Segunda Guerra Mundial/6 juin 1944 : du Débarquement à la bataille de Caen
6 juin 1944 : du Débarquement à la bataille de Caen

6 juin 1944 : du Débarquement à la bataille de Caen

Nota Bene18 min30 may 2024
8 capitulos
  • Le Débarquement sur Sword Beach et les forces alliées(0'003'15)
    Le 6 juin 1944, près de 156 000 soldats débarquent sur les plages normandes, divisées en 5 zones : Utah, Omaha, Gold, Juno et Sword Beach. La 3e division d'infanterie britannique débarque à l'aube sur Sword Beach, accompagnée de 177 commandos français.
    • 59 000 soldats américains • 73 000 soldats anglais • 21 000 soldats canadiens • 177 fusiliers marins français du commandant Philippe Kieffer
    Lord Lovat, commandant de la 1ère brigade écossaise, ordonne à Bill Millin, jeune joueur de cornemuse de 21 ans, d'avancer en tête des troupes en jouant Highland Laddie, affirmant que cet ordre anglais ne le concerne pas puisqu'il est écossais.
    Les Allemands auraient arrêté de tirer pendant un instant face à cette vision insolite. Un prisonnier allemand expliquera plus tard : « On ne tire pas sur un fou ! »
  • Les combattants de Sword Beach et les premiers succès(3'155'10)
    • Le destroyer norvégien Svenner, seul navire norvégien de l'opération • Le commandant Philippe Kieffer et ses 177 fusiliers marins français • La 3e division d'infanterie britannique
    Les fusiliers marins français traversent la plage sous le feu et atteignent rapidement les premières maisons côtières de Ouistreham. Ils découvrent que les civils français les prennent pour des Britanniques parlant un français impeccable.
    Un vétéran de la Première Guerre mondiale, à bientôt 60 ans, se précipite pour donner tous les renseignements possibles sur les positions ennemies et veut partir à l'assaut avec les hommes de Kieffer.
    Kieffer retourne sur Sword Beach emprunter un char aux Britanniques, qu'il guide jusqu'au casino de Ouistreham où les Allemands sont retranchés. En quelques bons coups de canon, les ennemis sont définitivement calmés.
  • Les défenses allemandes et Pegasus Bridge(5'108'52)
    Un énorme bunker de 17 mètres de haut n'apparaît sur aucune photo aérienne ni rapport de la Résistance. Les Britanniques le contournent, et il reste isolé et inutile pendant 3 jours avant sa capitulation du 9 juin avec 53 soldats allemands.
    Le site Hillman à Colleville-Montgomery compte 17 refuges souterrains bétonnés avec une garnison de plus de 150 hommes. Le 1er bataillon du Suffolk Regiment rencontre une très forte résistance et les Allemands tiendront toute une journée entière.
    Le pont de Bénouville, appelé Pegasus Bridge, permet de contrôler l'Orne et la route vers Caen. La 6e division aéroportée britannique sous le commandant John Howard y forme une tête de pont en se posant en planeur la nuit précédente.
    Bill Millin rejoint les parachutistes au Pegasus Bridge en jouant de la cornemuse, apportant soulagement et moral aux troupes isolées. Il continue à avancer en franchissant les ponts malgré la présence de tireurs ennemis.
  • L'avancée vers Caen et les changements de tactique(8'5210'03)
    Profitant du ralentissement des Alliés face aux points de résistance, les Allemands se réorganisent. Du 7 au 15 juin, les attaques répétées contre les blindés allemands échouent, et la progression s'avère très difficile.
    Le général Montgomery reconnaît que l'effet de surprise ne suffit plus. Il décide d'abandonner l'assaut frontal pour contourner les forces ennemies et les encercler plutôt que de remonter directement l'Orne.
    L'opération Epsom est lancée le 25 juin. Les unités SS allemandes se battent farouchement et fanatisées, refusant de se laisser faire facilement. Elles exécutent froidement une vingtaine de prisonniers canadiens à l'Abbaye d'Ardenne.
    Les Britanniques avancent mais au prix de sérieuses pertes et sans atteindre tous leurs objectifs fixés par l'état-major. Le 1er juillet, on est toujours sur un pont de l'Orne, et Caen demeure aux mains des Allemands.
  • Les bombardements et la libération de Caen(10'0311'26)
    Les Allemands sont épuisés et leurs chars endommagés. Les Britanniques décident de bombarder les positions allemandes depuis les airs car le temps le permet, avec toutes les ressources disponibles.
    • 7 juillet 1944 : 460 bombardiers de la RAF larguent 2 500 tonnes de bombes • 18 juillet : plus de 6 000 tonnes de bombes sur la rive droite de Caen • Des blindés sont aplatis ou retournés par le souffle des bombes
    Plusieurs centaines de civils français sont tués, sans compter les blessés et les familles à la rue. Pour échapper aux combats, 10 000 Caennais trouvent refuge dans les carrières, glacières et à l'abbaye aux hommes, formant des croix rouges sur les toits pour signaler aux bombardiers.
    Après le bombardement du 18 juillet, les Alliés lancent un ultime assaut. Les troupes canadiennes entrent enfin dans Caen le 19 juillet 1944, guidées par la Résistance française en armes. Près d'un mois et demi après la date prévue, Caen est enfin libérée.
  • La ville divisée et l'arrivée de Churchill(11'2614'03)
    Le 9 juillet, les Alliés obtiennent la rive gauche de Caen avec l'essentiel de la ville, mais tous les ponts ont été coupés et les Allemands tiennent toujours la rive droite. C'est une étrange situation où la moitié de la ville est libre et l'autre occupée.
    Pierre Daure, physicien et recteur de l'Université de Caen, est nommé préfet du Calvados. Il avait été révoqué en 1941 pour avoir refusé de collaborer. Il retrousse ses manches pour rebâtir la ville et notamment l'université.
    Contrairement à d'autres villes libérées comme Paris, l'ambiance reste particulière à Caen. Les civils ont souffert, la ville a subi énormément de dégâts. Si les libérateurs sont remerciés et la liberté retrouvée, les célébrations restent mesurées.
    Le 22 juillet 1944, Winston Churchill en personne vient à Caen pour découvrir cette ville que ses troupes ont eu tant de mal à libérer. Il inaugure 2 ponts pour remplacer ceux détruits, intelligemment nommés « Winston » et « Churchill ».
  • La reconstruction et les mythes de Caen(14'0315'41)
    Dès l'été 1944, on dégage les gravats. Les obus non-explosés qui attendent un coup de pioche pour se réveiller ajoutent au danger. Les Caennais vivent des galères supplémentaires pendant cette phase.
    • D'abord : baraquements d'urgence pour loger les milliers de civils sans toit • Puis : système d'indemnisation pour les propriétés détruites ou endommagées • Enfin : construction de nouveaux logements permanents
    Des civils déclarent falsement que leurs logements ont été « complètement rasés » pour récupérer un peu d'argent public. Ces déclarations fantaisistes faussent complètement le chiffre véritable des destructions.
    Pendant longtemps, l'État a pensé que la guerre avait causé la destruction de 70% de Caen ou plus. Des études récentes ont révélé que les destructions n'ont touché qu'un tiers de la ville. Le château, les abbayes et l'hôtel de ville restent impeccables.
  • Héritage et transmission de la mémoire(15'4118'22)
    Le Débarquement concerne bien au-delà des Américains à Omaha Beach : Américains, Britanniques, Canadiens, Polonais, Tchèques, Belges, Hollandais, Australiens et Néo-Zélandais. Il y a plein de lieux à découvrir : plages, ponts, églises, villages et villes entières.
    • Plage de Sword • Bunkers de Ouistreham • Pont de Pegasus • Canal de l'Orne • Faubourgs de Caen jusqu'au Mémorial
    Des personnalités comme Lovat, Millin, Howard et Kieffer méritent d'être revivifiées dans la mémoire collective. Pour eux, il n'existe pas de mots de remerciement appropriés, seulement la possibilité de les faire revivre quelques instants.
    Le Musée du Mémorial de Caen est bâti sur le bunker qui servait de poste de commandement au général allemand Wilhelm Richter. Il couvre la Seconde Guerre Mondiale, l'occupation, le Débarquement, la reconstruction, la Guerre Froide et la construction européenne, portant les valeurs de la paix.