de leurs pas.
    C'est à cause de ça qu'il a voulu faire ce film : rendre hommage à ceux qui lui ont donné le courage de monter sur scène.
  • Défis de la captation dansante(42'1642'49)
    À force de filmer des kilomètres, le narrateur se rend compte à quel point c'est dur de filmer la danse.
    En regardant ses images, il est dégouté de ne pas avoir pu saisir la grâce des danseurs qui l'ont bouleversé.
    Les danseurs qui le touchent ont en commun de déborder du cadre, de s'échapper tout le temps de l'objectif.
    Il n'y a pas de place dans un film pour les danseurs qui le touchent vraiment.
  • Elite Enfants Prodiges et face à face nocturne(42'4943'43)
    Le narrateur retrouve Marvin quand il est rentré à Panama et décide de le suivre.
    Marvin a réuni des enfants prodiges de danseurs rencontrés dans les battles pour former un nouveau crew.
    Un soir où Marvin et le nouveau crew affrontent Satellites sur un parking à 4 heures du matin, Céline n'était pas là.
    Les deux groupes ont décidé de rien montrer et de garder ce moment pour eux, car la vidéo était mauvaise.
  • Acceptation de l'invisible(43'4344'53)
    Le narrateur se rend compte qu'il ne pourra jamais retranscrire l'intensité de ces moments, et ce n'est pas plus mal.
    C'est comme ça que naissent les gens : les moments les plus importants restent parfois privés.
    Finalement, le narrateur trouve beau que certaines choses restent n'ayant jamais l'âme de mouvement documentée.
    • Dans tous les cercles qu'il a vus, les corps viennent toujours se mettre devant la caméra • Il semble qu'ils protègent le feu pour qu'on ne le capture pas • On dirait qu'ils protègent le feu du danseur en le préservant de l'objectif