
Undercover | Espionnes de la Seconde Guerre mondiale (2/6) | ARTE
Des femmes à l'intelligence implacable, à la beauté assassine et au sang froid indéfectible.
12 chapitres
- Introduction aux espionnes de la Seconde Guerre mondialePrésentation généraleLe documentaire présente des femmes à l'intelligence implacable, à la beauté assassine et au sang froid indéfectible, prêtes à tout pour semer le chaos derrière les lignes ennemies.Tactiques employées• Poser des bombes pour détruire des trains et des ponts • Séduire l'ennemi afin d'obtenir des informations de la plus haute importanceImpact historiqueLeurs interventions ont changé le cours de l'histoire.Profils présentés• Christina Scarbec, l'espionne préférée de Winston Churchill • André de Jong, à l'origine du réseau Comète • Kitty Schmith, la mère Macrelle • Joséphine Becker, la superstar
- Christina Scarbec : l'agente intrépide de ChurchillCaractéristiques distinctivesBattante, pleine d'imagination, élégante, patriote, intelligente, une agente intrépide et une tueuse des plus efficaces.Enfance remarquable• En 1920, à 14 ans, elle dompte le cheval le plus sauvage, Satan, sans selle • Elle parle couramment français et latin • Elle monte à cheval, skier, tire au fusil et pratique l'alpinismeParcours personnelEn 1930, son père décède et sa mère se retrouvent ruinées. En 1939, elle se rend en Afrique avec son mari diplomate et apprend que Varsovie est tombée aux mains des Allemands lors de son voyage à Londres.Recrutement britanniqueLes Britanniques la décrivent comme une ardente patriote polonaise, experte en ski et grande aventurière qui n'a pas froid aux yeux. Elle devient la toute première femme espionne britannique, officiellement embauchée pour découvrir ce que mijottent les nazis en Pologne.
- Christina en action : missions en Hongrie et FrancePremière mission• En 1939, elle se rend en Hongrie en se faisant passer pour une journaliste, madame Marchand • Elle recroise Andri Kovski et entame une liaison qui durera de nombreuses années • Elle fait passer des renseignements entre la Hongrie neutre et la Pologne occupéeExploits remarquables• Elle traverse les Pyrénées en se faisant passer pour une paysane et pacifie un chien des patrouilles allemandes en lui offrant du poulet • À bord d'un train, elle séduit un officier allemand pour lui faire tenir son sac contenant des documents secretsArrêt et évasionEn janvier 1941, la Gestapo l'arrête à Budapest. Elle feint la tuberculose en se mordant la langue et en crachant du sang, ce qui alarme les agents de la Gestapo qui ont peur de la contagion.Intelligence capitaleEn collaboration avec les Mousquetaires, unité de renseignement polonaise, elle apprend que les nazis comptent envahir l'URSS malgré le pacte germano-soviétique. Ces informations cruciales aboutissent sur le bureau de Winston Churchill lui-même.
- Christina en France et sa fin tragiqueOpérations en France• En juillet 1944, elle adopte l'identité de Jacqueline Armand et est parachutée derrière les lignes ennemies • Elle se fait passer pour une fermière et transporte de faux papiers, une capsule de cyanure et un couteau de survie • Elle met en place un réseau de communication avec un autre agent du SOE pour coordonner les entraînements des résistants avant le débarquementExploits français• En 1944, elle obtient la reddition d'une forteresse de montagne sans effusion de sang en parlant aux conscripts polonais avec un mégaphone • Elle se rend à la prison de Digne et obtient la libération d'agents du SOE en menaçant le chef de la Gestapo de représaillesHonneurs et abandonÀ la fin de la guerre, elle est faite officière de l'Empire britannique et reçoit la croix de George. Cependant, quelques semaines après l'armistice, elle est mise à pied avec un mois d'indemnité et se retrouve livrée à elle-même.AssassinatEn juin 1952, alors qu'elle travaille sur un paquebot de croisière, elle rencontre un Stuart avec qui elle a une brève liaison. Lorsqu'elle refuse de poursuivre, il développe une obsession pour elle et la poignarde à mort à l'hôtel. Elle avait 37 ans.
- André de Jong et le réseau ComèteOrigines et motivations• Née en 1916 en Belgique sous occupation allemande, cela explique son attachement pour son pays et les idéaux de liberté • À 23 ans, quand l'Allemagne envahit la Belgique en mai 1940, elle s'engage immédiatement comme bénévole à la Croix-RougeCréation du réseau• Inspirée par les héroïnes de la Grande Guerre comme Édith Cavell, elle décide de créer son propre réseau d'évasion • Elle crée une ligne d'évasion de 1500 km traversant la Belgique, la France occupée, les Pyrénées jusqu'en Espagne neutre • En juillet 1941, elle emprunte pour la première fois la ligne avec 11 personnes, traversant la Somme avec une chambre à airOrganisation méthodique• Elle repère des lieux sûrs dans Bruxelles et ses alentours où soldats et aviateurs alliés attendent leur passeur • Elle obtient des passeports britanniques pour protéger les réfugiés et modifie l'itinéraire pour passer par la campagne, plus long mais moins dangereuxSuccès et répercussions• Le réseau Comète devient le plus grand réseau d'évasion en Europe occupée • Les Britanniques la surnomment le facteur, car avec elle rien ne se perd en route • 156 membres du réseau perdent la vie lors des représailles nazies • Son père Frédéric, qui l'a aidée à coordonner le réseau, est capturé et exécuté en mars 1944
- André capturée et survivanceCapture et détentionEn janvier 1943, des inondations rendent la traversée d'un fleuve trop dangereuse. Les hommes sous-estiment toujours les femmes, ce qui sauvera la vie d'André. Elle est eventellement capturée, interrogée et arrêtée par les Allemands.Continué du réseauMalgré l'incarcération d'André, la ligne Comète continue d'opérer. Elle finit par être libérée par les alliés qui gagnent du terrain, et elle est libérée pour avoir continué à soutenir l'effort de guerre.Reconnaissance posthume• Après la guerre, André reçoit de nombreuses décorations dont la médaille de la liberté américaine • Elle reçoit la croix de George britanniqueBilan du réseauLe réseau Comète ferme à l'arrivée des alliés après le débarquement. Seule une poignée de ses dirigeants seront encore en vie.
- Kitty Schmith et le Salon KittyParadoxe personnel• Kitty est une femme pleine de contradictions • Elle ne se décrit jamais comme nazie et est contre l'antisémitisme • Elle a aidé de nombreux amis juifs à fuirAscension à Berlin• Dans les années 20, elle s'installe à Berlin avec sa fille en période de liberté sexuelle et émancipation des femmes • Elle embauche rapidement de jeunes filles dans sa pension pour satisfaire les caprices de sa clientèle masculine • L'argent coule à flots pour Kitty et ses filles durant cette période doréeÉtablissement sous coercition• En 1939, elle s'installe dans un quartier riche de Berlin et crée le célèbre Salon Kitty • Elle refuse poliment mais fermement une proposition de hauts dirigeants lui demandant d'embaucher des agentes nazies • Après arrestation et torture, elle accepte de coopérer : le Salon devient un centre d'espionnage nazi dernier criInfrastructure d'espionnage• Les chambres sont agrandies et somptueusement décorées avec fauteuils en velours, cristal et piano à queue • Des lampes roses brûlent jour et nuit dans les couloirs • Des microphones cachés, caméras secrètes et officiers à l'écoute dans les sous-sols permettent la surveillance clandestine • En mars 1940, Kitty dispose de 20 nouvelles filles destinées à des clients particuliers
- Salon Kitty : opération nazie et finClientèle de haut rang• L'établissement est fréquenté par des nazis de haut rang dont Joseph Goebbels • On remet aux clients une liste de filles avec photos à leur arrivée • Kitty choisit ses filles avec soin pour ne pas décevoir ces hommes de pouvoirRecrutement et formation• La brigade des mœurs de Berlin arrête des dizaines de prostituées • Les plus séduisantes ayant les qualités nécessaires sont sélectionnées pour devenir agentes du Salon Kitty • Les candidates intègrent la SS et doivent jurer allégence à Hitler • On leur enseigne les bonnes manières, l'autodéfense, les premiers secours et l'art de la conversationEfficacité limitéeLa Gestapo réalise environ 70000 enregistrements au Salon Kitty, mais tous ont été perdus, détruits, passés sous silence et oubliés. L'opération était basée sur le fantasme de Heydrich, inspirée par les romans d'espionnage britanniques, mais les Nazis ne faisaient confiance à personne, pas même à leurs propres gens.Destruction et conséquences• En 1943, le Salon est bombardé par la Royal Air Force et les 3e et 4e étages sont détruits • Les nazis abandonnent leurs activités d'espionnage et Kitty récupère les lieux • Entre-temps, elle a caché une femme juive et lui a sauvé la vie • Kitty Schmith meurt en 1954 à 71 ans
- Joséphine Baker : la superstar espionneCarrière artistique remarquable• Joséphine Baker se fait connaître à Paris avec des spectacles appréciés du public • Après le racisme dont elle a été victime à Saint-Louis, la tolérance parisienne a quelque chose de libérateur • Dans les années 20, elle participe au spectacle La revue nègre qui marque à jamais la culture populaire • Elle fait sensation avec sa célèbre danse sauvage portant une ceinture de banane et un collier de perlesHaine nazie• Une femme noire à moitié nue dansant de façon provoquante suscite l'indignation de l'extrême droite autocrate • Pour les nazis, elle est le symbole de la dépravation progressiste • Joseph Goebbels qualifie même son spectacle d'art dégénérée • Les nazis la détestent et elle ne les oubliera jamaisRecrutement comme espionne• Les services secrets français à court d'argent recherchent un agent amateur prêt à travailler gratuitement • Beaucoup déclarent que les femmes sont trop sensibles et fragiles pour être espionne • Quand on lui demande si elle accepterait de devenir espionne, Joséphine répond que la France lui a tout donné et qu'elle lui doit bien celaAtouts uniquesSon aura de star lui permettait de se mouvoir dans les cercles diplomatiques et militaires sans être scrutée. Les services secrets comprennent vite qu'elle leur ouvrira de nombreuses portes grâce à sa célébrité.
- Joséphine en mission : intelligence et sabotagePremières opérations• À la fin des années 30, Joséphine obtient le plus d'informations possible dans les soirées mondaines • Elle s'invite dans les ambassades, les ministères, les cabarets et les soirées privées • La vedette est bienvenue partout et use de ses charmes pour délier la langue des hauts dignitairesInformations cruciales• Lors d'une soirée à l'ambassade d'Italie, on lui révèle une information précieuse : l'Italie songe à conclure un pacte avec les nazis • Elle s'imisce dans différents cercles et dérobe des secrets de guerre • Elle est adorée et adulée de tous, personne ne la repèreEngagement militaire• Une fois la guerre déclarée, Joséphine ne peut se contenter des fêtes et des soirées • Elle a passé son brevet de pilote et survole l'Europe occupée • Elle largue des vivres et du matériel aux Pays-Bas et en Belgique • Elle s'engage même dans l'armée de l'airRefuge et nouvelles missions• Début juin 1940, juste avant que les Allemands envahissent Paris, elle fuit la ville qu'elle aime tant • Elle se réfugie dans son château en Dordogne en zone libre sous l'autorité du gouvernement Vichy • On lui propose une mission : transporter un dossier révélant les identités d'agents nazis en Grande-Bretagne jusqu'au Portugal
- Joséphine : espionne invulnérable et héritageTransport d'informations• Elle traverse l'Espagne en voiture pour atteindre l'ambassade britannique de Lisbonne • Elle emporte des capsules de cyanure au cas où • Elle dissimule des photos de navires et d'avions d'interception nazi dans ses tenues de spectacle et ses affaires de maquillageSuccès sans interruption• Joséphine avance sans la moindre difficulté aux points de contrôle • Au lieu de fouiller ses bagages, les Allemands cherchent une compagne pour qu'elle rencontre la grande Joséphine Baker • En 1941, elle s'installe au Maroc et effectue de nombreux voyages en Espagne avec des renseignements épinglés dans ses sous-vêtements • Elle ne se fera jamais pincerAprès-guerre et activisme• Après la guerre, elle cesse ses activités d'espionnage et continue de ravir le public avec ses spectacles • Aux États-Unis, elle refuse de se produire dans des villes soumises à la ségrégation • Elle devient une force vive du mouvement des droits civiques et soutient Martin Luther KingReconnaissance finale• Joséphine Baker décède en avril 1975 à l'âge de 68 ans • À Paris, 20000 personnes lui rendent hommage lors de ses funérailles • Elle est la première femme américaine à recevoir les honneurs militaires français
- Conclusion : l'héritage des espionnesTraits communs• Intelligence, courage et patriotisme • Talents exceptionnels les ayant attirées par ces missions d'espionnageAvantage distinctifLeur meilleure arme est leur invisibilité. Les hommes les ignorent, les sous-estiment et ne se rendent même pas compte de leur présence jusqu'à ce qu'il soit trop tard.Capacités uniques• Leur statut de femme leur permet de se déplacer plus facilement • Elles créent de nouvelles lignes d'évasion • Elles atteignent la victoire à leur façonImpact durableElles ont à jamais changé le monde de l'espionnage et influencé la façon dont les services secrets considèrent les femmes agents.





