Gaza/Sortir sa famille de Gaza à tout prix | ARTE Regards
Sortir sa famille de Gaza à tout prix | ARTE Regards

Sortir sa famille de Gaza à tout prix | ARTE Regards

ARTE30 min8 oct. 2024
9 chapitres
  • La vie de Nidal en exil et le prix de la liberté(0'005'03)
    Nidal Boubou, palestinien allemand, vit à Berlin depuis qu'il a obtenu un passeport allemand. Il a perdu une jambe dans un bombardement à Gaza en tant que caméraman. Sa famille reste piégée à Gaza depuis le début de la guerre en octobre 2023.
    • 65 000 dollars au total pour faire sortir sa famille de Gaza • 5 000 euros par personne adulte • 2 500 euros pour les enfants de moins de 16 ans • Somme réunie en économisant, empruntant et recevant des dons
    Ses parents, trois frères et sœurs, leurs quatre enfants, et sa grand-mère âgée de 85 ans, impotente et en fauteuil roulant.
    Nidal est marié depuis trois ans et est devenu père d'une petite fille récemment. Il ne peut ni dormir ni manger en pensant aux conditions de vie de sa famille sous les bombardements.
  • La situation catastrophique à Gaza(5'0310'39)
    Le 7 octobre 2023, des terroristes palestiniens du Hamas ont attaqué Israël, tuant 1139 personnes et capturant plus de 240 otages. Plus de 100 otages sont toujours entre les mains du Hamas.
    L'armée israélienne a répliqué en bombardant Gaza. Pendant les deux premiers mois, selon les chiffres du Hamas, plus de 20 000 personnes ont été tuées.
    • 1 500 000 Gazaouis se sont réfugiés près de Rafa selon l'ONU • Pénurie d'eau courante, nécessité de chercher chaque goutte • Absence de gaz et de bois, combustion de mousse synthétique pour le feu • Tente de fortune accueillant 13 personnes avec un loyer mensuel de 1000 euros
    La maison de la famille à Gaza City a été entièrement anéantie. La ville, autrefois peuplée de 600 000 habitants, a été ravagée par les bombardements d'octobre 2023.
  • Le marché louche des passages frontaliers(10'3914'27)
    • Une agence de voyage VIP fournit des autorisations de voyage pour 5000 dollars par personne • Le propriétaire aurait des liens étroits avec le président égyptien • Les employés encaissent l'argent en billets de 100 dollars neufs • Une cinquantaine de personnes par jour passent par l'agence
    L'agence a augmenté ses tarifs de plusieurs centaines à plusieurs milliers de dollars par personne depuis le début de la guerre. D'après les journaux, l'agence aurait engrangé 88 millions de dollars depuis le début du conflit.
    Nidal s'est vu promettre que sa famille serait en Égypte dans 4 semaines. Le processus commence par le paiement et la remise des documents à l'agence.
    Nidal exprime sa colère face au cynisme des intermédiaires qui profitent du malheur, mais reconnaît qu'il n'y a pas d'autre choix. C'est la seule et unique possibilité de sortir de Gaza.
  • Les vies brisées à travers les histoires de réfugiés(14'2717'59)
    Jaber Safia, ami de Gaza, a réussi à faire venir sa famille grâce à l'agence après plusieurs mois d'attente. Depuis octobre 2023, 100 000 Palestiniens sont arrivés ainsi en Égypte, mais sans statut de résident.
    • Après paiement, le nom du voyageur est publié sur Facebook et Telegram • Les autorités égyptiennes reçoivent la liste des noms • Le départ doit avoir lieu dans le mois qui suit • Les familles sont conduites à la frontière par bus affrété par l'agence
    Le frère de Jaber et sa famille ont été tués lors d'une frappe. Jaber ressent un sentiment mitigé à son départ, sachant que ses frères, sœurs et cousins sont restés à Gaza.
    Jaber se demande si le Hamas est capable de protéger les citoyens et ce qu'il compte faire pour sauver la population. Il critique l'absence de réflexion à long terme de la part des responsables.
  • La vie suspendue à Berlin et l'espoir écrasé(17'5920'11)
    Nidal a fondé un bar et un club de musique électro à Berlin dans le quartier de Kreuzberg. Il loue aussi des lieux pour des manifestations culturelles et prépare des événements estivaux.
    L'armée israélienne prend le contrôle du poste frontière de Rafa, la seule porte de sortie pour sa famille. Nidal a payé 65 000 dollars, mais la frontière est maintenant bombardée et sa famille est coincée.
    Nidal passe comme une ombre à côté des autres. Il est incapable de décrire ce qu'il éprouve et personne dans son entourage ne peut comprendre sa souffrance, malgré les manifestations où 4000 personnes se rassemblent contre la guerre.
    Nidal manifeste parce qu'on a le droit de critiquer l'État et de s'exprimer. Il manifeste sans crainte d'être taxé d'antisémite, car exprimer ses sentiments justifiés est un droit fondamental.
  • L'attente insoutenable et le silence des nouvelles(20'1124'12)
    Depuis que l'armée israélienne occupe Rafa, Nidal n'a pratiquement pas eu de nouvelles de sa famille. Il ignore depuis des semaines s'ils sont blessés ou encore en vie.
    • Nidal zoome sur toutes les vidéos et photos de Gaza pour les chercher • Il examine chaque blessé transporté à l'hôpital • Il regarde en boucle les vidéos de l'entrée de l'armée israélienne à Rafa • Il essaie de reconnaître sa famille parmi les images de destruction
    Son plus jeune frère Youssef, 20 ans, vit avec lui à Berlin depuis 2021 après le mariage de Nidal. Youssef est autorisé à rester temporairement en Allemagne en tant que réfugié.
    Nidal a connu d'autres guerres à Gaza, mais jamais il n'a eu peur comme maintenant. À l'époque, on disait qu'on se réunirait dans une seule pièce pour mourir ensemble, mais cette fois c'est différent.
  • Les derniers jours à Rafa et la nouvelle fuite(24'1226'33)
    Les derniers jours à Rafa ont été particulièrement durs avec des tirs d'artillerie, des chars et des avions tout proches. La famille a vu les habitations s'effondrer sur leurs occupants.
    • La famille a dû fuir les bombardements et remonter vers le nord • Ils vivent maintenant sous une autre tente dans un autre camp de déplacés • Ils partagent une tente double de 7 m de long sur 4 de large avec deux autres familles • À l'intérieur, il y a uniquement les matelas pour dormir
    Il est impossible de rester dans la tente durant la journée tellement il fait chaud. Les familles du camp partagent une cuve d'eau pour se laver et cuisiner. Un réduit aménagé en toilette a fallu plusieurs jours pour creuser.
    • Aucun marché sur place • Les colis de nourriture sont fournis par des organisations humanitaires • Foyer rudimentaire construit pour cuisiner • Beaucoup de gens meurent de faim par manque d'accès à l'aide humanitaire
  • La peur quotidienne des enfants et l'attente finale(26'3328'32)
    • Aucune zone n'est sûre : ni au sud, ni au milieu du territoire, ni près de Dieu • Les tirs d'artillerie et les frappes aériennes continuent partout • La famille a traversé la guerre et a survécu, mais les derniers mois les ont terriblement éprouvés
    Dès qu'on entend les bombes et les avions, les enfants se mettent les mains sur les oreilles. Ils sont terrifiés et se protègent la tête quand les missiles tombent, comportement devenu normal pour eux.
    Depuis le début de la guerre à Gaza, 40 000 Palestiniens ont été tués, parmi eux environ 15 000 enfants selon les chiffres du Hamas. Le cessez-le-feu semble loin, ainsi que la possibilité de quitter le territoire.
    Deux mois plus tard, fin juillet 2024, Nidal a perdu 4 kg et n'a aucune nouvelle de sa famille depuis des jours. Gaza est bombardé quotidiennement. L'agence de voyage égyptienne lui a remboursé l'argent.
  • Le coup de téléphone salvateur(28'3230'18)
    Nidal demande à la terre entière ce qu'il peut faire pour sauver sa famille. Il est en sécurité à Berlin avec tout ce dont il a besoin, mais c'est comme s'il vivait dans un monde parallèle.
    Chaque matin, Nidal se réveille avec la douleur de ne plus jamais entendre parler de sa famille. L'absence de nouvelles le hante constamment.
    Soudainement, un appel arrive. Nidal peut enfin parler à sa famille qui répond et dit que tout le monde va bien, grâce à la chance.
    • La famille entend des drones au-dessus d'eux • La communication est instable et ils sont coupés pendant l'appel • Malgré les bombes et les drones, ils sont toujours en vie et en contact