
Trump contre la loi | Documentaire | ARTE
31 chapitres
- Le retour de Trump à la Maison BlanchePromesses électorales• Trump a fait campagne sur la promesse de bousculer les institutions • Il s'engage à chambouler Washington et assainir le marécage • Les Américains y voient du changement et une rupture avec l'ordre établiStratégie d'action• Trump applique la stratégie politique de Steve Bannon : inonder la zone et noyer l'opposition • Il signe des décrets à une cadence très rapide pour submerger le système • Le message est clair : action, action, action sans interruptionPremiers décretsTrump signe plus de décrets le premier jour que tous ses prédécesseurs en début de mandat, renforçant le pouvoir et l'autorité de la présidence comme jamais auparavant.Engagement envers les électeurs• Réformer le gouvernement pour qu'il serve les vrais Américains • Sécuriser les frontières • Expulser les sans-papiers
- L'exil et les ennuis judiciaires de TrumpPériode sombre• Après les événements du Capitol le 6 janvier, même les plus fervents Trumpistes n'ont pas pris sa défense • Trump quitte Washington face à un exil de quatre années, peut-être toute une vie • Il se retrouve au fond du trouBoycott et isolementAprès son départ en janvier 2021, le président et son cercle ont été boycottés par les géants de la tech comme des parias. Ces années noires ont semblé interminables.Avalanche juridique• Les inculpations pleuvent • Plusieurs procédures au civil et au pénal • Les charges les plus graves concernent sa tentative d'inverser les élections de 2020Procédures fédéralesLe procureur spécial Jack Smith inculpe Trump de conspiration pour défrauder les États-Unis, conspiration pour priver les électeurs de leurs droits, et tentative d'obstruction d'une procédure officielle.
- Trump et l'argument de l'immunité présidentielleRéaction de Trump• Trump est convaincu que l'article 2 de la Constitution lui donne le droit d'agir à sa guise • Les actes présidentiels ne peuvent être illégaux selon lui • Le président est au-dessus des loisPrécédent de Nixon• Ce refrain a déjà été entendu sous Nixon, le président impérial • Nixon a enfrain la loi et dirigé un gouvernement corrompu • Quand la Cour suprême a tranché, Nixon a cédé et remis les bandes du bureau ovalThéorie de l'exécutif unitaire• Le professeur John Yoo prône cette doctrine controversée • La Constitution confère l'intégralité du pouvoir exécutif à une seule personne, le président • Cette théorie était marginale jusqu'à récemmentRenforcement post-9/11• Après le 11 septembre, la présidence a obtenu plus de pouvoir • Le gouvernement Bush a utilisé la théorie de l'exécutif unitaire pour justifier des mesures extraordinaires • Les conservateurs à la Cour suprême ont peu à peu accepté cette théorie
- La décision historique de la Cour suprême sur l'immunitéL'affaire devant la CourL'affaire Trump concernant sa tentative d'inverser l'élection de 2020 arrive jusqu'à la Cour suprême. Les avocats de Trump ressortent l'argument de Nixon : si le président agit ainsi, ce n'est pas illégal.Verdict de la majorité• Les juges suivent les avocats de Trump à une écrasante majorité • Le président ne peut être poursuivi pour tout acte au cœur de ses prérogatives constitutionnelles • Le président bénéficie de l'immunité contre les poursuites engagées par son successeurJustification de Roberts• Le président de la Cour, John Roberts, affirme que le président est chef de l'exécutif et responsable de l'application des lois • Le président pourra ainsi diriger pleinement l'exécutif sans devoir rendre de comptes au pénal ou au civil • Cette protection est nécessaire pour que le président exerce ses fonctions sans crainteConséquences majeures• Cette décision offre à Trump l'une des plus éclatantes victoires juridiques de sa carrière politique • Elle signe la fin des poursuites fédérales contre lui • Elle a constitué le catalyseur de son retour à la Maison Blanche
- Trump 2.0 et le sentiment de toute-puissanceSentiment de victoirePsychologiquement, la décision de la Cour suprême conforte Trump dans l'idée que le président est au-dessus des lois. C'était d'ailleurs le sens de cette décision, le rendre injusticiable et pas comme les autres.Nouveau profil de président• Un président d'un genre nouveau émerge • Il veut s'émanciper de la Constitution et de la législation • Il est convaincu de détenir un pouvoir illimitéStratégie du chaos• Sa stratégie est d'inonder la zone et de submerger l'opposition • Il cherche à sidérer les citoyens attachés au cadre juridique et constitutionnel • Il vise à déstabiliser l'état de droitMoteur de la mandatureCe sentiment de toute-puissance sera le moteur de sa mandature. Trump avance avec la conviction que tout lui est permis et que rien ne peut l'arrêter.
- Les grâces presidentielles du 6 janvierMesure de clémenceTrump accorde l'amnistie ou des allègements de peine à tous les émeutiers condamnés pour l'assaut du 6 janvier sur le Capitol.Justification de TrumpLes poursuites et condamnations constituaient selon lui une grave injustice nationale envers les otages, comme il les appelle.Opposition des constitutionnalistes• Peter Keisler, ténor des juristes conservateurs, dénonce cette décision • Elle est destinée à protéger de dangereux criminels • Les auteurs ont commis ces délits pour soutenir un président qui s'accrochait au pouvoirMessage politique• Le signal envoyé est clair : les partisans peuvent commettre des violences en son nom et Trump a le pouvoir de les gracier • Trump veut que ses partisans se disent que même s'ils dépassent les bornes, le président volera à leur secours • C'est une pente glissante vers l'usage dévoyé de l'administration
- Épurations au ministère de la JusticeStratégie de vengeanceTrump et ses conseillers qualifient les poursuites contre lui de guerre juridique et demandent des comptes à ceux qui l'ont menée, mettant la Justice en première ligne.Limogages de procureurs• Plus d'une vingtaine de procureurs chevronés sont limogés • Ils ont participé aux enquêtes contre Trump ou contre les émeutiers du Capitol • Le message est limpide : les poursuivants seront punisÉpuration du FBI• Pas moins d'une demi-douzaine de hauts responsables du FBI sont limogés • Ils sont collectivement licenciés car leur intégrité politique est mise en cause • La traduction est claire : vous ne garderez votre poste que si vous servez les intérêts du présidentConséquences systémiquesC'est la porte ouverte à l'instrumentalisation du judiciaire par le politique. Si vous êtes l'objet d'une enquête, son issue dépendra du bord auquel vous appartenez, c'est l'inverse d'un système digne de ce nom.
- La nomination de Pam Bondi et la loyauté comme critèreProfil de Bondi• Pamela Bondi reçoit le portefeuille de la Justice • Elle connaît Trump depuis longtemps • Elle a été son avocate personnelle et il l'apprécieVices-ministres avocat• Todd Blench et Emile Bove, les vice-ministres, ont tous deux représenté Trump au pénal • Les anciens défenseurs de Trump deviennent patrons du ministère • Ils passent de contrer les procureurs fédéraux à en être les patronsCritère de sélectionAu seuil de sa présidence et vu ses objectifs, Trump privilégie la loyauté et rien d'autre. Ce n'est pas aux conseillers de lui dire quoi faire, mais à lui de les diriger.Instruments de vengeanceDu jour au lendemain, ces avocats qui tentaient de contrer les procureurs fédéraux deviennent leurs patrons et les instruments de la vengeance de Trump envers l'institution.
- L'indépendance du ministère de la Justice remise en questionRupture avec la tradition• Depuis Nixon et le Watergate, la règle d'or était de ne pas se mêler des affaires de la Justice et du FBI • Cette séparation était nette entre la Maison Blanche et le ministère • Tenter de détourner la Justice dans son intérêt personnel passait pour un abus de pouvoir pur et simpleAffirmation du pouvoir• Trump se rend au ministère de la Justice pour clamer haut et fort qu'il est au commande • Par cette prise de parole, il réaffirme que le président est responsable en dernier ressort de l'application de la loi fédérale • Le ministère de la Justice n'est nullement un organe indépendant selon luiRéaction des juristes• J. Michael Luttig, un pilier conservateur du ministère, appelle cette visite répréhensible et sans précédent • Un président se montre rarement au ministère de la Justice • Cette visite viole les traditions constitutionnelles les plus fondamentalesRévélation de BondiPamela Bondi souligne que le ministère lui est entièrement dévoué. Or là, il y a problème : la Justice a pour mission de préserver la Constitution, pas d'être le rempart de la présidence.
- Vengeance contre les adversaires juridiquesListe d'ennemisTrump dresse sans aucun équivoque sa liste d'ennemis qui feront l'objet de représailles de la part du gouvernement fédéral à sa botte.Directive directe• Soucieux d'obtenir des résultats, Trump s'adresse directement au vice-ministre Todd Blench • Il lui demande de mettre en branle le ministère et la puissance de l'appareil gouvernemental contre ses adversaires • Il prend le ministère par l'épaule et le recrute pour mener une mission personnelleInstrumentalisation du droitSous couvert d'en finir avec l'instrumentalisation de la Justice, il la manipule dans la pure tradition orwellienne, utilisant le droit comme arme politique.Rhétorique du pouvoir• Il crie qu'il y a un nouveau shérif en ville • Le ministère de la Justice est à son service • Des têtes vont enfin tomber avec ce deuxième mandat
- L'affaire Eric Adams et l'échange de bons procédésContexte judiciaire• Des poursuites sont engagées contre le maire démocrate de New York, Eric Adams • C'est la première inculpation fédérale d'un maire new yorkais en exercice • Les accusations portent sur la corruption et les pots-de-vin médiatisésAccord politique• Eric Adams va plaider sa cause auprès de Trump à Mar-a-Lago • Ses avocats font valoir que cette affaire parasitait sa capacité à collaborer au programme d'expulsion massive prévu par Trump • Ils passent un marché : on lève les poursuites et en contrepartie il coopèreDécision du ministèreEmile Bove, le numéro 3 à la Justice, demande le classement de l'affaire pour que le maire puisse appliquer la politique présidentielle sur l'immigration. Aucun motif n'est plus ostensiblement politique.Résistance de Sassoun• Daniel Sassoun, procureur fédérale conservatrice, refuse de cautionner cet usage dévoyé du droit • Elle essaie de court-circuiter Bove et s'adresser directement à Pamela Bondi • Elle accepte de démissionner plutôt que de se faire complice de corruption
- Démissions en cascade et message dissuasifRéponse du ministèreBove répond à Sassoun que le ministère ne saurait tolérer son insubordination ni l'apparente malhonnêteté avec laquelle elle a traité cette affaire.Hiérarchie du pouvoirBove rappelle que tous sont sous la tutelle du vice-ministre, qui est lui-même sous celle du ministre, qui est lui-même sous celle du président élu par le peuple. Si ça ne vous plaît pas, changez de crémerie.Vague de départs• À New York et Washington, une dizaine de procureurs démissionnent ou sont démissionnés • On ne claque pas la porte du ministère de la Justice comme ça sans raison majeure • Si on en arrive là, c'est soit qu'on juge immoral ce qui s'y passe, soit qu'on soupçonne des renvois d'ascenseurs illicitesEffet dissuasif généralCette fois, l'administration Trump veut que tous les procureurs du pays comprennent qu'elle ne tolérerait aucune résistance, qu'elle ne permettrait à aucun de s'opposer au ministère et que s'il s'y risquait, il serait limogé.
- Philosophie du pouvoir exécutif unitaire et légalitéPosition des partisans• Eric Adams a toujours nié avoir bénéficié de clémence ou d'avoir commis une faute • Mais peu importe selon les partisans du pouvoir exécutif unitaire • Trump n'a jamais outrepassé ses pouvoirs selon euxJustification légale• Le président et le ministère ont le droit de poursuivre ou non qui ils veulent • Que Trump souhaite l'abandon des charges n'a rien d'illégal ni d'anticonstitutionnel • C'est permis par la Constitution pour des motifs sans rapport avec la culpabilitéMessage politique clairQuiconque commet un délit, même grave, ne sera pas inquiété s'il fait allégance au pouvoir en place. S'il refuse, il sera sévèrement puni.Fin de l'indépendance• Désormais, la notion de pouvoir judiciaire indépendant n'existe plus • Ce n'est plus qu'un outil au service des intérêts personnels du président • L'ère de l'équilibre depuis Nixon est définitivement révolue
- Russell Vought et le projet 2025Profil idéologique• Russell Vought est l'un des idéologues importants autour de Trump • Il se décrit comme un nationaliste chrétien • Il a roulé sa bosse à Washington et connaît le fonctionnement du système de l'intérieurVision du changement• Vought prône l'instauration d'un changement radical • Il sait parfaitement comment s'y prendre pour le mettre en œuvre • Il veut identifier et éliminer les poches d'indépendance échappant au contrôle de l'exécutifProjet 2025• Avant la réélection de Trump, Vought a dévoilé son plan dans le Projet 2025 • Élaboré par la Heritage Foundation, un tank conservateur • Recourir de manière offensive aux immenses pouvoirs de l'exécutif est fondamentalObjectifs stratégiques• Vought souhaite que le président arrache au Congrès une partie de son pouvoir budgétaire • S'attaquer à l'infrastructure et aux rouages du système • Ne pas flancher, ne rien lâcher, ne pas lever le pied
- Démantèlement de l'USAID et des agences fédéralesNomination de Vought• Trump nomme Russell Vought à la tête du puissant bureau de la gestion et du budget • Cela lui permet de cibler les institutions précédemment autorisées par le Congrès • L'USAID devient la première cibleCoup de force exécutif• Une grande partie des employés de l'USAID est placée en congé administratif • Ils sont privés d'accès aux messageries et bases de données • Tous les programmes en cours sont brutalement interrompusImpact sur les opérations• Des millions voire des milliards de dollars engagés dans des programmes en cours • Tout s'arrête brusquement sans concertation ni préavis • C'est un véritable cataclysme pour les agents qui consacraient leur vie à œuvrer pour un monde meilleurEnjeu réel• L'USAID représente moins de 1% du budget fédéral • Le choix de cibler massivement cette agence montre que ce n'est pas un problème de coûts • C'est une démonstration de force, une exécution pour l'exemple pour effrayer des milliers d'autres agences
- Limogages des inspecteurs généraux et fin du contrôleL'instrument de contrôle• Quand le Congrès vote une loi qui entérine la création d'une agence fédérale, on ne peut pas l'ignorer • C'est la loi, l'agence existe et est tenue de remplir ses missions • En fermant une agence aux obligations définies par la loi, le président sort du cadre légalÉpuration des inspecteurs• Paul Martin, inspecteur général de l'USAID, reçoit un mail le limogant sans explication ni préavis • 17 autres inspecteurs généraux sont limogés dans d'autres agences • C'est clairement illégal : il aurait fallu notifier le Sénat et respecter un préavis de 30 joursRôle des inspecteurs• Le poste d'inspecteur général a été créé par le Congrès après Watergate • Ils sont les yeux et les oreilles du Congrès • Ils mènent les enquêtes dont le Congrès ne peut se charger lui-mêmeConséquences systémiques• Révoquer 17 inspecteurs généraux d'un coup met tout le système sans dessus dessous • Le gouvernement devient moins transparent et le Congrès perd un organe de contrôle crucial • C'est une violation de l'équilibre des pouvoirs établi après Watergate
- Défense de l'exécutif unitaire et inaction du CongrèsArgument théorique• Les partisans soutiennent que le président est chef de l'exécutif et a le pouvoir discrétionnaire de nommer et de licencier • Personne n'a un emploi à vie dans la fonction publique • Si le président n'a pas le droit de révoquer les inspecteurs, pourquoi les écouterait-ilSilence du Congrès• Si le Congrès était en bonne santé, il réagirait pour défendre ses outils • Personne ne branche au sein du parti républicain qui tient actuellement Washington • Le Congrès approuve majoritairement l'exécutif à la Chambre comme au SénatAbsence de contrepouvoir• À l'heure actuelle, on ne peut plus dire que la séparation des pouvoirs soit réellement respectée • Sans Congrès fonctionnel ni Justice indépendante ni inspecteurs généraux vigilants, il n'y a plus d'équilibre • Les tribunaux restent le seul véritable contrepouvoir à l'exécutifImplication constitutionnelleLa Constitution avait instauré un système de séparation des pouvoirs où chacune des missions exerce un contrôle sur les autres. Cet équilibre est désormais rompu.
- Les tribunaux contre Trump : les premiers procèsMobilisation juridique• Un cabinet d'avocats décide d'intenter une action en justice immédiatement après le démantèlement de l'USAID • Ils traînent Trump devant les tribunaux pour inconstitutionnalité • C'est une violation d'une décision du CongrèsRésultats initiaux• Près de 200 procès sont intentés à Trump dès les premiers mois de son administration • Que le tribunal soit présidé par un juge démocrate ou républicain, Trump perd la plupart du temps • Les avocats affirment qu'ils ne laisseront rien passer et qu'ils gagneront leurs procèsAttaque contre les avocats• Trump voit ces avocats comme un problème • Ils cherchent des plaignants dans le seul but de saboter son action • Il ordonne la révocation des habilitations de certains cabinets d'avocatIntimidation des cabinets• La révocation des habilitations interdit l'accès aux bâtiments fédéraux • Les contrats avec l'État sont annulés • C'est une intimidation digne de la mafia selon les critiques
- La répression des avocats et le message d'intimidationStratégie délibérée• Trump cherche à faire plier les grands cabinets d'avocat • Le message est à peine voilé : si vous prenez parti contre moi en portant certaines affaires devant les tribunaux, je ne vous raterai pas • C'est un avertissement à tous les avocats du paysConséquences pour la Justice• Pour que la Justice fonctionne, les avocats doivent pouvoir défendre des causes justes sans crainte des représailles • Ces attaques visent à faire passer un message à 1 million d'avocats • Aucun d'eux ne doit se risquer à représenter un client qui poursuivrait Trump en JusticeRéaction des cabinets• Certains vont se rebeller et obtiennent parfois gain de cause devant les tribunaux • Mais la majorité des grands cabinets du pays vont se taire • Ils deviennent persona non grata aux yeux de l'administration TrumpParadoxe judiciaire• Ces décrets sont jugés contraires à la loi par les tribunaux • Mais même quand un décret est jugé illégal, le cabinet concerné devient persona non grata • Les cabinets craignent plus les représailles que les victoires juridiques
- Capitulation des grandes institutionsSentiment de victoire• L'administration Trump tire la conclusion qui s'impose : puisque ça marche, on continue • Les cabinets prétendent que leur indépendance est intacte • Mais Trump parvient à leur faire accepter des millions de dollars en services légauxMessage aux juristes• Les avocats doivent comprendre qu'on n'a plus des républicains à la George Bush • Tendre l'autre joue, c'est fini • Le peuple américain a élu Trump et il est temps d'appliquer son programmeExtension du phénomène• Ça commence par les avocats, mais cette tendance va s'étendre à d'autres domaines • Les universités se voient menacées • Les médias se voient menacés de perte de financementInterventionnisme présidentiel• Trump ne s'arrête pas à la sphère politique • Il impose sa vision à plusieurs pans de la société • Il essaie de reformater le pays selon sa vision personnelle
- Contrôle des universités et des médiasPortée de l'interventionnisme• Il entend gérer la programmation du Kennedy Center • Il rebaptise une étendue d'eau au sud des frontières • Il impose ses formulations à une agence de presse et choisit les programmes des universitésRésistance initiale• La télévision et radio publique portent plainte contre Trump • L'université de Harvard résiste à ses exigences • Les tribunaux donnent souvent tort à TrumpPersistance malgré les défaitesRien n'y fait, la croisade continue. Trump poursuit ses tentatives de contrôle même face aux revers judiciaires.Victoire par l'intimidation• Il exige que tout le monde soit à sa botte • Il a souvent gain de cause car les institutions cèdent face à l'intimidation • Ce qui réjouit son entourage immédiat
- La stratégie de la force brute et la peur à WashingtonConclusion du camp Trump• Quand on prend le pouvoir et qu'on montre les muscles, le système ne fait pas le poids • Pourquoi ? Ce sont tous des dégonflés selon Trump • Les présidents d'université, les cabinets d'avocats, les médias se couchent tousRhétorique guerrière• Autour de Trump, il n'y a que des guerriers qui ont peur de personne • Rien ne les arrêtera car on ne lâchera rien jamais • On fera plier tous les autres car le système les abandonneraClimat de peur• Les gens ne sont pas préparés à cette forme de gouvernement autoritaire • Beaucoup sont courageux dans leur tête mais quand la réalité les rattrape, ils cèdent • Une grande partie se dit qu'il y aura bien quelqu'un d'autre pour protesterTémoignage de Washington• Un observateur ayant vécu toute sa vie à Washington affirme n'avoir jamais vu les gens avoir aussi peur • Ils ont peur de parler, peur d'attirer l'attention, peur de sortir du lot • Jamais l'opposition n'a autant hésité à exprimer son opinion
- Trump teste les limites de la Cour suprêmeStratégie d'escalade• Trump attaque les agences gouvernementales, courtcircuite le Congrès, menace les cabinets d'avocats et les médias • En repoussant ainsi les limites du pouvoir présidentiel, il s'achemine vers un bras de fer avec la Cour suprême • L'administration cherche par tous les moyens à provoquer une crise constitutionnelleTest des limites judiciaires• Cette crise est destinée à tester les limites du pouvoir judiciaire face à l'exécutif • L'état de droit est devenu la cible principale • La campagne sans précédent contre l'immigration clandestine en est le ballon d'essaiRhétorique sécuritaire• Selon le gouvernement, seuls les gangs violents et criminels sont visés • Trump coordonne la capture de gangs de rue étrangers qui dévalisent, enlèvent, violent et assassinent • Il dit avoir toute l'autorité légale et constitutionnelle pour les chasserRéalité des expulsionsMais beaucoup d'autres vont en faire les frais au-delà des criminels avérés.
- Les expulsions et la violation de la procédure régulièreProblème de l'identification• Comment prouver que quelqu'un fait partie d'un gang ? • S'il affirme le contraire, a-t-il le droit d'être entendu par un juge ? • Comment être sûr qu'un tatouage appartient à un gang plutôt qu'à une équipe sportive ?Droit fondamental• Tout accusé dans ce pays a droit à une procédure en bonne et due forme • C'est-à-dire une audience qui permettrait de déterminer s'il fait partie d'un gang et est expulsable • C'est l'un des principes les plus élémentaires et fondamentaux sur lequel s'est bâtie l'AmériqueContournement gouvernementalC'est précisément cette procédure que le gouvernement Trump essaie de contourner.Réaction judiciaire• Les juges ne plaisantent pas du tout avec ce concept de procédure régulière • Le juge fédéral Jeff Bosberg est saisi en urgence par les avocats de l'ACLU • Ils disposent de preuves accablantes que des présumés membres de gang sont transférés sans passer devant un juge
- Le premier affrontement : le juge Bosberg défie TrumpOrdonnance du juge• Le juge Bosberg dit pas si vite et ordonne une suspension temporaire • On arrête tout pour le moment afin de voir si tout cela est bien légal • Les avions doivent faire demi-tour et ramener ces individus sur le sol américainDésobéissance à l'ordre judiciaire• Mais l'administration n'a absolument pas obéi • Plus d'une centaine de personnes ont été envoyées dans une prison salvadorienne • C'est un précédent grave : quasiment aucun président n'a remis en cause une décision de justiceViolation du jugement• Même si on ne le prouve pas, on n'a pas le droit de s'y soustraire • La seule solution légale est de faire appel • On pourrait assister au duel que tout le monde redoute entre pouvoir exécutif et pouvoir judiciaireDéfense de Trump• Trump affirme que le président avait le devoir constitutionnel d'ignorer cette injonction • Il appelle Bosberg un guignol qui ne devrait pas saboter une opération militaire • Il prétend que le juge n'avait pas le pouvoir d'agir de la sorte
- La Cour suprême face à Trump : Roberts défend l'ordre judiciaireStatut de Bosberg• Le juge Bosberg statuant que l'administration Trump s'est rendue coupable d'outrage criminel à magistrat • Il ne sera pas le seul juge affecté par cette situation • Un à un, les tribunaux vont donner tort à Trump et contester les expulsionsViolation des droits• Les tribunaux invoquent une violation des droits fondamentaux des immigrants • Les juges fédéraux disent que l'administration Trump a violé des ordonnances en envoyant des migrants sans procédure régulière • C'est la mobilisation massive du judiciaire contre l'exécutifAttaque contre les juges• Trump va s'en prendre à l'organisation qui a conseillé dans la nomination des juges • Il qualifie un juge de fauteur de trouble, d'agitateur, d'extrême gauche • Il appelle à sa destitutionRéaction de Roberts• Le juge John Roberts, président de la Cour suprême, recadre vigoureusement Trump • La destitution n'est pas la réponse à une contestation de jugement • Il existe une procédure d'appel régulière à suivre
- Roberts contre Trump : un juge qui protège son institutionDéclaration de Roberts• Roberts sort rarement de sa réserve politique mais se sent obligé de faire une déclaration • Si on conteste une décision, on peut faire appel ou s'adresser à la Cour suprême • Il a fixé une limite nette à TrumpCompréhension du enjeu• Roberts comprend que ce n'est pas Bosberg ni un juge indiscipliné qu'on attaque • Mais c'est tout le judiciaire qui est visé par Trump • Roberts se sent visé et veut dire à travers nous, c'est le système que vous attaquezContre-attaque de Trump• Roberts doit rester à sa place selon Trump, c'est un juge fédéral, pas un politique • Quand un juge troque sa robe contre le costume du politicien, il doit s'attendre à en recevoir en retour • Ce n'est pas une bonne idée de faire des remarques partisanes quand on est jugeParadoxe constitutionnel• Roberts a étendu l'immunité de Trump un an plus tôt • Désormais, il symbolise une Cour suprême à la croisée des chemins • Il semble défendre l'équilibre des pouvoirs tout en ayant donné quasi pleins pouvoirs à Trump
- Le test des limites suprêmes et la légitimité en jeuImpression de Trump• Trump semble tester les limites de la Cour suprême • J'ai pas le droit. Vous êtes sûr ? C'est sa approche • Il repousse chaque limite comme une provocationAvenir des grandes affairesToutes ces grandes affaires finiront un jour ou l'autre devant la Cour suprême.Dilemme de la Cour• Le président de la Cour suprême est sur la sellette • Le pouvoir judiciaire ne tient pas les cordons de la bourse et n'a pas d'armée • Il ne repose que sur sa propre légitimitéEnjeu stratégique• La Cour n'a aucune envie de voir une de ses décisions remise en cause par Trump • Elle passerait alors pour un tigre de papier • C'est une position délicate et stratégiquement importante
- Impossible soumission du pouvoir judiciaireDualité de rôlesTrump s'est attribué tous en même temps les rôles de procureur et de juge, dépassant tous les précédents.L'évidence constitutionnelle• Si le pouvoir judiciaire fédéral se soumettait, il abandonnerait son rôle constitutionnel au profit de Trump • Et ça, voyez-vous, ça n'arrivera jamais • C'est l'une des rares certitudes du système constitutionnelPari du camp Trump• Trump et ses conseillers parient sur un changement d'attitude de la Cour suprême • Ils veulent que le maximum de recours passe devant les tribunaux • La Cour avec sa majorité conservatrice de six juges sur neuf leur semble plus favorableConfiance dans la victoire• Beaucoup dans l'entourage de Trump sont confiants • Ils pensent que la Cour suprême tranchera en leur faveur • Et finira par entériner l'extension du pouvoir présidentiel
- L'affrontement irréconciliable et le triomphe provisoireDeux visions opposées• Il n'y a aucun compromis possible entre les deux camps • Deux interprétations opposées de la Constitution coexistent • Deux visions des pères fondateurs et de l'essence du pays s'affrontentNature de l'affrontement• L'affrontement ira crescendo avec un vainqueur et un vaincu • C'est l'inflexible Trump qui gagnera selon ses partisans • Au terme de la session de la Cour suprême, Trump triomphe pour le momentEnjeu réel• En surface, c'est une guerre entre Trump et les tribunaux • Mais de l'issue du conflit dépend l'avenir des États-Unis • La question est : quelles sont nos valeurs ? À quel système de gouvernement accepterons-nous de nous soumettre ?Choix fondamental• Sommes-nous favorables à l'état de droit ou aux décrets royaux ? • L'architecture constitutionnelle est sous tension • Son avenir dépend de la perception qu'à l'opinion publique de ce qui se joue et de sa réaction
- La démocratie à la merci de l'opinion publiqueParadoxe démocratique• On reste une démocratie malgré tout • Notre gouvernement ne pourra jamais être meilleur ou pire que ce que décide le peuple • C'est le pouvoir ultime des citoyensLa vraie question• Comment les Américains vont-ils interpréter tous ces événements ? • Comment vont-ils réagir face à cette concentration du pouvoir ? • La réaction populaire déterminera l'avenir du paysRôle de la vigilance citoyenneL'enjeu central est la réaction de l'opinion publique aux transformations en cours.ConclusionLe documentaire se termine par un appel implicite à la conscience civique des Américains face aux enjeux constitutionnels majeurs.





