
Élis, la cité antique qui a unifié tous les Grecs !
11 capitulos
- Introduction : Les Jeux Olympiques de Paris 2024 et les origines antiquesContexte moderneLe Village Olympique et Paralympique de Paris 2024 s'étend sur trois communes (Saint-Ouen, Saint-Denis et L'Île-Saint-Denis) et accueille les athlètes du monde entier. EDF a œuvré à rendre la consommation énergétique du site la plus responsable possible.Question centraleDepuis quand existent les installations olympiques de cette envergure ? On pourrait croire que la première était à Olympie en Grèce, mais ce n'est pas le cas.Clarification essentielleOlympie est le sanctuaire où se déroulent les épreuves, équivalent des stades et gymnases modernes. Elle se trouve sur le territoire d'Élis, une cité souvent oubliée mais dont le rôle était essentiel à l'époque.ProblématiqueQuels sont les points communs entre les sites olympiques du passé, du présent et potentiellement du futur ?
- Les origines d'Élis et sa relation avec OlympieLégendes fondatricesSelon l'Iliade d'Homère, Olympie aurait été fondée par Héraclès lui-même, tandis qu'un roi nommé Oxylos aurait fondé la cité d'Élis non loin de là.Récit historique• Pausanias rapporte qu'en 776 avant notre ère, le roi d'Élis Iphitos aurait lancé ou relancé les anciens Jeux Olympiques sacrés • Cet événement est si important que les Grecs l'utilisent comme date symbolisant la fin des 'âges obscurs' • Iphitos aurait obéi à la Pythie, la voyante inspirée par les dieux, qui voulait que les jeux réunifient tous les GrecsDistinction géographiqueLe sanctuaire d'Olympie reste distinct de la cité d'Élis. Élis peut même perdre ou reprendre Olympie lors d'affrontements contre sa rivale, la cité de Pise.Contexte politiqueÉlis reste une cité parmi d'autres sur l'échiquier géopolitique. En dehors des périodes de trêves olympiques, la guerre continue comme partout en Grèce.
- Les conflits et le déclin politique d'ÉlisPériode de prospéritéTout semble aller bien au début lorsque la Grèce s'unit pour repousser les Perses à Salamine en 480 avant notre ère.Crises successives• En 431 avant notre ère, Élis s'allie à Sparte contre Athènes • En 420 avant notre ère, elle change de camp • Le roi de Sparte Agis II se venge en ravageant toute la région, y compris Olympie, vers 399-397 avant notre ère • Les Macédoniens tentent le coup de force, et Élis doit se soumettre à Alexandre le Grand (336-323 avant notre ère) • Les Romains arrivent : Élis devient une cité de second rang affaiblie par les conflits et se soumet en 146 avant notre èreRésurgence romaineMalgré son affaiblissement, Élis a encore de beaux restes. Les Romains jouent sur son rôle de sanctuaire pour la rétablir, permettant à Pausanias au 2e siècle de notre ère d'en donner une description complète.Rôle préservéÉlis conserve une importance religieuse et culturelle même sous domination romaine, liée à son contrôle du sanctuaire olympique.
- Les installations sportives et urbaines d'ÉlisDeux lieux distinctsPausanias distingue le Dromos, le cours sacré d'Olympie utilisé seulement pour les épreuves définitives, et le Xyste, les installations sportives complètes d'Élis elle-même.Le Xyste : cœur sportif• Grande esplanade parfaitement plate, débroussaillée selon la légende par Héraclès lui-même • Plantée de très hauts platanes donnant de l'ombre lors des entraînements • Contient un gymnase ancien où les athlètes s'exercent à la course et au pentathle (cinq épreuves : course, saut en longueur, disque, javelot, lutte) • Entouré de temples : un dédié à Héraclès, deux à Éros et Antéros, deux à Déméter et PerséphoneAutres gymnases et bâtiments• Le Tétragone : gymnase plus petit servant d'entraînement au combat, entouré de statues de Zeus • Le Malco : Palestre réservée aux jeunes athlètes, au sol mou, avec statues de Sarapion d'Alexandrie et d'Artémis • Bains publics pour les athlètes et la populationIntégration urbaineLes installations sont parfaitement intégrées à la cité avec de nombreux temples, des statues religieuses et patriotiques, et deux bâtiments déterminants : le Plethrium (siège des arbitres Hellanodices) et le sénat des Éléens dans l'enceinte du Malco.
- L'Agora, l'Hippodrome et la vie quotidienne d'ÉlisLa place publiqueEn sortant du gymnase, on tombe directement sur l'Agora, la place publique appelée l'Hippodrome par les habitants car ils y dressent leurs chevaux.Hauts lieux des arbitresC'est l'endroit préféré des arbitres Hellanodices quand ils ne tirent pas les athlètes au sort. À côté se trouve l'Hellanodicée où ils ont reçu leur formation auprès des Nomophylaques, chargés de faire respecter la loi.Économie de la cité• Il faut loger, nourrir et entretenir tous les athlètes locaux et étrangers qui viennent s'entraîner • La ville a besoin de gymnasiarques (gestionnaires des lieux), maîtres d'exercices (coachs), masseurs et stars à la retraite • Lors des rencontres olympiques, la cité explose avec l'afflux de champions, spectateurs, marchands, artisans, poètes, sculpteurs et architectesRôle culturelÉlis est un sacré lieu de rencontre et d'échange culturel, tout comme le Village Olympique et Paralympique de Paris 2024 pour les 15 000 athlètes venus du monde entier.
- La parenthèse du village olympique moderne et l'histoire énergétique du siteUtilité durableContrairement aux idées reçues, une fois les jeux finis, les bâtiments construits gardent toute leur utilité. EDF a travaillé pour limiter l'impact énergétique de ces infrastructures.Patrimoine énergétique• Le site de construction de Pleyel est ancré dans l'histoire de l'électricité • En 1906, la Société d'Électricité de Paris (SEP) fonde une première centrale destinée à alimenter le métro parisien • Après de grandes rénovations dans les années 1950, le site est déclassé en 1981 • Le terrain accueille d'abord la Cité du Cinéma, puis le village olympique et paralympique de Paris 2024Infrastructure et aménagementLe village sera composé de 2 500 logements, avec deux autoroutes, le centre de Paris, et 480 sites d'entraînement sportifs à proximité.Continuité du modèleComme Élis autrefois, la Seine-Saint-Denis devient le lieu idéal pour que les athlètes se préparent, se rencontrent et échangent au-delà de leurs différences, ce qui est aussi l'objectif des Jeux.
- Le Panhellénisme : valeurs communes et symboles unificateursConcept d'unitéLes Grecs ont un mot pour désigner tout ce qui les rassemble en commun : le 'panhellénisme'. C'est tout ce qui concerne les peuples grecs, politique, militaire, culturel, religieux et symbolique.Régulation et respectLe site d'Olympie a révélé une loi éditée à Élis vers 600 avant notre ère interdisant les sacrifices humains, avec des amendes lourdes pour toute la délégation en cas de désobéissance. Les Grecs distinguent ainsi les pratiques civilisées des coutumes barbares.Diplomatie sacrée• Les Grecs pratiquent la 'théoria' : visiter la représentation d'une divinité sur son lieu de culte, faire un voyage du sanctuaire • Les 'theoroi' sont des délégués de fêtes envoyés par leur cité • Les 'theorodokoi' sont des hôtes de délégués qui les accueillent avec honneur • Certains theoroi sont envoyés par des sanctuaires voulant faire la promotion de leur nouvelle fêteÉchanges et alliancesLes contacts se nouent, les amitiés se tissent, chacun représente sa culture, sa croyance, sa ville d'origine. On discute et on construit des alliances : c'est la diplomatie du monde antique.
- Les divinités protectrices et leurs symboles à OlympieAchille : héros unificateur• Avant même les dieux, Élis vénère particulièrement Achille, héros légendaire de toute la Grèce • Élis lui a dressé un tombeau vide • Juste avant les Jeux, au coucher du soleil, les femmes d'Élis honorent la tombe d'Achille, la pleurent, se frappent et se lamentent • Le tombeau symbolise l'unité de tous les GrecsTrois déesses majeuresSur ses monnaies, Élis se concentre sur trois divinités : Niké (déesse de la victoire avec sa couronne de lauriers), Héra (avec un grand temple l'Héraion au cœur d'Olympie), et Zeus (dieu du ciel et de la foudre, le 'big boss' reconnu par tous les Grecs).Niké et la victoire• Niké est un symbole fédérateur car tous les athlètes visent la victoire • Les champions victorieux sont coiffés de branches d'olivier et peuvent défiler, chanter, réciter des poèmes et festoyer • Leur cité leur verse souvent une somme d'argent importante • Aux Jeux modernes, le défilé des pays a été placé au début pour éviter que le vainqueur semble écraser les autresZeus : le souverain absoluÀ Olympie, le temple de Zeus abrite une statue colossale recouverte d'or, d'ivoire, de bois et de pierres précieuses, comptant parmi les sept merveilles du monde. Zeus est assis sur un trône, tenant un sceptre, entouré de quatre victoires et portant encore une petite déesse de la Victoire pour que tout le monde comprenne le message : attention à l'orgueil, car le vrai victorieux éternel c'est Zeus.
- Héra, son temple et le feu sacré d'OlympieImportance d'HéraHéra, seconde déesse sur les pièces de monnaie d'Élis, dispose d'un grand temple appelé l'Héraion au cœur d'Olympie.Feu sacré• Un brasier éternel brûle sans interruption sur l'autel d'Héra • Le clergé fait bien attention à ce qu'il reste vif en permanence • Ce feu de l'Olympe antique ne s'éteint jamais et ne nécessite pas de être ralluméSymbolique religieuseLe feu éternel représente la continuité du culte et la permanence de la déesse dans le cœur du sanctuaire olympique.Rôle du clergéLa surveillance constante du feu par le clergé montre l'importance accordée au maintien de cette manifestation divine continue.
- Les excès des champions et les avertissements du pouvoir divinProblématique des carrieristesLes Jeux Olympiques ne sont pas les seules compétitions sacrées : elles fleurissent partout dans le monde méditerranéen. Les conquérants romains continuent cette lancée, créant des champions qui sont de véritables machines de guerre, carriéristes voyageant sur terre et sur mer d'un jeu à l'autre, parfois dépassant les bornes.Exemples d'excès• Milon de Crotone (6e siècle avant notre ère) : champion de lutte d'orgueil énorme, capable de porter un bœuf sur son dos et de le manger entièrement selon les légendes, finalement dévoré par les loups • Astylos de Crotone (488 avant notre ère) : devient si prétentieux qu'il change de représentation de sa cité Crotone à Syracuse pour un meilleur salaire ; sa demeure familiale est transformée en prison publique par sa ville • Léonidas de Rhodes : si rapide que sa cité le déclare dieu vivant, mais l'Histoire n'a retenu que ses médailles • Arrhichion de Phigalie (564 avant notre ère) : pousse la violence jusqu'à effectuer une prise ultra dangereuse qui lui donne la victoire mais lui brise la nuque sur le coup ; seul médaillé posthume de l'histoire des JeuxMessage de modérationCes histoires servent d'avertissement : la victoire ne doit pas mener à la démesure, et les jugements des arbitres d'Élis ou de son peuple peuvent condamner ceux qui dépassent les limites.Leçon civilisationnelleLe message de Zeus entouré de victoires rappelle que le vrai victorieux éternel est la divinité, pas l'homme, et que l'orgueil personnel doit céder devant les valeurs communes et le respect des règles.
- Conclusion : Élis et l'héritage des Jeux pour le monde moderneLeçon d'ÉlisCe que nous a enseigné Élis, c'est que la mise en commun vaut mieux que les fiertés personnelles. Les habitants de ce temps cherchaient des valeurs partagées pour unifier les Grecs.Évolution moderneLa version moderne des Jeux est très portée sur l'internationalisme, le dialogue et la paix entre les différents États et athlètes, reprenant l'esprit du panhellénisme antique mais à l'échelle mondiale.Durabilité et partage• Merci à EDF pour avoir sponsorisé cet épisode • EDF a beaucoup œuvré pour que le village olympique et paralympique de Paris 2024 s'inscrive dans la durée • Les constructions sont mises au service des habitants du coin grâce à des bâtiments optimisant la consommation énergétique • C'est exactement le but : bâtir des choses communes au service de tousMessage finalÉlis nous rappelle qu'unir les peuples par le sport, la culture et le respect des règles communes est une ambition noble qui traverse les millénaires, de l'Antiquité à nos jours.





