
Guerre en Iran : l'Europe impliquée malgré elle | ARTE Europe l'Hebdo
Le 28 février, les missiles américains et israéliens s'abattent sur l'Iran qui réplique le jour même
4 chapitres
- Le conflit Iran-USA-Israël et ses enjeux légauxContexte initialLe 28 février, les missiles américains et israéliens s'abattent sur l'Iran qui réplique le même jour. Les Européens se retrouvent impliqués malgré eux, sans avoir été consultés au préalable.Position européenne• Aucun pays européen ne soutient le régime iranien • Les gardiens de la révolution ont été classés parmi les organisations terroristes par l'UE • Les Européens espèrent une nouvelle ère en Iran suite aux promesses américaines et israéliennesLégalité internationaleL'opération Epic Fury lancée par l'armée américaine n'est pas conforme au droit international selon la majorité des experts. Une guerre préventive aurait nécessité la consultation des Nations Unies et une menace imminente, ce qui n'était pas le cas.Dilemme européenLes Européens font face à un choix entre le légitime (justifier l'affaiblissement du régime iranien) et le légal (respecter le droit international). Les institutions européennes peinent à prendre clairement position.
- Les positions divergentes des pays européensFrance et neutralitéEmmanuel Macron visite le porte-avion Charles de Gaulle en Méditerranée et promet une aide militaire à Chypre. La France dénonce les attaques américaines et israéliennes et n'engage ses forces que dans une logique strictement défensive, se présentant comme puissance de paix et d'équilibre.Soutiens directs• Royaume-Uni : Envoie des avions de combat et des systèmes de défense au Qatar. Le Premier ministre Keir Starmer cède finalement à Donald Trump après avoir interdit initialement l'utilisation des bases britanniques • Allemagne : Le chancelier affiche un soutien sans réserve aux États-Unis et à Israël • Europe de l'Est : Soutient les États-Unis qui ont une forte présence militaire dans la régionOpposition espagnolePedro Sanchez interdit les opérations contre l'Iran à partir des bases espagnoles. L'Espagne se trouve isolée en Europe, seule la Norvège et la Finlande dénoncent aussi clairement la violation du droit international. 68% des citoyens espagnols soutiennent la position anti-guerre.Raisons historiquesLe pacifisme concernant le Proche-Orient est une tradition en Espagne. En 2003, un premier ministre conservateur avait soutenu la guerre américaine en Irak contre l'opinion publique et avait perdu aux élections suivantes.
- L'implication militaire européenne et les bases stratégiquesBases en Europe• Ramstein en Allemagne : base aérienne US la plus importante en Europe • Souda en Crète : base navale US la plus importante • Rota et Morón en Andalousie : bases américaines refusées par l'Espagne • France, Royaume-Uni, Italie, Portugal, Roumanie : mettent aussi à disposition leurs bases sous certaines conditionsPrésence au Moyen-OrientLa France est le seul pays européen avec des bases dans la zone de conflit, uniquement aux Émirats arabes unis : trois bases et un état-major à Abu Dhabi, incluant une base navale et aérienne. Cette présence est mineure comparée à celle des États-Unis.Forces américaines massives• Base aérienne au Qatar • Bahreïn : siège la 5e flotte de la marine américaine • Koweït : QG avancé de l'armée de terre et base aérienne • Présence de troupes en Syrie, Irak, Jordanie, Israël avec station radarDéploiement défensif à ChypreLes Européens déploient leurs forces à Chypre où se trouve la base britannique et le groupement aéronaval européen. La France mobilise le Charles de Gaulle, les Pays-Bas et la Grèce envoient des renforts, l'Espagne dépêche une frégate ultra moderne, l'Italie installe un système de défense antimissile.
- La diplomatie européenne fragilisée et les conséquencesRecul de l'EuropeJusqu'en 2015, l'Europe a privilégié la diplomatie et obtenu l'accord de Vienne avec l'Iran. Les Européens croyaient au droit international et aux accords multilatéraux. Trump a unilatéralement quitté le JCPOA, reléguant l'Europe au second plan et la supprimant des négociations ultérieures.Absence de stratégie claireL'Europe ne veut pas jouer un rôle actif dans cette guerre. Aucune puissance militaire européenne ne peut agir contre la volonté des États-Unis, particulièrement au Moyen-Orient. Les dernières négociations ont eu lieu à Genève deux jours avant le début de la guerre, sans aucun plan visible pour la suite.Risques futurs• Conséquences humanitaires : mouvements de réfugiés attendus • Répercussions économiques : hausse du prix de l'essence • Risques de représailles iraniennes contre les soutiens américains et israéliens • Instabilité régionale durable selon les expertsPréparation nécessaireL'Europe doit se préparer aux conséquences du conflit indépendamment de son issue. Trump a déclaré ne pas vouloir de guerres de nation-building, suggérant que l'objectif est simplement le renversement du régime iranien, sans plan pour après.





